Catégorie : L’hypnose en dehors d’un cabinet

  • Stimuler la créativité

    Stimuler la créativité

    L’hypnose stimule la créativité et nous permet d’apprendre à nous en servir pour modeler un rapport au réel satisfaisant nos besoins et désirs profonds. Elle est aussi un outil de création artistique, comme si l’art était « augmenté » par l’hypnose (l’expression est de Catherine Contour et fait référence à la réalité augmentée par superposition d’un modèle virtuel).

    Dans la vie courante, les créatifs inventent des concepts, des machines, des histoires, des façons de traverser la ville, de s’habiller, de communiquer, d’être avec l’autre, de gérer le temps, d’accorder des aliments, de se jouer des vicissitudes… car la créativité est un état d’esprit : à chaque fois que nous prenons du recul par rapport à nos croyances, nos habitudes, nos conventions, nos réflexes, que nous ruons dans les brancards du conformisme et que nous faisons une proposition positive de dépassement de la routine, nous enclenchons un processus créateur.

    La créativité n’est pas l’apanage des artistes, même si certains artistes vouent leur vie entière à l’expression de cette attitude intérieure et la pousse donc à son paroxysme.

    Pas mal de magazines et webzines se sont interrogés dernièrement sur ce qui démarquerait les personnes créatives de celles qui se disent non créatives.

     En dressant la liste des caractéristiques relevées dans différents articles grand public, je me suis dit que l’on n’aurait pas parlé des bénéfices de l’hypnose autrement.

     Donc j’ai continué la liste commune (à poursuivre dans les mois qui viennent au gré de mes lectures et de vos propositions), en me restreignant dans mes allusions aux textes de John Cage, l’un de mes « maîtres es créativité », d’où sa photo, en pleine cueillette de champignons, comme illustration de cet article.

     Voilà : cqfd 🙂

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    John Cage

    Le goût de l’aléatoire ? Le fait de se servir du hasard ? Les opérations fortuites ?

    Le goût de l’inquiétante étrangeté ?

    La curiosité ?

    L’invention de réponses, solutions, réactions, représentations du réel, face à une situation nouvelle?

    La capacité à laisser (ad)venir ? à accueillir ce qui vient ? La capacité à laisser faire, à ne pas vouloir tout maitriser ?

    L’adaptabilité ? La capacité à surfer sur la situation qui se présente, même inconnue ou impromptue ? A être comme l’eau vive ?

    La capacité à zigzaguer ? Le fait de privilégier les bifurcations aux chemins présentés comme évidents ? Le fait de ne pas « aller droit » selon la croyance dominante du « droit chemin » ?

    La capacité à rebondir de façon ludique sur les mille et un petits tracas ?

    L’acceptation du risque ?

    La sérendipité – capacité à utiliser des éléments trouvés alors qu’on cherchait autre chose ?

    L’audace ? oser s’ouvrir à l’inconnu, au jamais vu, au jamais pensé

    Le fait de se permettre des tâtonnements, les coups pour rien, des erreurs, plutôt que d’attendre d’être parfaitement prêt pour créer (ce qui n’arrive jamais) ?

    L’utilisation des insatisfactions vers un dépassement ?

    Le fait de rester aux aguets, en recherche d’un au-delà de soi-même ?

    Le fait de se poser sans cesse des questions ?

    La capacité à discuter l’ordre apparemment naturel des choses, à ne pas se satisfaire des conventions, de la routine… de ne pas respecter scrupuleusement des modèles (écoles, parents, médias, croyances des proches)

    La déshinibition (et désobéissance non pas par principe d’être contre mais au cas par cas, pour suivre ses intuitions) ?

    La positivité (critique ET proposition positive) ?

    L’espace-temps désencombré accordé à ce qui pourrait se passer ? L’acceptation du vide vécu et non subi ou fuit?

    L’acceptation d’un temps de latence, où l’on reste en « jachère » sans forcer

    L’état de réceptivité et de sensibilité ? La captation d’éléments a priori cachés, l’amplification des sensations, l’intensification des émotions ?

    La confiance en soi ? L’estime de soi ? le fait de prendre ses décisions par soi-même ?

    L’empathie ? être en connexion avec l’autre, avec son for intérieur (rêverie, fantasmes, intuitions), avec chaque environnement (nature, conversation singulière entendue dans le métro, famille, musique…), comme une éponge qui donne et absorbe des informations très diverses.

    La transformation des éléments captés, leur mélange et leur association entre eux, pour en extraire une création personnelle nouvelle ?

    La capacité à réagir dans l’ici et maintenant, identifié à l’instant présent, sans la restriction du souvenir et de la projection (qui activent des peurs) ?

    La capacité à la rêverie active, au rêve éveillé, aux constructions imaginaires ?

    La connexion à soi ? L’écoute de l’intuition, du sentiment d’évidence, des impressions ? La prise en compte du « regard intérieur » ?

    La levée des contrôles intellectuels et rationnels, vers une sorte de « débranchement » des connexions habituelles, pour laisser émerger des connexions nouvelles qui sont habituellement censurées ?

    L’ouverture aux émotions ?

    L’aptitude à la prise de conscience, à l’épiphanie, au déclic mental, qui révèle ce qui restait caché ?

    La capacité au flottement, à la rêverie floue, à la dérive ?

    Le dépassement ou détournement des limites, des cadres, des codes, des conventions, des habitudes ?

    L’exaltation face à l’ouverture du champ des possibles ?

    Le goût du jeu ?

    L’observation de ce qui semble a priori peu important et qui révèle pourtant un monde ?

    L’originalité dans la manière de faire des liens, des connexions, des imbrications ?

    La faculté de vivre une infinité d’expériences, dans le cinéma intérieur (ce que je me raconte en mots, images, sensations), pour en tirer des réponses, des émotions nouvelles, des apprentissages, des essais… par l’imagination ?

    La capacité à laisser venir le chaos, pour laisser émerger par la suite un nouvel ordre, une nouvelle représentation, construite sur une autre logique que celle qui présidait ?

    La possibilité de changer de façon de fonctionner volontairement (programme personnel de précision, efficacité et confiance pour une tâche, puis lâcher-prise, puis créativité, par exemple)?

    La possibilité de transformer volontairement la représentation subjective d’un événement et l’état émotionnel qui l’accompagne (autrement dit, de changer l’histoire habituelle que l’on se raconte face à tel événement) pour en tirer une nouvelle expérience, découvrir une nouvelle partie du monde et de soi-même?

    La liberté que l’on s’accorde à soi-même?

     

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

  • Les séances d’hypnose en musée, centre d’art, galerie

    Les séances d’hypnose en musée, centre d’art, galerie

    Je pratique l’hypnose, seule ou en séance individuelle, dans des lieux d’art contemporain, à la rencontre des œuvres ou tout simplement entourée d’elles, qu’elles soient peintures, dessins, sculptures, photographies, installations…

    Pour moi l’hypnose et l’art se marient à bien des niveaux. Je développe d’autres niveaux dans d’autres articles, pour me consacrer ici à la question du lieu entièrement dévolu à l’art, qui consacre dès lors « l’étrangeté », inquiétante ou non et ne la dérange qu’extrêmement rarement.

    UN LIEU QUI POSE QUESTION

    Le public qui se balade dans ces lieux se pose généralement au moins une fois la question du banc (œuvre ou siège ?), du déshumidificateur (œuvre ou déshumidificateur ?), de l’étudiant des Beaux-arts looké qui dessine dans une position particulière (performance ou exercice scolaire ?), de l’abeille posée sur le mur (œuvre ou insecte rentré par la fenêtre ?) et avance avec prudence et respect (voire crainte), de prendre le son d’un radiateur pour une œuvre… ou d’interrompre des performers. Imaginez donc qu’une femme assise ou debout, les yeux ouverts ou fermés, une main en l’air, oscillant légèrement, pendant plus d’un quart-d’heure face à une œuvre ou sur un siège au milieu d’une salle, pourrait être une de ces performeuses qu’il serait insensé de perturber. Le musée ou le centre d’art sont des lieux où je me sens chez moi et où l’on ne me dérange que très rarement. A deux, lorsque je donne une séance, la scène est sensiblement la même. Tino Seghal m’a rendu un sacré service !

    L’oeuvre pose question. L’état hypnotique aussi. L’œuvre appelle à un autre regard. L’état hypnotique aussi. L’œuvre ouvre d’autres possibles… alors imaginez les deux réunis!

    OSER CHERCHER CE QU’IL Y A A VOIR

    Je relève aussi, si je prends l’exemple d’une exposition dans une institution importante (qui accueille entre autres le grand public), que le simple fait de de m’observer (ou de nous observer lorsque je pratique sur quelqu’un) en transe douce, face à l’intérieur d’une coupole d’Anish Kapoor, à un grand tableau bleu d’Yves Klein, au flou d’un Richter, à un mobile de Calder… non seulement pose question (discrètement, sans passage à l’acte), mais aussi permet à certains d’approcher l’oeuvre autrement, d’une façon qu’ils n’auraient sans doute pas envisagée sans la permission que leur donne le fait d’observer la façon de faire de quelqu’un qui a l’air à l’aise, ce faisant. Lorsque je m’éloigne, je remarque souvent qu’une personne s’est placée exactement à la place que je quitte, « pour voir ».

    Car il y a à voir, dans l’œuvre bien sûr mais aussi hors d’elle, à l’intérieur de soi, avec le monde comme miroir.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Wolfgang Laib, “Pollen From Hazelnut”, au MoMA

  • A la porte des mondes virtuels

    A la porte des mondes virtuels

    Image: extraite d’eXistenZ, film de David Cronenberg (1999)

    Chausser l’Oculus Rift et s’immerger dans un monde virtuel, en incarnant un avatar que l’on a créé, entraine un état modifié de conscience évident.

    Le voyage évade, défoule, offre des possibles épatants… mais quid des aventures vécues par cette projection de nous-même lorsque nous sortons de l’univers virtuel pour revenir à la réalité partagée non virtuelle?

    Le vécu dans le jeu a de fortes chances d’être traité comme réel dans le psychisme, à l’instar de ce qui est vécu sous hypnose dans le rêve éveillé.

    Or, en retirant le casque, le passage est abrupt.

    L’hypnose, en tant que sas entre les mondes?

    Il suffit d’oser.

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

     

  • « Hypno/art éch ctre résid nature »

    « Hypno/art éch ctre résid nature »

    Image: un endroit que j’aime

    En manque de vraie nature (campagne, montagne, forêt, mer, désert…), malgré mes longues marches dans le bois de Vincennes à Paris ou dans la forêt de Soignes à Bruxelles, je cherche un lieu à peu près facile d’accès (je ne conduis pas), pour écrire, conceptualiser, tester, composer, voyager… de temps à autre.

    Je propose un échange en séance(s) d’hypnose ou bien en workshop avec vos proches. Ou bien je peux m’occuper de vos chats, chiens, chevaux, plantes… en votre absence (j’ai de l’expérience, j’ai vécu longtemps au vert entourée d’animaux).

    Sourire,

    Marie Lisel

    PS: il y a une superbe initiative ici: Hostanartist

    PS2: Bienvenue en séance

     

     

  • Ecoute synesthésique de l’art acousmatique par l’hypnose

    Ecoute synesthésique de l’art acousmatique par l’hypnose

    TRANSFORMER LES SONS

    Cet atelier de 3h invite les participants à transformer les sons en formes et couleurs, en sensations et en mouvements.

    Il se fait debout et/ou couché et nécessite une salle confortable et une sono de qualité en 4.1. et une table de mixage.

    SYNESTHESIE

    La synesthésie (du grec sunaisthêsis : perception simultanée) est une expérience subjective, dans laquelle des perceptions relevant d’une modalité sensorielle (ici : les sons écoutés) sont accompagnées de sensations relevant d’une autre modalité (ici : les sensations kinesthésiques et le mouvement intuitif), en l’absence de stimulation de cette dernière.

    Dans ce workshop, grâce à l’outil hypnotique, nous créerons les conditions propices à l’expérience de la synesthésie, dans le sens où la musique électroacoustique fera éclore, dans un premier temps, des sensations physiques et, dans un second temps, des mouvements spontanés.

    Autrement dit, en écoutant un objet sonore, puis un montage d’objets sonores, chacun développera ses facultés à transformer cette matière en sensation de température, en tremblement, en expansion, en passage intérieur, en picotement agréable, en flottement… et laissera le corps bouger sans intervention de la volonté et sans le support « mélodie et rythme », habituel dans la danse.

    En savoir plus sur la synesthésie, voir le projet Synesthéorie de Vincent Mignerot

    L’HYPNOSE COMME OUTIL POUR LA SYNESTHESIE

    L’hypnose éricksonienne est un outil formidable pour expérimenter les sensations. En entrant en contact avec les parts non volontaires de nous-même, il est possible de créer des images, odeurs, goûts, sensations, sons, mais aussi de relier un stimulus (ici les objets sonores) à une réaction (ici les sensations corporelles). Le développement de la synesthésie par l’hypnose repose sur la base de ressources présentes en chacun de nous, qui sont rendues disponibles et amplifiées, jusqu’à jouer avec l’état que connaissent les synesthètes spontanés.

    Lorsque vous lisez une bande dessinée, des sons apparaissent dans votre esprit alors que le livre en lui-même n’est qu’un stimulus visuel. Idem lorsque vous entendez la fraise du dentiste en étant encore dans la salle d’attente… l’odeur, le goût et les sensations corporelles apparaissent très naturellement. Cette faculté est inscrite en nous mais s’est perdue chez bon nombre d’adultes. Elle ne demande qu’à être réactivée, ce qui est possible grâce à l’hypnose.

    UNE EXPERIENCE SINGULIERE

    Bien sûr, ce jeu hypnotique, en transe légère, ne donne pas les mêmes effets chez tout le monde. Selon les ressources de chacun, selon les métaprogrammes (façon habituelle de fonctionner), selon l’état du jour, selon le rapport entretenu avec la musique électroacoustique, selon le degré de suggestibilité, selon l’entrainement à la transe et selon le rapport au corps et à la danse… les réponses sont variables en intensité et diverses par leurs formes.

    En outre, ce travail avec l’outil hypnotique respecte les limites de chacun. Et toutes les conditions techniques sont mises en place afin que l’état de transe soit orienté vers une synesthésie kinesthésique positive, épanouissante, ouvrante (de nombreuses balises empêchent le « bad trip » 😉 )

    LA MUSIQUE ELECTROACOUSTIQUE

    La musique électroacoustique est la musique idéale pour ce projet. Tout d’abord, elle repose sur “le son pour le son”, l’objet sonore étant écouté pour ses qualités sonores et non en rapport avec sa source et ses connotations. Ensuite, elle ne donne pas la solution habituelle pour bouger en musique, c’est-à-dire la mélodie et le tempo régulier. Enfin, elle propose des univers singuliers et cohérents, mis en espaces, pour une immersion en 3 dimensions.

    Le workshop se cloture sur l’écoute d’une pièce de 10-15 minutes, sans intervention de l’hypnotiste ni coupure sonore, de façon à ce que chacun puisse expérimenter ses découvertes dans une immersion complète. Ensuite, nous débriderons joyeusement 🙂

    PREMIERE MUSICIENNE INVITEE: VALERIE VIVANCOS

    Dans cette proposition, Valérie Vivancos joue des sons tirés de son projet en cours, “Releasing the Spirit of Objects”, qui explore le rapport primal du corps à l’objet sonnant. Le premier volet de cette série, commande du GRM et de Radio France sera créé en février 2017 au studio 105 de la Maison de la Radio dans le cadre du festival Présences.

    Depuis la fin des années 90, Valérie Vivancos (Ocean Viva Silver) explore les modalités du son à la croisée de recherches artistiques et musicales. Après avoir étudié aux Beaux Arts de Londres (Chelsea College of Arts) et San Francisco (SFAI) et navigué 11 ans dans les arts sonores anglo-saxons, elle rejoint Paris et initie des projets éditoriaux et de performance (Double Entendre et OttoannA, avec Rodolphe Alexis), travaillant ponctuellement pour des structures de recherche musicale dont le GRM. Son corpus évolutif débute par une table rase, l’expérience relative du silence (Em direção ao silêncio – Rio, 2001), pour s’acheminer vers les rythmes naturels du corps (Sleep in Opera – Copenhague, 2002 / Stockholm 2016) jusqu’aux timbres communicants (Echolalia – Paris, 2014). La série en cours,“Releasing the Spirit of Objects” explore le rapport primal du corps à l’objet sonnant. Le premier volet de cette série, commande du GRM et de Radio France sera créé en février 2017 au studio 105 de la Maison de la Radio dans le cadre du festival Présences.

    Cliquez ici pour le  site web de Valérie Vivancos

    CONDITIONS PRATIQUES

    Cet atelier de 3h (possible en 2h) invite les participants, au nombre de 8 à 50, à transformer les sons en sensations et en mouvements spontanés. Il se fait debout et/ou couché.

    Il nécessite une salle confortable, un micro-casque sans fil, une table de mixage et une sono de qualité en 4.1.

    PUBLIC

    Il s’adresse d’abord aux musiciens, aux danseurs et aux autres artistes du champ des arts contemporains, ainsi qu’aux chercheurs, professionnels et amateurs, en synesthésie, en hypnologie, en arts…

    ADAPTATION POSSIBLE

    Pour une initiation avec un public plus large, c’est-à-dire pour un groupe non initié à l’acousmatique, la musique électroacoustique peut être remplacée par une musique présentant un tempo et une mélodie, sans aller toutefois vers une musique trop familière, qui risquerait d’emporter les participants vers ce qu’ils connaissent déjà (la danse sur une musique dansante avec un rythme régulier, un refrain, des attentes comblées…).

    Il suffit d’oser!

    © Marie Lisel

    Image: Beatriz Ferreyra

    « Ecoute synesthésique de l’art acousmatique par l’hypnose » peut aussi se décliner en séance. Bienvenue

     

  • Eliane Radigue: des musiques hypnotiques

    Eliane Radigue: des musiques hypnotiques

    ELIANE RADIGUE

    Eliane Radigue (née en 1932) utilise des sons continus, créés selon des techniques complexes, qui invitent à une écoute active, mais aussi à la méditation ou à l’hypnose.

    Elle est l’une des compositrices les plus influentes de ces 50 dernières années et l’une des références quasi unanimes des créateurs de musique électroacoustique. Je ne suis donc pas très originale en la présentant comme l’une de mes écoutes favorites.

    UN ETAT D’OUVERTURE DE CONSCIENCE

    La dernière fois que je me suis laissée aller à une écoute de son oeuvre, plusieurs heures d’affilée, en autohypnose, j’ai atteint cet état incroyable d’impression de faire partie du grand tout, cet état de sérénité parfaite, si précieux. Mais étrangement, ce n’était pas cette fois sous la forme de mollécules d’eau parmi les mollécules d’eau (mon « corps » dilué dans tout ce qui contient de l’H2O), existant indistinctement en mollécules entremêlées, mais sous la forme de grains de sables d’une colline ronronnante, un puma de sable immense. Comme d’autres musiques de transe minimalistes, la musique d’Eliane Radigue peut mener à cet état d’ici et maintenant, en harmonie, en paix, en lien avec le monde. Un des états de bonheur qui vaut bien de s’exercer un peu 🙂

    Je vous invite à vous laisser guider par sa musique – ou plutôt à laisser « vos autres » (voir l’article « Mon autre/Mes autres) projeter leurs rêves, émotions ou intentions dans ses sons, si subtils, riches et éclairants. Et peut-être un jour, à prolonger un état d’autohypnose préparé en séance dans ses sons pour vivre des expériences.

    Je me contenterai  ici d’une transcription d’une citation (tirée de son portrait), d’un portrait par Maxime Guitton, d’un autre par Jean-Claude Fraicher, d’un lien pour écouter Arthesis, et Geelriandre et de la description de la « Trilogie de la Mort ».

    Cette citation correspond à au moins un processus que l’on utilise en hypnose: créer son propre réel par le choix de ce sur quoi nous portons notre attention : « On peut très bien dans la rumeur de cette ville avec une certaine attention d’écoute, entendre des fréquences et créer sa propre musique. Quand j’étais jeune je faisais ça dans les avions, par exemple. Il y en avait certains qui étaient extrêmement musicaux, d’autres moins… mais on écoute toutes les fréquences et on crée… l’oreille se balade dans tout ça et crée sa propre musique ».

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

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    « La musique d’Éliane Radigue est une expérience envoûtante du temps et de l’espace. Composée d’amples flux de vibrations, elle est à la fois monumentale et infiniment discrète. Tel un miroir pour l’esprit, elle dévoile “ces étranges rivages de nos paix ignorées”, comme l’a écrit Gérard Fremy. Dès ses premières compositions à la fin des années 60, elle a développé une œuvre unique en son genre, en toute indépendance des esthétiques en vogue. Pionnière des musiques électroniques, elle a exclusivement travaillé avec ce médium jusqu’en 2000. Elle travaille aujourd’hui avec les sons acoustiques d’instruments classiques.« 

    Extrait du texte Un portrait d’Eliane Radigue par Emmanuel Holterbach

    « TRILOGIE DE LA MORT » D’ÉLIANE RADIGUE / MUSIQUE POUR ARP SYNTHESIZER

    CHAPITRE I (61’22) KYEMA
    États intermédiaires … À mon fils, Yves Arman Inspiré du texte-racine du Bardö-Thödol (Le Livre des Morts Tibétains), cette œuvre évoque les six états intermédiaires qui constituent la « continuité existentielle » de l’être.

    I – Kyene – Naissance

    II – Milam – Rêve

    III – Samten – Contemplation – Méditation

    IV – Chikaï – Mort

    V – Chönye – Claire Lumière

    VI – Sippaï – Traversée et Retour

    Achevé au studio de l’auteur, Paris, en octobre 1988. Kyema a été créé en décembre de cette même année au New Langton Arts à San Francisco.

    CHAPITRE II (56’08) KAILASHA
    La double source d’inspiration de cette pièce évoque le paradoxe de certains dessins d’Albers ou d’Escher dans lesquels un élément des volumes devient le sas ou l’interface/interphase qui livre l’accès à un autre espace volumétrique à la fois logique et paradoxal. D’abord intitulé « Hereafter », KAILASHA en réfère à une expérience puisée dans le réel vécu, mais est également la transposition d’un parcours imaginaire autour de la montagne la plus sacrée des Himalayas, le Mont Kailash, considéré comme l’une des voies d’accès à une autre sphère d’existence.

    Achevé en 1991 au studio de l’auteur, Paris, en 1991. Créé à l’Experimental Intermedia Foundation, New York, le 16 mars 1991.

    CHAPITRE III (51’17) KOUME
    « Ô Mort,où est ta victoire ? » (Corynthiens XV) Œuvre de cendres – Des cendres de l’illusion devenue lumière Des-cendres au plus profond des sources de la vie. Là où naît la Mort, où Mort devient Naissance. Activement re-commencement – Eternité d’un perpétuel de-venir.

    I – « Certainement l’homme se promène parmi ce qui n’est que l’apparence » (Psaumes XXXIV#7)

    II – « Qua resurget ex favilla judicandus homo reus » (Messe de Requiem)

    III – “Have lightning and thunders their fury forgotten” (Passion selon Saint Mathieu)

    IV – « Ô Mort, où est ta victoire ? » (Corynthiens XV)

    Commande réalisée au Studio CIRM à Nice en 1993. Création au MANCA, Nice, le 14 novembre 1993.

    Sa discographie:

    • E = A = B = A + B (2 x 7″ limited edition) (Galerie Yvon Lambert, 1969 reprise par Povertech Industries, 2000)
    • Songs of Milarepa (single disc) (Lovely Music, 1983)
    • Jetsun Mila (Lovely Music, 1987)
    • Kyema, Intermediate States (Experimental Intermedia, 1992)
    • Mila’s Journey Inspired by a Dream (Lovely Music, 1992)
    • Biogenesis (Metamkine, 1996)
    • Trilogie de la Mort (Experimental Intermedia, 1998)
    • Songs of Milarepa (two discs) (Lovely Music, 1998)
    • Adnos I-III (Table of the Elements, 2002)
    • Geelriandre / Arthesis (Fringes Archive, 2003)
    • Elemental II (Records of Sleaze Art, 2004)
    • L’Ile Re-sonante (Golden Nica, Ars Electronica 2006, Shiin, 2005)
    • Chry-ptus (Schoolmap, 2007)
    • Naldjorlak pour Charles Curtis, (Shiin, 2008)
    • ? 847 (Oral, 2013)
  • Recadrage par courant d’air

    Recadrage par courant d’air

    LE RECADRAGE, UN POINT COMMUN ENTRE ART ET HYPNOSE

    Documenta de Kassel 2012: des courants d’air provoqués par des souffleries invisibles traversent un énorme espace vide, accueillant ainsi le visiteur dans le bâtiment principal, le Fridericianum. L’oeuvre de Ryan Gander, sélectionnée par l’une des plus importantes manifestations d’art contemporain au monde, est en fait… de l’air.

    L’art interroge nos croyances, nos attentes, nos évidences, nos paradigmes, nos représentations, nos théories (le mot dépend des champs). Un événement aussi pointu que la Documenta peut, dès lors, se permettre un immense espace a priori vide, qui devient totalement plein, dès que/si le spectateur comprend qu’il respire l’oeuvre et se fait caresser par elle.

    C’est pour moi l’un des points de rencontre les plus fort entre l’art et l’hypnose: le recadrage. Car s’ils le permettent de façon différente, l’intention reste en partie la même: bousculer les certitudes, faire évoluer notre façon de voir le monde, nous sortir de nos zones de confort, de nos habitudes de percevoir, de ressentir, de penser, de fonctionner… pour permettre de se construire une réalité libérée.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

     

     

     

  • Rêve lucide: en équilibre

    Rêve lucide: en équilibre

     

    Le rêve nocturne lucide suggéré par l’hypnose est magique et parfois même thérapeutique. Il se caractérise par la conscience d’être en train de rêver (« lucide ») et par la sensation de compréhension profonde d’une problématique par le fait de la vivre et de la résoudre symboliquement.

    Même s’il n’est pas évident de provoquer des rêves lucides, que ce soit par des techniques de jeu (les passionnés des rêves lucides ludiques ont monté des forums très complets et actifs) ou par l’hypnose, j’y parviens de temps à autre (en tant que sujet autohypnotisé et aussi en tant qu’hypno) et cela me ravit! Par exemple, dernièrement, un noeud bien serré s’est dénoué par un rêve lucide fort présent, qui me disait distinctement que ce rêve était important et qu’il allait changer ma vie. Au réveil, j’avais en effet pardonné: je ne ressentais plus aucune peur ni colère en pensant à l’adulte irresponsable qui avait provoqué une panique en moi quand j’étais enfant. En rêve, je lui avais parlé, j’avais bercé sa folie et sa détresse et je les avais acceptées, en tant qu’adulte forte et ancrée qui ne risquait plus rien. J’étais libérée d’un sacré poids! D’autres rêves sont plus énigmatiques ou moins radicaux. Mais tous sont précieux et mémorables. En voici un auquel je repense encore avec le sourire.

    En mai 2015, je me suis arrêtée un long moment dans l’exposition « Le bord des mondes », lorsque Bridget Polk a tranquillement réagencé ses sculptures de pierres (qui restent ensuite en équilibre, pour quelques minutes ou quelques heures, puis s’écroulent devant les spectateurs). La performance était bien sûr incroyable. Mais ce qui m’a le plus fascinée, c’est de sentir à quel point cette artiste était ancrée.

    Depuis longtemps, je demande à « Mon autre », en autohypnose, de jouer dans le théâtre des rêves nocturnes les questions importantes que je rencontre au quotidien. Si cela est bon pour moi, j’aime que le rêve soit lucide. Sinon, simplement présent au réveil (mémoire narrative mais aussi sensorielle et émotionnelle). Regarder Bridget Polk chercher l’équilibre m’a beaucoup touchée. Il était donc logique qu’un rêve survienne.
    Le lendemain, je suis retournée au Palais de Tokyo pour capter un son qui m’avait plu, dans une autre expo, alors que je n’avais pas de matériel. J’ai croisé Bridget Polk, par hasard, dans le hall, je l’ai remerciée et je lui ai raconté mon rêve :
    « Je suis une pierre d’une de vos sculptures, encore mouvante entre vos mains, oscillant pendant un très long moment, vous laissant chercher l’équilibre parfait par des micromouvements, me laissant faire, rassemblée sur moi-même, extrêmement concentrée sur mes sensations de pierre aérienne, connectée à vos mains et à la pierre sur laquelle deux cm2 de ma surface sont posés, comme « branchée » sur ces ancrages, que je prolonge. Quand le moment arrive – ce moment où vous reculez pour ne plus garder qu’un contact visuel et une intention si forte -, j’ai ressenti une immense liberté! En étant pleinement plongée dans ce rêve, je suis clairement consciente que cette expérience onirique ajuste encore mes possibles en terme de recherche d’équilibre. c’est aussi intense, présent, ouvrant que le meilleur workshop sensoriel »

    Merci Bridget ! Vive l’art contemporain!

    © Marie Lisel

    PS: mes autres articles sur les rêves lucides sont ici.

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    http://www.palaisdetokyo.com/fr/exposition/bridget-polk

  • Hypnose en hamac

    Hypnose en hamac

    En autohypnose, je n’ai aucune limite de lieu ou de temps. Je pratique au quotidien dans le métro, dans une file d’attente, en forêt, en piscine, dans un musée, en concert… j’adapte mon état aux circonstances et je gère mes fusibles de façon à ne prendre aucun risque.

    En hétérohypnose, j’étais plus classique. Il me fallait le calme d’un cabinet ou d’un salon… jusqu’à ce qu’un enseignant d’hypnose et ami qui m’a beaucoup marquée, Antoine Garnier, me répète que s’habituer à recevoir et à donner des séances dans toutes les conditions est un atout intéressant à développer. En effet, suivant l’adage « qui peut le plus peut le moins », la capacité à donner et à recevoir des séances en toute circonstance ouvre le champ des possibles. Sans compter les créneaux horaires, bien plus nombreux. Et le plaisir de la transe au soleil!

    J‘ai d’ailleurs été son sujet à plusieurs reprises dans des parcs. Pour l’anecdote, il a un jour répondu à l’appel du gardien et couru après un lapin angora lâché avant les vacances d’été par des propriétaires peu soucieux des nombreux renards, à l’Abbaye de la Cambre de Bruxelles, alors que je trônais sur mon banc, flottant dans un état de grâce, le bras levé bien haut en catalepsie. J’ai adoré!

    Forte de cette expérience, j’ai tenté des séances en dehors des espaces confinés: au pied d’un arbre, en musée, en marchant dans la nature (l’hypnose en mouvement, les yeux ouverts, est magique), en hamac au Bois de Vincennes (mon grand hamac coloré en image ci-dessus est super confortable)…

    Ces séances sont singulièrement concentrées, efficaces et mémorables, autant pour moi que pour mes sujets.

    J’aime travailler en musée, galerie, répétition de concert, forêt, parcs, ateliers d’artiste…

    Et mon hamac n’attend que le beau temps pour bercer vos rêves 🙂

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance  https://test.under-construction.work/contact-et-formulaire/

    © Marie Lisel

     

  • bOa: création radiophonique hypnotique

    bOa: création radiophonique hypnotique

    bOa est disponible à la vente à prix libre sur Bandcamp. Autrement dit, l‘écoute est gratuite si vous êtes fauchés, sinon donnez en pleine conscience ce qui vous semble être le prix juste.

    bOa est une création radiophonique hypnotique datant de 2015, qui trouve son origine dans un rêve éveillé spontané (que j’ai fait dans un covoiturage de Paris à Bruxelles, à la suite d’un après-midi particulièrement agréable) que j’ai eu envie de mettre en ondes de façon à ce que l’auditeur puisse le vivre à sa manière.

    Ecoutez bOa de préférence sur des hauts-parleurs qui ont suffisamment de basses ou avec un bon casque fermé.

    Belle écoute!

    Marie Lisel

    PS: je suis enthousiaste à l’idée de refaire des écoutes publiques, avec coussins, transats et discussion après un bon moment de réveil. n’hésitez pas à me contacter.

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    Images: © Dominique Goblet

    bOa (création radiophonique hypnotique, 44’30’’)
    bOa vous invite à un rêve, érotique, dirigé, hypnotique. Erigez-vous à travers lui, dansez dans son apesanteur, jouez avec son énergie, explorez un monde intérieur…

    Réalisation : Marie Lisel
    Musique : Yannick Franck
    Voix : Catherine Salée et Tristan Trémeau
    Prise de son et mixage : Sébastien Schmitz
    Montage : Marie Lisel
    Image : Dominique Goblet
    Production : Une production de l’Atelier de Création Sonore Radiophonique avec le soutien du FACR de la Fédération Wallonie-¬?Bruxelles.
    bOa est disponible à la vente, à prix libre, ici : https://marielisel.bandcamp.com/

    Diffusions:

    1/06/2015 – Campus Bruxelles
    31/08/2015 – Radio Ara (Luxembourg)
    du 27 au 30/08/2015: écoute individuelle au Festival Erosphère IN Paris
    2/09/2015 – première écoute collective au centre culturel Jacques Franck Bruxelles
    02/10//2015 – Radio Panik
    10 /10//2015: Radio En Construction: http://www.radioenconstruction.com/
    23-24 /10/2015 – Bivouac radiophonique, Phaune avec Radio Escapades, https://soundcloud.com/phaune-ra…/bivouac-radiophonique-2015
    9/11/2015 – Par Par ouï-dire – La Première RTBF
    5/12/2015 – Radio Scarpe Sensée
    décembre: Radio Grenouille
    24/01/2016: Récréation Sonore sur Radio Campus Paris
    04/02/2016: ADDOR pour le festival Longueur d’ondes, Festival de la radio et de l’écoute – Les Immédiatiques
    3/03/2016: Jet FM 91.2 …après… j’ai arrêté de noter les diffusions.

    Il suffit d’oser!

    Bienvenue en séance 

    © Marie Lisel