Catégorie : Exploration

  • Hypnose & création contemporaine

    Hypnose & création contemporaine

    L’hypnose et le rêve éveillé sont des voies directes vers les mondes intérieurs, vers d’autres dimensions, vers des possibles inouïs.

    Dans la sphère des arts contemporains français, voici quelques créateur.isse.s qui mêlent l’outil hypnotique et l’art, que ce soit dans la transmission et/ou dans la création. Si vous avez d’autres noms-oeuvres, faites-moi signe que je complète cette page, à lisellesil@gmail.com

    Juste en-dessous, vous trouverez les liens spécifiques à mes propres créations et participations à des créations d’autres artistes.

    J’ai choisi de ne reprendre ici que les créations des arts contemporains (et non du divertissement), qui utilisent l’hypnose en tant que technique (et non ceux qui ont des « effets hypnotiques », comme des oeuvres stroboscopiques, par exemple).

    Je ferai l’historique prochainement. Work in progress!

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    Jérôme Poret, résidence d’artiste à Issoudun, 2011.

    Quelques artistes contemporains qui utilisent l’hypnose dans leurs créations

    Catherine Contour

    Pionnière dans l’outil hypnotique (l’expression est d’ailleurs d’elle), Catherine Contour transmet une méthode pour les créateurs.trices et chorégraphie des Plongées sous hypnose.

    Voyez son travail sur son site Maison Contour

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    Nina Santes photographiée par Mathieu Bouvier Cycle de « plongées » de Catherine Contour, à la Gaîté Lyrique – 2014

    Gurwann Tran Van Gie

    Gurwann Tran van Gie produit des films sous hypnose, comme Expérience intègre (2015) et Expérience septentrionale (2016).

    Voyez son travail sur son site 

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    www.gurwanntranvangie.com

    Joris Lacoste

    Joris Lacoste a réalisé des installations, performances, créations radiophoniques, avec l’hypnose, dont le merveilleux Au Musée du sommeil.

    Vous les trouverez rassemblées dans ses « Hypnographies », sur son site 

    Vincent Epplay

    Vincent Epplay a créé un disque vinyle 25cm, « Le disque contre l’insomnie ».

    « Le disque contre l’insomnie » (Hypnose) « Méthode douce pour choisir son niveau de réalité en période d’intense propagande démocratique », Disque vinyle, 25cm, Ed. PPT Stembogen 2007 et Le104 cent quatre. Graphisme et textes : Denis Chevalier.

    Plus d’infos sur son site

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    http://www.viplayland.net

    Violaine Lochu, HypnoQueen, « Lors d’une résidence d’un an à l’école préparatoire les Arcades à Issy-les-Moulineaux financée par la DRAC Île de France, Violaine Lochu a mené une recherche sur l’hypnagogie – état modifié de conscience qui a lieu au moment de l’endormissement – avec une hypnothérapeute et une sophrologue. Lors de ces séances, elle a traversé des sensations, images, souvenirs qui ne lui appartenaient pas directement. Selon l’époque, la religion ou la culture à laquelle on appartient, on les appellera troubles sensoriels, archétype ou inconscient collectif, vies antérieures… A partir de cette expérience, Violaine lochu construit une performance mettant en scène les différents états traversés. Son corps devient tour à tour minéral, animal, végétal, machinique, hermaphrodite… remettant en question le principe d’une identité unique, de certains dualismes (nature / culture, masculin / féminin, humain/ animal), lui préférant l’interstice et le tremblement. »

    Jérôme Poret, Les Hôtes

    Les soeurs Wilson ­ Louise et Jane, artistes britanniques, ­ se sont fait hypnotiser ensemble  en performance (Hypnotic Suggestion 505, 1993).

    Daniela Pellaud installe au mur des dessins, qui passent aussi sur l’écran d’un téléviseur, transposés en vidéo dont la bande-son est constituée des commentaires de l’artiste revenue de son expérience hypnotique (1992).

    Untitled (Matt Mullican under Hypnosis: Zurich) est une vidéo d’une performance réalisée par Matt Mullican en 2003 à Zurich mettant en scène le double de l’artiste, That Person.

    Pascal Rousseau, professeur d’histoire de l’art contemporain à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, a été commissaire d’une exposition Sous influence. Résurgences de l’hypnose dans l’art contemporain (Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, 2006)

    Marie Lisel: créatrice hypnotique, mais aussi accompagnatrice de projets au service d’un.e créatrice.teur, coach de training hypnotique de groupe sur plateau (théâtre, danse, performance, cirque…), enseignante en workshops en école supérieure d’art. Le détail de mon travail en rapport avec l’art est ci-dessous.

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    Avec Valérie Vivancos, au FRAC Lorraine, « La voix disait à peu près: écarte les plis »

    Mon rapport à la création hypnotique

    J’accompagne des artistes dans leurs projets, avec l’hypnose et le rêve éveillé, Fabrice Cazenave, Léa Drouet, Théâtre de la mesure, Jérome Poret, Edouart Clément, Florentine Rey, …

    Je travaille l’hypnose et le rêve dans mes propres créations radios, installations audios, performances participatives.

    Je partage en workshops d’écoles supérieures d’arts (ESAA, 4 jours, Avignon, mars 2023 / ENSA-V en collaboration avec le centre d’art la Maréchalerie, Versailles en 2020 / ESBA-TALM 5 jours, mars 2019/ ENSAPC (Paris-Cergy,3 jours, janvier 2019)

    Et j’ai commencé à collaborer avec Lisandre Casazza (Compagnie Nue), pour des stages de « La fabrique du corporêve » (le premier s’est déroulé en juillet-aout 2022). J’aimerais poursuivre des collaborations en stages et workshop car c’est un sacré enrichissement mutuel et une exploration inédite.

    Hypnose, rêve éveillé, rituel, champ transitionnel, magie intérieure (et ses sorcières) me passionnent. Les mêler à la création est plus qu’un moyen. C’est aussi l’un de mes leitmotivs.

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    Performances participatives au FRAC Lorraine à Metz, avec Valérie Vivancos, le 26/01/2017: La voix disait à peu près: écarte les plis

    Pour en savoir plus: 

  • Témoignage en REAH: « une compagne »

    Témoignage en REAH: « une compagne »

    La page qui rassemble les témoignages de séances est régulièrement mise à jour. N’hésitez pas à m’écrire (email: lisellesil@gmail.com) pour y contribuer, si nous avons voyagé ensemble.

    Voici le dernier, en REAH.

    ***

    UNE COMPAGNE

    Ma demande est de me sentir plus libre dans mon activité professionnelle, de davantage oser « me lâcher », m’autoriser à m’amuser.

    Je ferme les yeux tout de suite je sens quelque chose qui me sert la tête sur les côtés, comme un étaux en métal

    Et il y a quelque chose qui pousse entre les deux yeux pour me faire reculer, retenu par quelque chose à l’arrière et en bas de la tête.

    En explorant, je me rends compte que c’est une barre qui appuie. Et un mécanisme de chaque côté qui serre.

    J’ai la sensation d’être coincée, prisonnière…

    Marie me questionne : Coincée où ?

    Je me retrouve dans une boite transparente en plexiglass, qui entoure mon corps, avec la sensation d’être à l’étroit. A l’extérieur de la boite c’est noir, mais l’intérieur où je me trouve est bien lumineux comme si les parois renvoyaient de la lumière. Et c’est une lumière très vive, blanche et oppressante.

    Je veux sortir de cette boite. Marie me propose de remercier cette boite pour ce à quoi elle a servi jusque-là, peut-être me protéger, et qu’on va lui trouver une utilité. La boite s’agrandit. Puis je ressens le besoin d’allumer à l’extérieur. Je vois que je suis dans une pièce ancienne, avec des vieux meubles, une bibliothèque. L’ambiance et la lumière y sont plutôt chaleureuse. Alors je décide de sortir par une porte qui s’est dessinée sur la paroi. La boite me dit qu’elle peut être là à la demande si besoin.

    Puis je me retrouve dans une forêt, la nuit tombe et il y a un petit écureuil roux. Il commence à partir comme si il me faisait signe de le suivre, ce que je fais. Il me conduit à une grosse pierre, qui ne me semble rien avoir de particulier. Marie me propose alors de faire le tour, de voir si il y a quelque chose de spécial. Et en effet de l’autre côté, il y a un trou qui descend dans le sol, comme un terrier. Je dois rétrécir pour descendre voir dedans. L’écureuil me fait comprendre qu’il m’attend là, à l’entrée.

    Plus je m’enfonce et plus c’est sombre et je ressens le besoin de mettre de la lumière. Il y a pas mal d’insectes, de petites bêtes qui grouillent dans la terre et entre des racines. Et une coccinelle se distingue par ses couleurs très vives. Elle me dit de continuer à descendre, qu’il y a quelque chose en bas.

    J’arrive alors dans une caverne, où il y a un plan d’eau et une voûte magnifique verte et brillante. Je me penche au-dessus de l’eau et je vois mon reflet. Une émotion monte… C’est moi mais avec beaucoup plus de liberté et de gaieté… celle que je voudrais être… C’est beau et touchant et ça fait mal à la fois car ça me rappelle que je me sens prisonnière.

    Je dois plonger… et j’arrive dans une immense pièce qui ressemble à une salle de bal très luxueuse. Il n’y a personne, mais je sens qu’il y a quelque chose à trouver alors j’explore. Je tombe sur une petite boite en bois toute simple, qui renferme une mèche de cheveux, avec un ruban rose. Cette mèche je la connais !! C’est une mèche de cheveux de quand j’étais petite. Je comprendre instantanément que j’ai besoin de libérer une part enfant de moi, plus libre. Grosse émotion !

    Marie me propose de chanter, laisser sortir un chant, ma voix… Je ne suis pas très à l’aise mais je sens que ça fait partie de mon processus de libération… Je me sens apaisée au fur et à mesure que je chante.

    Je prends le temps d’intégrer et je commence à remonter et à revoir tous les éléments de mon rêve à qui Marie me propose à chaque fois de demander une action concrète :

    • Marie me propose de chanter régulièrement
    • Mon reflet dans l’eau me demande de retrouver cette mèche de cheveux, et de me connecter à elle le plus souvent possible.
    • La coccinelle me dit qu’il faut que je tienne mon engagement de faire ça tous les jours.. elle me connaît plutôt bien.. et elle dit « il te suffit de décider ! ».
    • L’écureuil me dit que pour m’engager dans ces tâches, j’ai besoin de les définir dans le temps. On négocie et nous arrivons sur 3 semaines.
    • Marie me propose un câlin avec cet écureuil. Il me dit qu’il s’appelle Spinkle. Il me glisse aussi à l’oreille d’être douce avec moi-même, de me dire « je t’aime », de faire ce que je fais avec les autres avec moi. Je lui demande si il a besoin de quelque chose et il me répond « des noisettes ».. ce qui me fait rire. Marie me propose de manger des noisettes régulièrement et de penser à lui.

    Je retrouve alors ma boite, qui est devenue une amie, une compagne. La porte est ouverte, et je ne ressens pas le besoins d’y rentrer. C’est simplement bien qu’elle soit là.

    Suite à ce rêve, je me suis mise à sentir plus d’Amour pour moi, à faire plus de choses pour prendre soin de moi, à mieux respecter mes besoins… après quelques semaines à commencer à faire les choses pour moi en priorité, pour ce qui est bon pour moi. Et je sens que la route continue chaque jour.

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    Boîte en Métal et Plexiglas par Gabriella Crespi, 1970

    D’autres témoignages sont ici 

    Pour comprendre les rêves éveillés, c’est

  • Pour un accompagnement créatif

    Pour un accompagnement créatif

    Libérer la créativité par la modélisation?

    La créativité de l’accompagnant.e dans ses outils et dans le rapport avec l’accompagné.e participe pleinement au travail, à condition de rester entièrement centré.e sur l’autre, ses besoins, ressentis, représentations… et non de créer un spectacle auto-centré. 

    L’hypnose et le rêve éveillé libèrent la créativité de l’accompagné.e pour lui permettre de transformer et de réorganiser ses représentations et processus de façon inédite.

    Or, bien des accompagnant.e.s travaillent en modifiant à peine des protocoles (un protocole est un travail rédigé ou pensé en étapes, imaginé par des thérapeutes ou des écoles), tout en copiant le ton, le regard, les tics de langages de leurs modèles. Et ça fonctionne déjà – en partie – (c’est le côté magique de l’hypnose!).

    En dehors de cette technique verbale basée sur des modèles plus ou moins bien imités, qu’en est-il de la modélisation de la créativité? Autrement dit, comment proposer un élan vers l’inventivité, quand on se cantonne soi-même à travailler de façon scolaire?

    Pour libérer et amplifier la créativité de la personne que l’on reçoit ne faudrait-il pas en avoir au moins un échantillon dans son cabinet?

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    La base: l’hypnose post-éricksonienne et le rêve éveillé

    L’hypnose post-éricksonienne et le REAH font partie des méthodes qui permettent de transformer la subjectivité en passant par un état modifié de conscience, de mettre en mouvement les représentations intérieures, de transformer la façon de s’envisager soi, avec les autres, dans le monde… ils prônent la transformation du sujet, l’invention des possibles, l’utilisation inouïe des ressources et des solutions internes.

    La boite à outil des hypnos et accompagnants de rêve éveillé est vaste. De nombreux chercheurs – théoriciens et de terrains – ouvrent sans cesse des pistes innovantes pour approfondir les connaissances.

    Mais comment rendre la pratique en cabinet (ou en forêt! en atelier!) plus créative tout en respectant le monde de l’accompagné.e?

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    Martin Hill

     

    Créativité par la contributions d’autres champs

    aux séances d’hypnose éricksonienne et de rêve éveillé

    J’emprunte la définition de l’hypnopraticien.ne.e à Lygia Clark, qui définissait l’artiste «comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux».

    Les arts contemporains (je suis moins immergée dans les arts anciens) sont très proches du travail hypnotique. Ils sont dès lors les premiers à enrichir ma palette créative. D’emblée j’ajoute à cela le monde queer (comment s’inventer?), les rituels et la connexion animale. Et d’autres, tours à tours, s’ajoutent à la liste.

    Finalement, de nombreux domaines entrent dans mes « compositions de flux » en séance et permettent à la créativité de s’épanouir naturellement. Pour être créatif.ve,  il suffit de travailler avec ce que l’on est et d’enrichir ce que l’on est quotidiennement. 

    A chaque accompagnant.e ses domaines! La liste est loin d’être exhaustive…

    • Littérature
    • Voix, chant, sons
    • Espace transitionnel
    • Prescription de tâche à la façon des thérapies brèves et aussi à la façon psycho-magique
    • Néo-chamanisme
    • Energétique
    • Danse
    • Yoga, méditation
    • Art contemporain
    • Médiation animale
    • Rêve éveillé dirigé et rêve lucide
    • Cours d’hypnologie de l’Arche (depuis 3 ans)
    • Tantra
    • Anthropologie, sociologie
    • Sciences
    • Explorations sensorielles (comme la synesthésie)
    • Psychanalyse
    • Réalités virtuelles
    • Univers queer
    • Méthodes pédagogiques
    • Linguistique
    • PNL…

    Ces champs d’investigation s’intègrent à la pratique hypnotique de façon diverse et variée, pour créer des leviers de créativité dans la traversée de l’accompagné.e (« comment réagir autrement, changer de pattern, créer sa vie? »)

    • L’allusion métaphorique spécifique recadre
    • Le travail avec les objets transitionnels approfondit et autonomise
    • L’intervention des chevaux révèle
    • Les prescriptions de tâches prolongent
    • La voix (chant-cri-râle) induit, emmène, trace un fil
    • Les odeurs, la respiration, le mouvement entreprennent le travail par le corps.
    • L’analyse narratologique de Gérard Genette éclaire les multidissociations et les niveaux de récits.
    • Le REAH nettoie, nourrit, libère incroyablement, en douceur.

    La créativité grâce à d’autres champs augmente aussi la pratique de l’accompagnant.e. 

    • Donne de la souplesse, de la vie, du jeu à son accompagnement
    • Privilégie la liberté et l’autonomie de l’accompagné.e
    • Augmente sa motivation par l’intégration de la matière hypnotique dans le quotidien (du jeu, du sens, des liens!)
    • Invite, par l’exemple créatif, l’accompagné.e à inventer ses propres outils d’émancipation.
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    Lygia Clark, Arquitetura fantástica bichos (Fantastic architecture critters), 1963. Gelatin silver print, 4 1/8 x 5 13/16 in. The Museum of Modern Art Archives, New York

     

    Utiliser sa créativité au service de la transformation de la personne que l’on accompagne est quasiment un outil en soi.

    Il demande de l’entrainement (nourrir ses rebonds), une mise en place des processus et territoires par l’hypnose et le rêve (utiliser ses propres outils sur soi et en jouer), de la confiance en l’autre (qui va trouver en iel ses solutions) et surtout un positionnement propre et bien ancré.

    Voilà un joli programme, que je commence tout juste à transmettre en formation!

    🙂

    © Marie Lisel

  • Intervention hypnotique à « Question queer », 15 décembre 2018

    Intervention hypnotique à « Question queer », 15 décembre 2018

    Exploration queer sous hypnose

    L’atelier « Questions Queer » d’EFiGiES,  en décembre m’accueille pour une présentation intitulée : « Exploration queer sous hypnose ». Maison des Initiatives Étudiantes (MIE), 15/12/18.

    Descriptif: « L’hypnose et le rêve éveillé augmenté par l’hypnose emmènent l’accompagné.e à l’intérieur d’iel-même, de ses processus internes, de ses automatismes, du monde complexe qui constitue son identité, en partie consciente et en partie immergée. L’intervention de Marie Lisel (Maître praticienne en hypnose éricksonienne, artiste et exploratrice) présente ces outils et leurs applications à l’exploration des genres.
    Elle sera suivie dans les mois suivants d’un atelier pratique. »

    L’atelier aura lieu le samedi 15 décembre 2018, de 15h à 17h, au Labo 6, 76 bis rue de Rennes, 75006 Paris, salle Stockolm et Copenhague. Lien Facebook : https://www.facebook.com/events/299230377362067/

    Pour rappel :

    Cet atelier vise à ouvrir un espace à des chercheur·e·s et militant·e·s pour présenter leurs recherches/travaux s’inscrivant dans une perspective queer et/ou féministe.

    Cet atelier est transdisciplinaire. L’accent sera mis sur les sciences humaines et notamment l’histoire de l’art, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, les lettres, etc.

    Il s’inscrit également dans une perspective transpériodique.

    La priorité sera d’ouvrir un espace de dialogue autour du sujet proposé.

    Cet atelier s’adresse à des personnes militant·e·s, masterant·e·s, (post)-doctorant·e·s, docteur·e·s, chercheur·e·s sans statuts. Les personnes en poste (MCF/professeur·e·s, etc.) sont les bienvenu·e·s sous couvert de bienveillance. Il leur est demandé notamment de prêter attention aux questions de dominations induites par ce statut.

    Les comportements cisnormatifs masculins oppressifs ne seront pas tolérés dans le cadre de cet atelier (notamment sur des questions de prise d’espace).

    Cet atelier vise à construire un cadre safe pour échanger avec bienveillance. Ainsi, tout propos/sous-entendu/comportements oppressifs (raciste, sexiste, homophobe, lesbophobe, bi/panphobes, ace/arophobes, transphobe, validiste, psychophobe, classiste, intersexophobe, body shaming, islamophobe, pro-culture du viol, putophobe, etc.) ne sera pas toléré.

    On veillera aussi à une distribution équitable de la parole.

    Le langage inclusif est fortement encouragé.

    Si vous avez besoin d’informations à ce sujet, vous pouvez contacter les personnes coordinatrices

    => questionsqueer@gmail.com

    => Evénement Facebook

    A lire aussi

    A lire aussi, ma présentation d’ateliers queer  et mon rapport aux Licornes

  • Différents champs hypnotiques: médecine, judiciaire, thérapie, sport, création, spectacle…

    Différents champs hypnotiques: médecine, judiciaire, thérapie, sport, création, spectacle…

    Entre médecine et magie: une tension continue

    L’histoire de l’hypnose a longuement oscillé entre le champ médical et le champ de l’ésotérisme, du magique, du spectaculaire. Aujourd’hui, cette opposition continue à diviser.

    L’hypnose a refait son entrée dans les hôpitaux, en tant qu’outil pour gérer l’anxiété et la douleur. Elle est aussi utilisée dans les tribunaux en Belgique. Dans ces deux domaines, de nombreuses cautions – universités, hôpitaux, association de médecins et de dentistes, experts judiciaires, recherche en neurosciences, associations légales, congrès internationaux… valident son sérieux et lui permettent d’être acceptée comme une discipline scientifique maniée par des spécialistes au sein d’institutions.

    A l’autre extrême des champs d’application de l’hypnose se trouve le spectacle télévisuel de fascination et de manipulation, mais aussi le développement personnel qui mêle hypnose et croyances ésotériques. En fait tout ce qui pourrait être rassemblé sous le tampon « magie », avec un curseur plus ou moins poussé.

    Entre les deux, différentes hypnoses, revendiquant tantôt des croyances spirituelles, tantôt le rapprochement avec l’hypnose institutionnalisée, cherchent leur place.

    Ainsi, une grande partie des praticien.ne.s en hypnose éricksonienne se rallient à la tentative de respectabilité d’une hypnose non médicale, par:

    • l’intégration à des institutions par le biais de collaborations (universités, hôpitaux, recherche scientifique officielle, système pédagogique…)
    • le développement d’une recherche privée sur l’hypnose : l’hypnologie, en collaboration avec les neurosciences et avec des professionnels institutionnalisés
    • le développement d’événements qui nourrissent l’institutionnalisation, comme des congrès, avec des invités reconnus par le champ des thérapies. Pour celui de l’Arche en 2017: Giorgio Nardone Directeur du centre de Thérapie Stratégique d’Arezzo / Stanislav Grof Psychiatre, pionnier de la psychologie transpersonnelle / Ernest Rossi Docteur en psychologie, enseignant-chercheur en Neuroscience / Fabrice Midal Philosophe, directeur de l’école occidentale de méditation / Philippe Miras Docteur en chirurgie dentaire, praticien en hypnose ericksonienne / Michel Bitbol ????Directeur de recherche CNRS aux Archives Husserl, Ecole Normale Supérieure / Mathieu Landry Docteur en neurosciences, chercheur à l’Institut Neurologique, Université McGill, Montréal / Renaud Evrard Maitre de conférence en psychologie clinique / Paul Pyronnet Fondateur et gérant du Paul Pyronnet Institut / David Dupuis Docteur en ethnologie – anthropologie sociale, EHESS. / Valérie Algrain Médecin psychiatre, praticienne en hypnose ericksonienne / Mohamed Aïdi Infirmier, praticien et formateur en hypnose ericksonienne / Denys Coester Médecin anesthésiste-réanimateur formé à l’Hypnose intervenant au bloc opératoire, / Thierry Gallopin Docteur en neurophysiologie, maitre de conférences en Neurophysiologie / Claire Petitmengin Docteur en sciences cognitives, enseignant chercheur sur les méthodes micro-phénoménologiques, / Peter Shuck Médecin psychiatre chef de secteur, praticien en hypnose ericksonienne / Dario Hampi Pakari Psychologue italien, Homme-Médecine de la tradition du Feu Sacré d’Itzachilatlan (FSI) / Hugues Gouzenes Médecin-chercheur, chargé d‘enseignement en psychophysiologie du yoga et de la méditation, chargé d’enseignement en psychomotricité /Alexis Karacostas Psychiatre, Psychothérapeute et Praticien hospitalier.
    • l’intégration de la PNL à l’hypnose éricksonienne (patterns, vocabulaire), ce qui rapproche la matière hypnotique de la culture d’entreprise et de la culture universitaire
    • l’adoption des habitus des universités, des entreprises et des laboratoires de recherche (costume, codes de communication « corporate » et/ou universitaires, conceptualisation sur des modèles scientifiques, création d’un vocabulaire propre sur le modèle du vocabulaire scientifique)
    • mise à distance de tout ce qui peut apparaitre comme ésotérique, magique, mystique… ne pouvant être vérifié
    • création d’un syndicat des hypnothérapeutes qui vérifie le sérieux de ses membres en demandant des diplômes qui sont reconnus comme valables par les pairs
    • la mise en place par les réseaux sociaux de systèmes de validation (et d’invalidation) par les pairs  (clin d’oeil au groupe Facebook « Hypnose », qui compte plus de 8700 membres)

    Peu à peu, un nouveau champ se crée, celui des hypnopraticien.ne.s qui n’ont pas de diplôme médical ni de titre de psychologue, mais qui ont suivi un cursus reconnu comme valable par leurs pairs et par des associations qui sont en voie d’institutionnalisation.

    Ce champ tend à se distinguer des écoles d’hypnothérapie et des praticien.ne.s qui donne une place à l’ésotérisme dans leur pratique hypnotique (comme l’hypnose spirituelle, qui permettrait de « contacter les morts« ) et/ou qui pratiquent une hypnose autoritaire.

    Ceci est écrit sans jugement… car je fais partie de ce champ de l’hypnose éricksonienne  qui cherche la reconnaissance des institutions, étant affiliée au SNH, diplômée par l’Arche, qui enseigne une hypnose éricksonienne PNListe, assidue au cours d’hypnologie, aux colloques, aux rencontres, aux échanges de pratiques et de concepts… et étant défiante à l’égard des croyances mystiques.

    Bien sûr, l’utilisation des codes hurluberlus de l’art contemporain, de la connexion avec la nature, voire du néo-chamanisme décalent un peu mon positionnement vers le « pôle magique », même si mes explications sont rationnelles (lisez, par exemple, mon article sur les espaces transitionnels et celui sur les prescriptions de tâche). Comme le fait que travailler en hypnose d’exploration (créer son monde) et en création hypnotique artistique (créer son oeuvre) en plus de l’hypnose pour un mieux être (créer sa vie) colore ma pratique d’un voile de fantaisie… Cela a d’ailleurs été brièvement discuté lors de mon admission au syndicat.

    Pierre Bourdieu aurait adoré passer ce terrain hypnotique français dans sa Théorie des Champs!

    Après avoir pris connaissance des différents champs de l’hypnose (et prolongé les points qui vous intéressent par les liens proposés), je vous invite à parcourir les pages:

    Belle traversée des champs…

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    http://congres-hypnoses.com/conferenciers/

     

    L’hypnose dans le champ médical

    Longtemps considérée comme un élément à la frontière de la science et de l’occultisme, l’hypnose a mis du temps à se débarrasser des préjugés qui l’entourent pour se refaire une place dans le milieu hospitalier.

    L’hypnose à l’hôpital et en cabinet de dentiste permet de réguler l’anxiété et la douleur des patients (par exemple lors des changements de pansement pour les grands brûlés, en cas de douleur chronique, en cas de douleur dentaire…), mais aussi d’opérer sans ou avec moins d’antalgiques.

    Certaines opérations se font uniquement sous hypnose, sans anesthésie.

    La plupart du temps, l’hypnose est utilisée en combinaison avec une anesthésie locale et éventuellement une légère sédation intraveineuse, pour aider le patient à se détendre sans pour autant le faire dormir. Cette technique est appelée hypnosédation. Pendant l’intervention, l’opéré est surveillé comme pour une anesthésie générale et peut être endormi à tout moment si cela s’avère nécessaire.

    Les opérations communes sous hypnosédation sont la chirurgie du sein chez la femme (retrait d’une petite tumeur, amputation du sein, chirurgie esthétique), ablation de la thyroïde, suite d’accident (recoudre une plaie ouverte ou encore enlever une broche placée après la fracture de l’os), chirurgie dentaire… L’opération sous hypnose ne peut pas encore se faire pour  un triple pontage.

    L’hypnosédation ou l’hypnoalgésie évite les effets secondaires de l’anesthésie classique. Cette méthode est bénéfique à plusieurs niveaux. L’hypnose a pour vocation de calmer l’anxiété due à l’opération et de créer une cohésion entre le patient et le soin apporté. Aussi, lors d’une opération, l’anesthésie peut freiner la circulation sanguine ou encore la cicatrisation. La chirurgie sous hypnose permet de mieux contrôler ces mécanismes et agit même jusqu’au niveau de la salivation. Après l’opération, elle permet aussi une meilleure récupération au patient. Enfin, elle donne un rôle actif au patient.

    Notons en effet que le processus hypnotique ne peut se faire sans la collaboration du patient. ll s’agit d’une hypnose permissive et non autoritaire. Marie-Elisabeth Faymonville: « l’hypnose ne remplace pas la médecine classique, mais elle peut être un outil extrêmement utile pour que le patient amène ce qu’il a en lui comme ressources pour améliorer sa situation. Cette participation active, c’est très valorisant pour lui. On lui donne de la force, « empowerment » comme on dit en anglais : on lui donne du pouvoir. Et ça, c’est utile, et peut-être largement sous-estimé dans l’approche classique de la médecine. » Extrait de « Belgique : patients sous hypnose », un reportage diffusé dans « Avenue de l’Europe » le 12 avril 2017.

    Le pays en pointe est la Belgique, grâce à Marie-Elisabeth Faymonville, anesthésiste pionnière dans le domaine, qui travaille sur l’hypnosédation mais aussi sur le soin par l’hypnose, en apprenant au patient à utiliser au quotidien ses propres ressources, par l’auto-hypnose. Plusieurs hôpitaux français réalisent aussi des opérations sous hypnose.

     

    Un cas spectaculaire: Alama Kanté, chanteuse professionnelle a été opérée sous hypnosédation a chanté tout au long de l’opération. Article de Science et avenir et vidéo de l’opération:

     

    L’hypnose occupe également une place de plus en plus importante en odontologie : Apport de l’hypnose dans la pratique quotidienne du chirurgien dentiste

    Science directe: Effets de l’hypnose lors des soins dentaires

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    Des recherches s’interrogent également sur l’hypnose comme outil complémentaire pour vaincre certaines maladies, dont le cancer (L’hypnose en oncohématologie ). L’hypnose est aussi utilisée en soins palliatifs, en obstétrique…

    Notons que seuls les médecins peuvent soigner par l’hypnose. En accompagnement, chaque praticien.ne en hypnose non médecin permettra à la personne suivie de mieux vivre son traitement médical mais ne se substitue en aucun cas à aux prescriptions du médecin.

    Les formations en hypnoanalgésie se multiplient en Europe. Elles sont ouvertes au corps médical. Par exemple, la formation de l’AFEHM, Association française pour l’étude de l’hypnose médicale est ouverte aux médecins, chirurgiens dentistes, sages-femmes et étudiants en fin d’études de médecine. le débat actuel porte notamment sur l’accès aux infirmier.e.s. C’est encore compliqué…

    Cependant, des expert.e.s praticien.ne.e.s non médecins, sans titre officiel mais avec une reconnaissance de leurs pairs, sont engagés par des hôpitaux de façon officielle, que ce soit pour gérer le stress des familles de personnes qui viennent de décéder, pour enseigner, superviser…. Par exemple, Pierre-Alain Perez a été nommé, grâce à la grande reconnaissance de la qualité de sa pratique et de son enseignement, « Coordinateur et enseignant principal du diplôme interuniversitaire (DIU) en hypnose Ericksonienne à la faculté de médecine de Paris Est Créteil (UPEC) ». Autre exemple, Yan Vervliet, est engagé comme hypnopraticien à l’hôpital Robert Ballanger à Aulnay sous Bois, en service de réanimation chirurgicale pour travailler avec le personnel et les patients ainsi que leurs familles (gestion de l’angoisse et recherche médicale sur l’hypnose dans un service de réanimation).

    La reconnaissance par les institutions de praticien.ne.s expert.e.s est en route… Il s’agira ensuite, pour l’état, d’inventer de nouveaux statuts des hypnos.

     

     

     

    Dans un champ complémentaire au champ médical, la méthode AMPR® (Activation Métaphorique des Processus Régénératifs, par Dominique Espaze et Martine Tual) travaille sur les processus internes au corps qui peuvent être facilités par la mobilisation ouverte de l’imaginaire : cicatrisation, force dusystème immunitaire, réparation osseuse, récupération musculaire et bien d’autres peuvent être renforcés ou accélérés par un travail symbolique ou métaphorique.

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    Alessandro Donaggio – fine art photography

     

    Association française pour l’étude de l’hypnose médicale: AFEHM

    Revue « hypnose et thérapie« , numéro sur la douleur (plusieurs articles intéressants)

    Association de recherche en soins infirmiers (ARSI) L’hypnose : une ressource en soins palliatifs ? Étude qualitative sur l’apport de l’hypnose chez des patients oncologiques

    Liberation:   Diminution de prise de médicaments en anesthésie grâce à l’hypnose 

    Le Figaro: Interview du Docteur Dr Grégory Tosti (il enseigne l’hypnose médicale à Paris-VI et exerce à l’hôpital Ambroise-Paré (Boulogne-Billancourt)

    Le Monde :   l’hypnose permet de réduire la consommation de médicaments antalgiques et de sédatifs  ***  L’hypnose comme anesthésie  ***

    Planète santé: l’hypnose à l’hôpital, un soulagement pour le patient (grands brûlés) mais aussi pour le personnel*** La douleur sous hypnose*** L’hypnose soulage les douleurs *** opérations sous hypnose***L’hypnose pour quelle douleur?

    Reportage video sur l’hypnose comme sédatif.  Un reportage du magazine « Avenue de l’Europe »

    Chaine youtube sur les opérations sous hypnose (divers reportages télévisés)

    Le Parisien:   opération sous hypnose 

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    Caducée: La relaxation permet de réduire la douleur et l’anxiété des patients durant une opérationL’hypnose et une écoute attentive du patient durant une intervention chirurgicale percutanée diminue la douleur, réduit l’anxiété du malade et assure une bonne stabilité hémodynamique. Des médecins américains publient dans le Lancet les résultats encourageants d’une étude réalisée auprès de 241 patients. 

    Caducée: L’hypno analgésie.Sous sa forme la plus simple, c’est l’hypnose dite conversationnelle que l’on utilise. Il s’agit de dialoguer avec le patient pendant que l’on intervient, de manière à détourner son attention vers des sujets qui l’intéressent. Cela marche particulièrement bien avec les enfants. Sous une forme plus élaborée, on aura recours à une véritable transe hypnotique, qui permet de réaliser sous hypno analgésie des gestes qui, sans cela, nécessiteraient une anesthésie générale. Cette technique est de plus en plus utilisée, notamment dans la chirurgie thyroïdienne. Quels que soient les artifices utilisés, la clé du succès de l’anesthésie locale est la mise en confiance du patient ; il convient également d’avoir des gestes très doux, et, surtout, de savoir attendre  que la technique anesthésique choisie ait atteint son efficacité maximale.

     

    L’hypnose dans le champ judiciaire belge

    Voici un article clair et très complet sur L’hypnose judiciaire en Belgique, par Evelyne Josse, expert en hypnose judiciaire. Voici le sommaire et la conclusion:

    « Nombreux sont les détracteurs de l’hypnose judiciaire. Les faux-souvenirs et le risque d’induire des erreurs par suggestion les incitent à vouloir réformer la méthode. Or, ces biais, inhérents au fonctionnement de notre mémoire, existent pour tout recueil des témoignages. 

    Les entretiens en hypnose judiciaire doivent être menés par des hypnotistes conscients de ces biais. Ils ne devraient être confiés qu’à des experts rompus à l’usage spécifique de cette technique dans le cadre judiciaire. 

    En conclusion, l’hypnose est sans conteste une méthode utile dans les enquêtes judiciaires si elle est utilisée avec les précautions nécessaires. Nombreux sont les détracteurs de l’hypnose judiciaire. »

    Contrairement à la Belgique, aucun « expert judiciaire » n’est mandaté pour pratiquer l’hypnose en France. Elle n’est utilisée que dans les cas où cela ne change rien au jugement, comme dans l’affaire Fiona: L’audition potentielle de Cécile Bourgeon ne changera rien à la procédure judiciaire, la mère de Fiona ayant déjà été condamnée en appel. « Notre cliente souhaite simplement apporter une sépulture décente à sa fille », affirment ses avocats au quotidien. « Si notre cliente livre sous hypnose des infos précises, nous les transmettrons au parquet général » pour d’éventuelles recherches, ajoutent-ils. Europe 1: L’hypnose peut-elle servir dans les enquêtes criminelles?

    France TV Info: Trois fois où l’hypnose a été utilisée dans une affaire judiciaire en France

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    Evelyne Josse, experte en hypnose pour les tribunaux, psychologue, hypnothérapeute et formatrice http://www.resilience-psy.com

    L’hypnose dans le champ de la thérapie

    En nous connectant avec nous-mêmes, en apprenant à nous servir avec souplesse, sécurité et efficacité de nos potentiels (ressources, création de de solutions), nous allons ailleurs que là où nous mènent les habitudes et les peurs, sortons des schémas répétitifs et améliorons notre existence.

    Nos problèmes, s’ils ne sont pas la conséquence d’un contexte présent extérieur grave (foyer violent, maladie incurable, etc.) sont les fruits de notre discours intérieur sur le monde, de notre carte personnelle de ce qui nous entoure, de notre façon d’envisager les choses qui nous semble naturelle, universelle et immuable alors qu’elle est personnelle et peut être modifiée.

    En laissant nos affects prendre des formes imaginaires, nous les rencontrons, les transformons, les apprivoisons, les dépassons, les libérons… car chaque peur, joie, honte, etc est le fruit de nos représentations et donc de notre façon de concevoir les choses, orientée par notre imagination.

    Quelques applications de l’hypnose thérapeutique:

    • Gestions des addictions: cigarettes, boulimie, alcool, jeu, FB, sexe…
    • Gestion du stress, de l’anxiété
    • gestion de la confiance en soi
    • Traitement des phobies
    • Préparation mentale: un casting, examen, compétition, permis de conduire, concert, enregistrement en studio…
    • Accompagnement pour un changement de vie (retraite, changement de poste…)
    • Perte de poids, image de soi
    • Amélioration de la sexualité
    • Gestion des dépendances affectives
    • Changement de comportement (mauvaises habitudes, réactions irrationnelles, répétition de schémas destructeurs, colères…)
    • Troubles du sommeil, gestion de la fatigue
    • Soulagement de la douleur, des acouphènes, des somatisations
    • Acceptation de la maladie et travail sur le stress et l’optimisme et/ou sur le confort durant la maladie (car le moral et le stress jouent sur l’amélioration de l’état du corps)
    • Transformation des liens (deuil, relation toxique, corps transformé par un accident, déménagement, divorce, autonomie…)
    • Accélération de l’apprentissage d’une langue
    • Gestion de la procrastination, développement de la réactivité ou proactivité, de la maitrise de soi, de la concentration
    • Résolution d’un conflit intérieur
    • Prise de décision

    Cerveau et psycho:  « L’hypnose peut-elle tout soigner? »

    France Culture:   Comment l’hypnose agit-elle sur le cerveau? ***  Mincir sous hypnose

    France Inter:   L’hypnose à l’étude   ***   L’hypnose aujourd’hui   ***  les pouvoirs de l’esprit

    Le Vif: guérir les maux par les mots 

    Planète santé: L’hypnose, cet outil thérapeutique aux mille facettes

    Le Soir:   L’hypnose, ni magie ni miracle

    Psychologie Magazine:   Dossier sur l’hypnose éricksonienne    ***   Effets thérapeutiques de l’hypnose

    Santé magazine L’hypnose, une approche complémentaire  *** L’arrêt du tabac

    Le Parisien:  sevrage tabagique par l’hypnose 

    Sciences humaines:   L’hypnose, le thérapeute et la science

    Sciences et vie:   Etre éveillé et ne pas penser 

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    L’hypnose dans le champ du sport

    La préparation mentale sportive utilise l’hypnose, pour la confiance en soi, la flexibilité mentale, la capacité à apprendre un geste, l’état idéal pour une épreuve, le dépassement d’un blocage, la correction d’un automatisme handicapant, la gestion des réactions émotionnelles, la manière de penser l’épreuve…

    Par exemple Jonathan Belgroux, coach sportif de haut niveau et auteur de l’ouvrage Autohypnose et performance sportive raconte sur son blog qu’il est possible de se servir des altérations sensorielles (voir le trou de golf plus grand, ressentir la balle au ralenti…), ou du silence mental. Dans le pdf en ligne « Mental sport », il explique aux côtés de Kevin Finel comment fonctionne la préparation mentale hypnotique pour les sportifs.

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    Voici un article de la revue « Hypnose et thérapie » sur l’optimisation des performances des sportifs de haut niveau par l’hypnose.

    Comme l’accompagnement d’artistes est la plupart du temps réalisé par des praticien.ne.s qui ont iels-mêmes une pratique artistique professionnelle, les praticien.ne.s en préparation mentale sportive sont la plupart du temps des hypnos qui ont pratiqué ou qui pratiquent le sport à haut niveau.

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    Bénédicte Kolnik, cavalière et préparatrice sportive (des chevaux et des cavalier.e.s) http://equi-mental.fr

    L’accompagnement hypnotique dans le champ des arts contemporains

    Aujourd’hui, certain.e.s hypnopraticien.ne.s, qui sont la plupart du temps aussi artistes, accompagnent d’autres artistes dans leur création.

    L‘hypnose de préparation mentale artistique optimise les performances de l’artiste, surtout en live (comme pour le sportif). Des instrumentistes, acteurs, danseurs, performers… peuvent ainsi venir en séance pour gérer leur rapport au public, au trac, à la scène, à la mémoire, à la fluidité, à la concentration…

    L’hypnose pour la création, quant à elle, travaille sur la créativité, l’inventivité, l’exploration de matériaux, la création d’outils, pour construire un monde à offrir à l’extérieur sous une forme matérielle (film, livre, exposition, pièce de théâtre ou de danse, performance, création sonore…).

    Catherine Contour est chorégraphe et danseuse, elle a été la première à développer ce qu’elle a parfaitement nommé « l’outil hypnotique pour la création », au service des créateurs, dans le champ de la danse contemporaine. Son travail personnel de chorégraphe est également en lien avec l’hypnose. Je vous conseille son livre « Une plongée avec Catherine Contour » et les vidéos proposées par Mathieu Bouvier sur les plongées.

    John Kino est chorégraphe, comédien et pédagogue, il enseigne également l’hypnose.

    Marie Lisel (autrice de cet article): hypnopraticienne, pédagogue et artiste, j’accompagne également des artistes (arts sonores, arts visuels, arts de la scène, cinéma, littérature, arts & sciences…) par l’hypnose, en séances individuelles, sur plateau, en atelier, sur banc de montage, en école d’art…, ou directement en performance. Mon travail de création personnel intègre aussi l’hypnose, en création radiophonique, installation sonore et performance participative et en collaboration avec d’autres artistes.

    En création, citons encore le travail de Joris Lacoste, pionnier en ce domaine, avec son magnifique « Au musée du sommeil » (2010), ainsi que les films de Gurwann Tran Van Gie.

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    Nina Santes photographiée par Mathieu Bouvier Cycle de « plongées » de Catherine Contour, à la Gaîté Lyrique – 2014

    L’hypnose éricksonienne dans le champ du spectacle tout public

    Certains spectacles mettent le public sous hypnose. Dans ce concept, les concerts sous hypnose (éricksonienne) ont été lancés par Geoffrey Secco et sont repris par d’autres praticien.ne.s.

    Les concerts sous hypnose  sont une invitation à amplifier ses sens dans un seul et même objectif : ressentir la musique et en apprécier chaque vibration. Le praticien en hypnose et musicien alterne les suggestions et les sons, dans un voyage qui utilise les mêmes techniques éricksoniennes que celles pratiquées en cabinet public par Kevin Finel. Geoffrey Secco et Kevin Finel ont d’ailleurs collaboré dans plusieurs concerts et dans un cabinet public.

    Antoine Bioy, professeur d’université, chercheur en hypnose et praticien, explique que « L’hypnose est un état d’éveil paradoxal. L’individu est plongé dans deux activités très distantes : l’absorption de l’attention dans une tâche de travail, et la détente. Et ce paradoxe accroît notre concentration et notre capacité de réception de l’art. »

    D’autres pratiques publiques, comme les cabinet public par Kevin Finel, font la démonstration d’une séance devant un auditoire qui n’est pas (complètement) en transe (oui, c’est contagieux! 😉 ).

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    Concert sous hypnose de Geoffrey Secco

    L’hypnose directive dans le champ du spectacle tout public: les fascinateurs

    A l’opposé des concerts sous hypnose, les shows des hypnos de spectacle utilisent une hypnose autoritaire et déploient l’armada du fascinateur.

    La liste des vidéos montrant des célébrités hypnotisées par Messmer est impressionnante.

    Hallucinations, perte de connaissance, oubli du prénom ou de la langue… ses effets hypnotiques sont au service de l’audimat, qui aime le spectaculaire, la peur, la magie.

    Les hypnos qui font de la scène ont bien sûr des éthiques différentes selon les personnes. Il existe des hypnos faisant des spectacles tout en veillant au bien-être de leurs sujets. Entre les éricksonien.ne.s et Messmer, il y a une large palette d’hypnose permissive/autoritaire, conversationnelle/somnambulique, centrée sur les besoins et intentions du sujet / centrées sur le spectaculaire…

    A l’extrême du pôle « fascination », Messmer utilise l’hypnose autoritaire pour obtenir des effets servant uniquement son succès. Ces effets ne sont pas « ce qui convient au sujet » mais « ce qui convient au spectacle ». Il peut donc y avoir des conséquences négatives sur le sujet, comme un trauma d’accident de la route vécu en hallucination, une angoisse suite à la perte d’identité par une amnésie, un problème musculaire suite à une utilisation du corps au delà de ses possibilités, une honte qui perdure d’avoir réalisé un acte filmé difficile à assumer une fois sortie.e de scène, etc. En ce qui me concerne, je vous déconseille fortement de vous livrer à cette activité qui consiste à laisser un fascinateur vous manipuler en hypnose profonde avec des techniques autoritaires et sans tenir compte de ce qui vous convient. De plus, la sortie de transe est bâclée, certain.e.s ne sont pas réassocié.e.s en sortant de salle.

    « Tapez dans google « Messmer accident », il y a quelques récits, dont celui-ci (un homme reste « calé » en transe) ou celui-là (un policier est hypnotisé en gardant son arme)

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    Sous hypnose, nous faisons l’expérience de l’accident (d’avion, de voiture ou autre), ce qui peut laisser un trauma

    Comment ça marche?

    • Des tests de suggestibilité poussés pour sélectionner les sujets les plus enclins à jouer le jeu
    • Une préparation en hypnose profonde, avant la scène, pour poser des ancrages (« quand je te serrerai la main comme ça tu tomberas dans un sommeil profond »)
    • L’autorité du fascinateur (ancrage sur sa personne, son regard, sa voix), vu partout à la télé, avec des émissions montrant des « preuves » de son efficacité et avec une position haute (le Maitre qui n’a qu’à poser le regard ou la main pour que…)
    • Un accompagnement audio-visuel qui appelle le grandiose et le suspens: décor, musique, lumières et des commentaires appelant les croyances magiques
    • Et… le désir des sujets de faire partie d’une chronique qui va faire des vues sur Youtube ou le désir de vivre « un truc de ouf » ou le désir de réaliser un truc socialement inacceptable sans en endosser la responsabilité (laissée à l’hypno plutôt qu’à l’alcool).

    L’hypnose de rue

    La street hypnose ou hypnose de rue recèle le meilleur comme le pire.

    Le site français de référence relève autant les questions techniques qu’éthiques. Le responsable du site Street Hypnose, Jean-Emmanuel Combe, s’est d’ailleurs formé à la PNL (Programmation Neuro Linguistique), l’hypnose thérapeutique et l’hypnose médicale. Il prône la bienveillance et le respect au détriment du spectacle.

    Des thérapeutes se forment aussi en street hypnose pour acquérir des outils rapides de l’hypnose classique ou font de la street hypnose pour promouvoir une association comme les hypnos du coeur.

    La street hypnose peut donc être éthique et même devenir un outil pour les thérapeutes.

    A l’inverse, certains streeteux sont des brutes sans scrupules qui ont appris des « trucs d’hypnose » sur youtube et qui aiment faire littéralement tomber les filles… C’est une pratique qui peut dégénérer. En Picardie, une lycéenne a par exemple fait des malaises sur la voie publique après une séance mal maîtrisée.

    Entre les deux… il y a les maladresses… car l’hypnose est un outil puissant et l’utiliser sans connaissance approfondie n’est pas sans danger.

    Autre réflexion : j’ai cherché longtemps une photo de femme street-hypno et je n’en n’ai pas trouvé…

    Une émission d’Envoyé Spécial est un éclairage intéressant.

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    Autres champs?

    L’hypnose éricksonienne permet de déployer son potentiel et de vivre une expérience autrement… de nombreux champs gagnent dès lors à faire alliance avec elle.

    A nouveau, il est important de déceler de quelle hypnose il s’agit: permissive/autoritaire, conversationnelle/somnambulique, centrée sur les besoins et intentions du sujet / centrées sur le spectaculaire…

    Quelques champs abordés:

    Pédagogie (avec Yan Vervliet, pédagogue et hypnopraticien spécialiste de l’hypnose à l’école)

    Bien-être en entreprise (avec Aitana Mac Gowan, spécialiste des interventions PNL et hypnose en entreprise)

    Apprentissage des langues (avec Aitana Mac Gowan, Adrien Moulard, Laurence Messier…)

    Oenologie (avec Adrien Moulard, hypnothérapeute et Juliette Combet, oenologue)

    Gastronomie, chocolaterie 🙂

    Art des parfums (si un nez désire collaborer avec moi, je serais ravie d’expérimenter une installation artistique!)

    Yoga (avec Katia Feltrin et moi)  et autres pratiques corporelles qui ne sont pas dans la compétition

    Randonnée, immersion dans la nature (avec Francine van den Abbeele, guide nature et moi)

    Médiation animale (avec Nathalie Blettererie, du centre Imala, les chevaux et moi)

    Exploration queer (avec un.e représentant.e de la communauté queer et moi)

    Fantasme (voyez ma création radiophonique Fantasmes et projet d’installation sonore fantasmatique)

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    Image: Dominique Goblet

    Sexualité: dans ce domaine, l’on trouve autant des fascinateurs autoritaires (majoritairement des hommes qui hypnotisent des femmes qui acceptent d’être manipulées pour le show, notamment dans les clubs libertins, cette discipline est bien plus développée en Allemagne qu’en France) que des accompagnant.e.s éricksonnien.e.s (là, ça se passe en cabinet, avec l’hypnose permissive pour un mieux être et en séance de préparation, pas en action).

    Je termine par le pire: la drague (toujours des hommes qui hypnotisent des femmes, cette fois sans les prévenir). Les propos et les formations des Pick-Up-Artists sont au summum de l’utilisation perverse des outils PNL et hypnose. VOMIR!

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    Le témoignage d’une personne inflitrée chez les machos: https://lisefeeministe.wordpress.com/2013/09/12/temoignage-jai-infiltre-les-pua/

     

     

    …de nombreux champs sont ouverts… il suffit d’oser… et de bien se renseigner!

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    Après avoir pris connaissance des différents champs de l’hypnose (et prolongé les points qui vous intéressent par les liens proposés), je vous invite à parcourir les pages:

     

     

  • Intervention « La transe hypnotique : pratiques et questions de recherche », lors de l’atelier « Etats-limites de l’humain » du jeudi 18 octobre 2018, pour l’IHEST, l’Institut des Hautes Etudes pour la science et la technologie (Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation)

    Intervention « La transe hypnotique : pratiques et questions de recherche », lors de l’atelier « Etats-limites de l’humain » du jeudi 18 octobre 2018, pour l’IHEST, l’Institut des Hautes Etudes pour la science et la technologie (Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation)

    Conférences, exposés, interventions théoriques ou théorico-pratiques (je n’ai pas encore tenté la conférence gesticulée)… complètent les workshops/ateliers.

    J’aime parler en public et transmettre ce qui me passionne. Cela n’est pas nouveau, j’ai en effet été enseignante durant pas mal d’années (pour des ados de 16-19 ans), ainsi que personne ressource pour le service pédagogique d’une université ou encore membre du bureau d’associations organisant des événements  en art contemporain et en arts sonores.

    Les exposés que je présente sont réalisés sur mesure, pour répondre à un contexte et à un public particulier.

    Quelques thématiques:

    • La transe hypnotique: pratiques et questions de recherche
    • Les hypnoses d’hier et d’aujourd’hui, un peu d’histoire et de sociologie
    • Des pratiques hypnotiques entre magie et science
    • La sorcière contemporaine et l’hypnotiseuse: quelles représentations, quels enjeux?
    • Comment utiliser les croyances tout en restant sceptique?
    • L’imaginal: tout un monde, entre monde sensible et monde intelligible
    • Créer sa vie par l’hypnose: comment se réinventer?
    • Augmenter le champ de la création par l’hypnose: quelques axes
    • Hypnose & queer: vers la création de soi
    • Hypnose & art: vers la création d’oeuvre
    • Hypnose & exploration: vers l’augmentation de mon monde
    • Hypnose, art & queer: indéterminations, jeux, issues
    • Rêves nocturnes, rêves lucides, rêveries et rêves éveillés: théorie et pratique
    • Réapprendre à rêver… pourquoi? Comment?
    • Pourquoi se connecter à l’état animal?
    • Comment créer l’état idéal pour une intention particulière?
    • Communiquer avec son corps? Comment? Pour quoi faire?
    • Jouer avec les croyances pour aller vers son intention: hasards et synchronicités
    • Créer la synesthésie par l’hypnose
    • L’espace transitionnel augmenté par l’hypnose
    • Association et dissociation (et trissociation…) des dividus de mon individu: hypnose et mondes virtuels
    • Qui est/sont « je »? L’hypnose au service de l’exploration et de la conciliation de (ses) soi(s)

    Ces interventions sont soit purement théoriques, soit mêlées à quelques exercices pratiques réalisables en auditoire, soit suivies d’un atelier ou d’une performance participative.

    N’hésitez pas à me proposer une intervention dans le cadre de festivals, ateliers, colloques…

  • L’espace transitionnel

    L’espace transitionnel

    L’espace transitionnel

    L’espace transitionnel peut être un objet, une image, un lieu, une odeur, un son… qui devient une partie de moi hors de moi par la projection de mon monde intérieur. Il me permet dès lors de transformer mes émotions, sensations, actions et autres réactions.

    Comme l’imaginal se situe entre le réel sensible (monde que je perçois avec mes sens) et le réel conceptuel (monde des idées), l’espace transitionnel est une aire entre le monde extérieur (perçu par différentes personnes, « objectivement ») et le monde intérieur (conçu subjectivement).

    Un exemple? Quand j’étais adolescente, Billy, le chien de ma mère, a ramené de la forêt un bois de daguet (tombé quand il change de ramure). Ce cadeau est resté dans les tiroirs de la maison familiale pendant pas mal d’années… jusqu’à ce que mon imaginal le reconnaisse et lui donne le statut d’objet transitionnel. Depuis, il m’accompagne en atelier et performance et me permet de trouver mon positionnement juste, instantanément, quel que soit l’état dans lequel je me trouve avant. Il est en quelque sorte un « doudou de voyage dans l’imaginal en tant qu’accompagnante d’un groupe », formé à la fois d’un objet choisi-trouvé et de ma projection-création. Il ne m’est pas indispensable mais c’est un « raccourci » pratique et rassurant pour attiser ce que je me représente comme le pouvoir du cerf.

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    Daguet

    Autre exemple, d’un lieu cette fois: un rocher plat dans la rivière, toujours au coeur de la forêt, constitue lui aussi un espace transitionnel. C’est un endroit où je vais me (dé)poser quelques heures pour trouver de la clairvoyance après avoir laissé partir ce qui a besoin de descendre avec le courant. J’y trouve finalement la paix et reconstitue mon axe vertical. A nouveau, il ne m’est pas indispensable mais je sais qu’à cet endroit un processus bienfaisant se met en place automatiquement à l’intérieur de moi.

    Je travaille également grâce à une odeur, au chant partagé avec une amie qui me ramène, seule, à nos états particuliers d’expérimentation, à une phrase psalmodiée… et je change selon mes découvertes et mes intentions, non seulement pour ouvrir ma palette, mais aussi pour ne pas devenir dépendante d’un élément extérieur dans mon alignement.

    Lors des séances individuelles, à chacun.e ses choix d’objets et phénomènes choisis-trouvés qui rassemblent le dehors partagé et l’intérieur imaginé, pour créer un état particulier (nettoyage, clairvoyance, tranquillité, énergie, focus, créativité, ouverture, douceur, confiance, joie…).

    Lors d’un stage, la construction collective d’un espace transitionnel est aussi un outil que je mets souvent en place pour que chacun.e trouve progressivement sa place en soi, en relation avec les autres et au coeur de la nature, du monde.

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    Construction collective à partir d’objets transitionnels, stage 2017

    L’objet transitionnel: une aire intermédiaire d’expérience

    Pour tenter d’expliquer ce phénomène, partons de ce que Winnicott a mis en lumière, dans Les objets transitionnels, 1969.

    Winnicott a soulevé l’importance du doudou, une petite chose que l’enfant transporte avec lui et qui apporte une réassurance. C’est la première « non-moi possession » (ce n’est pas moi mais c’est à moi et ça fait partie de moi, comme un moi détachable). L’objet est fourni par l’extérieur (peluche, drap) mais c’est l’enfant qui le crée par son empreinte (odeur, notamment). En outre, le nom est créé par l’enfant en déformant le mot des parents. Voici donc l’objet « trouvé-créé » de la petite enfance.

    Dès la naissance, l’être humain est en butte à la question de la relation entre perception objective basée sur l’épreuve de réalité et créativité. Les objets et phénomènes transitionnels (que nous regroupons sous le terme « espace ») forment une aire intermédiaire d’expérience où la réalité intérieure et la vie extérieure contribuent l’une et l’autre au vécu de l’individu. Autrement dit, dans cette aire, je fais l’expérience d’une réalité qui se situe entre ce qui existe en dehors de moi et ce qui existe en moi. L’équilibre psychique consiste à maintenir la réalité intérieure et la réalité extérieure à la fois distinctes et reliées l’une à l’autre.

    La mise en rapport de la réalité intérieure et de la réalité extérieure occasionne des tensions au quotidien, qui sont relâchées dans les aires intermédiaires d’expérience, comme l’art, la religion, le jeu inventé et… les espaces transitionnel de travail hypnotique, chamanique et autres moyens de transformation de la subjectivité.

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    Annette Messager, Les Restes (1998)

    L’objet transitionnel des adultes

    Les théories de Winnicott ont en effet été prolongées dans des études sur le jeu en tant qu’invention (par opposition au « jeu de société » dont on apprend les règles), le fétichisme, le sentiment religieux, le goût des arts, les rites obsessionnels, etc. (on peut aussi mélanger tout cela).

    En psychanalyse, n’importe quel objet peut servir d’objet transitionnel. Winnicott parle des anneaux de rideaux comptés par une patiente. Dans mon expérience personnelle, cela s’est cristallisé autour d’un poème « Les seins acryliques » que j’ai écrit en ôde au tableau que je voyais depuis le divan, à la fin d’une tranche de 7 années (notons que le premier objet non-moi est le sein, organe du maternage, du désir de nourrir… bref !).

    En religion, on se rassemble pour former un groupe sur base de l’analogie des expériences illusoires. Les objets transitionnels utilisés pour cela sont reconnus par le groupe entier (comme la valeur tranquillisante du doudou est reconnue par les parents). Il ne s’agit pas que de symboles. L’hostie des catholiques n’est pas qu’un rappel du corps du Christ.

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    Cocktail ou autoportrait en société Dimention variable – 2009 Courtesy Transit Gallery (BE) & Mehdi-Georges Lahlou

    En dehors des religions et pratiques spirituelles, si un adulte exige des autres qu’ils admettent comme objectifs ses phénomènes subjectifs (donc partager une illusion qui n’est pas la leur), la société y voit un signe de folie, qui peut déclencher une procédure d’enfermement.

    Si un adulte trouve du plaisir dans son aire intermédiaire sans exigence pour les autres, il se rassemblera avec des pairs qui ont des aires avec des points communs (comme l’art, la religion, le fétichisme…) ou développera son univers propre.

    En néo-chamanisme autour d’un.e guide s’énonçant comme tel.le, l’objet transitionnel est créé de façon singulière, tout en étant choisi selon des règles communes, selon un code tiré de syncrétismes entre des pratiques ancestrales (pierres, plumes, poils, griffes, peau, dents, bâton, plante odorante, pendule, directions…). J’ai ainsi construit autel, roue de médecine, ongod… au cours d’un parcours initiatique, selon des consignes à la fois précises et laissant de la place à ma créativité.

    L’objet transitionnel est utilisé dans bien des thérapies, sous la forme de jeux, de figurines, de construction, de rituel… en individuel et en collectif.

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    Charlemagne Palestine (expo à BoZar)

    L’espace transitionnelle dans mon travail hypnotique

    Dans le travail (auto-)hypnotique tout terrain que je propose (en cabinet, dans les bois, avec les chevaux, sur le plateau, dans l’eau, chez vous, sur votre lieu de travail…), l’espace transitionnel est un outil « magique » que chacun.e trouve et crée selon son monde et son intention et/ou que le groupe construit ensemble au fur et à mesure des traversées.

    Les (parties d’)objets transitionnels sont la plupart du temps offert(e)s par la nature, par la rue, la brocante, le grenier, les coulisses, le hasard. Dans mon accompagnement, je ne suis attachée qu’aux règles de la bienveillance envers soi, l’autre et le monde (par exemple, enterrer un objet en plastique ne respecte pas la nature). A part cela, ce sont les processus intérieurs qui en dictent la construction et l’utilisation.

    Le rituel personnel (son, chant, phrase, mouvement, action, respiration…), l’objet trouvé-créé, les éléments (l’eau, le vent, le soleil, la terre), le végétal et même l’animal (qui peut faire partie de l’aire transitionnelle même s’il n’est pas que cela!) peuvent être d’une aide considérable, dans les processus de transformation de la subjectivité de l’individu.

    Evidemment, comme bien des éléments utilisés volontairement pour transformer la subjectivité, l’espace transitionnel existe naturellement dans le quotidien. Evoquons en vrac le sacro-saint doudou de l’enfant au pouvoir apaisant, les boots fétish qui transforment en reine de la soirée, le vieux pull qui fait tant de bien que l’on a du mal à le jeter malgré son état catastrophique, l’hostie, le téléphone portable, le lit, l’alliance, la baignoire…

    La différence ? La clairvoyance, le choix, le cap! Car la construction de l’espace transitionnel est au service du changement vers l’intention, que ce soit un mieux-être, une expérimentation ou une création.

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    Hubert Duprat, Slip of the Tongue

    Un cas concret? « L’imaginal de ma Soeur »

    Dans l’article L’imaginal de ma soeur vous pouvez lire l’analyse d’un exemple concret de la relation à objet transitionnel. Car l’objet n’est pas transitionnel en soi. C’est l’utilisation que l’on en fait qui lui fait accéder à cette aire intermédiaire entre le monde extérieur et le monde intérieur.

    J’ajoute dès à présent que cette qualification d’ « objet/espace transitionnel » propose une grille de lecture compatible avec d’autres grilles de croyances. L’article l’illustre avec l’approche de « ce en quoi je crois » face à la statue de la Vierge ramenée des Marolles. Pour être plus claire, quand je m’adresse au chêne pour récupérer de l’énergie et que des glands tombent à mes pieds, je n’ai pas besoin de décider si l’arbre en tant qu’être vivant sensible m’aide de lui-même ou si c’est « seulement » mon espace transitionnel qui l’englobe. Les croyances, des plus rationnelles aux plus ésotériques, peuvent coexister avec la notion d’espace transitionnel, sans rien trancher ni figer. Parce que, finalement… ce ne sont que des représentations, comme cet article, comme tous les systèmes de pensée. La question reste – en ce qui me concerne : cette représentation est-elle favorable ici et maintenant à ce qui est bon pour moi, pour l’autre, pour le monde? « Bon » étant en soi une représentation subjective façonnée selon mes valeurs… eh oui, c’est reparti!

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    Orlan

    Pour les autres outils, voyez la page « Tous les outils« .

  • Stage de REAH pour praticien.ne.s en hypnose, décembre 2018 à Brenaz et avril 2019 à Marseille

    Stage de REAH pour praticien.ne.s en hypnose, décembre 2018 à Brenaz et avril 2019 à Marseille

    Stage de REAH: rêve éveillé augmenté par l’hypnose

    Les témoignages de décembre 2018 sont sur la page « témoignages des stagiaires REAH »

    L’hypnose créative

    L’hypnose éricksonienne est un moyen de transformation de la subjectivité efficace. En mettant en mouvement les représentations intérieures, chacun.e a le pouvoir de créer sa vie, son oeuvre, son monde.

    La boite à outil des hypnos est vaste. De nombreux chercheurs théoriciens et de terrains ouvrent sans cesse des pistes innovantes pour approfondir les connaissances  du socle hypnotique.

    Des contributions d’autres champs permettent, par ailleurs, de créer des leviers de créativité, non seulement dans la traversée de l’accompagné.e (« comment réagir autrement, changer de pattern? »), mais aussi dans la  pratique de l’accompagnant.e.

    J’emprunte la définition de l’hypnopraticien.ne.e à Lygia Clark, qui définissait l’artiste «comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux».

    De nombreux domaines entrent dans mes « compositions de flux » en séance, à l’intérieur même des techniques d’hypnose ou en complément : cours d’hypnologie de l’Arche (depuis 3 ans), (néo-)chamanisme, tantra, anthropologie, art contemporain, musique acousmatique, énergétique, état animal, médiation animale, explorations sensorielles (comme la synesthésie), psychanalyse, travail de la voix, voyage rêvé à deux, techniques thérapeutiques diverses, réalités virtuelles, littérature, méthodes pédagogiques, rêve éveillé, rêve lucide…

    Mes champs d’investigation s’intègrent à ma pratique hypnotique de façon diverse et variée. L’allusion métaphorique spécifique (“Tiens, tu savais que certains oiseaux, comme le martin-pêcheur ou le faucon, ont dans les yeux des foveas pour voir les gros plans en mono (la fovéa superficielle) et un autre pour gérer la spatialité en binoculaire (la fovéa profonde)? Rien qu’en tournant la tête, ils peuvent entrer dans le microdétail puis prendre de la distance et situer précisément leur position et celle de la cible dans un vaste paysage”) interpelle bien plus qu’une métaphore éculée. Le travail avec les objets transitionnels – en cabinet ou dans la nature – libère l’intuition (et, souvent, l’insight!). L’intervention des chevaux accélère les prises de conscience des patterns dans l’émotion, puis apaise et réconcilie. Les prescriptions de tâches par les parties intérieures intègrent le changement de façon autonome. La voix (chant-cri-râle), les odeurs, la respiration, le mouvement entreprennent le travail en profondeur, par le corps. L’analyse narratologique de Gérard Genette éclaire les multidissociations et les niveaux de récits. Le REAH nettoie, nourrit, libère incroyablement, en douceur. Les exemples sont multiples…

    J’ai la croyance que la créativité de l’hypno dans ses outils et dans le rapport donne de la souplesse, de la vie, du jeu à son accompagnement, tout en privilégiant la liberté et l’autonomie de l’accompagné.e, qui se trouve invité.e iel aussi à inventer ses propres outils d’émancipation et de création de son existence.

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    Lygia Clarck

    LE REAH: rêve éveillé augmenté par l’hypnose

    Parmi les hypnotiques, le rêve éveillé dirigé m’a particulièrement interpellée.

    Tout d’abord, il se mêle fluidement aux techniques de l’hypnose dont il est proche. En effet, sous-modalités, recadrage, régression, futurisation, ligne du temps, transformation de lien, nettoyage, recherche de ressources, modélisation, conciliation de parties, prescription de tâche, etc, peuvent être abordés spontanément ou avec une suggestion, dans la continuité du rêve. Inversement, pas mal de techniques hypnotiques peuvent se glisser naturellement dans la forme du rêve éveillé narratif.

    Ensuite, il privilégie l’univers intérieur de l’accompagné.e, sans le carcan de la stratégie préalable de l’hypno. La stratégie est alors synchro, avec des propositions de possibles « choses à faire » dans le paysage au fur et à mesure du voyage, plutôt que d’envisager un protocole après la DO et d’y emmener l’accompagné.e.

    Il est en outre exaltant pour l’accompagné.e, qui « ouvre un pan de réel caché » et se découvre peu à peu, au cours de ses voyages. L’aspect thérapeutique est entrainé par le côté ludique, exploratoire, passionnant et par le fait d’utiliser les outils du rêve pour d’autres domaines que la thérapie.

    Enfin, je suis étonnée de l’efficacité et de la profondeur de l’impact du rêve éveillé sur mes clients, même si le rêve était d’apparence tranquille. Grâce aux métaphores filées et allégories, les changements s’opèrent sans devoir entrer dans des souvenirs difficiles à traverser. Je reçois de nombreux messages pour m’expliquer à quel point telle représentation continue à agir et à quel point la rencontrer a changé la vie. Voici le dernier reçu à l’écriture de cet article: »Re-bonjour je voudrais te remercier pour cette séance. Je pense que le dieu de la mer était C. et j’ai enfin pu faire ce que j’ai toujours rêvé de faire avec lui: jouer, danser! Sans sexualité. Comme un père. Ça me libère et retourne tout. Quelle puissance! Quelle émotion! ».

    J’ai donc intégré le rêve dans mes séances lorsque le contexte s’y prêtait, jusqu’à créer peu à peu un outil que j’ai nommé REAH. C’est une partie de ma pratique que les accompagné.e.s affectionnent, même si certain.e.s sont davantage sensibles à l’hypnose PNListe, à l’hypnose post-Roustang ou aux outils de type chamanique.

    Je pratique le RED classique, selon la méthode de Robert Desoille, en atelier de recherche (aux séances d’Hypnologie de l’Arche nous sommes un groupe à expérimenter les techniques anciennes, autour de Cyrille Champagne). Vous trouverez des explications sur la page « Les techniques de rêve éveillé » et des liens sur la page « Sources sur les rêves« .

    En séance individuelle ou de groupe, je mêle RED & hypnose. Mon travail personnel en REAH utilise donc les notions d’imaginal, d’imagination active et pas mal de points soulevés par Robert Desoille et Henri Corbin, tout en libérant le RED de ses obligations, en lui ajoutant des techniques hypnotiques et en y mêlant différents outils, d’horizons divers. Voici donc le REAH (© Marie Lisel): rêve éveillé dirigé + outils hypnotiques + ressources singulières de chaque hypno au service du voyage de transformation.

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    TEMOIGNAGES DE REAH

    CONFIANCE

    Je visualise pour commencer un peuplier au tronc très large et très droit, vu de dessous.

    Je suis cet arbre, qui intègre l’eau, l’air, la lumière et la terre et qui est capable de toucher le ciel . J’ai de bonnes fondations : des racines pour aller chercher la nourriture dans le sol, qui sont superficielles et qui partent en étoile autour de moi. Et aussi des racines qui descendent plus profondément pour s’ancrer dans le sol. Ainsi je peux rester forte et droite.

    Marie me suggère que mes racines vont chercher mes ressources profondes. Je visualise une grosse racine qui part du milieu de l’arbre, sous la terre, pour s’enfoncer dans le sol. Cette racine ressemble à un python rouge avec des taches noires ocellées, et sa tête chercheuse qui descend a une petite collerette de dragon. Il est souple et puissant, et descend de plus en plus profondément en serpentant tranquillement et avec force. Marie m’encourage à le laisser descendre, même si je ne sais pas où il va…

    Soudain il débouche dans une petite grotte entièrement tapissée d’améthystes qui scintillent d’une chaude couleur violette. C’est magnifique. Sur le sol, au milieu de la grotte, un petit bouddha est assis en tailleur. Il médite. Je m’approche de lui et me penche. Je lui fait une bise sur le nez. Il me regarde en souriant et tend son index vers mon front que j’incline. Il touche du bout de son doigt mon troisième œil en disant «CONFIANCE». Je me sens traversée par un flot d’énergie et d’amour. Je vois alors ma jument blanche, morte au mois de mai,  qui a posé sa tête sur mon épaule. « je suis là, je m’occupe de tout. Confiance! » me dit-elle. « En cas de question ou de critique qui te met dans l’embarras, prononce les trois syllabes de mon nom. Je te donnerai ma force et mon calme de jument leader. »

    Je reviens ici et maintenant avec des larmes qui coulent sur mes joues. Marie est là pour m’accueillir.

    La séance m’a paru facile. Je suis vite partie « en voyage », en me laissant guider avec confiance par Marie qui relançait régulièrement par des questions. Le temps s’est effacé, et les images sont venues d’elle même sans qu’il y ait à forcer, et lorsqu’elles se faisaient un peu attendre Marie m’a rassurée.

    C’est comme une conversation entre moi et l’accompagnatrice, dans laquelle elle suggère et je réponds, mais qui a  lieu dans un autre monde, je ne sais pas où… un monde dans lequel tout est possible, et où je me sens en sécurité car accompagnée.

    La satisfaction de revenir avec des moyens d’aide comme la visualisation de ma jument  est réelle, mais ce n’est pas le seul résultat. Il y a aussi un effet de décantation au fil des jours qui suivent la séance, et au final le surcroît de solidité demandé en intention est bien au rendez-vous, avec le calme et la force promis, sans que je ne sache vraiment comment ça fonctionne… et ce n’est pas important au fond.

    ***

    UN ELAN POUR VISER UN CAP

    J’ai voyagé sous hypnose à la suite d’une panique, qui me fit carrément rebrousser chemin, lors d’une marche dans un paysage ouvert.

    Lors de cette séance, un élan rua dans une porte que j’étais censé ouvrir pour découvrir l’animal qui devait m’aider à combattre le vertige et la peur du vide.

    Agrippé à son dos tandis que l’élan fonçait, je fusionnai progressivement avec lui. Sa fougue s’atténuant, sa marche se ralentissant sous l’influence de notre étreinte, je me rendis compte que je me transformais en centaure. Et la solution pratique, ergonomique, prothétique m’apparut immédiatement : je m’achetai des bâtons de marche et je réussis à aller jusqu’au bout de la marche de trois heures qui me conduisait au Cap Fréhel.

    Intuitivement, je liai de suite cette question du cap à atteindre à celle d’aller jusqu’au bout de mes projets, de mes possibles. Un élan pour viser un cap ! Bon sang mais c’est bien sûr !

    Marie a su s’adapter à ma personnalité. Comme je rechigne dès que les questions adressées me semblent fermées, trop orientées, elle m’a proposé quelque chose d’ouvert, de métaphorique et m’offrant la possibilité de l’allégorie. Par définition, l’allégorie parle d’autre chose que de ce qu’elle figurerait littéralement. C’est cette ouverture symbolique qui rendit possible ce voyage à la rencontre d’animaux inattendus, et ce fut d’autant plus inattendu pour moi que je n’avais jamais, de ma vie, développé de projections envers les animaux.

    Depuis, ces animaux me rendent visite et m’accompagnent. L’élan est là! Et les vertiges ont disparu.

    ***

    EN MOUVEMENT

    Je suis venue voir Marie un peu hantée : depuis mon enfance je connais des états de dissociation qui m’ont clairement permis de passer au travers de gros traumatismes mais ils m’encombrent aujourd’hui. Je n’arrive pas à me départir de la sensation que face à certains regards (et surtout ceux d’hommes que je désire) je coupe soudain mes sensations, je me sens jugée, minuscule et flottante, je n’ai plus de corps (je me dissocie). Une petite voix en moi se moque de moi et me paralyse, et je me déconnecte du réel.

    Marie m’a dit qu’elle n’aborderait pas les traumatismes de front, qu’elle n’est pas partisane de faire revivre un traumatisme pour le dépasser. Mais que par l’hypnose je pourrais petit à petit trouver mes outils pour dénouer ces sensations.

    Des le début de la séance s’est imposée l’image de mon beau-père, ce compagnon de ma mère à qui j’ai l’impression de devoir me soumettre éternellement, même si il a disparu depuis pas mal de temps. Son visage, sa barbe, sa moustache. En thérapie j’avais analysé sa perversion, bien réelle, mais ça m’enfermait dans la sensation d’être une victime impuissante, hurlant parfois pour me délivrer.

    Marie m’a proposé de penser à un paysage associé à lui. J’ai commencé à marcher avec lui comme en rêve, dans les prairies qui longeaient la rivière de mon enfance, et j’adorais ces longues marches que nous avons souvent faites ensemble lui et moi. Puis j’ai nagé dans la rivière et ressenti la liberté de nager nue et de marcher dans le courant avec une joie et une énergie immenses. Puis Marie m’a proposé d’associer un autre paysage plus récent à ces sensations. J’ai pensé à la plage qui longe la ville où je voyage souvent depuis quelques temps. Guidée par Marie, j’ai plongé nue dans la mer jusqu’à en toucher le fond, plein de plantes, de coraux et de poissons.

    Marie m’a demandé si il y avait une présence. J’ai répondu qu’il y avait le Dieu de la mer (son visage ressemblait furieusement à mon beau-père mais je ne m’en suis rendue compte qu’après). Marie m’a demandé si il me donnait ou me disait quelque chose et je me suis bloquée, comme prise de nouveau d’un sentiment d’absence, teintée de colère, elle a insisté, me proposant de zoomer sur le sol, de ressentir la matière du sol avant de revenir vers lui, et j’ai vu à nouveau toutes ces plantes marines bouger lentement dans l’eau, puis j’ai dit que non, il ne me donnait rien, c’est moi qui lui faisait une couronne d’algues pour cacher son manque de cheveux. Ensuite j’ai dansé avec lui, pensant d’abord que nous faisions l’amour, puis plutôt j’ai décidé que c’était une danse de joie, je dansais seule et ce Dieu de la mer me regardait de façon bienveillante, sans plus aucune intention sexuelle. Je me sentais présente, vivante. Il me souriait, me regardait, et je me sentais bien.

    Le soir m’est venu à l’esprit des idées que je n’avais jamais osé penser jusque là : j’ai beaucoup aimé mon beau-père, malgré ses moments de cruauté. J’ai passé cinq années quasi au quotidien seule avec lui, finalement beaucoup plus de temps que je n’en ai passé avec mes parents, et plus qu’il n’en a passé avec ma mère qui travaillait le soir. Jusque là je ne pouvais pas penser à lui sans être prise de vertige. Il m’a appris plein de choses, la guitare, la pêche, le poker, la cuisine, il avait un côté charismatique, drôle, fier et débrouillard qui me plaisait vraiment. Soudain je me suis dis que si je me suis soumise à lui c’était aussi pour continuer à l’aimer et entretenir un lien avec lui, et que me bloquer a été ma façon de supporter sa violence mais aussi de poser mes limites d’enfant et d’adolescente à une sorte de sexualité qu’il me proposait comme faisant partie du package de notre lien. Soudain j’ai perçu mon beau-père comme multiple, et moi aussi. Faible et fort à la fois, moi soumise et volontaire à la fois. Dans mon rêve je l’ai remis à sa place, cet homme trop enfant, il est devenu bienveillant.

    En regardant toutes les nuances de l’amour et du rejet, et toutes les ambivalences, la vie s’est remise à circuler. Plus comme un gros bloc impensable qui crée du vide, mais de l’intérieur, en mouvement.

    ***

    D’autres témoignages de REAH sont disponibles sur la page « Témoignages »

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    LA FORMATRICE

    Maitre praticienne en hypnose éricksonienne de l’Arche, Marie Lisel pratique une hypnose créative, autant pour pour des thérapies individuelles que pour des accompagnements d’artistes.

    Elle pratique également l’hypnose et le rêve en groupes, soit en ateliers thérapeutiques, soit en ateliers d’exploration, soit en performances artistiques participatives (avec une musicienne), soit en stages (hypnose et cheval miroir, notamment), soit en workshop en école supérieure d’art ou au sein d’une compagnie d’arts de la scène.

    Enfin, elle expérimente l’hypnose dans la création radiophonique depuis quelques années.

    Elle a en outre étudié la pédagogie et elle a enseigné de nombreuses années en Belgique  (cours littéraires et projets multidisciplinaires culturels et artistiques, en lycée, pour des élèves de 16-18 ans).

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    Rêve fantasmatique au Frac Lorraine, avec Valérie Vivancos et Marie Lisel, le 26/01/2018 : « La voix disait à peu près: écarte les plis »

    LE PROGRAMME

    Ce programme est susceptible d’être adapté. Le lundi matin est en supplément pour ciels qui peuvent rester.

    Première journée (samedi 8)

    10h-13h30 et 15h00-19h30

    Le RED selon Robert Desoille: bref historique et bibliographie, technique, démo, expérimentation progressive.

    Présentation brève de rêves éveillés dirigés post-Desoille.

    1. Le rêve éveillé dirigé directif (objectif: expérientiel). Extraits de la pièce radiophonique bOa

    2. Le rêve éveillé fantasmatique (objectif: expérientiel). Extraits de la pièce radiophonique Fantasmes

    3. Le rêve éveillé néo-chamanique

    4. Le rêve éveillé libre de Georges Romey (objectif: thérapeutique)

    5. Le rêve éveillé psychanalytique

    6. Autre rêve éveillé pratiqué par une.e Participant.e avec des client.e.s? Bienvenue pour quelques minutes d’explications.

    7. Le REAH (objectif: thérapeutique)

    Seconde journée (dimanche 9)

    10h-13h et 15h-18h

    Le REAH

    20h-22h

    Rêve éveillé dirigé collectif ou suite du REAH

    Lundi 10 matin (demi-journée en bonus pour ciels qui peuvent rester à BRENAZ)

    3h de travail au choix. Nous voterons en transe, par lévitation de mains 😉

    Exemples d’activités: balade en transe (si le temps le permet), approfondissement d’un point vu (trop) rapidement lors du weekend: connexion, ressenti kinesthésique de l’accompagnant, objet transitionnel, travail de la voix, sons divers et variés dans l’espace, lead&humour, jeu, enjeux…

    + débrief en transe et débrief rationnel

    Lundi 13h: fin du stage

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    Alice Liddell by Lewis Carroll.

    A FAIRE AVANT LE STAGE

    A lire et explorer:

    A écouter: créations radiophoniques 

    Attention: bOa s’écoute les paupières closes, avec un bon casque fermé ou avec des hauts-parleurs écartés l’un de l’autre et qui transmettent bien les basses, sinon vous manquez la moitié du travail sonore. Testez-le avec différentes intentions (une par écoute): une question personnelle à résoudre / l’endormissement / le voyage érotique / les sensations (de légèreté, de grésillement, etc) / l’amplification du visuel / l’analytique rationnel (en essayant de rester concentrée.e sur la technique, hé hé!)…

    • bOa, création radiophonique, rêve éveillé dirigé directif, disponible en entier sur bandcamp à prix libre conscient
    • Agogies, création radiophonique, séance d’hypnose avec régression, disponible en entier sur bandcamp
    • Fantasmes, création radiodiophique à partir de récit de rêve éveillé fantasmatique libre (seul un extrait est disponible)
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    Images: © Dominique Goblet

    Recherche personnelle:

    Notez vos rêves éveillés (autohypnose) et vos rêves nocturnes dont vous avez un souvenir dans un « carnet de rêve ». Repérez ce qui facilite vos rêves, le souvenir de vos rêves, la lucidité de vos rêves, les éléments récurrents… sans analyser!

    Listez vos ressources personnelles créatives à mêler au RED et à l’hypnose pour créer votre REAH.

    Revenez voir ici de temps en temps, je complèterai les infos 🙂

    STAGES PREVUS

    MARSEIILE

    Marseille (centre), 13-14 avril 2019, pas de logement prévu, écrire à Camille Schweickhardt camille.naturo@gmail.com

    BRENAZ

    Magnifique site de la Hutte Brenaz, en montagne  https://www.lahuttebrenaz.com les 8-9 décembre 2018 + matinée du 10 pour ciels qui peuvent.

    Contacts pour les renseignements et inscriptions:

    Nadège Thiolière <nadegethioliere@gmail.com>

    Julie Bayod julie.bayod@gmail.com

    POUR Y ARRIVER:

    65 km de Genève

    • En train: jusqu’à Bellegarde (25 minutes), puis navette en voiture 25km (taxi 8 places 65€)
    • En voiture: autoroute jusqu’à Chatillon de Michaille, puis suivre Billiat, Injoux, Col du Richmond, Sothonod et Brénaz (1h15)

    80 km de Lyon 

    • En train jusqu’à Virieu-leGrand (1h), puis navette en voiture 10 km (taxi 8 places 25€)
    • En voiture: autoroute jusqu’à St Martin du Fresne, puis suivre Grand Hebergement, Hotonne et puis Brenaz (1h30)

    50 km de Chambéry

    • En train jusqu’à Culoz et puis 18 km navette en voiture (taxi 8 places 45€)
    • En voiture passez par le tunnel du chat et puis Belley (1h)

     

    D’AUTRES DATES? D’AUTRES STAGES?

    Je n’organise pas de stages moi-même pour des collègues hypnos pour le moment. Je réponds simplement aux invitations qui me sont faites. Vous désirez organiser un weekend dans votre région? Faites-moi signe… minimum 6 hypnos, un weekend qui nous arrange tou.te.s, une salle et le tour est joué. Vous vous occupez des inscriptions, de la location, des repas végétariens… et moi du contenu des explorations 🙂

    Il y en a un prévu à Marseille en avril.

    En revanche, je coorganise des weekends tout public en Lozère et en Cévennes, de mai à septembre, avec les chevaux et dans le domaine hypno-pédagogique (à destination des enseignants), ainsi qu’en Bretagne (yoga et hypnose).

    Voyez les stages 2018-2019.

    Il suffit d’oser!

    © Marie Lisel

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  • Séances par skype

    Séances par skype

    Séances skype

    Je pratique des séances d’hypnose et de REAH (rêve éveillé augmenté par l’hypnose) par skype.

    Les conditions: un bon wifi, de la tranquillité, une progression dans le travail de façon à ce que vous gériez votre transe de façon confortable.

    Je vous demanderai donc de prévoir une pièce calme où il n’y a pas d’irruption humaine ou animale, une connexion haut débit, avec câble plutôt que wifi, un écran stable (pas un téléphone en main) et, éventuellement, un casque avec micro.

    Mes clients skype sont en France, Belgique, Luxembourg, Suisse, Maroc, Japon, Chine et Amérique du Sud… Tant qu’il y a du réseau, ça roule  🙂

    Les séances durent environ 1h15 et sont facturées 75 euros ou environ 1h30-1h45 et sont facturées 90 euros. Vous me payez par virement. Pour une séance rapide (uniquement pour des habitué.e.s, qui ont une pratique régulière de voyage avec moi), il est aussi possible de travailler en 45 ou 60 minutes (tarif: 45 ou 60 euros).

    L’horaire est à déterminer selon le décalage horaire et les plages où nous avons accès à internet et au calme.

    Bienvenue!

    Marie Lisel

    Témoignages

    J’ai rencontré Marie deux fois avant qu’elle ne me propose de réaliser une séance par skype.

    Le côté pratique est évident : pas de trajets et un horaire flexible.  Par contre, j’avais une appréhension quant à la mise en situation : me sentirai-je à l’aise?  Le voyage vers mon monde intérieur sera-t-il possible?  L’éloignement physique ne sera-t-il pas un facteur limitant?

    A l’heure convenue, nous avons entamé notre conversation skype.  Tout d’abord, nous avons fait le point sur mes progrès depuis notre dernière entrevue.  J’ai mis l’accent sur les sentiments de solidité, d’ancrage, d’être « moi-même » que j’avais ressentis à la sortie de la séance.  Sentiments que je voulais retrouver et intégrer profondément en moi.  Un nouvel objectif  était trouvé!

    Une fois cet objectif clairement énoncé, Marie m’a proposé de fermer les yeux et de faire un scan de chaque partie de mon corps.  Un inconfort étant présent dans la région de la gorge.  J’ai écouté les besoins de cette zone et j’y ai apporté lumière et respiration jusqu’à ce la tension disparaisse.  Toujours sous l’impulsion de Marie, je suis partie en voyage.  Mon premier guide m’a accueilli.  D’autres se sont relayés tour à tour jusqu’à ce que Marie me demande me concentrer sur mon 3e oeil.  Cette région du front étant crispée, j’y ai fait entrer de la lumière, de la paix, de la détente tout en laissant pénétrer de la solidité dans chaque cellule de mon corps. Tout ce qui avait besoin d’être transformé ou éliminé l’a été grâce à ma respiration et mon dernier guide.  Pour clôturer le voyage, j’ai fait un pacte avec moi-même : me poser ou me reposer 10 minutes par jour.  

    La séance s’était très bien passée, elle a été intense et surprenante (comme à chaque fois).  Je me sentais bien et mes craintes n’avaient plus lieu d’être.

    Grâce à ce voyage, j’ai abordé mon nouveau travail de manière sereine.  La solidité est au rendez-vous! 🙂  Il est évident que je renforce tous les jours ce sentiment et que je respecte tous les termes de mon accord…

    Un tout grand merci à Marie

    ***

    J ai fait plusieurs séances avec Marie en face à face mais un jour je n’avais pas d’autre choix que d’en faire une par skype, il est vrai que j appréhendais cette séance, je me disais que ça n allait pas être pareil, puis je me suis quand même lancée…

    Je n’ai très honnêtement pas fait la différence, Marie est 1000 fois présente, rien ne change, d ailleurs cette séance m’a débloqué une étape importante de mon cheminement.
    A ce jour je sais que je ne m arrêterai plus à ça, peut importe par quel biais se font les séances, Marie est très professionnelle, je lui fais entièrement confiance.

    Merci Marie

    ***

    Habitant loin des endroits où Marie reçoit habituellement, la seule façon d’effectuer des sessions était par Skype. Je n’ai donc pas hésité à prendre un premier rendez-vous. 

    Il est vrai que la première fois, j’ai tout de même eu des doutes sur ma capacité à entrer en transe de cette manière-là.

    Mais, grâce au savoir-faire de Marie, tout s’est très bien passé. Je n’ai jamais ressenti que la distance était un frein quelconque à la qualité de la thérapie et suis vraiment enchanté de cette manière de faire. Il est vrai que j’aurais pu trouver un hypnothérapeute dans ma région, mais pouvoir pratiquer avec une personne qualifiée et de confiance était le plus important.

    J’apprécie également la flexibilité que donne ce type de session et l’absence de perte de temps dans les transports. 

    Je ne peux que recommander Marie et ce type de sessions à distance. 

    ***

  • Prescription de tâches

    Prescription de tâches

    Pourquoi?

    Les prescriptions de tâche post-hypnotiques sont célèbres, notamment grâce à Milton Erickson. L’hypnose n’est pas la seule à l’utiliser, parmi les différents « hypnotiques » (techniques permettant de transformer la subjectivité). Les exemples en tarot de Jodorowsky sont d’ailleurs célèbres.

    Il existe de nombreuses pages et des ouvrages expliquant comment et pourquoi utiliser des prescriptions de tâche selon des axes divers et variés. Je vous renvoie pour cela à l’article de ma collègue Céline Spreux. C’est un domaine vaste que de nombreux courants explorent chacun à leur manière. Par exemple, certain.e.s spécialistes utilisent de façon probante des prescriptions de tâches visant à aggraver le symptôme.

    Pour ma part, je donne parfois des tâches d’observation, de recadrage (envisager une situation autrement, avec un sens nouveau et une émotion différente) et de transformation des comportements habituels, typiques des thérapies brèves, mais cela se fait la plupart du temps avant les séances, comme vous pouvez le lire dans mon article sur les compulsions. Cependant, je laisse le contrat de la tâche se conclure entre la personne et ses parties intérieures. Je ne signe aucun accord. Au-to-no-mi-e!

    Dans les prescriptions de tâche qui prolongent les séances, j’accorde  la priorité à la continuation du travail en cours (refaire seul.e une partie de la séance, en autohypnose), à l’intégration des ressources et des autorecadrages rêvés, à la connexion au corps, au passage de l’imaginal au réel partagé, à l’action, au soin-accueil-amour de soi, concrètement… tout simplement parce que ce sont les priorités que demandent les différentes facettes intérieures des personnes qui viennent me voir et que je ne suis qu’une accompagnante, qui cherche à parler le langage de chaque personne que j’accompagne dans son rêve à la découverte de ses essentiels.

    Comment?

    Lors de mes formations de base et formations continuées en hypnose, j’ai reçu des prescriptions de tâche en tant que sujet de séance. Je ne les ai pas réalisées. Cela m’a posé question car, dans chaque cas, mon objectif me tenait à cœur et la PDT était présentée comme un moyen d’y parvenir.

    Alors pourquoi ? Parce qu’elle était inventée de toutes pièces par mon accompagnant.e et présentée comme un devoir obligatoire, avec plus ou moins de délicatesse, de défi, voire d’autorité et que je n’en « ressentais » pas le sens.

    J’ai la conviction que la personne «en référence interne» (c’est à dire qui a besoin de décider de ses choix par elle-même, voire qui refuse ce qui ne vient pas d’elle), qui repart avec une tâche donnée non pas par un tiers mais bien par une ou des parties d’elle-même, aura bien plus d’enthousiasme et de ténacité à réaliser cette tâche que si elle reçoit une prescription extérieure sortie du chapeau de l’accompagnant.e, même adoucie par un « yes set« .

    Quant aux personnes qui accepteraient n’importe quelle tâche de référent.e.s qui font autorité (professeur.e, thérapeute, spécialiste…), et que nous appelons en jargon «en références externes», c’est un bel apprentissage que de leur faire  ajuster et valider à l’intérieur (par les dividus ou les organes du corps…) ce qui vient de l’extérieur, même si une prescription classique pourrait passer facilement. Sans compter qu’une prescription extérieure pourrait renforcer – encore – le côté influençable de la personne, ce qui nuirait à son autonomie.

    De toute façon, quelle que soit la méthode employée par un hypno, il est important qu’elle soit alignée avec ses croyances profondes. Car la croyance et l’alignement sont des fondements de notre boulot. Il s’agit de cohérence, d’axe vertical (terre-ciel), d’ancrage… et chaque accompagnant.e a un univers qui lui est propre, tout en se synchronisant avec celui des personnes qu’iel accompagne. A chacun.e ses processus, dans la vie comme en thérapie. Autant d’hypnos, autant d’hypnoses!

    Pour ma part, mes convictions penchent plutôt du côté de l’apprentissage de l’autonomie, de la liberté par rapport aux contraintes extérieures et intérieures (choisir ses contraintes et ses croyances et ajuster sans cesse), de la construction de la confiance en soi, de l’auto-ressourcement, de la créativité (trouver en soi ses propres solutions, créer sa vie) et de la connexion (quelque chose comme: « être soi en accord avec ses propres essentiels,  être « en vie » et « en mouvement », faire partie de la vie, du grand tout, en lien, dans le respect et à sa juste place mouvante »… argh! c’est complexe à définir… je vais penser à un nouvel article!).

    Dans mes propres séances, je joue dès lors avec l’univers de mes accompagné.e.s pour réclamer aux dividus des tâches qui leur font du bien ou pour en inventer sur mesure, dans une matière tirée du rêve, qui semble couler de source. Et je prends le temps d’affiner et d’ajuster chaque tâche en négociations de parties, sans tenir mordicus à ma proposition mais plutôt en cherchant « tou.te.s ensemble » ce qui serait le plus profitable à l’accompagné.e. et aux parties plus ou moins « conscientes ». Et puis le contrat se signe avec soi-même. Pas avec moi. Je ne suis que la médiatrice.

    Attestation INSEE 2
    Dessin témoignage de l’atelier « sorcière queer »

    Par qui?

    Que ce soit en hypnose ou en REAH, l’accompagné.e est en contact avec différentes parties: dividus qui représentent des parties d’iel-même ou des membres de son entourage introjectés, comme le censeur qui répète « tu n’y arriveras pas, tu es ridicule, ça ne sert à rien d’essayer » ou l’oncle rebelle à la famille traditionnelle qui éveille d’autres possibles, ou des parties de paysage (volcan, arbre, cascade..), ou des parties du corps…

    En hypnose, nous pouvons demander aux pieds de quoi ils ont besoin dans les jours et les semaines prochaines pour continuer à s’ancrer, par exemple. Ou le cœur peut demander un hug par jour ou… de se mettre au karaté. Ou ce qui serre et déserre la gorge peut réclamer de chantonner sous la douche, de secouer tout le corps ou d’arrêter le sucre. Parfois, les tâches sont clairement rationnelles. Parfois, leur logique est bien présente mais nous ne la percevons pas. Et c’est très bien comme ça!

    En REAH, le dragon, l’enfant, le monstre apprivoisé, le cousin décédé, le lac, la sorcière, l’arbre, la partie créative… peuvent tou.te.s donner des tâches ciblées, surprenantes de subtilité et parfois d’humour. J’en suis souvent émue.

    Et lorsque les parties restent silencieuses, je lance des pistes et attends de voir (ce) qui réagit et comment, pour ajuster, ciseler la tâche qui réunira l’ensemble du « je » dans l’amour et la solidarité. Car dans ma représentation, l’accompagné.e est une équipe qu’iel vient pour coordonner. Souvent, on se marre pas mal autour de mes propositions (saluées ou rejetées ou transformées). L’accompagné.e, moi et « les parties profondes » travaillons ensemble, dans la bonne humeur, jusqu’à ce que la tâche précise fasse l’objet d’un contrat interne.

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    Des exemples

    Quelques exemples en vrac de tâches données par une ou des parties de l’imaginal: danser même seul.e chez soi / regarder un.e inconnu.e dans les yeux chaque jour / marcher à pieds nus sur le gazon / mettre une robe de princesse pour une soirée / nager en apnée / chanter / planter des graines de fleurs dans la ville / choisir un beau caillou, le garder le temps de le charger de tout ce qui est à laisser derrière, puis lui choisir un bel endroit, faire un rituel et le laisser / suivre un insecte dans la nature aussi loin que possible / écrire un poème ou une chanson pour un dividu et la lui chanter tous les matins / introduire une couleur particulière dans l’habitation / introduire « je n’en ai rien à faire, je trace » dans une conversation au travail / introduire des mots incongrus dans des conversations / acheter des bâtons de marches pour ancrer 4 pieds / dire le nom d’un ami décédé quand la panique arrive et caresser la main gauche de la main droite / se faire un bisou à soi-même (pour éviter de céder à la compulsion) / faire pipi dans une rivière / trier le garage, jeter-donner-ranger / aller rechercher une boite de souvenir chez une parente / déposer 3 oeufs dans la forêt / acheter une pierre de dragon (ou de lune ou oeil du tigre ou…) / chanter pour les pieds et pour le cœur, en laissant les paroles couler-rimer n’importe comment, et sourire / prendre la douche quotidienne avec un rituel de nettoyage intérieur / écouter une ritournelle tous les jours (sonnerie du réveil : « il en faut peu pour être heureux ») / dessiner l’imaginal rencontré / masser avec gestes doux et mots tendres une zone du corps / se rouler dans l’herbe et faire des galipettes / appeler un parent fui depuis des années / se faire des compliments en se regardant dans la glace / demander gentiment au censeur de transformer la suggestion négative en encouragement et lui laisser le temps d’y arriver / adopter un chat / lâcher une plume du haut d’un pont et l’observer / rouler les cloppes de l’autre main / ranger la cloppe roulée dans un étui et le refermer, ne la fumer que plus tard, si vraiment c’est criant / écrire et dessiner sans réfléchir sur une grande feuille en papier reyclé, puis une boulette, à enterrer ou noyer ou brûler / demander la permission de faire un bug à chaque personne amie ou connaissance bienveillante / porter un objet en poche ou au poignet, pour se souvenir d’une ressource (comme autrefois on faisait un noeud dans son mouchoir) / exercer son intuition en laissant le corps donner la direction à prendre (bascule avant-arrière, oui/non de la main)…

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    Stage au centre Imala, séquence « écouter son intuition pour diriger l’attention et l’action »

    Un témoignage sur les PT

    Lors de mes voyages hypnotiques guidés par Marie, différentes tâches m’ont été «prescrites» pour ancrer l’objectif de la séance.  Ces injonctions variées me permettent de continuer le travail commencé et d’en ressentir les bienfaits au quotidien.  Souvent, elles sont émises par un guide.  Parfois par Marie.

    Lors de la première hypnose, mon guide cacatoès m’a ordonné de peindre. Tâche facile à réaliser car je peins depuis 2 ans. Je me suis donc réinscrite à un atelier pour être sûre de me dégager du temps et évoluer dans ce domaine.  Marie m’a aussi suggéré de représenter les guides rencontrés.  A ce jour, le tableau est commencé mais loin d’être achevé!

    A la deuxième séance, j’ai rencontré une fillette que j’ai accompagné dans l’eau. Métamorphosée en sirène, elle a demandé à ce que je lui rende régulièrement visite pour jouer avec elle ou la regarder jouer. J’accède donc à sa demande lors des petits voyages hypnotiques que je réalise chez moi.

    Une autre requête a été faite par quelques guides : continuer à pratiquer l’autohypnose. J’applique cela au quotidien. Minimum une fois par jour juste avant de m’endormir.  J’y rejoins deux ou trois guides, souvent les mêmes, qui m’accompagnent durant la phase d’endormissement.  Depuis la mise en place de ce petit rituel, mes insomnies sont moins présentes.

    Dans le but de continuer à me ressentir en tant que « moi », une des tâches post-hypnoses a été de continuer à inspirer la lumière et la solidité à travers le 3e oeil et de l’expirer dans tout le corps.  L’autre tâche a été de prendre le temps de me (re)poser 10 minutes par jour.  « Travail » plus compliqué, en ce qui me concerne, à appliquer au quotidien.

    Les dernières tâches assignées l’ont été dans l’objectif de poser des limites.  Dès la première scène du voyage, le message transmis par mon guide chauve-souris est clair : danser, chanter et faire le clown deviendra un rituel de fête à appliquer tous les jours. Ce moment fera la transition entre le boulot et la maison.  

    Le rituel d’abandon a été également ajouté par Marie : souffler tristesse/frustration/colère/autre sur une pierre/un morceau de bois et la/le jeter au loin.  Depuis que je les applique, je me sens beaucoup plus calme et apaisée.

    Toutes ces petites tâches ponctuent mes journées/semaines.  Je ne les applique pas toutes à chaque fois mais par-ci par-là.  Forcément les nouvelles en priorité pour bien les intégrer…

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    Un exemple expliqué de prescription donnée par l’accompagnante: LE RITUEL DU POIVRE

    L’arrêt du tabac est l’une des demandes les plus répandues en séance d’hypnose. Comme vous pouvez le lire dans mon article sur les compulsions-addictions, c’est un sujet sur lequel je planche beaucoup.

    Lors de sa première séance, un accompagné très motivé à travailler à tous les niveaux pour arrêter de fumer m’a confié que, d’un point de vue physique, la compulsion lui semblait venir de la bouche elle-même, comme si elle exigeait d’être remplie par la fumée et insistait jusqu’à obtenir son dû.

    Nous avons d’abord veillé, en première séance à ce qui pouvait être mis en mouvement «dans le fond», dans la transformation des processus habituels (voir l’article. Ici: futurisation, séparation de l’intention positive et de la solution-cigarette, sous-modalités des deux parties, transformation d’un lien, intégration avec sensations dans le ventre).

    Restait à gérer cet appel que la bouche n’a pas daigné négocier en transe, lors de cette première séance. L’idée m’est donc venue de proposer à la bouche un rituel à la hauteur de ce goût tant désiré (désiré et en même temps rebutant, car le goût de la clope et la lourdeur de la langue ont souvent un côté attraction-répulsion, en tout cas pour lui c’était le cas).

    Prescription de tâche (négociée avec les parties): à chaque exigence de la bouche pour une clope, un grain de poivre sur la langue, sans croquer, en mettant tout le focus sur les sensations. Le rouler, jouer avec, jusqu’à avoir l’impulsion forte de le cracher au loin, l’expulsion étant accompagnée d’une intention claire d’expulsion de la compulsion.

    Notez que le poivre de Sichuan fait vibrer les lèvres et les muqueuses. Son emploi est encore différent du poivre noir, rose ou blanc. C’est au choix ?

    Essai concluant: « le je » s’amuse de l’observation de la stimulation, la compulsion est oubliée grâce au focus sur les sensations étranges, l’expulsion soulage. Et la bouche est ok avec le procédé transitionnel, qui l’intrigue et la distrait.

    C’est une prescription qui a l’air de convenir aux accompagné.e.s intéressé.e.s par les expériences (cette prescription est loin de convenir à tout le monde!).

    Dans l’arrêt du tabac, les étapes sont plus ou moins nombreuses et plus ou moins longues Certaines personnes arrêtent en une séance car elles ont bossé en amont par ailleurs mais, souvent, il y a du lourd à nettoyer au fil de quelques séances pour s’émanciper de l’habitude, de la fidélité…

    Et comme les transformations, selon mes croyances, passent par le corps (changement de focus sur les sensations, changement de posture, d’appuis, de respiration…), autant le stimuler par une hypnose créative!

    La complicité entre « le je » et « ce qui n’est pas ressenti comme je » (un dividu/ego-state, une partie du corps qui appelle la compulsion…) peut ainsi passer par l’accueil, l’écoute, la tendresse, mais aussi par le jeu et la taquinerie douce pour poser des limites et pour ouvrir d’autres stimulations et explorations.

    Il suffit d’oser!
    Marie Lisel