Catégorie : Genderqueer

  • Zèbrures à pois & hypnose

    Zèbrures à pois & hypnose

    L’hypnose est pour moi une croisée. Pour les fonctionnements typiques, elle permet (entre autres) d’approcher certaines compétences que des atypiques présentent naturellement. Pour les atypiques, elle permet (entre autres) de comprendre en profondeur à piloter ces compétences, les apprivoiser, les adoucir, s’en servir de façon plus confortable, plus adaptée. Pour toustes, elle permet de s’éclater à créer sa vie, son oeuvre et son monde. Et aussi de trouver des points de convergence qui ouvrent des fenêtres sur nos compréhensions mutuelles. Youhou!

    Quand j’étais petite…

    (ma marmite d’Obélix)

    Pour pas mal de NA (neuroatypiques) de ma génération (né.e dans les 70′), l’enfance-adolescence a été un moment compliqué.

    Pour ma part, en pleine campagne de l’Ardenne belge, j’ai apprécié les longues plages de lecture (j’étais boulimiques de mots, avec le bibliobus itinérant, j’ai vraiment pris mon pied), les balades dans les forêts, les expéditions à l’aveugle dans les prés enneigés baignés de brumes, l’omniprésence de la nature, la liberté de plonger dans des rêveries solitaires en compagnie des veaux ou des abeilles, l’apprentissage du chant accompagné à la guitare (autre rêverie, cette fois à partager!), le tourne-disque du salon et la place pour danser, la contemplation et l’exploration libre (plein de temps à soi – seule ou en bande mais surtout sans adulte – pour simplement être là, pour tester des trucs, pour oser, pour se raconter des théories fantastiques… les enfants d’aujourd’hui en manquent tellement, sans cesse sollicités, surveillés, commentés, limités, rationalisés…).

    Ce fut notamment propice au développement de ma communication animale, de mon intuition et aussi de mon adaptation sociale: chercher comment être intégrée et appréciée par les gens de mon âge, tout en restant moi-même, c’est-à-dire en étant jugée « carrément bizarre » mais aussi « super attachante » et digne de construire des cabanes secrètes ou de faire des soirées à l’étang  avec iels… un joli labo d’explorations sous la forme de sociétés d’enfants puis d’ados, autonomes dans certains espaces-temps.

    En revanche, même si les bandes d’enfants puis d’ados m’ont incluse de bon gré, avec leur coaching maladroit permanent (« mais enfin Marie, c’est pas compliqué, si tu voulais… il suffirait… »), je me suis souvent sentie « toute seule » dans ma façon d’être au monde. Difficile de trouver des interlocuteurisses pour des discussions complexes et profondes. Aujourd’hui, ça a bien changé…

    Du côté des adultes, tout en appréciant mon calme, on me reprochait mon côté « inquiétante étrangeté », et puis d’être « dans la lune », d’être atteinte de « sensiblerie », de « faire semblant de ne pas comprendre », de ne pas adhérer aux codes (des convenances, du féminin, des blagues, de l’autorité…), de ne pas sentir les limites, de ne pas faire d’efforts (cette injonction de devoir sourire et papoter de tout et de rien et aussi de carrément mentir pour faire plaisir, sans parler des bises obligatoires… argh!). Je passais pas mal de temps à essayer de capter comment  réfléchissaient-réagissaient les adultes pour anticiper leurs comportements de façon à délimiter mes plages de liberté totale relativement sécures (certaines sanctions ou réactions ne me faisaient ni chaud ni froid en comparaison avec les bénéfices que je prenais avec le « je m’en fous »)  et pour me barrer à temps quand les contextes me mettaient en insécurité (contact physique trash « pour rigoler », apprentissage de la dureté pour me guérir de ma « sensiblerie », recadrage brutal à propos de règles que je n’avais pas captée car implicites et évidentes pour les autres…).

    Je n’étais pas la seule neuroatypique mais personne ne savait même que cela existait. Quand je repasse au crible les réactions et réflexions des adultes, je me dis que mon père a dû se sentir vraiment perdu, amoureux de littérature et de philosophie dans ce monde rural rude. Tous les soirs de mon enfance, il venait me lire des poèmes. Il ne jubilait qu’en m’amenant un nouveau livre ou en me montrant du doigt un détail caché dans une BD ou dans le paysage, au cours d’une balade (il commençait souvent par « c’est quand même marrant… » sans finir sa phrase et pointait le doigt vers l’oreille en signe qu’il fallait écouter ou vers un point à chercher du regard. Moments magiques!). A ses temps libres, il dévorait les romans et écoutait France Culture. Pourtant, selon lui, « il n’y connaissait rien » et refusait de soutenir la moindre discussion intello. Chacun.e à sa place. Et pour lui, sa place était dans sa bulle (ou dans sa caverne d’ours, en vieillissant), avec un strict minimum d’adaptation sociale et professionnelle, mais réalisée avec beaucoup d’exigence et d’application. La philo, c’était en catimini, uniquement en tête à tête, quasiment en silence, pendant la vaisselle… Il y a quelques années seulement, il m’a téléphoné et m’a annoncé comme une révolution que j’étais hypersensible, suite à l’écoute d’une émission de radio. Il était tellement abasourdi de me reconnaitre dans le propos de l’émission! Ce fut un doux moment. Oui papa… toi aussi. Et puis…

    A la campagne dans les années 80, personne ne parlait de trouble ou de divergence ou de diversité et internet n’existait pas. Il était juste proposé « d’arrêter de faire son intéressant.e, de revenir les pieds sur terre et de faire comme tout le monde ». Contrairement à moi, qui suis devenue hypno et artiste (deux activités rêvées pour un.e NA!), le NA de la génération des années 50 à la campagne avait vraiment peu de chance de comprendre, d’assumer et de faire fructifier ses différences. La fuite ou bien l’adaptation et la bulle étaient les seules solutions.

    Puis, j’ai migré vers la ville pour faire des études. Ce n’est qu’à 18 ans que j’ai rencontré une personne avec qui parler de cet univers qui était le mien. Une révélation: je n’étais donc pas la seule extraterrestre sur cette planète! Son univers était autre mais aussi étrange. Il assistait lui aussi à la vie sociale avec beaucoup de décalage, d’insécurité, le tout baigné de synesthésies incroyables. Je n’étais plus seule. Mais nous ne savions absolument pas que nous étions plus de deux ni comment mettre des mots, comprendre…

    Milieu de la vingtaine, j’ai commencé une psychanalyse, ma première véritable thérapie: 45 minutes 3X/semaine, pendant 7 ans, chez ma psychanalyste freudienne orthodoxe, qui était aussi neuropsychiatre en hôpital à d’autres heures. Après quelques mois de cure, je n’en pouvais plus des remontées de rêves épuisants et d’un début de somnambulisme. Ma psychanalyste me disait de « laisser faire le travail » mais les effets étaient vraiment trop violents. Je suis donc allée voir un hypnothérapeute… en cachette (ouille, le transfert!).

    Nous avons travaillé seulement en trois séances, avec des outils très simples (safe place, ancrage, sous-modalités…). Et là, seconde révélation: il était non seulement possible d’explorer mes process, mais aussi de diriger volontairement ces états qui me « tombaient dessus » sans que je puisse rien y faire. Yeah! Cet hypno pédopsychiatre m’avait fait une fleur en me prenant en consultation juste le temps de résoudre ce souci précis de sommeil, mais n’avait pas de place pour une adulte. J’ai donc interrompu mes expériences hypnotiques, en gardant bien à l’esprit qu’il faudrait y revenir après la cure.

    Et je suis en effet retournée vers l’hypnose à la fin de mon analyse, mais sans succès car l’hypno disponible à ce moment là était dirigiste et fan de scripts. L’hypnose ne s’est développée que ces dernières années, il y avait peu de praticien.ne.s à cette époque. Et celle-là ne me convenait vraiment pas.

    Puis, bien après, quand j’ai eu l’envie de réaliser une création radio hypnotique, j’ai suivi des cours dans une école d’hypnose à Bruxelles (INH), en tant qu’artiste (pas en tant qu’accompagnante de séances) au milieu du corps médical, pour m’immerger à fond. Et là,  outre mes débuts d’hypnose artistique, j’ai vraiment exploré comment  l’autohypnose pouvait m’offrir des outils pour valoriser tout mon matériel intérieur, si encombrant à l’état sauvage. J’évoque notamment ce que j’ai longtemps appelé « l’aquarium », mais aussi le voyage (rêve éveillé profond), l’hyperacousie, la synesthésie, l’hypersensibilité, le fait de ne pas arriver à rentrer dans des conduites de lissage social,  la recherche de compréhension profonde permanente des leviers des comportements normés qui me semblaient si absurdes, le moulinage en arborescence…

    En école d’hypnose parisienne (ARCHE), nouveau but (accompagner en séance), nouvelle méthode (beaucoup de pratique) et nouveau choc: oui, certain.e.s hypnos sont NA, mais non, pas toustes, loin de là! Car il est possible, quand on n’est pas « tombé.e dedans » à la naissance, de s’initier aux voyages qui me semblent tellement ressembler à ce que nous (moi et les NA de mon entourage) partageons de nos expériences. J’ai donc appris, en tant qu’accompagnant.e, à adapter mon accompagnement pour toustes, sans présupposer que c’était évident, puisque beaucoup découvraient tout juste leurs nageoires multidimensionnelles. Là, c’était un peu le monde à l’envers pour moi. A mon tour de me dire « m’enfin, iels font exprès, c’est pourtant si facile! ».

    J’ai assisté à la transformation personnelle (tout le monde est sujet de séance, ça brasse sec! Pour moi aussi…) et à l’apprentissage de la position d’accompagnant.e de beaucoup d’hypnos sans « base sauvage ». J’ai aussi expérimenté le fait d’être un sujet vraiment compliqué à accompagner pour iels, sans pouvoir leur simplifier la tâche (non, je ne fais pas exprès de ne pas proposer la réponse ou la réaction attendue ni de piloter mon vaisseau différemment que le ou la copilote).

    Nous avons donc toustes appris les un.e.s des autres. Chouette!

    Aujourd’hui je poursuis à la fois mes explorations hypnotiques (artistiques, expérientielles…) et mon travail thérapeutique personnel (pour moi, tout.e accompagnant.e se doit de continuer à être accompagné.e pour avancer, nettoyer, aligner…) et je partage mes découvertes en recevant en séances, en enseignant le REAH et la aussi créativité hypnotique dans divers stages et ateliers, pour mes collègues hypnos, pour mes collègues artistes et pour tout public.

    Je précise que la créativité, inventivité, liberté a de nombreuses sources et que, donc, celle que j’évoque ici n’est pas la seule ni l’indispensable. Elle est simplement la mienne. Celle que je partage avec des NA. Et aussi celle que je reconnais à l’hypnose. Et elle est transmissible. Ca suffit pour que j’en fasse un article!

    Finalement, l’hypnose est pour moi une croisée. Pour les fonctionnements typiques, elle permet d’approcher certaines compétences que des atypiques ont naturellement (et qui ne sont évidemment pas toutes les compétences de l’hypno, loin de là). Pour les atypiques, elle permet de comprendre en profondeur à piloter leurs compétences, les apprivoiser, les adoucir, s’en servir de façon plus confortable, plus adaptée. Pour toustes, elle permet de s’éclater à créer sa vie, son oeuvre et son monde.

    Et aussi de trouver des points de convergence qui ouvrent des fenêtres sur la compréhension mutuelle!

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    Photo de Camille Schweickhardt Avec Couscous.

    Envisager sous plusieurs angles, analyser,

    inventer, détourner, reprogrammer…

    L’hypnose exerce différentes capacités, notamment celles de ressentir autrement (hyperesthésie, synesthésie, hyperfocus…), d’atteindre un hyperéveil, de découvrir la psyché (que François Roustang décrivait comme recouverte d’un voile en état ordinaire), d’envisager les choses habituelles différemment, de s’émerveiller devant « l’ordinaire », de jouer concrètement avec des process, de développer l’introspection et l’intelligence intra-personnelle (comprendre de façon à la fois fine et profonde ce qui se passe dans l’esprit de l’autre), de développer la sensibilité, la créativité, l’empathique, d’expérimenter en « dé et re-cablant » ses propres automatismes psychiques, émotionnels et physiques, de créer du nouveau, de déclencher des rêves inouïs et même de sortir de soi…

    Les personnes vivant de façon différente de la norme, autant dans leur façon de se représenter soi-même, sa relation à l’autre, sa position dans la société, son rapport au monde… – plongent dès lors naturellement dans son univers d’exploration et de création.

    (((Oui, je parle de certain.e.s artistes, de personnes ayant conservé une belle part d’enfance et, spécialement ici… des neuroatypiques))).

    Ceci expliquerait cela… les neuroatypiques (personnes qui présentent un fonctionnement cérébral particulier), dits « NA », voyagent comme des poissons dans l’eau hypnotique, à condition que l’accompagnant.e ne tente ni de leur faire suivre un chemin prédéterminé dans la séance (protocoles et scripts) ni de les faire rentrer dans ses normes (« vous êtes une femme, donc… ») ni d’interpréter leur façon de procéder au coeur du rêve (laisser entrer l’araignée dans l’oreille = beurk! >< hébénon pas du tout c’est super elle nettoie), ni d’inventer des métaphores à leur place, ni de projeter leurs propres émotions ou solutions sur leurs situations… La position d’accompagnement ultrabasse est nécessaire (pour ma part, ça m’a conduite à développer le REAH).

    Le fonctionnement NA de façon générale reprend des caractéristiques comme « pensée en arborescence », « hypersensibilité »… (suivez les liens en bas de page pour en savoir plus). Cependant, il existe d’innombrables façons d’être atypique dans sa façon de percevoir et de ressentir le monde, de traiter les informations, de trouver des possibilités de fonctionnement social, de créer… Chaque NA est singulier.e.

    Un point commun est que les NA, confronté.e.s sans cesse aux normes de la société dominante, qui ne leur correspondent pas ou peu, connaissent bien le mouvement de comparer leurs représentations à ce qu’iels perçoivent de celles des autres, de chercher leur positionnement et leur moyen de communiquer (ce qui est appelé « habiletés sociales« ), de se sentir en décalage avec les codes, les règles, les habitudes et… d’inventer des solutions!

    Outre cela, les réactions des autres, la sensation d’être agressé par un environnement censé être « normal » (avec toutes ses lumières, ses sons, sa foule, ses règles illogiques, ses exclusions…) peuvent créer, en plus de la difficulté d’appréhension de la situation, un malaise, une angoisse, un sentiment d’injustice, d’insécurité, de désintérêt…

    Certain.e.s en souffrent et se barricadent, se sentant seul.e.s au monde, d’autres apprennent les normes sociales et s’y adaptent par des compensations (recherche de consensus, invisibilisation de la différence) et/ou s’organisent en affirmant leurs complexités par des associations. Notons aussi qu’une personne peut basculer de l’un à l’autre de ces possibles ou les combiner, selon les contextes. Bref, toujours pas de généralités.

    En ville et sur le web, des familles se forment. Ainsi, iels sont en nombre dans des champs comme le queer (qui réinvente les représentations de genres), le polyamour (qui réinvente les représentations de la relation amoureuse et même de la famille), le sexpositif (qui réinventent la façon de vivre la sexualité), les jeux de rôles (qui invente des mondes), les métiers de niche (ultraspécialité technique, recherche scientifique, recherche indépendante…), les arts contemporains (d’aujourd’hui donc, car l’historien.ne de l’art a déjà classé-étiqueté-normalisé les oeuvres précédentes), la programmation informatique, la création de réalités virtuelles…

    Pour résumer, je dirais donc que, premièrement, les neuroatypiques nagent comme des poissons (toustes différent.e.s) dans l’océan hypnotique, tant qu’iels sont accompagné.e.s en liberté, ce qui demande un positionnement sans mailles de filet et que, deuxièmement, nombre de personnes fréquentant des champs « hors normes » sont atypiques (!j’ai pas dit toustes, hein, vraiment bien loin de là!).

    Je termine cette partie par une conclusion personnelle: l’une des raisons principales pour lesquelles mes collègues m’adressent des accompagné.e.s est simple: je fais partie de la famille des poisson.ne.s libres créateurisses. J’accompagne donc bon nombre d’artistes, de zèbres, de licornes, de chercheurs indépendants, de thésard.e.s, de thérapeutes… et bien autres…  pour en savoir plus, relisez donc mon texte de bienvenue.

    A côté de cela, mon fonctionnement emmène tranquillement mes accompagné.e.s plus normés, neurotypiques, à la découverte de leur imaginaire, de leur créativité et de leur liberté… comme une stagiaire l’a si bien résumé dans la page des témoignages d’hypnos « Avec son sérieux et sa folie, Marie nous ouvre les portes du rêve qui permet d’avancer. »

    Voilà pour répondre aux questions (qui me sont) fréquemment posées.

    Après, on peut aller un peu plus loin… notamment dans la réflexion sur la richesse des différents fonctionnements et sur leurs revendications à exister tels qu’ils sont dans toute leur diversité, VERSUS la volonté de normalisation, c’est à dire que, pour être un sujet déclaré sain, normal, intégré, heureux… il faudrait correspondre à ce qui est édicté comme « normal » et que ce qui n’y correspondrait pas serait traité comme un trouble (psychiatrique, psychopathologique, médical, social…) qui provoque le rejet et/ou le traitement thérapeutique. Là aussi, les zèbres et les licornes ont des points communs!

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    Cet oiseau très rare est mi-mâle mi-femelle
    Ce phénomène est appelé le gynandromorphisme.

    Neuroatypique, Aspi, Zèbre…

    Les mots sont souvent confondus ou employés de travers. De nombreux sites et blogs permettent de s’en faire une idée claire. Voici mon résumé du résumé.

    Pour ma part, je me ressens comme neuroatypique, inscrite dans le large spectre des zèbres. Car – pour moi – la zébritude n’est pas binaire mais spectrale aussi. Il y a tant de singularités zébrées! Le truc étrange, c’est que l’on se reconnait souvent instinctivement vite entre zèbres, même de types très différents, sans pouvoir expliquer comment. Il y a donc – tout de même – des points communs ressentis comme évidents.

    Pour répondre à la sacrosainte question: non, je n’ai pas passé le test. Je n’en vois pas l’intérêt. Les traits sont présents, mais je subodore qu’ils ne sont pas suffisamment nombreux et intenses chez moi pour que ce soit qualifiable de TSA sur le plan médical.

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    Chloe Finch, par Peter Hujar, 1981

    Neuroatypique

    Il n’y a pas de limitation en matière de droit à se revendiquer « neuroatypique ». L’exigence tacite est que la personne éprouve, dans la vie quotidienne, une sensation de distance avec l’ensemble de la société dite “neurotypique”, reliée à des particularités de nature cognitive, perceptive, sensorielle et / ou neurologique.

    Le terme s’est construit par opposition au terme « neurotypie » (norme dominante en ce qui concerne le fonctionnement neurologique) ou aux « neurotypiques » mot désignant toutes les personnes sans différence neurologique)

    Ces termes sont reliés à la lutte pour la neurodiversité, contre le fait de transformer un comportement humain viable en trouble mental, comme l’ont déjà été l’homosexualité, le genre non-binaire, et comme le subissent encore les autistes avec le TSA (troubles du spectre de l’autisme).

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    L’apparence fantasmagorique de ce mammifère pondant des œufs, à la mâchoire cornée ressemblant au bec d’un canard, à queue évoquant un castor, qui lui sert à la fois de gouvernail dans l’eau et de réserve de graisse, et à pattes de loutre a fortement surpris les premiers explorateurs qui l’ont découvert. En outre, c’est l’un des rares mammifères venimeux: le mâle porte sur les pattes postérieures un aiguillon qui peut libérer du venin capable de paralyser une jambe humaine ou même de tuer un chien.

    Syndrome d’Asperger: diagnostique médical d’un trouble du spectre de l’autisme  (TSA = troubles du spectre de l’autisme).

    • Notons qu’il y a débat sur l’appartenance des Asperger au spectre de l’autisme.
    • Certain.e.s rejettent aussi le classement TSA au nom de la lutte pour la neurodiversité (c’est un fonctionnement différent de la norme, pas une pathologie) et du désir de se débarrasser des étiquettes (qui enferment et reforment une nouvelle norme).
    • D’autres ont soulagé.e.s de mettre un nom sur leurs difficultés, d’échanger avec d’autres aspis, mais aussi de pouvoir partager cette explication officielle (diagnostique médical du syndrome d’Asperger) avec leur entourage. « La reconnaissance du syndrome peut être une étape libératrice qui permet à la personne Asperger de mieux se comprendre, de s’accepter et de pouvoir mettre clairement des limites aux attentes des autres, sans dévalorisation ni culpabilité. » (blog de Philosophine)
    • Les personnes autistes Asperger sont qualifiées d’autistes de haut niveau en opposition à l’autisme sévère (également nommé autisme de Kanner). Haut niveau et Haut Potentiel n’ont rien à voir. Les médias confondent souvent.
    • Le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme définie cliniquement en 1981 par Lorna Wing, à partir de la « psychopathie autistique » décrite en 1944 par Hans Asperger. Ainsi distingué d’autres formes d’autisme, le syndrome d’Asperger intègre le DSM en 1994. Il est remplacé au cours des années 2010 par une approche plus évolutive: TSA.
    • Anna Pélut: « Syndrome d’Asperger (SA) T. Attwood et C. Gray (2010) ?proposent des critères diagnostics “positifs” du SA comparativement à la représentation sociale de l’autisme plutôt négative. Les personnes avec SA auraient des compétences cognitives élevées. Un second critère renvoie à l’utilisation d’un langage social (l’«Aspergerois»), caractérisé par une volonté de recherche de la vérité, et d’une conversation sincère sans motivation dissimulée. Ces auteurs ajoutent que leurs interactions sociales sont marquées par une grande loyauté, en raison d’un optimisme dans sa recherche de l’amitié véritable. Cet aspect relationnel et social tend à être problématique pour les personnes Asperger. Toutefois, selon Gena (2001), elles sont désireuses de créer des relations avec les autres, mais se retrouvent en difficulté une fois qu’il est question d’aborder une personne ou de maintenir une conversation avec elle. »
    • Aujourd’hui, en France, le diagnostic de TSA est établi par un docteur en médecine pour une reconnaissance de la MDPH (pour Maison Départementale des Personnes Handicapées).
    • Les diasgnostiques reconnus par la MDMH permettent de commencer des démarches pour recevoir des aides de l’état. La reconnaissance de « travailleur·se handicapé·e » est quasi automatique, dès lors que le dossier MDPH est dûment rempli par un médecin. Cependant, obtenir des aides de l’état (AAH, PCH, etc) est bien plus difficile, surtout pour les personnes autistes. En effet, l’autisme est trop peu / très mal connu des services de la MDPH, si bien que les répercussions du TSA dans la vie courante ne sont pas ou très difficilement reconnues. Ainsi l’ouverture de droits à l’AAH pour les personnes autistes, surtout pour les autistes type Asperger, est un parcours du combattant menant à des recours de décision au tribunal.
    • Voici un dossier en ligne: Troubles du spectre de l’autisme par la CNSA (caisse nationale de solidarité pour l’autonomie)
    • L’ADOS (Autistim Diagnostic Observation Schedule), créé par Catherine Lord en 1989 aux Etats-Unis, permet l’évaluation de la communication, de l’interaction sociale et du jeu ou de l’utilisation imaginative d’un matériel dans le cadre d’un dépistage de l’autisme. Ce test est dans la plupart des cas utilisé pour confirmer un diagnostic d’autisme, pour évaluer aussi l’impact du TSA dans la vie courante. Les résultats de ce test permettront aussi d’étayer le dossier auprès de la MDPH.
    • Le test de QI utilisé pour les grand ados & les adultes est le WAIS (pour Wechsler Adult Intelligence Scale). Notons que ce test est remis en question à bien des égards.
    • Selon les résultats de QI, les tests permettent d’intégrer MENSA, une association de personnes surdouées.
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    Cocon de papillon de nuit sur ma porte de yourte, Lozère, aout 2019.

    Zèbre

    Le « drôle de zèbre » est l’un des seuls animaux sauvages que l’homme n’a pu domestiquer. Son pelage rayé joue avec les ombres et la lumière.

    Le Zèbre est le nom usuel du HPI.

    Il y a aussi des THPI et des TTHPI, des TTTHPI… (T = très).

    Attention, il y a des personnes au QI élevé et neuroatypiques (Zèbres), des personnes à QI dans la norme et neuroatypiques, des personnes au QI élevé neurotypiques et des personnes au QI dans la norme neurotypiques!

    Le zèbre peut s’autoproclamer (en se reconnaissant à travers des lectures, par exemple, c’est souvent un début!), ou être désigné comme tel par des pairs, ou être validé par des batteries de tests. Ou  les deux ou les trois!

    Le zèbre (neuroatypique HPI) est doté de « surefficience mentale », de « douance ». Cela signifie  qu’iel fonctionne avec des capacités naturelles, un mode de pensée, une structure de raisonnement différents. C’est en cela qu’iel est appelé « un.e surdoué.e ».

    L’intelligence du zèbre et sa façon de penser le monde sont donc atypiques. C’est cette particularité qui rend, dans certains cas, difficile son adaptation scolaire mais aussi son adaptation sociale. L’expression de « surefficience mentale »,  illustre bien l’existence d’un potentiel, qui peut parfois se révéler encombrant et qui n’est pas nécessairement source d’efficacité relationnelle ni de bien-être existentiel.

    Rappelons encore que, quel que soit sont QI, chaque NA est singulier.e. Pas de généralisations ici non plus.

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    Zèbre à pois blancs Image: Frank Liu

    Pour en savoir plus sur la neurodiversité

    En plus des sites d’encyclopédies et d’associations, beaucoup d’NA écrivent des blogs.

    Vous pouvez déjà consulter des sites comme Neurodiversité.com, Atypique.orgDouance, MENSA, L’antre de la Chouette (70 articles de qualité), Zatypie, UnfilsAsperger, Tribulations d’une aspergirl, Rayures et stratures, Cahiers d’un zèbre, Philosophine, 52 semaines avec une personne asperger, page FB Zèbres info, Royaume Asperger, Autiste ovh, mais aussi des articles et videos comme « les ambiguïtés de la neurodiversité » sur m/s, intelligence hors norme sur Slate, La neurodiversité et sa relation aux neurosciences sur Inserm, des podcasts de la Chouette sur Soundcloud, des conférences sur les HPI sur la chaine Youtube de Mensa France…

    Des livres : Le Syndrome d’asperger (Tony Attwood), Différence invisible (Julie Dachez), Tribulations d’une aspergirl (Alexandra Reynaud), …

    En ce qui concerne les licornes…

    Pour éviter les amalgames, un mot sur les licornes!

    (j’aurais pu le faire aussi sur les artistes, mais pas mal de pages leur sont déjà consacrées sur ce blog).

    NA & Queer ont souvent bien des convergences (mais pas toujours, j’aurai assez insisté je crois ^^).

    Certaines licornes sont aussi des zèbres. Et d’autres sont neurotypiques.

    Par exemple, vivre une transition, c’est remettre en question la norme dominante genrée, donc être « atypique en terme de genre ». Mais ce n’est pas – nécessairement – relié à la neuroatypie.

    Pour plonger dans l’univers des licornes, voyez les nombreux liens en bas de ma page de présentation queer. Et si vous êtes hypnologue ou sophrologue ou praticien.ne PNL, je vous invite sur le groupe FB « Les représentations de genres dans le champ hypnotique« , où l’on partage des liens, des questionnements et des réflexions autour de la question des genres dans nos pratiques. Désolée, il est réservé aux accompagnant.e.s, je filtre à l’entrée.

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    Pandora Boxx

    Bienvenue

    Et on termine par le début: Licornes, zèbres, loutres, fées, nonnes, none… bienvenue!

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    Ecrivez moi sur mon email lisellesil@gmail.com

    Sourire

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    Image: Gilles Berquet
  • Intervention hypnotique à « Question queer », 15 décembre 2018

    Intervention hypnotique à « Question queer », 15 décembre 2018

    Exploration queer sous hypnose

    L’atelier « Questions Queer » d’EFiGiES,  en décembre m’accueille pour une présentation intitulée : « Exploration queer sous hypnose ». Maison des Initiatives Étudiantes (MIE), 15/12/18.

    Descriptif: « L’hypnose et le rêve éveillé augmenté par l’hypnose emmènent l’accompagné.e à l’intérieur d’iel-même, de ses processus internes, de ses automatismes, du monde complexe qui constitue son identité, en partie consciente et en partie immergée. L’intervention de Marie Lisel (Maître praticienne en hypnose éricksonienne, artiste et exploratrice) présente ces outils et leurs applications à l’exploration des genres.
    Elle sera suivie dans les mois suivants d’un atelier pratique. »

    L’atelier aura lieu le samedi 15 décembre 2018, de 15h à 17h, au Labo 6, 76 bis rue de Rennes, 75006 Paris, salle Stockolm et Copenhague. Lien Facebook : https://www.facebook.com/events/299230377362067/

    Pour rappel :

    Cet atelier vise à ouvrir un espace à des chercheur·e·s et militant·e·s pour présenter leurs recherches/travaux s’inscrivant dans une perspective queer et/ou féministe.

    Cet atelier est transdisciplinaire. L’accent sera mis sur les sciences humaines et notamment l’histoire de l’art, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, les lettres, etc.

    Il s’inscrit également dans une perspective transpériodique.

    La priorité sera d’ouvrir un espace de dialogue autour du sujet proposé.

    Cet atelier s’adresse à des personnes militant·e·s, masterant·e·s, (post)-doctorant·e·s, docteur·e·s, chercheur·e·s sans statuts. Les personnes en poste (MCF/professeur·e·s, etc.) sont les bienvenu·e·s sous couvert de bienveillance. Il leur est demandé notamment de prêter attention aux questions de dominations induites par ce statut.

    Les comportements cisnormatifs masculins oppressifs ne seront pas tolérés dans le cadre de cet atelier (notamment sur des questions de prise d’espace).

    Cet atelier vise à construire un cadre safe pour échanger avec bienveillance. Ainsi, tout propos/sous-entendu/comportements oppressifs (raciste, sexiste, homophobe, lesbophobe, bi/panphobes, ace/arophobes, transphobe, validiste, psychophobe, classiste, intersexophobe, body shaming, islamophobe, pro-culture du viol, putophobe, etc.) ne sera pas toléré.

    On veillera aussi à une distribution équitable de la parole.

    Le langage inclusif est fortement encouragé.

    Si vous avez besoin d’informations à ce sujet, vous pouvez contacter les personnes coordinatrices

    => questionsqueer@gmail.com

    => Evénement Facebook

    A lire aussi

    A lire aussi, ma présentation d’ateliers queer  et mon rapport aux Licornes

  • Workshop hypnotique aux Amandiers (Nanterre), pour le Festival « Mondes Possibles », le 13/05/2018 et écoute de bOa le 20/05/2018.

    Workshop hypnotique aux Amandiers (Nanterre), pour le Festival « Mondes Possibles », le 13/05/2018 et écoute de bOa le 20/05/2018.

    Expérimentation en Arts Politiques de Sciences Po (SPEAP)

    ATELIERS DE POLITIQUE TERRIENNE

    Théâtre Nanterre Amandiers du 11 au 20 mai

    « A l’invitation du festival MONDES POSSIBLES à Nanterre-Amandiers, le Programme d’Expérimentation en Arts Politiques de Sciences Po (SPEAP) installe son village dans le théâtre et ouvre grand ses maisons.Lors de notre résidence, nous souhaitons éprouver avec les visiteurs un mode de vie ultraterrestre. Nos ateliers de politiques terriennes proposent de faire trembler nos identités et altérités, prendre soin du vivant, faire preuve d’hospitalité, et inventer, pourquoi pas, des diplomaties inter-espèces.

    Ces pratiques partagées nous invitent à diverses expériences sensibles, individuelles et collectives, à des moments d’expérimentations, à des ateliers d’écriture, des incarnations du vivant, des rêveries d’espaces, des négociations, des prises de parole et de positions. En s’occupant du commun nous ferons grandir ces petits mondes vers des utopies à vivre.

    En cheminant d’une maison à l’autre, les participants pourront inventer des maisons d’hôtes, faire corps avec la terre par une fertilisation réciproque, travestir leurs identités par le maquillage ou le masque, donner une matière à leurs songes, discuter du destin de nos plantes, prendre soin de leur jardin secret, s’ouvrir à des états de conscience modifiée : autant de dispositifs de recherches collaboratives, d’hybridations du soi, de mises en sons, en images, en formes, en corps, en impalpables, en tensions.

    Vous rencontrerez entre autres dans ce village SPEAP Bruno Latour, Grégory Quenet et ses étudiants de SciencesPo, Emilie Noteris, Marie Lisel, D. Graham Burnett, les étudiants de la New School de New York.

    Et la participation de Emilie Noteris (travailleuse du texte) et Marie Lisel (Maître praticienne en hypnose éricksonienne, artiste et exploratrice sensorielle) »

    Programme d’Expérimentation en Arts Politiques de Sciences Po (SPEAP): lien 

    Attestation INSEE 3
    Dessin témoignage de l’atelier « sorcière queer »

    Workshop hypnotique: – Rencontre avec ma sorcière queer intérieure – 

    Le REDAH (rêve éveillé dirigé augmenté par l’hypnose) se présente comme un moyen de voyager vers des dimensions intérieures cachées, que ce soit dans le corps, dans les mondes de l’imaginal communs à différentes cultures (monde du bas et monde du haut…), dans une symbolique particulière (licorne, sorcière, nid, vent…), dans ce que l’on imagine ici et maintenant du passé, dans une approche sensorielle de la relation au monde, dans une oeuvre d’art, dans un son, dans une émotion, dans une synchronicité…

    D’autres mondes que celui dont les médias construisent « la réalité » désenchantée sont possibles.

    Nous pouvons y avoir des accès de différentes manières, plus ou moins aisées ou difficiles, plus ou moins sécurisées ou risquées, plus ou moins fluides ou complexes, plus ou moins balisées ou libres.

    La pensée magique, l’ailleurs interne, l’imaginal, se situe entre le monde sensible et le monde intelligible.

    Les voies d’ouverture sur ce monde sont des catalyseurs de liberté, indispensables à l’évolution de soi et du monde, par le fait d’être absorbé par l’ici et maintenant en oubliant la rationalité, de ressentir pleinement, de mettre en mouvement, de laisser advenir et d’accueillir, d’inventer des possibles, de créer sa vie, son oeuvre, son monde.

    Car l’imagination est créatrice de réel, comme nous le montrent des études sur les hypnotiques (chamanisme, hypnose, sorcellerie, religion, placebo…).

    Marie Lisel, Maitre praticienne en hypnose éricksonienne, artiste et exploratrice sensorielle, joue avec ses outils syncrétiques, pour offrir des expériences sécurisantes et ouvrantes d’hyperéveil, à la rencontre de vos intuitions enfouies de la plasticité de vos mondes.

    Dimanche 13 mai –

    Marie vous emmène à la rencontre de votre sorcière queer intérieure. Après un partage des représentations autour de la sorcière et une brève introduction à l’hypnose éricksonienne et au REAH, vous partirez confortablement à la recherche de votre archétype singulier de la sorcière queer, c’est-à-dire de la partie « sorcière » qui vit en vous.

    Bienvenue dans cette rencontre de l’une de vos alliées intérieures les plus magiques!

    « Une sorcière est un être déviant qui a réussi – du point de vue de la survie. Il existe un modèle culturel, idéologique et social de ce qu’il ne faut pas être, qui est, dans chaque société, conçu comme normal » (un terme perçu comme synonyme de naturel, ne l’oublions pas). La plupart des gens survivent parce qu’ils se conforment à ces modèles, c’est-à-dire qu’ils se comportent normalement. Cependant, tous ne se comportent pas « normalement » et ces personnes ont du mal à survivre, à cause de leur rejet du système et de tout ce qui le sous-tend, et habituellement elles s’enfoncent. On les qualifie alors « d’anormales » ou de « mésadaptées » ou d’autres adjectifs péjoratifs au regard de la norme. Puis surgit une personne déviante mais qui survit, et puisque celle-ci ne fonde pas son existence sur des modèles convenus – les seuls considérés comme naturels par les gens normaux -, il faut donc que cette déviance tire sa force vitale de quelque chose « d’inconnu » ou de « surnaturel ». Carnet de notes de Maya Deren (1947).

    Dimanche 19 mai –

    L’écoute collective du rêve hypnotique « bOa » vous fait voyager dans les énergies spirituelles, la grâce, la légèreté, la sensualité.

  • Atelier d’exploration hypnotique queer 3: « Les secrets de ma licorne », Bruxelles, samedi 14 avril 2018 18h-20h

    Atelier d’exploration hypnotique queer 3: « Les secrets de ma licorne », Bruxelles, samedi 14 avril 2018 18h-20h

    Dans cet atelier de rêve éveillé dirigé, vous explorerez votre paysage intérieur à la rencontre de votre licorne singulière. On dit que sa corne est magique!

    La licorne, parfois nommée unicorne, est une créature légendaire à corne unique. Symbole de l’extraordinaire, de la pureté, de l’invisibilité, du composite, de l’intersexe, du merveilleux… en lien avec l’arc-en-ciel, ses connotations LGBTQI+ sont nombreuses.

    Mots-clés: licorne * unicorne * magie * narval * légende * unique * symbole * extra-ordinaire * pureté * virginité * puissance * invisible * merveilleux * arc-en-ciel * révélation * phallus * grâce * complicité * ralliement * peluche * mignon.ne * rayonnant.e * non binaire * composite * intersexe *

    A lire : l’introduction générale aux ateliers d’exploration hypnotiques queer (conditions, explications…)

    En pratique

    Où: Bruxelles (près de Madou et Botanique)

    Quand: 14 avril, 18-20h

    Combien: minimum 5 et maximum 10 places (la salle est douillette mais petite et je préfère travailler dans une certaine intimité). Réservez vite en m »écrivant à lisellesil@gmail.com

    Se préparer:

    • suivez les liens pour nourrir vos paysages intérieurs (articles, vidéos, audios…)
    • dans un carnet, prenez note en mots, dessin, collage… de ce qui vous interpelle en rapport avec la licorne (brainstorming personnel et résonances en écoutant-regardant les liens ci-dessous)
    • emmenez ce carnet avec vous, ainsi que des feutres et feuilles blanches
    • emmenez une bouteille d’eau et un truc à grignoter sans miette végétarien à partager
    • si cela n’est pas fait, consultez la page d’introduction aux ateliers queer!

    Prix: choisissez le prix juste pour vous selon vos moyens, pour 2h, entre 10 et 30 euros, en conscience.

     

    Capture d_écran 2018-02-24 à 20.31.19
    Pandora Boxx

     

    «C’est un animal que l’on n’arrive pas à capturer, l’animal pur par excellence, attiré par la pureté et la virginité. Elle a des propriétés merveilleuses, c’est pour ça que les humains cherchaient à s’en emparer.» Michel Pastoureau

    Au Moyen Age, elle représentait également, par sa corne, la puissance (arme meurtrière), la révélation divine (flèche spirituelle, rayon solaire, épée de Dieu…) et l’antithèse de l’impur (qu’elle détecte et punit)…

    Sa corne phallique et sa grâce (rattachée à la Vierge Marie) en font un être unisexe, qui passionne des psychanalystes comme Jung et Lacan.

     

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    Gustave Moreau, 1885.

     

    Signe de complicité, peluche rayonnante, fougueux animal magique, tueur sans pitié, lien avec le spirituel, genre non binaire par excellence… à chacun.e ses résonances.

    Bienvenue dans votre pays des licornes!

     

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    Jan Jonston, historiae Naturalis, 1651

     

    A lire, à regarder et à écouter sur les licornes:

    Le UnicornBrand Café de Bangkok

    Un article de Slate : Comment les licornes sont devenues un symbole LGBT

    Un article de Medium.comLa symbolique de la licorne et sa place dans la sémiologie du web ?

    Le livre de Michel Pastoureau

    Des émissions de France Culture: La dame à la licorne (2014), Le secret de la licorne (2013), Les mystères de la licorne (2013), La rebelle à la licorne (2016)

    Un article très fourni de Wikipedia pour les détails de sa naissance sur divers continents et pour toutes les passions qu’elle a déchainées.

    Un site d’un passionné

     

     

    A CONSULTER: l’introductions aux ateliers queer et les sources sont disponibles dans la page « Ateliers d’exploration queer« .

  • Atelier d’exploration hypnotique queer 2: « Les couleurs de l’arc-en-ciel », 22 mars 2018, Bruxelles

    Atelier d’exploration hypnotique queer 2: « Les couleurs de l’arc-en-ciel », 22 mars 2018, Bruxelles

    Dans cet atelier d’exploration par l’hypnose, nous jouons avec les innombrables représentations de l’arc-en-ciel et des couleurs pour explorer, transformer, amplifier, ajuster nos paysages intérieurs.

    Le premier drapeau arc en ciel LGBTQI+ comptait 8 couleurs (rose, rouge, orange, jaune, vert, turquoise, bleu, violet). Le drapeau actuel en compte 6 (le rose et le turquoise ont disparu).

    L’arc en ciel est aussi un photométéore, un phénomène optique qui se produit dans le ciel et qui rend visible le spectre continu de la lumière du soleil, quand il brille pendant la pluie. Il compte autant de couleurs que ce que l’œil peut en distinguer, soit au plus 150. Aujourd’hui en Occident, les représentations ont souvent cinq à sept couleurs.

    Dans plusieurs mythologies, l’arc en ciel est aussi présenté comme un pont ou chemin. Il peut être emprunté par des dieux, des chamans, sorciers ou des héros légendaires, pour circuler entre la terre et un autre monde ou entre deux points éloignés de la terre.

    On dit également qu’il annonce le renouveau, le beau temps après la pluie.

    Enfin, la chromothérapie base sa méthode sur la croyance du pouvoir des couleurs.

    Je me demande quelles couleurs composeront votre arc-en-ciel singulier dans votre imaginal et ce qu’elles révéleront en vous 🙂

    A CONSULTER: l’introductions aux ateliers queer et les sources sont disponibles dans la page « Ateliers d’exploration queer« .

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    Merci d’amener 
    • votre carnet (notes, dessins, extraits, collages…)
    • des couleurs et des teintes qui font vibrer quelque chose en vous
    • des feuilles blanches et crayons et/ou feutres de couleurs
    • un foulard pour vos yeux, plaid… ce que vous désirez pour rêver confortablement
    • une bouteille d’eau qui ferme bien (pas d’autre boisson dans la salle)
    • des fruits secs ou fruits frais ou autres à partager sans miettes (la salle doit rester impeccable, évitez les biscuits) après la séance.

    Pour vous préparer à ce workshop, réveillez vos représentations, lancez votre imagination intérieure en lui posant des questions et puis laissez-la faire

    Vous pouvez lire les articles si ce n’est déjà fait:

    https://test.under-construction.work/2018/03/01/atelier-dexploration-queer-les-couleurs-de-larc-en-ciel-22-mars-19h-22h-bruxelles/

    https://test.under-construction.work/ateliers-et-stages/exploration-queer/

    https://test.under-construction.work/2018/03/13/les-techniques-de-reve-eveille/

    Dans un carnet, listez des couleurs et en vrac: vos émotions-impressions-connotations-évocations spontanées les plus présentes (c’est tout à fait subjectif: je regarde le violet et je pense à… je ressens…) quand vous les regardez (visuel), idem quand vous écoutez leurs sons (son du nom de la couleur ou synesthésie: quel son a le jaune?), idem leur odeurs et goûts (si le bleu avait une odeur?), idem leur toucher-matière-texture-température-pression-altitude-mouvement…

    Parcourez des grilles d’ interprétation de couleurs et notez ce qui fait écho en vous uniquement

    Chakra http://www.guidedeschakras.com/chakra-couleurs

    Histoire: Michel Pastoureau https://www.ipefdakar.org/IMG/pdf/2_histoire_des_couleurs.pdf

    LGBTQI+: https://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_arc-en-ciel

    Les 8 couleurs du drapeau, synthèse: rose (sexualité), rouge (vie et guérison), orange (santé et fierté), jaune (lumière du soleil), vert (nature), turquoise (magie, art), bleu (sérénité, harmonie), violet (esprit) deviennent 6 bandes (suppression du rose et du turquoise)

    Emportez avec vous des couleurs (ou des teintes, choisissez…) au choix sur papier ou tissus ou objets, qui vous font vibrer de différentes manières (ou simplement des feuilles de couleurs unies si ce n’est pas évident pour vous). Dans l’arc-en-ciel, il y en a 150 (voir présentation de l’atelier)!

    Qu’évoque pour vous l’arc-en-ciel LGBTQI+? quelle est l’histoire, l’anecdote personnelle, la représentation… que vous avez envie de partager

    Qu’évoque pour vous l’arc-en-ciel de façon générale? quelle est l’histoire, l’anecdote personnelle, la légende ou mythe, la représentation… que vous avez envie de partager?

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    Arc-en-ciel de début de stage « se connecter à soi, au cheval, au monde », en Lozère (sept 17)

    Arc-en-ciel de début de stage « se connecter à soi, au cheval, au monde », en Lozère (sept 17)

  • Atelier d’exploration hypnotique queer 1: « Une rivière entre deux rives », 22 février 2018, Bruxelles

    Atelier d’exploration hypnotique queer 1: « Une rivière entre deux rives », 22 février 2018, Bruxelles

    Ateliers d’exploration hypnotique de la fluidité du genre?

    Dans cette série d’ateliers, nous chercherons à ouvrir les possibles de nos représentations de la fluidité du genre et à les explorer par différents biais, axes, thématiques, jeux… HYPNOTIQUES:

    Atelier 1 (février 2018): une rivière entre deux rives

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    Atelier 2 (mars 2018): les couleurs de l’arc en ciel LGBTQI+ 

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    @ PAU BARRENA / AFP

    Atelier 3 (avril 2018): les secrets de ma licorne 

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    Jérôme Bosch Le Jardin des Délices, le Paradis, détail, 1480-1490

    Atelier 4 (mai 2018): Loutre, ours.e, ourson.ne, panda, loup.ve, chat.te, gerboise, crevette, moustique…  Qui seront vos guides d’exploration?

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    Atelier 5: Sorcière écoféministe queer

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    Witch dance

     

    Différentes techniques…

    • nous explorerons des paysages symboliques
    • nous jouerons avec des rituels singuliers
    • nous mettrons en mouvement ce qui est prêt à être transformé selon le « comment ça peut être encore mieux, maintenant et selon tel contexte? »
    • nous expérimenterons nos curseurs : si je pousse cette donnée à fond, je vois-entends-ressens quoi? plus de…? quel est le niveau optimal? comment ce réglage entre-t-il en interaction avec d’autres curseurs? Comment pourraient-ils se régler de façon automatique? Quel contrôle volontaire ai-je envie d’avoir? quand? comment?
    • nous papoterons avec les dividus qui tiraillent à l’intérieur
    • nous rencontrerons nos représentations profondes
    • nous dealerons avec nos besoins et désirs
    • nous travaillerons avec des objets transitionnels, des dessins automatiques, des sons et mouvements spontanés
    • nous optimiserons les liens et les représentations qui nous constituent en allant récupérer des ressources enfouies
    • nous nous laisserons divaguer… car la rêverie ouvre des possibles inouïs!
    • nous irons à la rencontre de nos fantasmes cachés
    • nous créerons notre vie et notre monde, chacun.e à sa façon, singulière 😉

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    Quand, où, combien, comment on s’inscrit?

     

    Quand?

    Une soirée par mois (pour le moment).

    Premier opus: le jeudi 15 février, de 19h à 22h.

     

    Où?

    Près de Madou, à Bruxelles, dans un lieu chaleureux et confortable.

     

    Combien?

    Prix: entre 10 et 30 euros, selon vos moyens financiers, en conscience.

     

    Nombre de places

    6 places minimum (en inscription ferme), 10 places maximum.

     

    Qui vous hypnotise?

    Regardez cette page

     

    Pour vous inscrire?

    Envoyez-moi un email à lisellesil@gmail.com

     

    Qui peut venir?

    Lisez le paragraphe qui suit.

     

    Chaud boulette?

    A vos mails!

     

    41332151
    Beth Ditto (www.bethditto.com) & Delphine von Kaatz (habille les fesses des filles qui n’ont pas froid aux yeux)

    A qui s’adresse ces ateliers?

    Ces ateliers mensuels s’adressent évidemment aux personnes qui se ressentent genderfluid, mais aussi à ciels qui désirent explorer cette part de fluidité qu’iels ne se sont pas encore autorisé.e.s à accueillir pleinement.

    La porte est dès lors ouverte à tou.te.s, à condition de respecter les habitus queer, pour garantir un espace safe, inclusif, non oppressif.

    Les maladresses seront relevées tranquillement, de façon à permettre la compréhension et l’évolution. Les attaques ou jugements, eux, ne seront pas tolérés. Les personnes qui se situeraient délibérément dans l’exclusion et l’oppression seraient priées de quitter le groupe.

    Pour cela, les personnes qui viennent pour découvrir leur fluidité sont invitées à prendre le temps d’observer et d’apprendre les codes (comme le langage inclusif, la manière de genrer une personne, le vocabulaire, les représentations non binaires…). Et les personnes qui jonglent avec ces notions sont invitées à se montrer tolérantes et pédagogues.

    Dans ce projet d’une série d’ateliers (j’accepte par ailleurs de travailler en groupes non mixtes, dans d’autres contextes. Ici, c’est un cadre parmi d’autres), je désire monter un groupe à la fois mixte et safe

    • pour faire progresser le débat idéologique par l’expérience de la fluidité, de la non binarité, de l’égalité, de l’inclusion… qui permet un partage de compréhension profonde, une ouverture, davantage de tolérance
    • pour permettre la rencontre entre des mondes (je suis souvent un pont) et faire circuler une suite d’expériences entre des personnes dont le point commun est le respect de l’autre et le désir d’ouvrir, d’explorer, de trans-former ses représentations pour créer sa vie et son monde de façon singulière et libre.

    Le genre est politique.

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    FloZif (activiste queer)

     

    En cas de maladresse dans cet article

    Si je suis maladroite (et non malveillante) dans l’expression ou le contenu de cet article, merci de le le dire gentiment (lisellesil@gmail.com). Je rectifierai selon les retours.

    Capture d_écran 2017-11-20 à 16.23.26

     

    Cultures Queer?

    Chacun.e a la liberté d’être soi, au-delà des représentations genrées binaires de la société dominante, qui donne le pouvoir aux hommes cis blancs et somme chacun.e de correspondre dans ses comportements et ses représentations à: M/F, blanc/autres, corps normé (mince, jeune et musclé, vulve en prune, etc) / corps rejeté (pilosité, âge, poids, cicatrices, handicap, genre différent du sexe de naissance, modifications corporelles, orientations sexuelles autres que hétéro…), dominant/dominé…

    La revendication de la multiplicité des corps, des genres et des identités est donc aussi politique, pour la liberté de s’inventer hors des catégories pré-normées et pour l’égalité. Il revendique un autre fonctionnement que le patriarcat, ses conceptions binaires, sa domination masculine (selon les pouvoirs: économique, politique, symboliques, sexuels…). Notons que, en revanche, le système mainstream gay reproduit les normes sexistes et capitalistes. Notons également que le féminisme essentialiste ou différentialiste met en avant des « qualités spécifiques féminines » et les « qualités spécifiques masculines », de façon binaire. 

    Les cultures LGBTQI+, aux approche inclusive et inter-sectionnelle, gagnent à être partagées avec le plus grand nombre, autant que le tout public gagne à expérimenter les nouvelles formes d’expression de soi, les identités collectives en marge des catégories dominantes, l’état d’esprit de tolérance, d’inclusivité, d’acceptation de la personne telle qu’elle est et non telle que les normes lui demandent d’être, les solidarités communautaires...

    Il s’agit de sortir des cases dominantes préformatées pour s’inventer et de revendiquer la liberté de le faire.

    Ourit Ben-Haim
    « Underground New-York Public Library » par Ourit Ben-Haim

    LeS genreS non binaires/ genreS fluideS, ça concerne qui?

    LeS genreS non binaires/ genreS fluideS sont l’expression d’un continuum des genreS le long duquel les personnes sont libres d’évoluer vers une zone de confort qui ne dépend ni du sexe (génétique et constitution des organes de reproduction) ni des orientations sexuelles.

    En effet, on peut être à la fois homme cis gay biphobe… ou femme trans hétéro ou genderfluid nosex… (je ne rentre pas dans les mille et une nuances zébrées du vocabulaire sur le genre, la sexualité et les préférences émotionnelles des personnes neuroatypiques que je salue tendrement au passage).

    Un amalgame obligatoire entre le sexe et une identité de genre est encore très vivace, autant au niveau législatif, médical, administratif, social que culturel.

    La pression des représentations binaires s’oppose à la liberté de s’inventer en tant qu’intersexe, transexuel, transgenre, genderfluid… ce qui commence dès la naissance (opération des bébés intersexes), se poursuit dans l’éducation « en fille » ou « en garçon » à la maison et à l’école, se prolonge dans la rue, dans les médias, les administrations, dans le langage aussi…

    Elle a ont aussi un impact sur la vie de tou.e un.e chacun.e.!

    Le féminisme queer élargit la réflexion. La culture queer rassemble des personnes qui s’identifient à un genre fluide et des personnes qui s’identifient à un genre M ou F et qui refusent de se voir assignées à des représentations, des comportements, des devoirs, des positionnements selon leur genre, qui dépendrait « naturellement » de leur sexe.

    Libre à chacun.e d’explorer les genres, les orientations sexuelles, les orientations relationnelles… d’hybrider les représentations, de s’inventer!

    Par exemple, je suis personnellement de sexe biologique féminin, pronom féminin (ou neutre dans certains contextes), je ressens la fluidité du genre de façon différente selon les moments et les contextes ET je gère mes poils, mes cheveux, mon poids, mes fringues, ma gestuelle, mon vocabulaire, mon positionnement dans un groupe, mes activités, mes orientations sexuelles, mes relations (amicales, amoureuses, sportives et autres), mes interactions… selon ce que je ressens comme juste selon mon identité propre et non selon la pression patriarcale binaire qui me demande d’être « féminine » selon des représentations hétéronormées conservatrices. Je suis moi. Tu es toi. Chacun.e accueille l’identité de l’autre sans jugement, tant que cette identité n’exprime aucune oppression.

    En outre, dans mon positionnement d’accompagnante, je suis très attentive à accueillir chaque personne telle qu’elle est. A lire: « Licornes, zèbres, loutres, nonnes, none… bienvenue! »

    La culture queer, c’est surtout la liberté de s’inventer en dehors des diktats et dans l’égalité, l’inclusivité, la tolérance, ce qui a priori pourrait intéresser pas mal de monde… mis à part les personnes qui craignent de perdre leur position dans la société dominante ou bien de « ne plus s’y retrouver » et donc de perdre des repères rassurants et « ordonnés », même s’ils enferment.

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    Avida Bystroöm

    Un exemple médiatisé (notamment par LesInrocks), celui d’Avida Bystroöm (égérie d’Adidas).

    A la diffusion de la campagne, la mannequin se prend une volée de commentaires négatifs en référence à ses poils de jambes. Le site Madmoizelle en publie un petit florilège : « Va te raser », « Dégueulasse, proprement dégueulasse », « Si elle se rasait les jambes, ouais, je voudrais carrément la baiser ».

    Arvida, dont le travail photographique explore le thème de la féminité à force de coupes menstruelles, sex-toys, poils pubiens et clichés de sa cellulite, répond aux commentaires sur son compte Instagram : Ma photo pour la campagne Adidas Originals Superstar a reçu beaucoup de commentaires négatifs la semaine dernière. Moi, avec mon corps en bonne santé, blanc, cisgenre, dont le seul détail non conforme est un tout petit peu de poils. J’ai littéralement reçu des menaces de viol dans ma boîte de messages privés. Je ne peux même pas imaginer ce que ça doit être de ne pas avoir ces privilèges et exister dans le monde. Je vous envoie de l’amour et essayez de vous souvenir que tout le monde n’a pas la même expérience de vie. »

     

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    Couvent de Paname – Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence www.facebook.com/CouventDePaname

     

    Quelques sites, articles, émissions audio et vidéo à consulter, LGBTQI

     

    Médias tout public

    Tribune de Paul B. Preciado, Philosophe, dans Libération: Lettre d’un homme trans à l’ancien régime sexuel (15 janvier 2018)

    Slate: Le dictionnaire des 52 nuances de genre de fB

    LesInrocks: « Etre gender fluid, ça veut dire quoi? »

    Sur l’espace Agender de Selfridges, le genderfluid dans la pop culture et dans la mode: 20 minutes, FashionUnited

    Arvida Byström, l’égérie d’Adidas qui assume ses règles, ses poils, et tout le reste

    « Fluide, intersexe, trans, neutre, le champ lexical du genre s’élargit », sur TV5 

    Vocabulaire LGBTQI

    Ecriture inclusive

    Un clip du groupe The Knife, Pass this on (ci-dessous), que j’aime beaucoup.

     

    Sites spécialisés et/ou de recherche (bases de données)

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    Image: Quentin Houdas

     

    Audio et video de/sur Judith Butler

    B9711891022Z.1_20170503135124_000+GKO908PG9.1-0

    Associations de Bruxelles et de Paris

    Bruxelles

    Les associations sont reprises sur le site de la Maison arc-en-ciel, Rainbowhouse

    FB groupe: Transpédégouines Bruxelles

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    Paris

    Les associations, organisations, activités sont reprises sur le site Cultures LGBTI

    FB groupe: Queer Paris

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    …merci de m’envoyer des liens pour compléter et des réflexions pour ajuster cet article. Sourire. Marie

     

     

  • Atelier: « Rencontrer sa sorcière par l’hypnose », L-FESTIVAL (Bruxelles), mercredi 29 novembre 2017 à 19h.

    Atelier: « Rencontrer sa sorcière par l’hypnose », L-FESTIVAL (Bruxelles), mercredi 29 novembre 2017 à 19h.

    L’atelier: « Rencontrer sa sorcière par l’hypnose»

    « Une sorcière est un être déviant qui a réussi – du point de vue de la survie. Il existe un modèle culturel, idéologique et social de ce qu’il ne faut pas être, qui est, dans chaque société, conçu comme normal » (un terme perçu comme synonyme de naturel, ne l’oublions pas). La plupart des gens survivent parce qu’ils se conforment à ces modèles, c’est-à-dire qu’ils se comportent normalement. Cependant, tous ne se comportent pas « normalement » et ces personnes ont du mal à survivre, à cause de leur rejet du système et de tout ce qui le sous-tend, et habituellement elles s’enfoncent. On les qualifie alors « d’anormales » ou de « mésadaptées » ou d’autres adjectifs péjoratifs au regard de la norme. Puis surgit une personne déviante mais qui survit, et puisque celle-ci ne fonde pas son existence sur des modèles convenus – les seuls considérés comme naturels par les gens normaux -, il faut donc que cette déviance tire sa force vitale de quelque chose « d’inconnu » ou de « surnaturel ». Carnet de notes de Maya Deren (1947).

    Après un partage de nos représentations autour de la sorcière et une brève introduction à l’hypnose éricksonienne et au RED (le rêve éveillé dirigé est une technique mise au point par Robert Desoille dans les années 30), vous partirez confortablement à la recherche de votre archétype singulier de la sorcière, c’est-à-dire de la partie « sorcière » qui vit en vous.

    Bienvenue dans cette rencontre de l’une de vos alliées intérieures les plus magiques!

    Mary Wigman by Charlotte Rudolph
    Mary Wigman by Charlotte Rudolph

     

    DETAILS PRATIQUES

    L’accompagnante: Marie Lisel est Maitre Praticienne en hypnose éricksonienne, à Paris, à Bruxelles et ailleurs. Sorcières et licornes sont ses amis. Ses écrits sont en ligne ici: https://test.under-construction.work/ et ses sons là: https://marielisel.bandcamp.com/

    La date: le mercredi 29 novembre, de 19h à 22h.

    Le lieu et les conditions: L-FESTIVAL (Bruxelles)

    Le coût: apportez de quoi faire un échange. Vous recevez un voyage accompagné par la praticienne. Vous offrez un sac fermé contenant une somme en euros à votre convenance et un objet de votre choix, peu encombrant. L’échange entre l’accompagnante et l’accompagné.e fait partie du voyage et du rituel.

    Le déroulé:

    • Sorcière? partage de nos représentations
    • L’hypnose éricksonienne? Le RED? Quelques explications
    • Echange: de l’accompagnante aux accompagné.e.s: le voyage
    • Retour et partage de paroles
    • Echange: des accompagné.e.s à l’accompagnante: le sac

    La préparation: compilez dans un carnet tout ce qui vient, sans trier, lorsque vous posez l’intention de rencontrer votre sorcière intérieure.  Notez, dessinez, collez…

    Le matériel: carnet et sac, plaid, coussin, matelas de yoga, bouteille d’eau… ce qui vous permet de rester couché.e tranquillement pour rêver.

     

    A LIRE AUSSI

    Licornes, zèbres, loutres, nonnes, none… bienvenue!

    LIENS

    Quelques liens pour ouvrir (envoyez-moi les vôtres, livres, films, autres… sur lisellesil@gmail.com)

    SORCIÈRES, POURCHASSÉES, ASSUMÉES, PUISSANTES, QUEER
    http://www.maisonpop.fr/spip.php?article2047

    Girls Against God
    http://www.becapricious.com/girls-against-god


    Michelet, La sorcière (1862)
    .

    Texte en ligne ici: https://archive.org/details/lasorcire00mich

    La Sorcellerie capitaliste / Isabelle Stengers – Philippe Pignarre 
    Jeanne Favret-Saada, Désorceler, L’Olivier, 2009
    L’heure des sorcières
    Médecins et sorciers / Isabelle Stengers – Tobie Nathan

    Rêver l’obscur / Starhawk https://www.cambourakis.com/spip.php?article549

    Reclaim recueil de textes écoféministes / Emilie Hache: https://www.cambourakis.com/spip.php?article786

    Les pratiques de la médecine populaire
    Marie NDiaye, Trois femmes puissantes, 2009 et  « La sorcière » (Minuit, 1996)
    Olivia Rosenthal, Toutes les femmes sont des aliens, ed. Verticales


    Paul B. Preciado / Testo Junkie http://www.grasset.fr/testo-junkie-9782246732716

    La liste est loin d’être terminée…
  • Licornes, zèbres, loutres, nonnes, none… bienvenue!

    Licornes, zèbres, loutres, nonnes, none… bienvenue!

    En tant que cliente-patiente des professionnel.le.s de la santé et du développement personnel, j’ai souvent dû faire un effort pour être simplement entendue dans le respect de mes propres habitus.
    En tant que praticienne, ce qui m’importe, c’est le rapport: entrer en connexion avec l’univers de l’autre, quelles que soient ses normes, des plus alternatives aux plus traditionnelles, pour accueillir et accompagner.

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    Licorne?

    Mon entourage est joyeusement peuplé d’êtres extra-ordinaires… qui existent pleinement, mais que les normes de la société dominante maintiennent dans l’obscurité médiatique ou dans la caricature grotesque (ce qui revient de toute façon à en masquer la réalité).

    Les artistes expérimentaux, chercheur.euses au-delà des évidences et transformateur.trices de sociétés, en font évidemment partie. Certain.e.s s’identifient d’ailleurs comme « licornes ». Mais j’évoque plus spécifiquement ici les êtres à paillettes, qui ne se situent pas nécessairement dans le champ des arts contemporains de recherche. Bref, ces ensembles ont des intersections communes mais leurs champs (licornes / art de recherche) ne correspondent pas.

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    © Capitaine Longchamp | Courtesy Galerie Nadja Vilenne

    Etant inconnu.e.s, iels peuvent déclencher de fortes réactions d’incompréhension (je pense, par exemple, à un artiste expérimental auquel la famille réclame continuellement de « trouver un vrai métier » et à une copine queer que la famille ne lâche pas sur son look depuis des années: « tu pourrais au moins t’arranger un peu, te maquiller »…), de la curiosité (et de questionnement hyper-intime, sans respect de la pudeur), de la peur (de la contamination, entre autres), de l’agressivité même indirecte (« pédé », « putain » sont des insultes ordinaires), des discriminations (certain.e.s les accumulent… trans + peau foncée + formes très généreuses + polyamour + handicap + zèbre + travailleur.euse du sexe + pansexualité + performer…), de violence morale et physique, d’incompréhension agressive (« ben quoi, si t’es poly, un de plus ou de moins, hein, pourquoi pas moi?!), en plus de l’invisibilité ordinaire (ex:  dire « les hommes » pour désigner les humains ou ne pas se rendre compte de la non-représentation de certaines catégories de personnes racisées dans une large audience) et de la négation de la personne (ex: mégenrer en utilisant un pronom (il/elle) en accord avec le sexe biologique et non en accord avec le genre)…

    Ces licornes et autres êtres fantastiques évanescents qui ne rentrent pas dans les modèles des magazines-webzines, chaînes télés-radio et familles traditionnelles, se rassemblent souvent (pas toujours et pas seulement) dans des alter-groupes, par singularités et/ou activités fédératrices (quelques-uns en vrac: zèbres, bears, féministes queer, poly, sexe-positifs…), où chacun reconnait l’existence et le merveilleux de l’autre. Ces espaces « safe », de sécurité et de liberté (mais aussi de défense aux miradors bien gardés), sont « inclusifs » et font la chasse – parfois de façon extrême – aux -phobes de tout poil, selon des normes libertaires basées sur le respect et la tolérance de chacun.e, en réaction contre la violence des normes de la société dominante édictées par l’abominable-homme-cis-hétéronormé (dont l’un des stéréotypes pourrait être le « chef de famille » qui fait des blagues « pour rire hein! » sur les blondes, les tarlouzes et les putes, en allumant le barbecue à saucisses). Parfois, le protectionnisme donne lieu à de nouvelles restrictions de la liberté, à des « règles » paradoxales par rapport aux intentions de la communauté première… Et c’est reparti… Il y a de quoi réinventer sans cesse!

    (Question invention… les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence du Couvent de Paname se débrouille pas mal)

    Se justifier?

    En tant que cliente-patiente des professionnel.le.s de la santé et du développement personnel (du.de la gyné à l’hypno en passant par le.a psy, avec de nombreux intermédiaires), à part mon imperturbable psychanalyste freudienne orthodoxe et quelques rares exceptions (il y en a tout de même!), j’ai souvent dû faire un effort pour être simplement entendue et accompagnée dans le respect de mes propres habitus.

    Au pire, ceux-ci étaient classés directement dans la case « symptôme ». Consulter pour un problème de sommeil et devoir batailler pour ne pas être « traitée » pour un « problème » qui n’en est pas un pour moi m’est arrivé pas mal de fois (certains osent carrément le: « vraiment? vous êtes sûre de ne pas vouloir vous dépêcher pour tomber enceinte là maintenant? après ce sera trop tard et vous le regretterez… je connais plusieurs femmes qui… » Si si!).

    Au mieux, la.e praticien.ne évitait la projection et entrait tranquillement dans mon univers sans utiliser ses propres filtres, pour entendre ma demande et non ses malaises personnels. Youpi merci!

    (\(\
    ( -.-)
    o__(« )(« )

    Entre les deux… il y avait le – long – temps de l’explication (ou comment payer une séance qui est en fait un cours donné à l’opérateur.trice sur une « question qui l’intéresse » et qui l’entraîne, malgré mes efforts pour recentrer le propos, dans un état de fascination qui l’éloigne de sa fonction d’accompagnant.e), le malaise de l’incompréhension (car pas de cases à cocher), l’interprétation psychanalytique de comptoir, le rappel vers ce qui l’interpelle personnellement (moi pas), alors que je paie pour avancer sur une intention claire… ou bien l’énervement du bon, là, Marie, tu le fais exprès hein?! en recevant une réponse différente de celle qui semblait a priori évidente (je me souviens notamment d’un exercice entre collègues où mon opératrice était soulagée de trouver une certitude imparable pour son exercice: Tu es une femme, ça c’est certain! et a été gentiment exaspérée par mon euh… ben non, c’est pas si clair en fait).

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    Et ce n’est pas prêt de se terminer, vu la façon dont certaines formations en sexo ou psychopatho sont orientées.

    Voilà pourquoi la question m’intéresse!

    Ce qui m’importe, c’est le rapport: entrer en connexion avec l’univers de l’autre, quelles que soient ses normes, des plus alternatives aux plus traditionnelles, pour accueillir et accompagner.

    En résumé, en écoutant ce que vous avez à dire ou à taire, je n’ouvrirai pas de grands yeux fascinés, je ne froncerai pas les sourcils, je ne plisserai pas le nez, je ne chercherai pas à vous ramener à la m.raison…

    Car il s’agit – ayant désactivé mes propres filtres -, d’entrer en contact profond, de voir et d’être vue, pour vous accompagner simplement vers la création de votre vie, votre oeuvre, votre monde.

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    Vous pouvez saluer Jeanneke-Pis, dans l’Impasse de la Fidélité à Bruxelles. Zinneke-Pis, lui, vous attend à l’angle de la rue des Chartreux et de la rue du Vieux-Marché-aux-Grains. Manneken, vous le connaissez…

    « A côtoyer des licornes et des artistes expérimentaux, es-tu toujours capable de t’adapter à l’univers d’une personne plus traditionnelle? »  Me demande-t-on de temps en temps.

    Je répondrai que je ne vis pas dans une secte, mais bien en immersion dans différents univers, reliés ou non. Membres de ma famille belge, amis d’enfance, collègues hypnos, collègues artistes, entourage de divers cercles et horizons géographiques… forment un monde où la diversité des habitus est une richesse.

    En outre, en tant qu’accompagnatrice, je privilégie la connexion (rapport, complicité, fluidité, adhésion, immersion…) et non la compréhension au sens rationnel, intellectuel du terme.

    C’est un peu comme ce que je pratique avec les chats, chevaux, oiseaux… en me connectant avec mes ressources les plus profondes, je « suis », en immersion, les ressentis et réactions des êtres que je rencontre, sans interroger mon système d’organisation du monde pour voir si ces ressentis et réactions correspondent aux miens et à quelles conditions. Juste dans l’ici et maintenant.

    Et j’ai du plaisir à le faire, quel que soit l’univers des êtres qui me font confiance, car chaque fonctionnement recèle des paysages singuliers et des lumières inouïes.

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    Les Chlorophtalmus agassizi vivent en symbiose avec des bactéries luminescentes logées dans leurs yeux à lentille (là, on voit les yeux de cette bande de petits poissons)

    Friendly *

    * Licorne friendly * Polyamory friendly * Zèbre friendly * Nullipare friendly * Fat friendly * LGBTQI+ friendly * Handi friendly * Grand-m.père friendly * Indépendant.e-ouvrier.e-employé.e-chomeur.euse-cadre-astronaute-dentiste-ministre-infirmier.e-gardien.ne-analyste-botaniste-enseignant.e-contrôleur.euse-artiste-journaliste…friendly * Chamane friendly * Cis friendly * Homoparentalité friendly * Personne racisée friendly * Pluripartenariat friendly * Queer friendly * Sorcier.ère friendly * Créateur friendly * CrossFit friendly * Hétéronormé friendly * Loutre friendly * Sexworker friendly * Séropo friendly * Kink friendly * Vegan friendly * Lesbian friendly * Freak friendly * Pervers positif friendly * Pan friendly * Fetish friendly * Contrôleur.euse friendly * Amazone friendly * Fée friendly * Hypno friendly * Ornithorynque venimeux friendly * Sexpositif friendly * Nonne friendly * Intellectuel.le friendly * Cousin.e friendly * Ecosophe friendly * Nymphe friendly * Cycliste friendly * Libertaire friendly *  friendly * friendly * Puma friendly * M.père friendly * Entraineur.euse friendly * Nice guy friendly * Chacun.e avec ce que/qui vous êtes friendly *

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    En séance, ce que je suis, mes valeurs, mes représentations n’ont pas lieu d’être. Il m’est possible de trouver la beauté chez toute personne que j’accompagne, qu’elle soit colibri ou dealeuse de chasse au lion.

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    Regardez l’image de très près en relâchant vos yeux, puis reculez lentement et découvrez ce qui se cache dans ce stéréogramme 🙂

    En revanche, comme je l’ai détaillé dans les infos, je choisis de ne pas accompagner en séance les personnes:

    • diagnostiquées comme atteintes d’un trouble psychotique (schizophrénie, paranoïa, maniaco-dépression…)
    • diagnostiquées comme atteintes d’un trouble bipolaire
    • sous anxiolytique ou antidépresseur au quotidien
    • atteintes d’alcoolisme sévère
    • prenant des drogues au quotidien (je ne parle pas de marijuana)
    • mineures
    • sous tutelle

    … car cela demande une spécialisation, voire un double titre médecin-hypno, psychiatre-hypno. Je vous transmettrai, si c’est votre cas, les coordonnées d’un.e collègue spécialisé.e dans la question. A Paris: Hypnosis, Centre de soins spécialisé dans les applications médicales de l’Hypnose.

    Sourire.

    © Marie Lisel

    Image: Unicorns | Steven Baker via Flickr

  • Explorer les genres par l’hypnose

    Explorer les genres par l’hypnose

    QUELS LIENS ENTRE L’HYPNOSE ET LES ETUDES SUR LES GENRE?

    Lorsque l’on parle de représentation, de croyance, de capacité, de comportement, de construction d’identité, alors l’hypnose a ses raisons d’intervenir, par le recadrage, l’exploration par le rêve éveillé, le changement comme solution, l’anticipation d’un changement, la transformation d’habitudes devenues obsolètes et gênantes…

    Au point de vue de l’exploration, découvrir ses sous-personnalités ou ses représentations symboliques (régression après naissance ou dans les vies antérieures, progression, symbolique corporelle, comportement animal…) sans les coincer dans des clichés et attentes étroits permet davantage de possibles. Apprivoiser son être sans a priori genré ouvre la liberté.

    Au point de vue de l’exploration encore, comprendre, en le vivant de l’intérieur, ce que signifie incarner un autre genre social (M ou F ou trans M to F ou trans F to M ou…) peut être éclairant et transformateur, pour son rapport à soi ou pour son rapport à l’autre. Je pense ici, notamment, à une expérience en hypnose (j’étais sujet de séance) où j’ai incarné un militaire masculin figé dans une inspection des troupes (je n’ai pas choisi ce cliché loin de mes aspirations, c’est Mon autre qui m’a envoyée là en régression dans les vies antérieures), mais aussi à l’idée d’une version hypnotique qui me vient de l’expérience d’un workshop de Kay Garnellen (artiste et activiste trans qui questionne les thèmes du genre et de la sexualité), qui permettait par des jeux de rôles de vivre ce que ressent une personne trans socialement (en rue, aux toilettes publiques, dans un bar). Par l’exploration, il y a de quoi transformer des croyances et nourrir une compréhension profonde de ce que vit l’autre et de ce que l’on peut ressentir en soi sans en avoir une trouille affolante.

    Au point de vue de la résolution d’un problème, intégrer les études sur le genre à la pratique hypnotique (ou l’inverse) peut aider à accompagner dans la justesse et non pas enfermé(e) dans des représentations hétéronormées. Comme demander à l’Etre intérieur de floZif, activiste queer, s’il est disposé à faire passer la puissance du « bras-bite » (main droite plus efficace dans la baise) de la droite à la gauche, le temps de la réparation d’une épaule abimée, afin d’éviter de rester castrée pendant la durée des opérations. Et puis de laisser simplement les mains de floZif s’organiser entre elles, en occupant le conscient.

    Au point de vue de l’anticipation (utilisée pour se préparer à n’importe quel changement important), l’hypnose est un outil magnifique: la transition M to F ou F to M, par exemple, gagne à être explorée et anticipée par l’hypnose, de façon à faciliter les connections entre les identités, à résoudre d’éventuels conflits intérieurs et à vivre le passage en toute tranquillité.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

    PS:  UN COURT RAPPEL ET DES LIENS A EXPLORER

    Les « gender studies » (traduire: « études sur le genre » et non « théorie des genres » car il n’y a pas de théorie), venues des Etats-Unis, dans les années 1960-1970,  forment un champ d’études universitaires interdisciplinaire.

    Leur propos est d’étudier la façon dont la société associe des rôles à chaque sexe et traite différemment les individus en fonction d’un genre binaire. Exemple tarte à la crème: masculin > cheveux courts, bleu, camion, rugby, sciences, colère, force, action, carrière, coureur, Scotch… / féminin > cheveux longs, rose, poupée, danse, arts, hystérie, douceur, rêverie, éducation des enfants et tâches ménagères, mère ou putain, kir…

    Selon ces chercheurs, la femme et l’homme ne sont pas identiques, mais la construction de leur identité sexuelle doit beaucoup à l’éducation et aux croyances du milieu dans lequel l’individu grandit, qu’il soit doté d’un vagin ou d’un pénis. Ainsi, la dissociation du biologique et du culturel interroge les normes dites « naturelles » (et donc jugées immuables), qui sont liées au sexe biologique.

    Quels sont les clichés et mécanismes qui produisent ces inégalités? Notre quotidien en est truffé! De la blague sur les blondes au « pour une femme, c’est quand même mieux de… » en passant par les rayons de jouets, les habitudes inconscientes des parents qui différencient les tâches assignées à chaque enfant selon son sexe, les qualificatifs accompagnant les demandes faites à chacun selon les attentes que l’on a envers une femme ou un homme, les représentations des corps dans la publicité, les rôles dans les films d’action, jusqu’au « best-seller » qui conforte les représentations sexistes en avançant des recettes miracles pour comprendre le mystère de « l’autre »…

    Les Américaines Gayle Rubin et Judith Butler montrent que le rapport entre les sexes n’implique pas seulement une hiérarchie entre les genres (domination masculine) mais également une injonction normative à se conformer aux stéréotypes de son genre biologique.

    Ainsi, chacun, selon la norme socio-culturelle du binarisme de genre, est censé se conformer à un genre prédéfini et à tous les diktats qui lui sont attachés, y compris celui de l’orientation sexuelle. L’homme serait tourné vers l’action et la culture, il serait courageux et protecteur et ne pleurerait pas (sauf à l’enterrement de son père), il aimerait les femmes d’apparence féminine (et sans poils). La femme serait tournée vers le cocon et la nature, elle marcherait à petits pas élégants prudents et aimerait les hommes grands et forts, ils formeraient un couple qui baiserait dans le noir uniquement à deux et selon les positions et pratiques « convenables » et auraient des enfants. Bien sûr, si l’un d’eux, hermaphrodite, naissait avec les deux appareils génitaux, il serait rapidement mutilé pour n’en garder qu’un et serait éduqué en fille ou en garçon selon le choix du médecin, qui aurait ainsi « tranché », et serait destiné à faire un mariage fructueux comme ses propres parents. Tout le reste ne serait qu’anomalie et déviance.

    Comment apporter des modifications aux habitus imposés par la société? Le mouvement queer (issu des études de genres mais ne se confondant pas avec elles) se joue de la multiplicité des identités sexuelles: la masculinité et la féminité ne peuvent expliquer la hiérarchie et la domination, non moins que le sexe n’expliquerait le genre.

    En clair, pour le mouvement queer la sexualité et le genre social (être considéré comme un individu masculin ou féminin) d’un individu n’est pas déterminé par son sexe biologique (mâle ou femelle), mais par son environnement.

    Il est dès lors important de différencier le sexe (mâle/femelle) et le genre (masculin/féminin) par rapport à une société qui tendrait à considérer comme anormaux les individus qui ne se situent pas dans la normalité d’une hétérosexualité perçue comme naturelle et innée, avec un genre découlant du seul sexe acquis à la naissance.

    Quant à la question du « féminisme« , une question qui m’est souvent posée, j’avance deux réponses : 1: il y a plusieurs féminismes, dont certains s’opposent radicalement; par exemple, le féministe queer et le féminisme essentialiste (ou « différencialiste » : qui promeut une égalité M/F mais chacun dans le rôle assigné selon son sexe biologique, qui déterminerait naturellement son genre). Ne pas les confondre, please!!! 2: dans mon entourage, de nombreux individus de sexe masculins, hétéros ou non, sont féministes queer, c’est à dire qu’ils envisagent les individus sans relier leurs présumées qualités ou caractéristiques à leur sexe biologique et qu’ils sont attentifs à ne pas véhiculer de propos ou d’attitudes différencialistes, puisqu’il y a, au centre du queer, une nouvelle manière de rejeter les catégories binaires de sexe, de même qu’une nouvelle problématisation des sexualités qui mettent ces catégories au défi.

    Quelques liens glanés sur le web (qui ont inspiré ce « rappel rapide »)

     

    dossier: http://www.nonfiction.fr/article-7758-dossier__un_etat_du_genre.htm

    radio: http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-melange-de-genres-14-la-theorie-queer-2014-11-24

    radio: http://www.franceculture.fr/emission-chanson-boum-king-s-queer-2012-11-18

    https://www.cairn.info/revue-mouvements-2002-2-page-44.htm

    http://next.liberation.fr/sexe/2013/04/29/la-theorie-du-genre-a-toujours-ete-queer_899849

    http://www.scienceshumaines.com/les-gender-studies-pour-les-nuls_fr_27748.html

    Appel à contribution – n°1 de la revue GLAD!

    http://www.couventdepaname.org/ et https://www.facebook.com/pages/Couvent-de-Paname-Les-Soeurs-de-la-Perp%C3%A9tuelle-Indulgence/106982269376947

    http://information.tv5monde.com/terriennes/genre-neutre-il-ou-elle-pas-besoin-de-choisir-60046

    http://www.swissinfo.ch/fre/societe/le-combat-des-hermaphrodites-contre-les-op%C3%A9rations-forc%C3%A9es/7568582

    http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20131213.OBS9493/theorie-du-genre-judith-butler-repond-a-ses-detracteurs.html

    http://www.scienceshumaines.com/genre-et-identite-judith-butler-en-france_fr_5114.html

    http://www2.univ-paris8.fr/ef/spip.php?article1

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_B._Preciado

    http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18776064&cfilm=128359.html

    http://www.cinequeer.fr/films/

    http://www.madmoizelle.com/theorie-genre-explications-172321

    http://secondsexe.com/magazine/Similitudes-des-organes.html

    http://www.instinct.berlin/

    https://www.facebook.com/polychrome.edl/

    https://www.facebook.com/la.mutinerie.9/?fref=ts