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  • Séances en visio

    Séances en visio

    Bienvenue.

    Je te reçois dans mon espace virtuel.

    Les pages à lire sur l’accompagnement

    Séance par ZOOM

    En temps ordinaire, je pratiquais déjà souvent des séances d’hypnose et de REVAH (rêve éveillé augmenté par l’hypnose) par visio car j’accompagne des personnes dans différents pays.

    Dans les périodes de covid, la pratique virtuelle s’est intensifiée.

    Cela fonctionne très bien.

    J’utilise une salle virtuelle où nous nous rencontrons car en cas de coupure d’internet, il est facile de se reconnecter sans se rappeler et décrocher. Il suffit de revenir dans la salle où l’autre est resté.e.

    Pour le moment, je privilégie ZOOM, car c’est le plus fiable. D’autres sont possibles: Jitsi, KMeet, HANGOUTS, SKYPE, Klaxoon, Whereby

     

    Les condition

    Il suffit de prévoir une pièce calme où il n’y a pas d’irruption humaine ou animale, une connexion haut débit, un écran stable (pas un téléphone en main) et, éventuellement (pas nécessaire mais pratique) un casque avec micro.

    Mes accompagné.e.s en visio sont en France, Belgique, Luxembourg, Suisse, Maroc, Japon, Chine et Amérique du Sud… Tant qu’il y a du réseau, ça roule.

    Bienvenue!

    Avantages

    • Organisation géographique optimum (je suis souvent en vadrouille)
    • Gains de temps (pas de déplacement de chez vous au cabinet)
    • Confort (vous êtes dans votre fauteuil et pouvez y rester après la séance)
    • Intégration directe dans votre quotidien
    • Safe (pas de risque covid)
    • Cocon (avec un casque, idéalement avec micro, c’est mieux!)
    • Moins cher (par rapport aux tarifs parisiens)

    Témoignages (partagés avec permission des autrices et auteurs)

    « Clairement, les forces qui génèrent le voyage intérieur n’en ont que faire que la guide soit là physiquement ou virtuellement »

    ***

    « Il y a un mois, je partais en hypnose guidée en visio par Marie pour explorer la douleur physique qui me faisait extrêmement souffrir depuis des mois.

    Le voyage se révèle sous le signe de l’abeille. Étendue dans un champ, mon corps se transforme peu à peu pour devenir celui d’une abeille géante. Ma vision devient extraordinaire. Chaque œil est maintenant muni de milliers de petites caméras qui élargissent mon champ visuel. Je vois en grand et en petit, de près ou de très loin en même temps.

    Puis, une douleur actroce me reveille: mon dard a arraché tout mon abdomen. Je ne sais pas quoi faire pour soigner cette déchirure mais bientôt des dizaines ou des centaines d’abeilles entament une ronde autour de moi et m’enveloppent d’un voile de miel. Leur chant et leur danse m’apaisent et annoncent la guérison.

    Aujourd’hui, trois semaines après mon opération chirurgicale, c’est un nid d’abeilles qui a élu domicile sur le mur de ma terrasse bruxelloise. Depuis hier, leur chant m’enchante et me rappelle à cette séance magique d’abeilles guérisseuses. Du coup, je ne sais pas si je dois les laisser vivre leur vie et les remercier ou appeler un apiculteur pour les déplacer gentiment!

    Drôle de coïncidence toute de même non ? Merci la vie. Et merci Marie ! »

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    ***

    Mon premier rdv en visio avec Marie se résume en quelques lettres WAOU.

    J’étais pourtant bien  stressé puisque  je cumulais un premier rdv pour une premiére expérience de rêve éveillé et en  visio.

    Mon stress s’est rapidement dissipé pour laisser place à la curiosité et une envie de lâcher prise. 

    Marie a su me rassurer de part son approche simple, transparente et assez pragmatique. De part aussi sa présence aussi que l’on sent sans jugement aucun. 

    Le plus marquant ( d’où mon WAOU) est ce cadre de sécurité que j’ai ressentie et qui m’a permit de faire une séance intense et productive. 

    Il y a eu aussi de l’humour, des sourires et à nouveau de la simplicité et ça c’est top aussi. 

    Marie à une approche réellement singulière et simple à la fois, qui est selon moi gage de professionnalisme . 

    Je me suis sentie libre, confiante et assez en sécurité pour faire sauter une ou deux barrières dés la première séance. Waou ! 

    Merci Marie ! 

    ***

    La nature dans mes voyages hypnotiques.

    Lors de mes séances hypnotiques en visio, la nature occupe une place prépondérante : flotter à la surface d’un lac, me lover dans un tronc d’arbre, me retrouver au sein d’un volcan en éruption, laisser pousser des plantes à l’intérieur de mon corps, intégrer le soleil en moi et cela à maintes reprises… Sans compter sur la présence des guides-animaux qui m’accompagnent lors de chaque voyage.

    Les tâches prescrites en fin de séance maintiennent souvent ce lien créé : prendre du temps pour moi dans un jardin ou un bois, trouver une pierre et la garder, retourner en auto-hypnose dans les lieux visités,…

    La nature est revenue au premier plan dans ma vie quotidienne en tant que lieu de ressourcement et de refuge.

    ***

    Première expérience d’hypnose pour moi. C’était donc un double pari de la tenter durant cette période exceptionnelle de confinement liée au Coronavirus, par écran interposé.

    Malgré quelques déboires techniques liés à ma connexion, Marie a tout de suite été d’une présence apaisante et accueillante.J’ai apprécié le temps offert par Marie lors de la première séance d’une part pour me laisser expliquer ma demande et mon état, et d’autre part pour la clarté de ses explications sur la pratique qu’elle propose. Marie est très transparente sur le cadre de son travail et des limites de celui-ci, chose très rassurante pour moi.

    J’ai été étonnée de constater la facilité avec laquelle je me suis laissée guider par la voix d’une thérapeute que je n’avais jamais rencontrée en chair et en os. La douceur de sa voix et l’assurance avec laquelle elle mène la séance m’ont guidée avec confiance dans une voie nouvelle d’exploration de mon être.

    Quel voyage ! Tout cela est assez neuf pour moi mais je dois dire que j’ai été conquise dès la première séance.

    J’ai découvert un monde intérieur avec lequel je peux entrer en contact et en dialogue même, ce qui a pour effet de diminuer l’angoisse liée au sentiment d’impuissance et parfois de dépossession de mon propre corps face à la maladie et à la douleur physique. La médecine traditionnelle et les spécialistes en particulier morcellent tellement leur diagnostic et la prise en compte des pathologies dont nous souffrons que j’ai eu envie de faire appel à d’autres techniques pour envisager un soin plus global qui réunifie corps et âme.

    L’hypnose proposée par Marie nous donne aussi des outils concrets qui se déploient sous la forme de petits « exercices personnalisés»  donnés en fin de séance qui permettent de poursuivre le travail et de s’approprier la technique. Ces exercices me portent au quotidien pour affronter avec plus de sérénité la période difficile que je traverse.

    Je recommande vivement à toutes celles et ceux qui traversent une période difficile et cherchent une voie créative pour se (re)découvrir (mai 2020).

    ***

    Merci et merci et merci encore!
    C’est un véritable chamboulement positif,
    Une avancée énorme,
    Un pont vers l’infini…

    ***

    J’ai rencontré Marie lors d’un festival à Paris parce que j’ai participé à un de ses ateliers d’hypnose. Je dois avouer que j’y suis allé très sceptique, je ne croyais pas à l’hypnose et j’en avais l’image très éloignée de celle que pratique Marie. Lors de son atelier j’ai fait une rencontre très forte, ce qui était complètement inattendu étant donné que j’étais sûr que je ferai l’atelier tout seul !

    J’ai commencé alors à voir Marie pour des séances, lorsque j’étais à Paris ou elle à Berlin, où j’habite. Elle m’aide énormément à y voir plus clair et à débloquer des choses qui m’empêchent d’avancer.

    A plusieurs reprises elle m’a proposé de faire des séances par visio mais j’ai toujours décliné, au fond de moi je ne croyais pas que ça pouvait fonctionner et je pensais que tant que c’était le cas de toutes façons ça ne fonctionnerait pas.

    Là-dessus est arrivé le coronavirus, avec toutes ses conséquences et notamment l’impossibilité de voyager. Je ne pouvais donc plus avoir de séance avec Marie. Lorsque je suis arrivé à un grand barrage dans ma vie il a été clair pour moi que j’avais besoin de son aide et que je devais tenter la visio.

    C’est donc ce que j’ai fait et ça a complètement fonctionné, la séance en visio m’aide autant à avancer que lorsqu’elle est dans la même pièce que moi. Et l’avantage c’est que nos séances peuvent maintenant être régulières et par conséquence je peux avancer encore mieux que lorsque je les programmais au fil de mes voyages ou des siens.

    Alors pour les personnes qui doutent que cela fonctionne, comme c’était mon cas il y a quelques mois, je dirais juste : essayez sans à priori et vous serez surpris !

    ***

    Je reviens vers toi après la séance de lundi qui a été une très belle expérience pour moi. 

    Elle m’a aidé à réconcilier mon mental et mon cœur, c’est énorme ! Cette séance m’a permis d’ancrer dans mon corps le fait que la situation est folle mais pas moi… et de calmer le questionnement qui m’envahissait depuis trop longtemps.

    L’après-midi, je me suis sentie légère et joyeuse, ça ne m’étais pas arrivée depuis un moment…

    Ca m’a fort étonnée que ce soit mon corps qui parle. J’imaginais que dans l’hypnose, le corps était hors jeu justement. J’étais aussi étonnée de ne pas avoir d’images alors que je suis très visuelle habituellement.

    Je te remercie encore pour ton écoute et ta voix, pour l’accueil à ce qui se passe sur le moment, sans jugement. Je me suis sentie en confiance, c’est précieux.

    ***

    J’ai fait deux séances sur Skype avec Marie depuis le début du confinement et elles m’ont fait un bien fou.

    Aucune différence en soi avec le travail en analogue: Marie est complètement présente, son soutien et sa concentration sont palpables, l’échange est vivant.

    Clairement, les forces qui génèrent le voyage intérieur n’en ont que faire que la guide soit là physiquement ou virtuellement 😉

    ***

    Depuis novembre 2018 j ai eu des RV très réguliers avec Marie jusqu’à la fin février et depuis début mars 2020, nous avons commencé les RV par skype.

    Au début cela m inquiétait et me stressait un peu , puis très vite, les séances se sont déroulées comme en présentiel, avec un temps de paroles, puis à la demande de Marie de fermer les yeux, d’observer les sensations dans le corps et peu à peu le travail thérapeutique s’ installe progressivement , le rêve éveillé se déroule, les émotions arrivent, les ressentis dans le corps.

    Marie induit et propose des situations, des images…..et le travail hypnotique se produit tranquillement. Très vite, on oublie l ‘écran étant pris par la situation, par la transe.

    Je suis très satisfaite de ces séances par skype qui pour moi produisent les mêmes effets. Je continue de faire beaucoup de progrès, d’avancer en me sentant toujours de mieux en mieux .

    Je poursuivrai ces séances par internet après le confinement et mon déménagement loin de Paris.

    ***

    J’ai rencontré Marie deux fois avant qu’elle ne me propose de réaliser une séance par skype.

    Le côté pratique est évident : pas de trajets et un horaire flexible.  Par contre, j’avais une appréhension quant à la mise en situation : me sentirai-je à l’aise?  Le voyage vers mon monde intérieur sera-t-il possible?  L’éloignement physique ne sera-t-il pas un facteur limitant?

    A l’heure convenue, nous avons entamé notre conversation skype.  Tout d’abord, nous avons fait le point sur mes progrès depuis notre dernière entrevue.  J’ai mis l’accent sur les sentiments de solidité, d’ancrage, d’être « moi-même » que j’avais ressentis à la sortie de la séance.  Sentiments que je voulais retrouver et intégrer profondément en moi.  Un nouvel objectif  était trouvé!

    Une fois cet objectif clairement énoncé, Marie m’a proposé de fermer les yeux et de faire un scan de chaque partie de mon corps.  Un inconfort étant présent dans la région de la gorge.  J’ai écouté les besoins de cette zone et j’y ai apporté lumière et respiration jusqu’à ce la tension disparaisse.  Toujours sous l’impulsion de Marie, je suis partie en voyage.  Mon premier guide m’a accueilli.  D’autres se sont relayés tour à tour jusqu’à ce que Marie me demande me concentrer sur mon 3e oeil.  Cette région du front étant crispée, j’y ai fait entrer de la lumière, de la paix, de la détente tout en laissant pénétrer de la solidité dans chaque cellule de mon corps. Tout ce qui avait besoin d’être transformé ou éliminé l’a été grâce à ma respiration et mon dernier guide.  Pour clôturer le voyage, j’ai fait un pacte avec moi-même : me poser ou me reposer 10 minutes par jour.  

    La séance s’était très bien passée, elle a été intense et surprenante (comme à chaque fois).  Je me sentais bien et mes craintes n’avaient plus lieu d’être.

    Grâce à ce voyage, j’ai abordé mon nouveau travail de manière sereine.  La solidité est au rendez-vous! 🙂  Il est évident que je renforce tous les jours ce sentiment et que je respecte tous les termes de mon accord…

    Un tout grand merci à Marie

    ***

    J ai fait plusieurs séances avec Marie en face à face mais un jour je n’avais pas d’autre choix que d’en faire une par skype, il est vrai que j appréhendais cette séance, je me disais que ça n allait pas être pareil, puis je me suis quand même lancée…

    Je n’ai très honnêtement pas fait la différence, Marie est 1000 fois présente, rien ne change, d ailleurs cette séance m’a débloqué une étape importante de mon cheminement.
    A ce jour je sais que je ne m arrêterai plus à ça, peut importe par quel biais se font les séances, Marie est très professionnelle, je lui fais entièrement confiance.

    Merci Marie

    ***

    Habitant loin des endroits où Marie reçoit habituellement, la seule façon d’effectuer des sessions était par Skype. Je n’ai donc pas hésité à prendre un premier rendez-vous. 

    Il est vrai que la première fois, j’ai tout de même eu des doutes sur ma capacité à entrer en transe de cette manière-là.

    Mais, grâce au savoir-faire de Marie, tout s’est très bien passé. Je n’ai jamais ressenti que la distance était un frein quelconque à la qualité de la thérapie et suis vraiment enchanté de cette manière de faire. Il est vrai que j’aurais pu trouver un hypnothérapeute dans ma région, mais pouvoir pratiquer avec une personne qualifiée et de confiance était le plus important.

    J’apprécie également la flexibilité que donne ce type de session et l’absence de perte de temps dans les transports. 

    Je ne peux que recommander Marie et ce type de sessions à distance. 

    ***

    Voyage grâce à Skype 

    Cela fait maintenant plus d’un an que je réalise des voyages hypnotiques avec l’aide de Marie. 

    Après quelques rencontres, nous avons commencé les séances d’auto-hypnose via Skype : lorsque j’en ressens le besoin, je contacte Marie et l’on fixe un rendez-vous virtuel.

    Malgré l’a priori de la distance physique, l’état d’hypnose s’installe rapidement après avoir déterminé l’objectif du moment.  En cas de coupure, il est étonnamment facile de repartir en voyage, de retrouver et suivre ses guides.  Le travail entamé se poursuit de séances en séances.

    Finalement, la technologie permet de la flexibilité par rapport à l’horaire et au lieu où l’on se trouve.  Il suffit juste d’une connexion internet et d’un ordinateur voire d’un smartphone…

    ***

    La période de confinement que l’on vit actuellement n’a rien changé à mes « habitudes hypnotiques ». Quand j’en ressens le besoin, je contacte Marie pour prendre un rendez-vous virtuel. Diverses possibilités s’offrent à nous : Skype, Messenger, Hangouts en fonction de la qualité du moment. Les voyages sont, par contre, toujours qualitatifs! Merci à mes guides et à Marie…

  • Comment s’émanciper des addictions-compulsions?

    Comment s’émanciper des addictions-compulsions?

    Tabac, nourriture, alcool, internet, sexe, achats, défonce par le sport… comment s’émanciper des addictions-compulsions par l’hypnose?

    Article posté en 2017, toujours d’actualité 🙂

    ADDICTIONS-COMPULSIONS?

    L’addiction se définit comme la dépendance d’une personne à une substance ou à une activité génératrice de plaisir, dont elle ne peut plus se passer en dépit de sa propre volonté.

    La compulsion peut se définir comme une impulsion irrésistible d’accomplir un acte irrationnel.

    En y cédant, nous vivons une expérience qui modifie l’humeur, mais qui peut aussi avoir des conséquences graves. Le paradoxe est que la personne croit nécessaire à sa (sur)vie une substance ou une conduite qui peut mettre sa vie ou son équilibre en danger.

    Evidemment, nous ne travaillons que sur les addictions-compulsions toxiques. Si une dépendance, un comportement ne vous apporte que du bien-être, foutez-lui la paix 🙂

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    Part of documenta 14, Brigitte Polemis presents “#iFollow” at the Bouziani Museum

    Il en existe de nombreuses formes : alcool, tabac, nourriture, drogues, médicaments, dépendance affective, travail, sexe, jeux-vidéos, jeux en ligne, achats, jeu…

    L’hypnose permet de comprendre les processus psychiques et comportementaux et de les transformer pour vivre librement.

    Il existe de nombreuses façons d’aborder les addictions et compulsions par l’hypnose.

    Dans cet article, je vous expose ma façon actuelle d’envisager ce travail hypnotique  en 4 axes principaux:

    • 1: Différencier l’identité (qui je suis) du le comportement (ce que je fais) pour dépasser le figement et mettre mes processus en mouvement
    • 2: Décaler l’automatisme pour ouvrir le champ des possibles
    • 3: Parler le langage intérieur pour communiquer avec moi-même en profondeur
    • 4: Différencier l’intention positive (remplir un besoin) du comportement pour négocier des réparations, transformations, libérations, modérations…

    Ces différents axes ne sont pas nécessairement envisagés dans l’ordre ni chacun dans une séance. Parfois, le travail se fait étape par étape et parfois de façon tellement symbolique qu’il est difficile de savoir exactement ce que les parties intérieures ont réalisé pour permettre le mouvement, la transformation et l’émancipation.

    C’est un chemin à chaque fois différent puisqu’ajusté à chacun.e.

    Bienvenue en séance!

    Un article plus court et spécifique à l’arrêt du tabac est disponible ici.

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    Biennale de Venise 2015, pavillon russe.

    AXE 1: DIFFERENCIER  L’IDENTITE ET LE COMPORTEMENT

    S’émanciper demande une mise en mouvement.

    Une fois que ce mouvement est initié, la transformation est possible. Oui, il est possible de changer la façon dont nous fonctionnons, nous pensons, nous réagissons, nous fuyons, nous nous cachons, nous nous papouillons, nous nous donnons du courage, nous nous défendons, nous cherchons à être accepté, nous affirmons notre loyauté…

    Or, la croyance confuse qu’une personne, une action ou un objet fait partie intégrante de notre identité ou de notre survie empêche ce mouvement.

    Etre dépendant à l’alcool, à la cigarette, au sport, au porno, au shopping, au sucré… ne définit pas l’identité de la personne. Le « je » est différent de la dépendance. L’individu n’est pas le comportement qu’il a.

    En différenciant « qui je suis » du comportement, le changement peut commencer. Ca a déjà bougé!

    A la maison, faites l’exercice plusieurs fois, des jours différents, les yeux fermés et téléphone éteint et notez ce qui vous est venu sans trier:

    • Si mon « je » d’aujourd’hui rencontrait le « je » du dernier jour de ma vie, qu’est-ce que ce « je » qui se prépare à mourir désirerait que le « je » d’aujourd’hui change, là, maintenant?
    • Imaginez votre double débarrassé de ce comportement, observez-le dans vos différents cercles sociaux, votre famille, votre vie sentimentale, votre boulot, vos passions, vos conversations… Qu’est-ce que cela modifierait dans votre vie?

    En séance d’hypnose, de nombreuses techniques peuvent être envisagées si nécessaire pour valider cette étape. Un exemple parmi d’autres: la personne visite ses différents niveaux (technique de Robert Dilts) : son environnement, ses comportements, capacités, croyances et valeurs, son identité et ce qui la relie plus largement au monde ou à l’univers, que l’on peut appeler sa spiritualité.

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    Shame, film réalisé par Steve McQueen en 2011 dont le personnage principal est addict au sexe

    AXE 2: DECALER L’AUTOMATISME

    Quand un petit changement est opéré volontairement, le comportement automatique est légèrement décalé, ce qui ouvre d’autre possibles.

    A la maison, au quotidien, forcez-vous à décaler votre façon de vous livrer à ce comportement. Accumulez les décalages jour après jour. Par exemple:

    • fumez de l’autre main, changez de marque de produit, commencez par un aliment salé alors que vous grignotez sucré, changez la position de l’ordinateur et votre siège, votre propre position…
    • attendez 3 minutes en regardant la cigarette, la bouteille, le gâteau  le téléphone, la page d’accueil du site sur l’écran…, sans rien faire d’autre que d’observer ce qui se passe en vous
    • triplez le comportement (si je fume, j’en fume 3, si je mange ce gâteau, j’en mange 3…)
    • faites autre chose avant, comme boire un grand verre d’eau très lentement et laisser monter les images ou prendre des notes dans le carnet ou fermer les yeux et respirer à fond 6 fois ou…

    Les façons de décaler les automatismes sont innombrables. Inventez-en, accumulez-les! Commencez une semaine avant votre rendez-vous et notez les effets dans votre carnet de l’axe 2. Ca a déjà commencé à changer…

    En séance d’hypnose, ces légers changements seront amplifiés en accord avec les parties de vous qui réclament ce comportement pour l’intention positive (voir l’axe 4).

    Coffee and cigarette
    Coffee and cigarette, film de Jim Jarmusch, sorti en 2003.

    AXE 3: PARLER LE LANGAGE INTERIEUR

    Notre façon d’envisager le monde est en très grande partie hors de portée de notre attention. Nous croyons « maitriser par la raison » ce que nous pensons, comment nous réagissons, alors que nous sommes constamment entrainés dans des patterns dont nous n’avons pas conscience (le fameux « c’est plus fort que moi »).

    Et puisque nous projetons nos patterns sur le monde plutôt que de capturer « la vérité », autant le savoir et le faire exprès 🙂

    Il est temps de parler le langage de l’imaginal pour communiquer avec notre monde intérieur, nos processus internes, ce qui définit notre subjectivité (ce que je pense, comment je juge, comment je réagis, mes dé-goûts, mes désirs, mes peurs…) et lui demander de se modifier.

    Son langage est comparable à celui du rêve: images, sons, sensations corporelles, impressions, voix intérieure, lumière, chaleur-fraicheur, lourdeur-légèreté, représentations oniriques de personnages…

    Un tramway nommé Désir (Vivien Leigh)
    Un tramway nommé Désir (ici: Vivien Leigh), film d’Elia Kazan, 1951.

    Si j’apprends à sentir le tout premier signe précurseur de ma compulsion arriver, il est encore temps de négocier, pendant que la spirale est encore trop menue pour m’emporter. Sinon, après, ce sera le grand huit…

    Si j’établis peu à peu une communication fluide, mes dividus n’auront même plus besoin de mettre en marche la vrille, spirale ou aspirateur… Cela m’est d’ailleurs arrivé à de nombreuses reprises de travailler sur autre chose avec la personne accompagnée et de voir la compulsion s’arrêter toute seule.

    A la maison, au coucher et au réveil du matin et/ou de sieste (avec prise de notes a posteriori des éléments principaux):

    • gardez les yeux fermés et faites le tour de votre corps, en visitant sensoriellement les orteils, les pieds, les jambes… jusqu’au crâne. respirez amplement et laissez venir les images, sons, impressions, sensations, émotions tandis que votre attention reste fixée sur le corps, étape par étape. Si votre blabla intérieur de rumination ou d’analyse se met en route, baissez le son (avec le mouvement d’un doigt) et recentrez votre attention sur le corps, ici et maintenant. Lorsque le premier tour de visite, recommencez, cette fois en inspirant de l’amour et en l’expirant à l’intérieur. laissez les couleurs, les sensations agréable s’amplifier avec amour.
    • regardez avec attention et précision (la fixation, avec corps immobile et concentration maximale est importante) un objet qui symbolise votre compulsion et posez-lui des questions comme « que désires-tu? », « as-tu quelque chose à m’envoyer comme message? », « de quoi as-tu besoin pour me libérer de ce qui me fait du mal? », « quand as-tu appris que c’était bien pour moi de faire ça? », « de quoi as-tu peur? » et laissez venir les images, sensations, émotions, souvenirs, voix… accueillez sans trier (et notez ensuite ce qui est venu). 

    En séance d’hypnose, vous aurez moultes occasions de communiquer avec votre imaginal. Vous verrez, on s’y fait très vite, c’est fantastique! Et cette communication peut être utile à de nombreuses occasions en dehors de ce que vous travaillez ici.

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    L’addiction au sport peut parfois provoquer des dégâts (et parfois pas)

    AXE 4: DIFFERENCIER L’INTENTION POSITIVE ET LE COMPORTEMENT

    Pour Milton Erickson, qui a donné son nom à l’hypnose éricksonienne, il y a une intention positive derrière chaque partie qui nous constitue, partie que j’appelle « dividu« .

    Le dividu, ce « quelque chose en moi », ce « c’est plus fort que moi », me pousse à fumer alors que je suis malade, à surfer sur le web pendant des heures alors que j’ai du travail, à engloutir des plaques de chocolat alors que j’aimerais perdre du poids, à me ronger les ongles alors que la vue de mes moignons me fait honte, à rester en relation avec une personne qui m’est toxique alors que je sais que je ne la/le changerai pas, à boire alors que plusieurs personnes dans ma famille sont mortes par l’alcool…

    Le dividu a appris par l’expérience à réagir pour gérer les besoins, parfois de façon constructive, en phase avec ce que je désire vivre, et parfois en causant des dégâts . Dès lors, des comportements sont générés, qui ne sont pas toujours adaptés à la situation présente. Quand l’apprentissage est très précoce, sa logique est étonnante à découvrir.

    Des exemples découverts sous hypnose? Un enfant (intérieur) prétendait être allergique aux passages cloutés car il avait éternué violemment en s’approchant de l’un d’eux (l’adulte, lui, faisait des tests d’allergie à la pollution, ne comprenant pas les réactions de son corps à différents trajets)… un autre voyait dans les sucreries le câlin maternel car la mère, très occupée par son magasin, donnait un bonbon à chaque manifestation de sa fille (l’adulte s’enfilait des tonnes de produits sucrés à la moindre contrariété)… un autre associait la cigarette au câlin car sa mère l’accueillait contre elle « le temps de sa clope »…  un homme courrait tous les jours (sinon il se sentait super mal) pour évacuer l’angoisse mais aussi pour être prêt à échapper au danger lié à un trauma caché… une personne sex addict se protégeait d’établir une relation par peur de l’abandon.

    Imaginez les liens surréalistes que vos dividus ont pu mettre en place comme des « solutions sûres », depuis toutes ces années sans vous mettre au courant consciemment! 

    De quoi avez-vous besoin? A quelles peurs ces besoins répondent-ils?

    En état d’hypnose, il est possible de dialoguer avec les dividus et de négocier des transformations, tout d’abord en différenciant l’intention positive et le comportement.

    Pour un même comportement, différentes intentions positives inconscientes peuvent être répertoriées. Il peut s’agir, par exemple, de trouver du réconfort, de se rassurer, de se concentrer, de vider une tension, d’appartenir à un groupe (loyauté familiale, appartenance au clan des fumeurs du bureau, ou à un groupe de potes…), de projeter une protection, de lâcher prise, de garder un positionnement (re)connu (« sans ce comportement, je ne me reconnais pas »), d’avoir de l’assurance, d’opérer une transition dans la journée, de rester fidèle à une personne avec qui une symbolique autour du comportement s’est créée ou tout simplement de faire une autre activité (association café-clope ou association after-coke, par exemple).

    Ces bénéfices comblent des besoins, avant, pendant et/ou après, liés à des peurs. En les distinguant de la compulsion, une nouvelle étape est franchie: les besoins peuvent désormais être envisagés autrement.

    Y a-t-il un problème de fond à régler (confiance en soi, stress, anxiété, peur du rejet, transformation d’un lien, ouverture à l’autre, rapport à l’appartenance familiale…) de façon à calmer ces besoins et ces peurs?

    De nouveaux comportements peuvent-ils être adaptés à la fois aux besoins et au bien-être? Lorsque des alternatives qui peuvent satisfaire ces intentions sont installés, les comportements problématiques sont alors transformés en ressources puissantes.

    A la maison, avant la première séance, écrivez un bilan personnel pendant au moins une semaine. Pour chaque occurrence du comportement dont vous désirez vous libérer (à chaque cigarette, crise de goinfrerie…).

    • Heure, contexte, comportement (durée, intensité…)
    • Qu’y a-t-il juste AVANT que je fume, grignote, me ronge les ongles, téléphone à une personne toxique pour la voir, …? quels sont les éléments de contexte? quelles sont mes actions? qu’est-ce que je me dis? qu’est-ce que je me dis que cela raconte sur moi-même? quelles sont mes émotions? comment est mon corps?
    • Qu’y a-t-il juste PENDANT que je fume, grignote, me ronge les ongles, téléphone à une personne toxique pour la voir, …? quels sont les éléments de contexte? quelles sont mes actions? qu’est-ce que je me dis? qu’est-ce que je me dis que cela raconte sur moi-même? quelles sont mes émotions? comment est mon corps?
    • Qu’y a-t-il juste APRES que je fume, grignote, me ronge les ongles, téléphone à une personne toxique pour la voir, …? quels sont les éléments de contexte? quelles sont mes actions? qu’est-ce que je me dis? qu’est-ce que je me dis que cela raconte sur moi-même? quelles sont mes émotions? comment est mon corps?
    • Consciemment, qu’est-ce que ça m’apporte de positif? De quoi serais-je privé.e si je ne le faisais pas?
    • Respirez très profondément 3X, les yeux fermés et accueillez sans trier les images, les mots, les sensations, les émotions… quand vous évoquez un comportement précis (ex: « j’ai avalé, jeudi soir, 3 tablettes de chocolat et deux paquets de gâteaux devant une série / 3 respirations très profondes / accueillir ce qui vient sur la dernière expire)

    En séance d’hypnose, nous accueillerons les représentations de ce qui réclame à l’intérieur. A nouveau, de nombreuses techniques sont envisageables. Par exemple, celle de la négociation entre parties ou du rêve éveillé dirigé ou…

    Le journal de bridget jones
    Le journal de bridget jones, film de Sharon Maguire, sorti en 2001.

    ET ALORS?

    Certains hypnos vous proposeront des « protocoles », lus ou récités, qui travaillent sur le symptôme, en effaçant un mot dans le sable (le classique « cig – arrête »), en associant le dégoût et le comportement à éradiquer  (pas de conciliation, là c’est du déblayage au bazooka), en insistant, sous hypnose, sur les dangers que vous fait courir votre comportement, etc. Je suis totalement opposée à ce genre de pratiques et ce pour différentes raisons:

    • « l’effacement » du symptôme est violent pour vos parties intérieures car il est un signal et donc au lieu d’écouter vous le torpillez!
    • si un signal est effacé, un autre va sans doute se mettre en place. Bâillonnez un être dans le besoin, il trouvera un autre moyens de se faire entendre et avec davantage de rage ou de désespoir. La prise de poids lors des arrêts du tabac en est un exemple habituel.
    • une séance d’hypnose, c’est pour moi un accompagnement sur mesure, car je m’adapte instant après instant à ce qu’il se passe à l’intérieur de vous. Il m’est impossible de prévoir le temps et les techniques pour la simple raison que cela dépend de votre moi profond. C’est votre cheminement à vous et je vous accompagne, avec ma boite à outil bien remplie 🙂

    Bref, nous travaillons, ensemble à dénouer, libérer, réorganiser, bouger, concilier vos représentations intérieures de façon à ce que votre façon de concevoir et de ressentir la vie soit constructive, en accord avec ce que vous désirez être.

    Dreaming about freedom (Rêver de liberté) © Mahmoud al-Kurd.
    Dreaming about freedom, © Mahmoud al-Kurd.

    Il n’y aura pas de baguette magique, mais bien une compréhension profonde (physique plus qu’intellectuelle) de la façon dont vous fonctionnez et des transformations à mettre en mouvement, selon vos objectifs.

    A lire aussi:

    Bienvenue en séance 

    © Marie Lisel

    Témoignage d’arrêt du tabac

    (avec permission de partage). Merci à l’autrice!

    SALLY-MANN-Jessie-Candy-Cigarette-1989
    Sally Mann, « Candy cigarette »,1989

    ECRASER LA DERNIERE CIGARETTE

    « Je ne fumais plus depuis 10 ans, un jour de novembre, sans réfléchir, je suis entrée dans un bureau de tabac, j’ai acheté un paquet et j’ai recommencé comme si je n’avais jamais arrêté. Les mêmes habitudes, les mêmes gestes, les mêmes moments, un paquet par jour immédiatement.

    C’était un désespoir, c’était incompréhensible. Je ressentais cela comme une terrible trahison à l’égard d’une personne que j’aime et qui m’avait convaincu d’arrêter, mais aussi à l’égard de moi-même.

    Lors des deux séances que j’ai réalisées avec Marie, je n’ai pratiquement pas parlé de cigarettes. Arrêté de fumer était le cadre de départ mais c’est de toutes autres choses dont il a été question, de ma vie, des êtres que j’aime, de ceux qui ont disparu. J’ai parcouru en hypnose une ancienne imprimerie abandonnée remplie de meubles en bois avec des casiers. J’en ai ouvert quelques-uns, j’y ai trouvé les photos de ces personnes qui comptent ou ont compté pour moi. Derrière chaque photo un message.

    Ce qui est formidable c’est qu’après cette séance, dans les jours qui ont suivi, tous ces symboles, ces rencontres en hypnose ont trouvé une signification. J’ai pu me réapproprier l’arrêt du tabac, réaffirmer en tant que femme adulte et indépendante mon choix de ne plus fumer au-delà de la promesse que j’avais pu prononcer 10 ans auparavant.

    Et puis des évènements plus profonds, enfouis très loin, ont émergés. J’ai pu clore symboliquement une relation qui continuait de m’empoisonner l’esprit sans que je m’en rende compte, j’ai pu exprimer ma colère, soutenir et consoler la jeune femme de l’époque qui avait dû fuir et continuait de se sentir honteuse de n’avoir pu faire face.

    Je suis sorti apaisée de ces deux séances, ne plus fumer était à nouveau une chose évidente. Avec l’aide de Marie, j’ai ouvert de nouveaux horizons, réinterprété le passé, fait connaissance aussi avec une de mes entités qu’il allait falloir apprivoiser… mais ça c’est une autre histoire. »

    D’autres témoignages sont disponibles ici.

  • « Comment ça va? » La réponse du millefeuille

    Small talk ou question authentique?

    « Ca va? », « Comment ça va? » ou « Ca va bien? » est une question particulière à recevoir.

    Elle demande d’abord de jauger si la personne use d’une formule de politesse sans désir de réponse (fonction phatique du langage, qui permet d’établir un lien social sans vraiment communiquer un message, moi j’appelle ça les checks d’antennes de fourmis) ou si c’est une interrogation sincère, qui ouvre un espace de communication sur des thématiques fortes, éventuellement émotionnelles.

    Elle oblige ensuite à déterminer ce qu’il est acceptable de dire ou non dans le contexte de cette relation, à cet instant T. Sinon c’est la rupture de pattern assurée. J’avoue que je le fais parfois exprès, par ras le bol du jeu social et par jeu personnel.

    Enfin, il y a l’envie de se livrer sur les différents sujets importants de la vie ou plutôt de passer la main vite fait par le « oui et toi? » habituel.

    Une toute petite question, si fréquente, cache en fait un sacré noeud de complexité!

    Au-delà de la complexité sociale, que signifie aller bien?

    Passons l’étymologie (et les histoires de transit) pour nous concentrer sur l’acceptation contemporaine du « Ca va ».

    Ca va quand il n’y a pas de gros problèmes de boulot, d’argent, de santé, de proches, de logement, d’amour, de création… ca va quand les points importants dans la vie tiennent le coup, quand on est à l’aise physiquement et psychologiquement.

    Mais quand il y a une défaillance notable dans l’un des points chers à notre survie ou à nos coeurs, est-ce possible que « ça aille » (la conjugaison du verbe aller est poétique, je me fais plaiz) ou est-on condamné·e au « je fais aller » ou à « c’est galère »?

    L’ombre de l’opprobe

    Dans notre culture occidentale, il est admis que face à une catastrophe (deuil, agression, accident, maladie, séparation, perte d’emploi…) l’on soit abattu, morose, trainant.

    Parfois, pour un temps, c’est évidemment le cas. Cent pour cent de fracas.

    Mais pourquoi ne pas encourager l’apparition de bulles de bien-être et de joie au milieu d’un marasme, plutôt que de les frapper des foudres sociales? Aller danser en plein deuil? Et pourquoi pas? Jouir pendant la chimio? Et pourquoi pas? Visiter un chouette pays quand on a perdu son logement? Et pourquoi pas? Pourtant, la morale guette. Le « C’est que ça ne va pas si mal que ça finalement » juge. L’opprobe étouffe les moments d’oxygène. Il est honteux de rire et de s’amuser quand il y a malheur. C’est que la douleur est fausse. Qu’il y a tromperie. Il s’agit de montrer que l’on est en deuil, que l’on est malade, que l’on est en grande difficulté financière, que l’on a le coeur brisé… surtout ne pas semer le doute par des instants de lumière.

    Une autre représentation: le millefeuille

    Celleux qui suivent mon travail savent qu’enfiler ses croyances est l’un de mes outils phares. Cette représentation vient de mon histoire personnelle et je la partage volontiers en séance, car elle est aidante.

    Si j’ai la croyance que ce qui plombe (tristesse, colère, anxiété, épuisement, etc) lors d’une catastrophe prend toute la place et qu’il faut des mois – voire des années – pour sortir du sombre et ressentir à nouveau de la légèreté, je mettrai bien plus de temps à retrouver des moments de rire, de plaisir, de quiétude… que si j’imagine l’existence millefeuille.

    Au « Comment ça va », s’il est authentique et non phatique, que j’ai envie de répondre et que le contexte s’y prête selon mes propres critères (souvenons-nous de la boule de complexité), je réponds souvent « Ca dépend des moments ».

    Cette petite phrase semble anodine et pourtant. Si l’on m’encourage à continuer, j’ouvre le millefeuille.

    A l’instant T où je réponds à la question, mon attention est porte sur différents élements, extérieurs et intérieurs.

    Par exemple: je suis exaltée par la conférence que je viens d’écouter / je me sens joyeuse de croiser, à la sortie, cette personne que je n’ai pas vue depuis longtemps et qui me sourit / je me sens anxieuse d’être approchée trop près par surprise car il se peut que dans cet endroit je connaisse pas mal de monde et j’ai peur de ne pas avoir le temps de dire que je ne fais pas la bise et que donc je sois mise en danger par une embrassade non consentie vu mon immunodéficience / je suis habillée trop chaudement pour la température ambiante et je crains que ça déclenche une bouffée de chaleur / j’aimerais discuter aussi avec une personne que j’ai entraperçue et je crains de la manquer / je me concentre sur la question pour faire un résumé de ce que je veux bien partager / ça me fait remonter un blob car je dis que c’est le jour de l’anniversaire de la mort de mon frère / … Mon attention n’est en revanche pas portée directement sur une problématique qui reste masquée dans ce contexte (perte de documents informatiques qui me contrarie très fort) ni sur mes relations amoureuses ni sur un tas d’autres dimensions de ma vie.

    Mon état, déclenché par la question, est un millefeuille dans un moment particulier, avec des calques plus ou moins proches de la surface et plus ou moins opaques.

    Ma réponse pourrait alors être « Là, maintenant, ça va bien, je suis très heureuse de te voir et aussi d’avoir participé à cette conférence, bien qu’un peu anxieuse du va et vient autour pour ma santé. Ca te dit que l’on sorte? ». Je peux focaliser sur ces trois points, de façon authentique, et laisser les autres sujets nager en eaux profondes.

    Ma réponse pourrait aussi être focalisée sur LE problème le plus récent et je répondrais « Ben là je suis dégoutée, parce que cet aprem j’ai perdu un disque dur et vraiment ça me… ». En le développant, ce sujet absorberait tout le focus.

    Il se peut aussi que la personne fasse poper un sujet par sa seule présence. Si l’on a parlé de nos relations respectives lors de notre dernière entrevue par exemple.

    Ou qu’elle pose directement une question, qui appuie sur un problème (parfois avec grand entêtement car certain·e·s se nourrissent de cela) ou qui appelle un élément lumineux (il y a des personnes qui font focaliser sur ce qui fait du bien, soit pour amener de la lumière pour l’autre, soit par évitement des problèmes).

    Bref, ça libère de conscientiser que la partie la plus visible du millefeuille est mise en évidence par l’attention et qu’il est possible d’en changer tout en restant authentique puisque les autres feuilles sont aussi des parties de mon existence.

    J’ai le droit de me focaliser sur un élément qui me fait du bien et de recadrer mon interlocuteur·isse si iel s’entête à vouloir choisir le sujet le plus plombant.

    J’ai aussi le droit de choisir le sujet le plus plombant en prévenant que je fais un résumé et que l’on passe ensuite à autre chose car j’ai envie de passer du bon temps.

    J’ai aussi le droit de demander le consentement pour m’étaler en long et en large avec émotion si j’en ai envie ou besoin.

    Note de bas de paragraphe importante: consentement pour faire la bise, consentement pour poser une question personnelle, consentement pour amener beaucoup d’émotion et du lourd dans une conversation.

    Des bulles de lumière

    rêve éveillé. hypnose. daydream. accompagnement inclusif. thérapie féministe. Marie Lisel.

  • Vase sous hypnose (accompagnement de création artistique, Rejean Peytavin, 2024)

    Vase sous hypnose (accompagnement de création artistique, Rejean Peytavin, 2024)

    hypnose. rêve éveillé. création. art. performance. accompagnement hypnotique. coaching onirique. dessin sous hypnose. Marie Lisel. Rejean Peytavin. Vase sous hypnose.

    L’aventure fut belle.

    Le film de « Vase sous hypnose » est sorti. Une expérience filmée, avec Réjean Peytavin et Marie Lisel Pro.
    Je précise, pour les férues de technique, que la séance a duré une heure, le montage en montre une version accélérée.Marie Lisel Pro

  • Création artistique hypnotique

    Création artistique hypnotique

    ACCOMPAGNEMENT DE PROJETS ARTISTIQUES, COLLABORATIONS/CO-CREATIONS ET CREATIONS PERSONNELLES

    2025

    • Performances oraculaires (Frac de Lorraine- Université de Lorraine, mai 2025)
    • Suite d’accompagnement de création, « Vasomancie », de Réjean Peytavin (Galerie H, Fondation Bruckner, Suisse)
    • Suite de l’accompagnement de création, Florentine Rey, exploration de pistes d’écriture pour édition et performances : Conversations poétiques, « – IL Y A –: Fantaisie pour des bricoles et mon cerveau » et Conversations avec Joachim du Bellay.
    • long cours, création radiophonique perso: La Danse de l’Indolent·e
    • long cours, écriture d’un livre sur les Magies intérieures
    • long cours, travail sur les états modifiés de conscience de l’extase et du sentiment océanique
    • long cours, workshop-performance sur l’autodétermination du genre avec Victor Lemaure.

    2024

    • Accompagnement de création, Camille Correas, au C14, Musée International de la Parfumerie à Grasse, pour Mondes sensibles
    • Accompagnement de création, Johanna Himmelsbach (en cours)
    • Accompagnement de création, « Vasomancie », de Réjean Peytavin (Galerie H, Fondation Bruckner, Suisse)
    • Suite de l’accompagnement de création, Florentine Rey, exploration de pistes d’écriture pour édition et performances : Conversations poétiques, « – IL Y A –: Fantaisie pour des bricoles et mon cerveau » et Conversations avec Joachim du Bellay.
    • Workshop à HEAR (Haute Ecole d’Art du Rhin), novembre 2024

    2023

    2022

    2021

    • Accompagnement de création : « Conversations poétiques », mise en place d’un processus poétique de Florentine Rey (recherche en séances).
    • Création (Le coussin extatique, dans les sons de Madame Patate) 22 janvier:  WIELS (Bruxelles): « La dernière table ronde d’Eden Studies propose une soirée d’exploration des notions d’effet de présence et d’expérience limite. Anaïs Chabeur et Laure Cottin Stefanelli interrogent dans leurs pratiques les relations entre conscience et enveloppe, fiction, enchantement et projection. Leurs invité.e.s Emmanuel Grimaud et Marie Lisel proposeront des interventions pour aller plus loin dans cette quête des frontières. » (en visio, suite au covid)
    • Création (dans les sons de Valérie Vivancos), dans l’exposition Magies au Museum de Toulouse: parcours hypnotique audio au coeur de l’exposition.
    •  Création: « Voler en oiseau », performance hypnotique participative, ISELP (Bruxelles), pour le festival international de performance trouble, 10 juillet
    • Co-création, Les recoins, performance hypnotique participative, avec Jérôme Poret, pour la sortie du disque « Les Hôtes« , Phonomuseum, Paris, 16 octobre
    • Conférence au Museum de Toulouse, avec Céline du Chene: « Sorcières contemporaines: Du mouvement spirituel Wicca en plein essor aux USA, aux pratiques activistes féministes, la sorcière est devenue une figure du féminin contemporain. La sorcellerie s’entremêle avec de nouvelles spiritualités, luttes politiques et combat LGBTQI+. Source de fierté et réappropriation de la puissance féminine. » 3 mars 2021, 18h30

    2020

    • Accompagnement de création: recherches hypnotiques avec les performers (atelier), pour le projet « The Edge », de Gaétan Rusquet (Résidence THOR)
    • Co-création, Concert hypnotique, avec Jerome Poret, dans le cadre de NEMO, Biennale Internationale des arts numériques, 8 février 2020 (15-18h), Montreuil, au Théâtre Berthelot
    • Création: participation à l’exposition MagieS au Museum d’histoire Naturelle de Toulouse (à partir du 18 décembre 2020) par l’installation d’un parcours hypnotique au coeur de l’exposition. -> tournage et création. Installation reportée à 2021
    • Création (dans les sons de Madame Patate): deux ritutoels pour Radio Campus Bruxelles (rituels audios de soin partagé durant le covid: GourmEnvie et Liquidation)

    2019

    2018

    • Accompagnement de création: performance de dessin sous hypnose de Fabrice Cazenave dans le cadre du programme de recherche DDD « Dessein, Dessin, Design : fabrique médiatique de l’histoire » d’Agnès Callu (Voir l’article sur la performance privée du 19 mars 2018 et le film sur le site de Fabrice )
    • Accompagnement de création (Séance de préparation à l’écriture pour une production 2019) du Théâtre de la mesure. Séance préparatoire « Je suis une poule », dans « Animalogies: Les animaux sont partout », mise en scène de Benjamin Abitan, expliqué ici sur France Culture.
    • Co-création: avec Valérie Vivancos, performances participatives au FRAC Lorraine à Metz, le 26/01/2018: La voix disait à peu près: écarte les plis.
    • Création: performance participative « Sorcières » au Festival Mondes Possibles, de SPEAP aux Amandiers (le 13/05/2018)
    • Intervention conférence « La transe hypnotique : pratiques et questions de recherche », lors de l’atelier « Etats-limites de l’humain » du jeudi 18 octobre 2018, pour l’IHEST, l’Institut des Hautes Etudes pour la science et la technologie (Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation)
    • Création sonore radiophonique: Fantasmes (52’41s, 2018, Halolalune Production, avec bourse du FACR)

    2017

    • Accompagnement de création (recherche hypnotique sur plateau, 2 jours) dans le projet Boundary Games de Léa Drouet, joué en 2018, Théâtre Les Tanneurs dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts
    • Accompagnement de création (recherche hypnotique sur plateau, 1 jour) pour les débuts d’une création de Marion Sage (Le Vivat, Armentière)
    • Co-création sonore radiophonique Agogies (16’50s, 2017, co-autrice avec Daniel Martin-Borret, autoproduction, mention au Prix Phonurgia 2017)
    • Autrice d’un texte dans un catalogue d’artiste, Frictions et cri de soie (2017), de João Vilhena,

    2016-2013

    • Invitée dans l’exposition Goudron Pressage Sillon Tympan (immersion sonore et visuelle, exposition personnelle, Centre Georges Pompidou, Paris 2016), par Stéphane Blanquet, qui a gravé l’une de mes miniatures électroacoustiques sur un vinyle à mixer.
    • Création sonore radiophonique bOa (44’33s, 2016, production ACSR, avec l’aide du Fonds d’aide à la création radio de la communauté-française-wallonie-Bruxelles -> FACR)
    • Performeuse, pour Acoustique de l’érotisme, création de Franck Thoraval (en écoute sur le site de France Culture), 2015
    • Création sonore radiophonique Merci Madame, 27’17s, 2013, ACSR
    • Diverses miniatures électroacoustiques et radiophoniques
    • Différents accompagnements individuels pour des projets artistiques sous le statut de séance individuelle confidentielle, je ne donne pas de nom).
    •  
  • « Performances Oraculaires », Journée d’études, Université de Lorraine, le 5 mai 2025

    « Performances Oraculaires », Journée d’études, Université de Lorraine, le 5 mai 2025

    Marie Lisel, conférence-performance « Dérive en vaisseau déployé » (45′)

    LA DERIVE

    « Quand la pratique oraculaire sort des espaces dédiés à la magie pour entrer dans la vie quotidienne, comment gérer la porosité entre ce qui est posé comme réel et ce qui est défini comme ésotérique? 

    La Dérive en vaisseau déployé propose un processus où l’on passe d’un monde à l’autre sans se préoccuper outre mesure de ces concepts, l’essentiel étant d’installer l’interstice propice à l’apparition de signes et de maintenir la direction de leur interprétation. »

    MARIE LISEL

    Marie Lisel travaille avec les outils du rêve éveillé, rêve lucide, hypnose ericksonienne, rituel, protocole oraculaire, connexion inter-espèces, objets transitionnels, déploiement du système psychique, dividu·e·s, paysage onirique, voix et mouvement spontanés… que ce soit dans la vie quotidienne, pour la création artistique, en vue de l’augmentation sensorielle, en visée thérapeutique.

    Elle partage des créations sonores, performances, conférences, workshops, formations, séances individuelles, en rapport avec ces pratiques et avec des thématiques telles que l’autodétermination queer, les limites relationnelles, la synesthésie, l’inclusivité interne, le sexpositif.

  • Des séances quand tout va bien?

    Des séances quand tout va bien?

    – DES SEANCES QUAND TOUT VA BIEN –

    Ma plus ancienne cliente régulière vient depuis presque 5 ans (d’autres sont plus ancien·ne·s mais font des pauses régulièrement).

    Elle a bossé avec détermination, à l’intérieur de son psychisme et aussi à la réorganisation de sa vie après avoir découvert ses besoins et désirs.

    Là, elle va vraiment très bien.

    Alors pourquoi continue-t-elle?

    Parce que les séances lui apportent un truc qu’elle ne trouve nul part ailleurs et qu’elle kiffe: du voyage, des sensations (nager en dauphin, se dissoudre dans le vert, voler, …), des découvertes de parties d’elle-même encore inédites, de l’affirmation/approfondissement de celles qui ont été souvent visitées, des émotions qui se montrent en rêve alors qu’elle ne les sentait pas clairement dans son quotidien, du rire, des aventures oniriques inouïes, de la créativité, … du repos aussi.

    Parce que s’entretenir psychiquement c’est bon pour le moral. D’un côté rien n’a le temps de s’enkyster, c’est nettoyé-transféré direct et d’un autre côté, la souplesse du process est entretenue et continue ainsi le travail de façon spontanée.

    Au lieu de se payer des massages ou des manucures, elle préfère le rêve.

    Et elle n’est pas la seule… mais la plus ancienne et régulière. Clin d’oeil si tu te reconnais!

    J’? mon job.

    #séancesquandtoutvabien#continuerlexploration#onnajamaisfinidegrandir

    Une video qui va dans ce sens…

  • Si tu veux m’écouter parler de ma pratique

    Si tu veux m’écouter parler de ma pratique

    podcast. Marie Lisel. hypnose. rêve éveillé. magie intérieure. daydream. REVAH. accompagnement inclusif. thérapeute féministe. espace safer. Paris.

    C’est compliqué de choisir un·e accompagnant·e pour résoudre une problématique et/ou augmenter des possibles.

    Dans le champ hypnotique francophone, plusieurs collègues m’ont tendu un micro pour échanger autour de mon positionnement, de mes outils, de l’inclusivité, de la création, toussa… Ecoutes-en une? Ca permet de savoir rapidement si le rapport en séance peut matcher ou non.

    Hypnose

    Autres

    Réseaux

    Ma page Facebook reprend l’actualité sur l’hypnose, le rêve et la création.

    Mon profil Facebook pro est destiné uniquement aux collègues hypnos et autres accompagnant·e·s.

    Mon profil Insta perso est un journal de bord onirique.

  • Tarif spécial collègues

    Tarif spécial collègues

    tarif. réduction. supervision. hypnose. rêve éveillé. REVAH. positionnement. consentement. inclusivité. théorie. pédagogie. accompagnement safer. thérapie inclusive. copilote située.

    – PQ UN TARIF REDUIT POUR LES COLLEGUES? –

    Parce que j’aime accompagner les étudiant·e·s et professionnel·le·s de l’hypnose. Je kiffe de passer de l’accompagnement à l’explication de techniques (à la demande).

    Parce que je supervise selon certains axes dont j’ai une expertise.

    Tu suis un·e accompagné·e polyA, Sx+, genderfluide, TDS, adepte de psychédéliques, witch, NeuroA, en connexion interespèce ou autre atypicité…? Tu as besoin de gérer ton manque d’infos sans lui demander de la pédagogie? De comprendre comment envisager ses représentations hors grilles habituelles sans maladresses?

    Tu te demandes comment faire un ancrage ou une suggestion en restant dans le consentement?

    Tu cherches comment développer ta créativité tout en respectant le territoire de tes accompagné·e·s?

    Tu as suivi la formation REVAH et tu veux un suivi?

    Je suis la bonne personne.
    Sourire

    PS:

  • Orienter la transe spontanée

    Orienter la transe spontanée

    Hier. Je rentre par la rue du Faubourg Saint-Antoine. 20h30, il fait nuit. Je suis plongée dans mes pensées, je marche de mon pas de course habituel.

    Je double par la gauche une silhouette très trapue et plus petite que moi, sans la regarder, quand une douleur fulgurante se loge dans ma main droite. Je m’immobilise en criant « aïe » deux fois. Un mec nous dépasse très rapidement sans me demander si ça va (il m’a pourtant entendue c’est pas possible autrement). Nous sommes seuls sur le trottoir. L’homme lève la tête vers moi. Lunettes, bonnet, masque, peau, manteau, tout est noir. Sauf son grand bâton, recouvert de cordelettes de couleurs et d’un ensemble de médailles.

    Il désigne la rue derrière nous avec le bâton, « là-bas, il m’attaquent ». Je comprends qu’il a fait pivoter violemment son arme derrière son dos parce qu’il a eu peur du bruit de mes pas rapides. Il continue d’essayer de m’expliquer. Il manie le bâton avec une grande dextérité. Ce n’était pas une improvisation.

    Je suis choquée. Je ne bouge pas. Je ne parle pas. J’ai très mal. Des larmes s’écoulent de mes yeux.

    Il me tend ses mains gantées de cuir avec un « donne, je répare ». Et moi je suis au carrefour de mes émotions et de mes réactions. Option 1 la rage: je m’énerve, je crie qu’il m’a peut-être cassé une articulation. Option 2 l’appel: je fais un bond en arrière et je crie au secours ou j’arrête une voiture ou j’appelle les flics avec mon tel. Option 3 la trouille: je tente la fuite en courant vite. Option 4: la fluidité, j’accepte sa réparation et je lui donne ma main meurtrie. J’oscille. Distorsion temporelle.

    J’opte pour la fluidité. Je lui donne ma main en indiquant mon petit doigt gonflé qui se plie à peine. Il se concentre, marmonne, impose les mains, enveloppe. Je continue à pleurer. Le corps relâché. Je suis focus. Je me sens avec lui. Je participe au soin en me laissant faire, reliée par une sorte d’énergie avec ce personnage étrange qui murmure des trucs incompréhensibles, avec une musicalité qui me berce. En même temps je regarde la scène. Ca me semble à la fois très juste (sensation d’être à la bonne place) et totalement décalé (il vient de me frapper mon doigt est peut-être abimé). Encore une fois, je mets mon esprit en veille et replonge dans la transe de conciliation. Nous restons un long moment immobiles dans la nuit. Lui à donner du soin avec ses mains et sa voix, son bâton calé dans le coude, et moi à le laisser se concentrer sur mon doigt.

    Puis il relève pour la seconde fois son visage vers moi. Je ne vois toujours pas ses yeux derrière ses lunettes ni sa bouche derrière son masque. Mais je sais qu’il me regarde. On respire ensemble. Avec lenteur, je reprends ma main. On se sépare. Il revient à lui, re-attire mon attention sur son pantalon déchiré, m’indique à nouveau la rue plus loin du bout de son bâton. Montre des signes d’agitation.

    Je marque la fin de l’interaction en le regardant droit dans les lunettes et le remerciant pour le soin. Il me dit « Tu es gentille ».

    Je peux partir, maintenant.

    Sur le chemin, je sors peu à peu de ma transe. Je débriefe avec moi-même. Mon doigt pulse mais j’arrive à le plier légèrement. Mon corps est encore choqué d’avoir été frappé par surprise. Mon mental cherche des explications. J’accélère.

    Je sais que sa motivation n’est pas de me faire mal mais de se défendre.
    Je sais qu’il a eu peur car il a été attaqué dans une rue pas loin, que son pantalon a été déchiré dans la bagarre.
    Je sais qu’avoir cette apparence d’homme racisé, emmitouflé dans un manteau, un bonnet, un masque, des lunettes, des gants, en total look sombre, avec un grand bâton plein de marques de magie, sans maitrise de la langue française, sans doute avec des troubles psychiques, c’est socialement difficile. Il fait partie – bien plus que moi – des personnes qui sont toujours regardées avec méfiance, qui sont chassées, insultées, tabassées, enfermées, oppressées.
    Je sais qu’il aurait pu sérieusement me blesser.
    Je sais qu’immédiatement en voyant mon visage il a été désolé.
    Je sais qu’il était sincère dans son souci de réparer. J’imagine pour me faire du bien et aussi pour éviter qu’une femme blanche appelle les flics après avoir reçu un coup de bâton d’un homme noir en pleine rue.
    Je sais que ça aurait été plus que trash pour lui si j’avais appelé du secours.
    Je sais que ça aurait pu mal tourner pour moi si j’avais été agressive ou si j’avais sorti mon téléphone.
    Je sais que les passant·e·s ne réagissent pas aux agressions et que je dois me débrouiller seule.
    Je sens qu’il pouvait très rapidement basculer. Qu’il était au bord.
    Je sens que j’étais en capacité de me connecter à lui, en restant calme, en accueillant sa réparation, en enfilant ma croyance de soin énergétique, en me laissant faire, en évacuant la peur et la colère pour être en relation.
    Je me félicite d’avoir choisi la bonne option.

    Ce n’est pas la première fois que mon système me permet de rester tranquille pour me protéger, face à un agresseur qui peut à tout moment vriller. J’ai déjà vécu plusieurs épisodes où le fait de ne pas tempêter ou paniquer ou me battre ou fuir m’a protégée, y compris lorsqu’il y avait menace explicite de mort (ce n’est clairement pas le cas ici). Parfois c’est une autre option qui est ressentie comme optimum. Il s’agit d’aiguiller la transe survenue avec le choc de l’agression. Soit sur le mode fuite-je-décampe. Soit sur le mode fight-je-préfère-crever-tu-vas-y-perdre-un-oeil. Soit sur le mode « flow »: rester concentrée sur le fait de ne pas contrarier brutalement ce qu’il se passe, de ne pas aller contre, de m’échapper en prenant un courant calme pour m’éloigner de façon fluide, sans exacerber la violence; ce n’est pas un freeze, quand il survient, le freeze n’est pas un choix, il cadenasse et met en danger. Soit sur une autre option…

    Apprendre à son système à choisir la réaction adéquate pour la survie n’est pas inné. Je dois cette compétence à ma résilience.

    Ce que j’en retire, au point de vue pédagogique, c’est qu’il y a des contextes (selon son vécu, selon son entrainement) où il est possible de choisir sa transe spontanée. Je ne dis pas que c’est faisable pour toustes dans des cas extrêmes comme ce genre d’agression au bâton seule dans la nuit. Je ne dis pas non plus que « les victimes n’ont qu’à ». Je cherche comment apporter des outils. Dans des situations quotidiennes, pas trop dangereuses, où il y a un choc qui ouvre une transe non volontaire, c’est déjà pas mal comme terrain d’essai.

    J’en avais déjà parlé sur le tatami, avec des amateur·isse·s de s3xpositif (où les agressions existent malgré le cadre… hello patriarcacat). Et aussi en contexte féministe, pour des agressions gérables (remarque déplacée, frotteur, bousculade, engueulade…). Et aussi avec un pote qui est dans l’armée. J’ai bien envie de développer avec mes process, de chercher d’autres process chez d’autres… un peu comme les scientifiques étudient les libellules pour améliorer l’aéronautique. Que nos résiliences deviennent des fiertés à partager? Qu’elles servent à d’autres, en mettant nos outils en commun?

    En éclairant et en analysant les process utiles des survivant·e·s, on peut en adapter dans la vie courante.

    Personnellement, ça me permet aussi de me dire que les traumas n’ont pas laissé que des vortex à travailler (30 ans de thérapies, eh oui, c’est du boulot d’essayer d’aller bien!). Il y a aussi des compétences à repérer, à récupérer et à intégrer en mode bien pratique.

    Et puis, c’est un truc que j’aime dire à mes accompagné·e·s qui ont l’impression d’être uniquement déglingué·e·s. « Non non… tu vas voir, il y a des super ressources quelque part! On va les rencontrer en voyage hypnotique, les récupérer et les intégrer en alliées. » Ca fait quand même sourire à entendre…

    Work in progress.

    M.L.

    PS: j’en veux vraiment au mec qui a accéléré pour s’éloigner et ne pas me sécuriser, alors que j’ai crié bien fort quand il était juste à côté de nous (et s’il avait des écouteurs, un coup d’oeil suffisait pour voir la tension de la situation). Je n’en veux pas à la personne avec qui j’ai interagi. Je ne sais pas si c’est un truc genre syndrome de machin ou si c’est simplement de l’empathie. Je creuserai la question. Merci de ne pas asséner des vérités sur mon ressenti (mansplaning on te voit venir de loin).

  • Les motifs entoptiques

    Les motifs entoptiques

    Cet aprem, j’ai assisté à la très chouette intervention d’Antoine Bioy au Centre de Colloques sur les transes et leurs fonctions

    J’ai appris un nouveau mot que j’ai adoré: « entoptique ». Je ne connaissais pas cette notion de voir des éléments qui sont dans l’oeil lui-même. Les phosphènes n’en sont qu’une partie. Un portail s’ouvre. Je me réjouis de l’explorer.

    « Dans certaines circonstances, la lumière entrante dans l’œil peut rendre visibles certains objets dans l’œil lui-même. Ces observations sont qualifiées d’entoptiques » Hermann Helmholtz

    Un article intéressant: Imagerie entoptique et états modifiés de conscience

    Parmi les phénomènes entoptiques, l’on pourra citer (Wikipedia):

    • La myodésopsie, aussi connue sous les appellations de corps flottants ou mouches volantes. Elle correspond à l’observation de particules microscopiques flottant dans le corps vitré. Elles sont facilement observables en regardant un fond clair uni.
    • Le phénomène entoptique du fond bleu qui correspond à l’apparition de petits points brillants, se déplaçant rapidement en lignes ondulantes dans le champ visuel. Ce phénomène est beaucoup plus apparent en regardant un fond de pure lumière bleue (comme un ciel bleu). Il est causé par des leucocytes se déplaçant dans les capillaires situés devant à la rétine.
    • Les brosses d’Haidinger sont un phénomène entoptique léger, où l’on peut distinguer un motif bleu et jaune caractéristique. Il est associé à l’observation d’une lumière polarisée3. On peut notamment facilement l’observer sur un écran LCD. (Voir l’article anglais ‘Haidinger’s brush” pour plus de précisions).
    • L’image du réseau vasculaire est une image des vaisseaux sanguins de la rétine de l’œil de l’observateur. Elle peut être observée en éclairant à l’aide d’une lampe torche la sclère (ou blanc de l’œil) dans une pièce sombre. L’image des vaisseaux sanguins de la rétine est normalement invisible à cause du phénomène d’adaptation oculaire. L’angle inhabituel projette l’image sur des portions inadaptées de la rétine. À moins que la lumière ne se déplace, l’image disparaît dans la seconde. Si la lumière est déplacée à environ 1 Hz, le phénomène d’adaptation est contré, et une image claire peut être observée de façon prolongée. L’image du réseau vasculaire est souvent observée par les patients pendant un examen ophtalmologique quand le médecin utilise un ophtalmoscope. Dans la procédure de réglage de l’instrument pour que le médecin puisse examiner les vaisseaux sanguins via la pupille, la lumière de l’instrument passe souvent brièvement sur la sclère, ce qui donne incidemment un bref aperçu du réseau vasculaire au patient.
    • Les phosphènes sont une perception de lumière sans qu’une réelle source lumineuse externe en soit la cause. Les phosphènes peuvent, par exemple, être causés par une légère pression appliquée sur les yeux clos.
    • Les images de Purkinje sont des réflexions d’objets sur l’intérieur des yeux. Par exemple, une source de lumière ponctuelle dans une pièce sombre peut être observée directement mais aussi d’une façon atténuée par réflexion, probablement par une réflexion sur la surface antérieure de la lentille et réfléchie à nouveau vers l’œil par l’arrière de la surface de la cornée. Parfois une réflexion encore plus faible peut-être observée, probablement d’une lumière réfléchie depuis la surface arrière de la lentille vers l’œil et réfléchie à nouveau vers l’œil par la cornée ou la surface antérieure de la lentille. [citation nécessaire]
    • L’eigengrau (« gris intrinsèque »), couleur vue par l’œil humain dans l’obscurité totale.
    • Phénomène pseudo-entoptique
    • Un phénomène qui peut-être qualifié d’entoptique, si l’on considère les cils comme partie intégrante de l’œil, est l’observation de la lumière diffractée au travers des cils. Le phénomène apparaît comme un ou plusieurs disques lumineux traversés par des lignes sombres et floues (l’ombre des cils) présentant chacun des franges de couleurs du spectre visible. La forme en disque est produite par l’ouverture circulaire de la pupille.

  • Fiche pédagogique: différencier peur, anxiété, panique, stress

    FICHE PEDAGOGIQUE : STRESS, ANXIETE, PANIQUE

    Cette fiche se base sur la vidéo de Cyrille Champagne pour l’ARCHE : « Comprendre les mécanismes de l’anxiété« 

    Différencier le stress de la peur, anxiété, trouble anxieux généralisé, crise d’angoisse, trouble de panique et comprendre leur fonctionnement permet de se réguler en partie.

    ***

    Peur : réaction forte à une menace réelle et immédiate pour favoriser la survie

    Anxiété : émotion vague, diffuse, à bas bruit, qui se rapproche de l’appréhension qui semble être sans objet réel et immédiat. Elle peut venir d’un trop plein d’informations à traiter (surcharge par les médias, rush de boulot, …) ou de la difficulté d’admettre la réalité telle qu’elle est en train d’advenir ou du manque d’informations ou d’événements imprévisibles et incontrôlables (comme l’épidémie 1 de covid) ou à la difficulté de réagir à un événement particulier ou de constructions imaginaires d’une situation qui n’existe pas mais que l’on redoute (peur qu’un proche ait un accident).

    Trouble anxieux généralisé : anxiété qui est constante, chronique, pas spécialement très forte (est là tout le temps ou revient souvent). Entraine de la fatigue chronique, une humeur teintée d’irritabilité, de la difficulté à se concentrer, des migraines, des tensions musculaires, de l’insomnie.

    Crise d’angoisse ou l’attaque de panique : malaise lié à la peur sans objet précis qui a une intensité extrême, forte et fulgurante, avec une sensation d’inquiétude extrème face à l’impression qu’il y a un danger imminent face auquel on va être impuissant. Ca entraine une montée de sensations comme des bouffées de chaleur, des frissons, d’étouffement, d’étranglement, de crise cardiaque, des sensations de mort imminente, de déréalisation (le réel se délite, peur de devenir fou), peur de ne pas pouvoir garder le contrôle de soi (comme s’empêcher de tomber par la fenêtre). Les symptômes sont en eux-même affolants.

    Trouble panique : quand on fait des crises d’angoisse à répétition (au moins une par semaine pendant un mois), répétition chronique des crises d’angoisse génère de l’anxiété d’avoir une crise. Par ex, l’agoraphobie secondaire vient de la peur d’avoir une attaque de panique en société, ce qui peut amener à ne plus vouloir sortir.

    ***

    Le stress ne se confond pas avec ces catégories, c’est un domaine à part entière.

    C’est une réponse à toute situation pour que l’organisme biologique se maintienne dans un état fonctionnel. Plus il y a de pression sur l’organisme et plus il va lutter pour maintenir son équilibre. Environnement extrème, surcharge d’action, manque de repos, manque de nourriture, …

    3 phases : la réaction d’alarme (phase de choc), phase de résistance, phase d’épuisement.

    Déclencheur : décès, déménagement, emprisonnement, accident, agression, blessure, maladie, conflit, changement de vie

    Phase de choc : corrélée à des angoisses

    Phase de résistance : corrélé à l’anxiété diffuse

    Phase d’épuisement : dérèglement complet de l’organisme, favorise tout…

    L’anxiété fatigue l’organisme donc génère le stress qui active les surrénale et favorise l’anxiété. Il y a des liens entre les deux.

    Mais il est possible d’avoir du stress sans anxiété, irritabilité, … c’est distinct. On parle de gestion du stress.

    Stress post-traumatique : caractérisé par le sentiment de désespoir et sentiment d’horreur. Pas d’attaque de panique. Symptômes : remémorations intrusives, réminiscences de situations traumatiques, cauchemars / évitement des facteurs qui peuvent déclencher, évitement en évitant d’en parler, insensibilisation émotionnelle, perte des passions, replis sur soi, fuite d’autrui, hyperstimulation, hypervigilance, difficultés de concentration, insomnie, impression vague de danger, irritabilité… Certains symptômes sont les mêmes que l’anxiété et l’angoisse mais il est important de les différencier.

    Pour aller plus loin:

    Les fiches (à venir sur le psychotrauma, la théorie polyvagale, les méthodes de réduction de l’anxiété…)

    Les podcasts sur la santé mentale rassemblés dans l’article « podcast »

    Maintenant: Sourire