Auteur/autrice : marielisel

  • Stimuler la créativité

    Stimuler la créativité

    L’hypnose stimule la créativité et nous permet d’apprendre à nous en servir pour modeler un rapport au réel satisfaisant nos besoins et désirs profonds. Elle est aussi un outil de création artistique, comme si l’art était « augmenté » par l’hypnose (l’expression est de Catherine Contour et fait référence à la réalité augmentée par superposition d’un modèle virtuel).

    Dans la vie courante, les créatifs inventent des concepts, des machines, des histoires, des façons de traverser la ville, de s’habiller, de communiquer, d’être avec l’autre, de gérer le temps, d’accorder des aliments, de se jouer des vicissitudes… car la créativité est un état d’esprit : à chaque fois que nous prenons du recul par rapport à nos croyances, nos habitudes, nos conventions, nos réflexes, que nous ruons dans les brancards du conformisme et que nous faisons une proposition positive de dépassement de la routine, nous enclenchons un processus créateur.

    La créativité n’est pas l’apanage des artistes, même si certains artistes vouent leur vie entière à l’expression de cette attitude intérieure et la pousse donc à son paroxysme.

    Pas mal de magazines et webzines se sont interrogés dernièrement sur ce qui démarquerait les personnes créatives de celles qui se disent non créatives.

     En dressant la liste des caractéristiques relevées dans différents articles grand public, je me suis dit que l’on n’aurait pas parlé des bénéfices de l’hypnose autrement.

     Donc j’ai continué la liste commune (à poursuivre dans les mois qui viennent au gré de mes lectures et de vos propositions), en me restreignant dans mes allusions aux textes de John Cage, l’un de mes « maîtres es créativité », d’où sa photo, en pleine cueillette de champignons, comme illustration de cet article.

     Voilà : cqfd 🙂

    604__goc3bbt_cage_john_aux_champignons
    John Cage

    Le goût de l’aléatoire ? Le fait de se servir du hasard ? Les opérations fortuites ?

    Le goût de l’inquiétante étrangeté ?

    La curiosité ?

    L’invention de réponses, solutions, réactions, représentations du réel, face à une situation nouvelle?

    La capacité à laisser (ad)venir ? à accueillir ce qui vient ? La capacité à laisser faire, à ne pas vouloir tout maitriser ?

    L’adaptabilité ? La capacité à surfer sur la situation qui se présente, même inconnue ou impromptue ? A être comme l’eau vive ?

    La capacité à zigzaguer ? Le fait de privilégier les bifurcations aux chemins présentés comme évidents ? Le fait de ne pas « aller droit » selon la croyance dominante du « droit chemin » ?

    La capacité à rebondir de façon ludique sur les mille et un petits tracas ?

    L’acceptation du risque ?

    La sérendipité – capacité à utiliser des éléments trouvés alors qu’on cherchait autre chose ?

    L’audace ? oser s’ouvrir à l’inconnu, au jamais vu, au jamais pensé

    Le fait de se permettre des tâtonnements, les coups pour rien, des erreurs, plutôt que d’attendre d’être parfaitement prêt pour créer (ce qui n’arrive jamais) ?

    L’utilisation des insatisfactions vers un dépassement ?

    Le fait de rester aux aguets, en recherche d’un au-delà de soi-même ?

    Le fait de se poser sans cesse des questions ?

    La capacité à discuter l’ordre apparemment naturel des choses, à ne pas se satisfaire des conventions, de la routine… de ne pas respecter scrupuleusement des modèles (écoles, parents, médias, croyances des proches)

    La déshinibition (et désobéissance non pas par principe d’être contre mais au cas par cas, pour suivre ses intuitions) ?

    La positivité (critique ET proposition positive) ?

    L’espace-temps désencombré accordé à ce qui pourrait se passer ? L’acceptation du vide vécu et non subi ou fuit?

    L’acceptation d’un temps de latence, où l’on reste en « jachère » sans forcer

    L’état de réceptivité et de sensibilité ? La captation d’éléments a priori cachés, l’amplification des sensations, l’intensification des émotions ?

    La confiance en soi ? L’estime de soi ? le fait de prendre ses décisions par soi-même ?

    L’empathie ? être en connexion avec l’autre, avec son for intérieur (rêverie, fantasmes, intuitions), avec chaque environnement (nature, conversation singulière entendue dans le métro, famille, musique…), comme une éponge qui donne et absorbe des informations très diverses.

    La transformation des éléments captés, leur mélange et leur association entre eux, pour en extraire une création personnelle nouvelle ?

    La capacité à réagir dans l’ici et maintenant, identifié à l’instant présent, sans la restriction du souvenir et de la projection (qui activent des peurs) ?

    La capacité à la rêverie active, au rêve éveillé, aux constructions imaginaires ?

    La connexion à soi ? L’écoute de l’intuition, du sentiment d’évidence, des impressions ? La prise en compte du « regard intérieur » ?

    La levée des contrôles intellectuels et rationnels, vers une sorte de « débranchement » des connexions habituelles, pour laisser émerger des connexions nouvelles qui sont habituellement censurées ?

    L’ouverture aux émotions ?

    L’aptitude à la prise de conscience, à l’épiphanie, au déclic mental, qui révèle ce qui restait caché ?

    La capacité au flottement, à la rêverie floue, à la dérive ?

    Le dépassement ou détournement des limites, des cadres, des codes, des conventions, des habitudes ?

    L’exaltation face à l’ouverture du champ des possibles ?

    Le goût du jeu ?

    L’observation de ce qui semble a priori peu important et qui révèle pourtant un monde ?

    L’originalité dans la manière de faire des liens, des connexions, des imbrications ?

    La faculté de vivre une infinité d’expériences, dans le cinéma intérieur (ce que je me raconte en mots, images, sensations), pour en tirer des réponses, des émotions nouvelles, des apprentissages, des essais… par l’imagination ?

    La capacité à laisser venir le chaos, pour laisser émerger par la suite un nouvel ordre, une nouvelle représentation, construite sur une autre logique que celle qui présidait ?

    La possibilité de changer de façon de fonctionner volontairement (programme personnel de précision, efficacité et confiance pour une tâche, puis lâcher-prise, puis créativité, par exemple)?

    La possibilité de transformer volontairement la représentation subjective d’un événement et l’état émotionnel qui l’accompagne (autrement dit, de changer l’histoire habituelle que l’on se raconte face à tel événement) pour en tirer une nouvelle expérience, découvrir une nouvelle partie du monde et de soi-même?

    La liberté que l’on s’accorde à soi-même?

     

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

  • Réaliser son film sous hypnose

    img-bulle-ogier-1_142708885181
    Bulle Ogier, par Jacques Rivette

    « QUOI? JE ME FAIS UN FILM?! »

    L’expression « se faire un film » désigne une réaction que l’entourage juge décalée face au réel. La recevoir déclenche souvent un sentiment d’incompréhension et de révolte.

    Pourtant… le film intérieur qui accompagne nos perceptions du monde fait immanquablement naître l’émotion et crée dès lors « notre réel ».

    Certains films intérieurs sont accessibles au conscient, comme la rumination d’une engueulade, la projection fantasmatique dans une soirée amoureuse, la madeleine suggérée par une odeur, l’imaginaire anxieux face à une dispute de rue que l’on « comprend » car les séances sur divan ont souligné l’empreinte des disputes des grands dans notre enfance, l’aménagement mental d’une pièce pour un événement (alors que l’on est assis dans le métro), la crainte de tomber en prenant un ascenseur pourtant neuf, la rêverie qui précède ou prolonge un voyage…

    D’autres films intérieurs passent inaperçus et agissent donc comme des prismes/filtres inconnus et inaccessibles sur notre vie, déclenchant des joies mais aussi des phobies ou des blocages. Notre mémoire traite continuellement les informations, crée des associations entre des éléments synchroniques (son de mastication des chevaux+tranquillité de la sieste, panique dans le bain enfant+forme du jouet présent à ce moment-là) et réalise des liens nouveaux à chaque instant. Les événements puissants de notre passé sont ainsi raccordés les uns aux autres et avec d’autres événements plus récents, relus à leur lumière (et vice-versa). Cet agglomérat est à nouveau relié et relu à la lumière d’un nouvel arrivant dont la perception a elle-même été influencée par des liens etc.

    UN RESEAU DE DISCOURS INTERIEURS, D’IMAGES, DE RESSENTIS, D’EMOTIONS

    Bref, ce que nous avons vécu à différents moments de notre vie et qui nous a marqué, ce que nous avons ressenti lors de ces moments et en les évoquant, ce que nous nous sommes raconté comme histoire, tout cela nourrit nos films qui nous font réagir et agir au présent, qu’ils soient accessibles ou non au conscient. Un immense filtre continue sans cesse de se tisser, entre nous et ce que nous percevons. Le désir et la peur, tournés vers l’avenir (désir ou peur que le passé se reproduise), portent aussi la charge de ce réseau d’émotions, de ressentis et de pensées passés. La résilience est un exemple positif de la façon de regarder le film du passé.

    LA TRANSFORMATION

    Pour sortir de ce réseau de liens, d’habitudes, de croyances limitantes et pour permettre l’ouverture à d’autres champs des possibles, l’hypnotiste propose de faire émerger le film intérieur, de l’observer en le mettant sur pause, de le comprendre en profondeur, d’adapter son contenu, ses liens et les émotions qui l’accompagnent à l’objectif de séance, c’est à dire à ce que désire vraiment la personne sous hypnose.

    SCENARISTE ET REALISATEUR DE SON PROPRE FILM

    Une séance d’hypnose pourrait être comparée à une séance de cinéma, dans laquelle le spectateur serait aussi scénariste, réalisateur, acteur, chef op, décorateur…, alors que l’hypnotiste serait la personne qui offre les conditions de cette réalisation et qui guide l’apprenti réalisateur dans sa création singulière (techniques d’écriture, de mise en scène, de prise de vue et de sons, de montage…), en proposant différentes options, comme un guide propose des destinations et des itinéraires pour s’y rendre, s’arrête à des points de vue, fait remarquer un paysage…

    UN DEPASSEMENT DE SES LIMITATIONS PAR L’EXPERIENCE

    Lorsque l’on va voir un film d’un réalisateur que l’on apprécie au cinéma, après en avoir vu la bande-annonce ou lu des critiques, une partie de nous sait qu’elle est assise dans une salle face à un écran et laisse l’ambiance sonore et visuelle l’envahir jusqu’à ce que l’imaginaire prenne le pas sur le réel, jusqu’à découvrir le personnage et rire, pleurer, espérer, aimer, courir avec lui. Le corps ne bouge plus. La notion du temps se tord. Le mal de tête s’évapore. Et, en accompagnant ce personnage dans le dépassement d’un problème, on en sort enrichit d’une nouvelle expérience.

    Le cerveau ne fait pas la différence entre l’imaginaire et le réel. Le film intérieur et les émotions qui l’accompagnent, que ce soit dans un voyage imaginaire ou dans une interaction réelle, est encodé comme vécu. En travaillant sur le film et sur notre façon de le percevoir, nous transformons notre existence.

    EXPLORATION DES SENS, CREATIVITE ARTISTIQUE, OUVERTURE DE CONSCIENCE

    Ce processus est efficace pour dépasser des blocages (impression de tourner en boucle sans pouvoir en sortir) ou résoudre des problèmes (voir « Applications de l’hypnose », dans « Hypnose éricksonienne »), mais il peut aussi tout simplement générer l’exploration des sens, la créativité artistique, la compréhension profonde de soi, l’ouverture de conscience.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

  • Transformer les liens par l’hypnose

    Transformer les liens par l’hypnose

    ATTACHEMENT

    Certaines parties de nous restent attachées à des personnes, des lieux, des états… alors que notre évolution et notre équilibre demanderaient de dénouer ou de transformer ce lien.

    Volontairement, il est possible de prendre la décision de se discipliner pour ne plus alimenter la relation. Mais la souffrance est là. Et une partie de nous parvient toujours à échapper à notre vigilance pour rester fidèle à ce qui nous « tient », comme une addiction.

    Faire son deuil demande du temps. Il ne s’agit pas de court-circuiter cette étape nécessaire au bon rétablissement.

    LES INDICATIONS DE LA TRANSFORMATION DE LIEN

    Le lien à transformer correspondrait plutôt au deuil encore douloureux des années après le décès de la personne aimée, à la relation toxique dont on ne parvient pas à se défaire, à la relation au passé (réactions de l’enfant en soi face à certaines situations ou types de personnes), à un parent dont la seule présence déclenche encore des réactions infantiles chez l’adulte, à un corps en pleine forme qu’un accident ou maladie ou autre a affaibli, à un lieu que l’on a quitté, à un amour passionnel ou amical dont on est séparé, à l’image corporelle ancienne de soi à laquelle on ne correspond plus (après un régime, un accouchement, un arrêt du tabac, un coming out, voire un changement de sexe…), etc., les indications sont multiples.

    LES METHODES

    Pour transformer le lien, la régression dans un passé plus ou lointain est une possibilité efficace, qui passe par l’amélioration de notre perception subjective des événements et personnes qui ont contribué à mettre ce lien en place (les régressions infantiles seront abordées dans un autre article).

    Une autre possibilité est de travailler directement sur le lien:

    D’abord le cerner: comment est-il? couleur, luminosité, forme, texture, matériau, souplesse-rigidité, mouvement, fonctionnement (comme un tuyau? un canal de données informatiques? un cordon ombilical? un pont?) et où est-il situé dans et autour du corps?

    Ensuite tester et mettre en place progressivement des modifications en direct: que se passe-t-il si…? que faudrait-il changer pour… et de modification en modification, de ressenti en ressenti, transformer le lien ou le couper si c’est nécessaire, selon ce que la personne sous hypnose ressent comme favorables, libératrices, en toute sécurité.

    Voici un exemple vécu: le lien qui part du coeur devient de plus en plus ténu et plus transparent, au fur et à mesure que l’élément relié s’élève comme un cerf-volant, planant de plus en plus haut dans le ciel, jusqu’à se confondre avec une étoile…  Et lorsque le lien est devenu aussi mince qu’un cheveu d’enfant et que le cerf-volant-étoile s’est éloigné de milliers de km, alors le jour se lève, le lien se détache naturellement du coeur, l’étoile cerf-volant disparait. Une respiration ample. Réveil. Sensation de libération, la main sur le coeur, le sourire aux lèvres.

    « Où laisseriez-vous quelque chose dont vous voulez vous séparer complètement ? » (John Cage, Silence).

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     Image: Un serpent volant du 15ème siècle. En français le mots « cerf-volant » vient de l’occitan « serp-volaira » ou « serp-volaire » qui signifie « serpent volant ».

    Pour comprendre l’attachement: https://fannys.fr/les-liens-dattachement/

     

     

  • Les séances d’hypnose en musée, centre d’art, galerie

    Les séances d’hypnose en musée, centre d’art, galerie

    Je pratique l’hypnose, seule ou en séance individuelle, dans des lieux d’art contemporain, à la rencontre des œuvres ou tout simplement entourée d’elles, qu’elles soient peintures, dessins, sculptures, photographies, installations…

    Pour moi l’hypnose et l’art se marient à bien des niveaux. Je développe d’autres niveaux dans d’autres articles, pour me consacrer ici à la question du lieu entièrement dévolu à l’art, qui consacre dès lors « l’étrangeté », inquiétante ou non et ne la dérange qu’extrêmement rarement.

    UN LIEU QUI POSE QUESTION

    Le public qui se balade dans ces lieux se pose généralement au moins une fois la question du banc (œuvre ou siège ?), du déshumidificateur (œuvre ou déshumidificateur ?), de l’étudiant des Beaux-arts looké qui dessine dans une position particulière (performance ou exercice scolaire ?), de l’abeille posée sur le mur (œuvre ou insecte rentré par la fenêtre ?) et avance avec prudence et respect (voire crainte), de prendre le son d’un radiateur pour une œuvre… ou d’interrompre des performers. Imaginez donc qu’une femme assise ou debout, les yeux ouverts ou fermés, une main en l’air, oscillant légèrement, pendant plus d’un quart-d’heure face à une œuvre ou sur un siège au milieu d’une salle, pourrait être une de ces performeuses qu’il serait insensé de perturber. Le musée ou le centre d’art sont des lieux où je me sens chez moi et où l’on ne me dérange que très rarement. A deux, lorsque je donne une séance, la scène est sensiblement la même. Tino Seghal m’a rendu un sacré service !

    L’oeuvre pose question. L’état hypnotique aussi. L’œuvre appelle à un autre regard. L’état hypnotique aussi. L’œuvre ouvre d’autres possibles… alors imaginez les deux réunis!

    OSER CHERCHER CE QU’IL Y A A VOIR

    Je relève aussi, si je prends l’exemple d’une exposition dans une institution importante (qui accueille entre autres le grand public), que le simple fait de de m’observer (ou de nous observer lorsque je pratique sur quelqu’un) en transe douce, face à l’intérieur d’une coupole d’Anish Kapoor, à un grand tableau bleu d’Yves Klein, au flou d’un Richter, à un mobile de Calder… non seulement pose question (discrètement, sans passage à l’acte), mais aussi permet à certains d’approcher l’oeuvre autrement, d’une façon qu’ils n’auraient sans doute pas envisagée sans la permission que leur donne le fait d’observer la façon de faire de quelqu’un qui a l’air à l’aise, ce faisant. Lorsque je m’éloigne, je remarque souvent qu’une personne s’est placée exactement à la place que je quitte, « pour voir ».

    Car il y a à voir, dans l’œuvre bien sûr mais aussi hors d’elle, à l’intérieur de soi, avec le monde comme miroir.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Wolfgang Laib, “Pollen From Hazelnut”, au MoMA

  • L’état – naturel ou induit – d’hypnose

    L’état – naturel ou induit – d’hypnose

    L’état d’hypnose est un état modifié de conscience (parmi d’autres) auquel on accède par un procédé qui se nomme « induction », lors d’un accompagnement par un hypnotiste ou en autohypnose.

    LES ETATS MODIFIES DE CONSCIENCE QUOTIDIENS

    Chacun vit des états modifiés de conscience au quotidien, mais naturels ou du moins plus spontanés.

    Quel est le livre ou le film qui vous a embarqué tellement loin que vous avez ressenti un climat particulier, une sensation d’accélération, de vertige, de plongée, de ralentissement, d’étrangeté…, une émotion puissante, une impression d’immensité, une connexion avec le monde, comme avec davantage de clarté ?

    Avez-vous déjà passé en revue une conversation, un souvenir ou un fantasme avec tellement de concentration que vous avez alors eu l’impression de le vivre ?

    Avec quel degré de surprise avez-vous réalisé que vous étiez dans un endroit et dans une position que vous aviez oubliés en focalisant toute votre attention sur une tâche manuelle ou intellectuelle extrêmement précise, jusqu’à ce qu’une personne vous adresse la parole ou qu’un bruit soudain vous « ramène »?

    Quand est-ce la dernière fois que vous avez marché ou roulé jusqu’à votre destination, sans aucune idée du chemin parcouru pendant que vous étiez psychiquement ailleurs que sur la route ?

    Pouvez-vous vous souvenir d’un instant où la musique a fait bouger vos jambes, vos bras, votre corps entier, comme une mer de vagues sans que vous vous contrôliez ?

    Connaissez-vous ces instants où le temps semble se dilater, comme pour laisser à la balle le temps de l’immensité ou à la scène le temps d’être réalisée ?

    Reconnaissez-vous avoir expérimenté cet état d’ici et d’ailleurs, de mouvements spontanés, de commandes laissées au copilote pour laisser votre esprit s’occuper d’autres tâches, de déformation temporelle?

    Les enfants se fabriquent des mondes parallèles avec quelques objets et brindilles, se donnent des superpouvoirs, transforment leur identité… Certains adultes conservent cette faculté à jouer, rejouer, surjouer, déjouer ailleurs les désirs, sensations, manques, tensions, vibrations qui les habitent, grâce à leurs voyages imaginaires, aux jeux de rôles en ligne (testez les oculus rift !) ou IRL, à la création artistique ou simplement grâce à leur attitude et fonctionnement dans la vie.

    L’ETAT MODIFIE DE CONSCIENCE SOUS HYPNOSE

    L’état modifié de conscience sous hypnose est comparable à ces états modifiés de conscience quotidiens, à la différence qu’il n’arrive ni au hasard ni lors d’activités diverses, mais par le procédé de l’induction, qui permet de se connecter avec son moi (très) profond, en vue d’une interaction particulière, d’un apprentissage, d’un changement.

    EN CONNEXION AVEC MA/MES PARTIES INTERIEURE(S)

    Certains parlent d’inconscient, d’autres de copilote, moi profond, mon autre, ma partie cachée, mon intelligence supérieure… Certains l’envisagent comme une entité et d’autres comme différentes entités intérieures, qui cohabitent, prennent plus ou moins de place, émergent ou restent cachées selon les contextes, s’entendent, s’entraident ou se font la guerre.

    Les années 80 ont focalisé sur notre enfant intérieur. Est-il blessé ou explorateur ? Nous pouvons aussi être attentif à la façon dont la partie soignante protège et nourrit nous-même et notre entourage. Comment notre partie filoute (voire parfois légèrement perverse ?), s’amuse à gagner ses jetons. Quel animal nous représenterait lorsque nous nous sentons joyeux, heureux ? Quel animal sommes-nous en chasse, en tant que proie ou prédateur ? Comment serait le ou la sage qui tente de nous faire entendre raison ? Quelle vigie observe tout ce monde et analyse, prend de la distance, crée des liens, commente, voire donne l’alerte ? Quel ado contre tout ou furieusement en vie nous taraude ? Si j’étais des arbres, des fleurs, des animaux marins, des mammifères, des oiseaux, des reptiles, des insectes, des héros et héroïnes de BD, de film, de légendes, de contes, des dieux et déesses ?… si j’étais…

    UNE CONNEXION SANS LES FILTRES DES CROYANCES ET ROUTINES

    Dans une autre façon de concevoir l’état hypnotique, le moi dans l’état ordinaire n’a de contact avec son psychisme, avec son environnement direct et avec le monde qu’à travers des filtres (nos représentations, paradigmes, représentations, habitudes, réflexes, présupposés… selon les contextes et selon les lexiques). La clarté est atteinte grâce un certain état modifié de conscience. Le monde apparaît alors différemment, sans les filtres personnels, familiaux, culturels, émotionnels. Ce serait comme une conscience élargie, une compréhension sensible augmentée, une illumination intuitive, l’impression de toucher là un point central, comme un aboutissement inopiné d’une série de questionnements.

    Dans cet état modifié de conscience, une connexion, à un niveau supérieur, est également possible : non seulement avec soi-même, mais aussi avec ses racines profondes, son environnement, la société, la nature… Il permet d’envisager le monde avec un point de vue inédit, d’explorer ses pays intérieurs, de dépasser les limitations des mécanismes appris et reproduits malgré soi, de quitter le piège de la routine pour avancer librement vers un objectif désiré, à un rythme choisi, par le chemin le plus adapté, d’un pas singulier.

    EN TOUTE LIBERTE

    A chacun sa représentation et ses attentes. L’état d’hypnose n’impose rien de l’extérieur. L’hypnotiste éricksonien, contrairement à l’hypnotiste classique (que l’on peut croiser en spectacle ou sur les plateaux télés), travaille sur et avec les croyances de son sujet. Le contenu lui importe peu. Les processus – la place des émotions, les liens entre un objet et une réaction, les symbolisations de la personne sous hypnose – sont la matière de ses séances, pour permettre l’évolution, la redécouverte de soi, pour davantage d’ancrage, de connexion et de liberté

    LES LIMITES FLOUES OUVRENT LE CHAMP DES POSSIBLES

    Quoi qu’il en soit, en état hypnotique, les limites deviennent floues et malléables. Entre le passé, le présent et le futur. Entre différents contextes. Entre moi et moi légèrement changé, entre le corps et l’esprit, entre la réalité partagée et l’imaginaire, entre moi et le monde, entre une représentation nouvelle et une habitude tellement usée qu’elle semble naturelle, entre la zone de confort et le champ des possibles…

    LE CHANGEMENT

    Cette clairvoyance dans la compréhension sensible et ce flou des limites offrent une palette infinie de possibilités et facilitent le changement.

    L’hypnose donne le moyen à chacun de transformer sa subjectivité, de choisir d’évoluer selon ses intentions et non coincé dans des schémas créés par des trauma-racines (et/ou accumulations de mini-traumas passés inaperçus), des routines, des croyances. il s’agit de réorienter l’esprit de changer de cap, d’apprendre à se servir de son esprit pour aller dans une direction choisie et de gérer les émotions liées à ce changement.

    SOUS HYPNOSE, ON NE DORT PAS

    Dans ce processus, une dissociation est en place. la personne sous hypnose ne « dort » pas. Une partie d’elle reste consciente et peut parler ou agir volontairement, une autre analyse ce qui se passe dans le voyage de façon différente du conscient (libéré des habitudes et réflexes), comme une vigie, un observateur intérieur, qui sait qu’elle est assise en séance, alors que d’autres parties vivent des expériences sous la forme de rêves éveillés, auxquels participent aussi bien le mental, que les émotions, les sensations, l’intuition…

    De nombreuses applications s’offrent à ce processus: l’hypnose à visée thérapeutique… le développement personnel par l’hypnose, l’hypnose d’exploration à visée expérimentale, artistique, ludique… le coaching par l’hypnose… les séances dénouent des tensions qui permettent à certains troubles physiques et psychiques de s’évacuer, ouvrent la créativité artistique, construisent l’innovation singulière au quotidien, transforment un enjeu en jeu, crée le rêve endormi ou éveillé…

    L’HYPNOSE LIBERE DES CONVENTIONS QUI RESTREIGNENT NOTRE VIE

    Dépasser sa phobie (de l’avion, des ascenseurs, de l’eau, de la foule, des démarches administratives…), régler un dysfonctionnement devenu automatique (bégaiement, posture inadaptée face à une personne en particulier…), gérer la douleur, moduler un acouphène, développer la confiance en soi, gérer le stress, être au top en vue d’un moment important (une compétition sportive, une réunion primordiale, un entretien d’embauche, un mariage, une naissance…), arrêter de fumer ou de se goinfrer, dépasser un deuil, développer une compétence (concentration, écoute, calme, délégation, apprentissage…), faire connaissance avec soi en anticipant un changement (changement de sexe, déménagement, tournant de vie), visiter sa bibliothèque intérieure ou la caverne de sa voix, tester un nouveau trait de caractère enfoui jusque-là, nettoyer la fatigue, tracer les émotions liées à un texte de théâtre ou de cinéma, conseiller et câliner l’enfant que l’on est en soi, suivre une mélodie et lui inventer des couleurs, prendre le pli de positiver, rétablir ou atténuer un lien émotionnel avec une personne que l’on a du mal à aimer, à supporter ou à quitter, faire émerger l’envie de se redécouvrir au travers de nouveaux ressentis, inventer un paysage à partir d’un portrait, prendre une décision en toute liberté et l’assumer dans la joie, vivre un rêve éveillé en toute sécurité, transformer les vibrations de la fraise du dentiste en recharge pour le chakra du sexe (inventé, testé et waou !), se projeter dans l’avenir en tant que prolongation de ce qui est mis en place au présent et dialoguer avec son être intérieur plus âgé, pour comprendre, apprendre et s’amuser avec soi, jouir du coude, écrire intuitivement, revivre un souvenir merveilleux, explorer un passage de vie, déprogrammer une association d’idée ou de date ou de lieu, transformer un son en mouvement, entrer dans une œuvre d’art et l’explorer, ressentir ses ailes pousser en chrysalide et puis s’envoler…

    Notre monde intérieur est profond, mouvant … et connecté directement à notre façon de percevoir, de ressentir, de se souvenir, de concevoir, d’agir dans l’ici et maintenant.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Alice Liddell photographiée en 1872 par Julia Margaret cameron

     

  • Quel(le) artiste étiez-vous?

    Quel(le) artiste étiez-vous?

    REALITE ET IMAGINAIRE

    La régression dans les vies antérieures est un phénomène qui divise trop souvent les hypnos en « croyants et non croyants ».

    Or, en hypnose, la croyance du praticien est censée être mise de côté le temps de la séance.

    Et en ce qui concerne le sujet qui la reçoit, tout ce qui est vécu par le psychisme sous hypnose est traité comme la réalité par le cerveau. Quel que soit son degré de « réalité », la régression dans les vies antérieures nous emmène dans un autre monde, qui a un rapport profond avec ce que nous sommes et avec ce que nous avons à explorer, à comprendre profondément ou à dépasser. Que cet univers soit une réalité spacio-temporelle parallèle, une trace subjective d’un réel passé ou une symbolisation présente, cela fait-il une différence par rapport aux bénéfices que l’on peut tirer de ce vécu sous hypnose?

    Pour moi, il n’est pas nécessaire de croire en « les vies antérieures » pour utiliser et pour vivre cette pratique sous hypnose. Ni même de se demander en quoi on croit. Le simple fait d’accepter la vision subjective qui nous est offerte est ouvrant et propice au changement.

    Je vous propose dès lors de quitter ce débat de « vérité des vies antérieures » pour nous recentrer sur la réalité du vécu subjectif en état d’hypnose et de traiter ce vécu comme tout rêve éveillé, c’est à dire avec ouverture, curiosité, enthousiasme et plaisir.

    « Quel artiste étiez-vous? » est l’une des questions qui peut vous emmener  dans votre monde intérieur, quelles que soient vos croyances.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Catarina van Hemessen,- 1528-1587- Peintre flamande Renaissance – Autoportrait.

  • Explorer les genres par l’hypnose

    Explorer les genres par l’hypnose

    QUELS LIENS ENTRE L’HYPNOSE ET LES ETUDES SUR LES GENRE?

    Lorsque l’on parle de représentation, de croyance, de capacité, de comportement, de construction d’identité, alors l’hypnose a ses raisons d’intervenir, par le recadrage, l’exploration par le rêve éveillé, le changement comme solution, l’anticipation d’un changement, la transformation d’habitudes devenues obsolètes et gênantes…

    Au point de vue de l’exploration, découvrir ses sous-personnalités ou ses représentations symboliques (régression après naissance ou dans les vies antérieures, progression, symbolique corporelle, comportement animal…) sans les coincer dans des clichés et attentes étroits permet davantage de possibles. Apprivoiser son être sans a priori genré ouvre la liberté.

    Au point de vue de l’exploration encore, comprendre, en le vivant de l’intérieur, ce que signifie incarner un autre genre social (M ou F ou trans M to F ou trans F to M ou…) peut être éclairant et transformateur, pour son rapport à soi ou pour son rapport à l’autre. Je pense ici, notamment, à une expérience en hypnose (j’étais sujet de séance) où j’ai incarné un militaire masculin figé dans une inspection des troupes (je n’ai pas choisi ce cliché loin de mes aspirations, c’est Mon autre qui m’a envoyée là en régression dans les vies antérieures), mais aussi à l’idée d’une version hypnotique qui me vient de l’expérience d’un workshop de Kay Garnellen (artiste et activiste trans qui questionne les thèmes du genre et de la sexualité), qui permettait par des jeux de rôles de vivre ce que ressent une personne trans socialement (en rue, aux toilettes publiques, dans un bar). Par l’exploration, il y a de quoi transformer des croyances et nourrir une compréhension profonde de ce que vit l’autre et de ce que l’on peut ressentir en soi sans en avoir une trouille affolante.

    Au point de vue de la résolution d’un problème, intégrer les études sur le genre à la pratique hypnotique (ou l’inverse) peut aider à accompagner dans la justesse et non pas enfermé(e) dans des représentations hétéronormées. Comme demander à l’Etre intérieur de floZif, activiste queer, s’il est disposé à faire passer la puissance du « bras-bite » (main droite plus efficace dans la baise) de la droite à la gauche, le temps de la réparation d’une épaule abimée, afin d’éviter de rester castrée pendant la durée des opérations. Et puis de laisser simplement les mains de floZif s’organiser entre elles, en occupant le conscient.

    Au point de vue de l’anticipation (utilisée pour se préparer à n’importe quel changement important), l’hypnose est un outil magnifique: la transition M to F ou F to M, par exemple, gagne à être explorée et anticipée par l’hypnose, de façon à faciliter les connections entre les identités, à résoudre d’éventuels conflits intérieurs et à vivre le passage en toute tranquillité.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

    PS:  UN COURT RAPPEL ET DES LIENS A EXPLORER

    Les « gender studies » (traduire: « études sur le genre » et non « théorie des genres » car il n’y a pas de théorie), venues des Etats-Unis, dans les années 1960-1970,  forment un champ d’études universitaires interdisciplinaire.

    Leur propos est d’étudier la façon dont la société associe des rôles à chaque sexe et traite différemment les individus en fonction d’un genre binaire. Exemple tarte à la crème: masculin > cheveux courts, bleu, camion, rugby, sciences, colère, force, action, carrière, coureur, Scotch… / féminin > cheveux longs, rose, poupée, danse, arts, hystérie, douceur, rêverie, éducation des enfants et tâches ménagères, mère ou putain, kir…

    Selon ces chercheurs, la femme et l’homme ne sont pas identiques, mais la construction de leur identité sexuelle doit beaucoup à l’éducation et aux croyances du milieu dans lequel l’individu grandit, qu’il soit doté d’un vagin ou d’un pénis. Ainsi, la dissociation du biologique et du culturel interroge les normes dites « naturelles » (et donc jugées immuables), qui sont liées au sexe biologique.

    Quels sont les clichés et mécanismes qui produisent ces inégalités? Notre quotidien en est truffé! De la blague sur les blondes au « pour une femme, c’est quand même mieux de… » en passant par les rayons de jouets, les habitudes inconscientes des parents qui différencient les tâches assignées à chaque enfant selon son sexe, les qualificatifs accompagnant les demandes faites à chacun selon les attentes que l’on a envers une femme ou un homme, les représentations des corps dans la publicité, les rôles dans les films d’action, jusqu’au « best-seller » qui conforte les représentations sexistes en avançant des recettes miracles pour comprendre le mystère de « l’autre »…

    Les Américaines Gayle Rubin et Judith Butler montrent que le rapport entre les sexes n’implique pas seulement une hiérarchie entre les genres (domination masculine) mais également une injonction normative à se conformer aux stéréotypes de son genre biologique.

    Ainsi, chacun, selon la norme socio-culturelle du binarisme de genre, est censé se conformer à un genre prédéfini et à tous les diktats qui lui sont attachés, y compris celui de l’orientation sexuelle. L’homme serait tourné vers l’action et la culture, il serait courageux et protecteur et ne pleurerait pas (sauf à l’enterrement de son père), il aimerait les femmes d’apparence féminine (et sans poils). La femme serait tournée vers le cocon et la nature, elle marcherait à petits pas élégants prudents et aimerait les hommes grands et forts, ils formeraient un couple qui baiserait dans le noir uniquement à deux et selon les positions et pratiques « convenables » et auraient des enfants. Bien sûr, si l’un d’eux, hermaphrodite, naissait avec les deux appareils génitaux, il serait rapidement mutilé pour n’en garder qu’un et serait éduqué en fille ou en garçon selon le choix du médecin, qui aurait ainsi « tranché », et serait destiné à faire un mariage fructueux comme ses propres parents. Tout le reste ne serait qu’anomalie et déviance.

    Comment apporter des modifications aux habitus imposés par la société? Le mouvement queer (issu des études de genres mais ne se confondant pas avec elles) se joue de la multiplicité des identités sexuelles: la masculinité et la féminité ne peuvent expliquer la hiérarchie et la domination, non moins que le sexe n’expliquerait le genre.

    En clair, pour le mouvement queer la sexualité et le genre social (être considéré comme un individu masculin ou féminin) d’un individu n’est pas déterminé par son sexe biologique (mâle ou femelle), mais par son environnement.

    Il est dès lors important de différencier le sexe (mâle/femelle) et le genre (masculin/féminin) par rapport à une société qui tendrait à considérer comme anormaux les individus qui ne se situent pas dans la normalité d’une hétérosexualité perçue comme naturelle et innée, avec un genre découlant du seul sexe acquis à la naissance.

    Quant à la question du « féminisme« , une question qui m’est souvent posée, j’avance deux réponses : 1: il y a plusieurs féminismes, dont certains s’opposent radicalement; par exemple, le féministe queer et le féminisme essentialiste (ou « différencialiste » : qui promeut une égalité M/F mais chacun dans le rôle assigné selon son sexe biologique, qui déterminerait naturellement son genre). Ne pas les confondre, please!!! 2: dans mon entourage, de nombreux individus de sexe masculins, hétéros ou non, sont féministes queer, c’est à dire qu’ils envisagent les individus sans relier leurs présumées qualités ou caractéristiques à leur sexe biologique et qu’ils sont attentifs à ne pas véhiculer de propos ou d’attitudes différencialistes, puisqu’il y a, au centre du queer, une nouvelle manière de rejeter les catégories binaires de sexe, de même qu’une nouvelle problématisation des sexualités qui mettent ces catégories au défi.

    Quelques liens glanés sur le web (qui ont inspiré ce « rappel rapide »)

     

    dossier: http://www.nonfiction.fr/article-7758-dossier__un_etat_du_genre.htm

    radio: http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-melange-de-genres-14-la-theorie-queer-2014-11-24

    radio: http://www.franceculture.fr/emission-chanson-boum-king-s-queer-2012-11-18

    https://www.cairn.info/revue-mouvements-2002-2-page-44.htm

    http://next.liberation.fr/sexe/2013/04/29/la-theorie-du-genre-a-toujours-ete-queer_899849

    http://www.scienceshumaines.com/les-gender-studies-pour-les-nuls_fr_27748.html

    Appel à contribution – n°1 de la revue GLAD!

    http://www.couventdepaname.org/ et https://www.facebook.com/pages/Couvent-de-Paname-Les-Soeurs-de-la-Perp%C3%A9tuelle-Indulgence/106982269376947

    http://information.tv5monde.com/terriennes/genre-neutre-il-ou-elle-pas-besoin-de-choisir-60046

    http://www.swissinfo.ch/fre/societe/le-combat-des-hermaphrodites-contre-les-op%C3%A9rations-forc%C3%A9es/7568582

    http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20131213.OBS9493/theorie-du-genre-judith-butler-repond-a-ses-detracteurs.html

    http://www.scienceshumaines.com/genre-et-identite-judith-butler-en-france_fr_5114.html

    http://www2.univ-paris8.fr/ef/spip.php?article1

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_B._Preciado

    http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18776064&cfilm=128359.html

    http://www.cinequeer.fr/films/

    http://www.madmoizelle.com/theorie-genre-explications-172321

    http://secondsexe.com/magazine/Similitudes-des-organes.html

    http://www.instinct.berlin/

    https://www.facebook.com/polychrome.edl/

    https://www.facebook.com/la.mutinerie.9/?fref=ts

     

     

  • A la porte des mondes virtuels

    A la porte des mondes virtuels

    Image: extraite d’eXistenZ, film de David Cronenberg (1999)

    Chausser l’Oculus Rift et s’immerger dans un monde virtuel, en incarnant un avatar que l’on a créé, entraine un état modifié de conscience évident.

    Le voyage évade, défoule, offre des possibles épatants… mais quid des aventures vécues par cette projection de nous-même lorsque nous sortons de l’univers virtuel pour revenir à la réalité partagée non virtuelle?

    Le vécu dans le jeu a de fortes chances d’être traité comme réel dans le psychisme, à l’instar de ce qui est vécu sous hypnose dans le rêve éveillé.

    Or, en retirant le casque, le passage est abrupt.

    L’hypnose, en tant que sas entre les mondes?

    Il suffit d’oser.

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

     

  • « Hypno/art éch ctre résid nature »

    « Hypno/art éch ctre résid nature »

    Image: un endroit que j’aime

    En manque de vraie nature (campagne, montagne, forêt, mer, désert…), malgré mes longues marches dans le bois de Vincennes à Paris ou dans la forêt de Soignes à Bruxelles, je cherche un lieu à peu près facile d’accès (je ne conduis pas), pour écrire, conceptualiser, tester, composer, voyager… de temps à autre.

    Je propose un échange en séance(s) d’hypnose ou bien en workshop avec vos proches. Ou bien je peux m’occuper de vos chats, chiens, chevaux, plantes… en votre absence (j’ai de l’expérience, j’ai vécu longtemps au vert entourée d’animaux).

    Sourire,

    Marie Lisel

    PS: il y a une superbe initiative ici: Hostanartist

    PS2: Bienvenue en séance

     

     

  • Sois ton propre cheval

    Sois ton propre cheval

    Sois ton propre cheval

    Se ressentir comme totalement immobile et en même temps fulgurant, ou comme en équilibre sur un seul point, en contact avec un corps mouvant, ou comme en apesanteur, ou comme au point de concentration extrème où tout mouvement est contenu dans un arrêt, ou comme dans la justesse du relâchement dans la tonicité… ces états de grâce, je les ai connus à cheval et non en arts martiaux (car je les ai approchés sans aller jusque là, en kimono).

    J’ai compris leur importance lors d’un rêve, qui est survenu en Chine il y a longtemps, dans un contexte douloureux dans ma vie, où je me demandais « vers quoi/qui me tourner ».

    Ce rêve le voici : dans une cour intérieure ancienne de type romain, je galope, sur place, en carré, chevauchant un cheval de type andalou, dont je mesure toute la puissance grâce à ce rassemblé parfait, à la lenteur magique. Chaque foulée prends environ quatre secondes. Ses fers sonnent régulièrement sur le pavé. Mais dans un mouvement tellement lent, tellement suspendu, que j’ai l’impression de ressentir le centre de mon corps avec une intensité nouvelle, comme le centre de notre centaure, comme le centre où sont rassemblées en un point toutes les énergies, les mouvements si vifs, si justes, si précis… dans une tranquillité tonique, un relâchement énergique et le bonheur d’être présente entièrement à ce que je vis.

    Je n’ai jamais oublié ce rêve. Et, depuis, en état d’hypnose, j’appelle régulièrement ce que j’ai nommé « Sois ton propre cheval », qui me rassemble, me concentre, me tranquillise, me focalise, m’énergise.

    C’est une position utile pour la praticienne que je suis!

    A chacun.e ses états désirés et les métaphores de passage qui leur correspondent. L’important est de les connaitre et d’y accéder librement.

    Il suffit d’oser.

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel