Catégorie : Recadrage

  • Zèbrures à pois & hypnose

    Zèbrures à pois & hypnose

    L’hypnose est pour moi une croisée. Pour les fonctionnements typiques, elle permet (entre autres) d’approcher certaines compétences que des atypiques présentent naturellement. Pour les atypiques, elle permet (entre autres) de comprendre en profondeur à piloter ces compétences, les apprivoiser, les adoucir, s’en servir de façon plus confortable, plus adaptée. Pour toustes, elle permet de s’éclater à créer sa vie, son oeuvre et son monde. Et aussi de trouver des points de convergence qui ouvrent des fenêtres sur nos compréhensions mutuelles. Youhou!

    Quand j’étais petite…

    (ma marmite d’Obélix)

    Pour pas mal de NA (neuroatypiques) de ma génération (né.e dans les 70′), l’enfance-adolescence a été un moment compliqué.

    Pour ma part, en pleine campagne de l’Ardenne belge, j’ai apprécié les longues plages de lecture (j’étais boulimiques de mots, avec le bibliobus itinérant, j’ai vraiment pris mon pied), les balades dans les forêts, les expéditions à l’aveugle dans les prés enneigés baignés de brumes, l’omniprésence de la nature, la liberté de plonger dans des rêveries solitaires en compagnie des veaux ou des abeilles, l’apprentissage du chant accompagné à la guitare (autre rêverie, cette fois à partager!), le tourne-disque du salon et la place pour danser, la contemplation et l’exploration libre (plein de temps à soi – seule ou en bande mais surtout sans adulte – pour simplement être là, pour tester des trucs, pour oser, pour se raconter des théories fantastiques… les enfants d’aujourd’hui en manquent tellement, sans cesse sollicités, surveillés, commentés, limités, rationalisés…).

    Ce fut notamment propice au développement de ma communication animale, de mon intuition et aussi de mon adaptation sociale: chercher comment être intégrée et appréciée par les gens de mon âge, tout en restant moi-même, c’est-à-dire en étant jugée « carrément bizarre » mais aussi « super attachante » et digne de construire des cabanes secrètes ou de faire des soirées à l’étang  avec iels… un joli labo d’explorations sous la forme de sociétés d’enfants puis d’ados, autonomes dans certains espaces-temps.

    En revanche, même si les bandes d’enfants puis d’ados m’ont incluse de bon gré, avec leur coaching maladroit permanent (« mais enfin Marie, c’est pas compliqué, si tu voulais… il suffirait… »), je me suis souvent sentie « toute seule » dans ma façon d’être au monde. Difficile de trouver des interlocuteurisses pour des discussions complexes et profondes. Aujourd’hui, ça a bien changé…

    Du côté des adultes, tout en appréciant mon calme, on me reprochait mon côté « inquiétante étrangeté », et puis d’être « dans la lune », d’être atteinte de « sensiblerie », de « faire semblant de ne pas comprendre », de ne pas adhérer aux codes (des convenances, du féminin, des blagues, de l’autorité…), de ne pas sentir les limites, de ne pas faire d’efforts (cette injonction de devoir sourire et papoter de tout et de rien et aussi de carrément mentir pour faire plaisir, sans parler des bises obligatoires… argh!). Je passais pas mal de temps à essayer de capter comment  réfléchissaient-réagissaient les adultes pour anticiper leurs comportements de façon à délimiter mes plages de liberté totale relativement sécures (certaines sanctions ou réactions ne me faisaient ni chaud ni froid en comparaison avec les bénéfices que je prenais avec le « je m’en fous »)  et pour me barrer à temps quand les contextes me mettaient en insécurité (contact physique trash « pour rigoler », apprentissage de la dureté pour me guérir de ma « sensiblerie », recadrage brutal à propos de règles que je n’avais pas captée car implicites et évidentes pour les autres…).

    Je n’étais pas la seule neuroatypique mais personne ne savait même que cela existait. Quand je repasse au crible les réactions et réflexions des adultes, je me dis que mon père a dû se sentir vraiment perdu, amoureux de littérature et de philosophie dans ce monde rural rude. Tous les soirs de mon enfance, il venait me lire des poèmes. Il ne jubilait qu’en m’amenant un nouveau livre ou en me montrant du doigt un détail caché dans une BD ou dans le paysage, au cours d’une balade (il commençait souvent par « c’est quand même marrant… » sans finir sa phrase et pointait le doigt vers l’oreille en signe qu’il fallait écouter ou vers un point à chercher du regard. Moments magiques!). A ses temps libres, il dévorait les romans et écoutait France Culture. Pourtant, selon lui, « il n’y connaissait rien » et refusait de soutenir la moindre discussion intello. Chacun.e à sa place. Et pour lui, sa place était dans sa bulle (ou dans sa caverne d’ours, en vieillissant), avec un strict minimum d’adaptation sociale et professionnelle, mais réalisée avec beaucoup d’exigence et d’application. La philo, c’était en catimini, uniquement en tête à tête, quasiment en silence, pendant la vaisselle… Il y a quelques années seulement, il m’a téléphoné et m’a annoncé comme une révolution que j’étais hypersensible, suite à l’écoute d’une émission de radio. Il était tellement abasourdi de me reconnaitre dans le propos de l’émission! Ce fut un doux moment. Oui papa… toi aussi. Et puis…

    A la campagne dans les années 80, personne ne parlait de trouble ou de divergence ou de diversité et internet n’existait pas. Il était juste proposé « d’arrêter de faire son intéressant.e, de revenir les pieds sur terre et de faire comme tout le monde ». Contrairement à moi, qui suis devenue hypno et artiste (deux activités rêvées pour un.e NA!), le NA de la génération des années 50 à la campagne avait vraiment peu de chance de comprendre, d’assumer et de faire fructifier ses différences. La fuite ou bien l’adaptation et la bulle étaient les seules solutions.

    Puis, j’ai migré vers la ville pour faire des études. Ce n’est qu’à 18 ans que j’ai rencontré une personne avec qui parler de cet univers qui était le mien. Une révélation: je n’étais donc pas la seule extraterrestre sur cette planète! Son univers était autre mais aussi étrange. Il assistait lui aussi à la vie sociale avec beaucoup de décalage, d’insécurité, le tout baigné de synesthésies incroyables. Je n’étais plus seule. Mais nous ne savions absolument pas que nous étions plus de deux ni comment mettre des mots, comprendre…

    Milieu de la vingtaine, j’ai commencé une psychanalyse, ma première véritable thérapie: 45 minutes 3X/semaine, pendant 7 ans, chez ma psychanalyste freudienne orthodoxe, qui était aussi neuropsychiatre en hôpital à d’autres heures. Après quelques mois de cure, je n’en pouvais plus des remontées de rêves épuisants et d’un début de somnambulisme. Ma psychanalyste me disait de « laisser faire le travail » mais les effets étaient vraiment trop violents. Je suis donc allée voir un hypnothérapeute… en cachette (ouille, le transfert!).

    Nous avons travaillé seulement en trois séances, avec des outils très simples (safe place, ancrage, sous-modalités…). Et là, seconde révélation: il était non seulement possible d’explorer mes process, mais aussi de diriger volontairement ces états qui me « tombaient dessus » sans que je puisse rien y faire. Yeah! Cet hypno pédopsychiatre m’avait fait une fleur en me prenant en consultation juste le temps de résoudre ce souci précis de sommeil, mais n’avait pas de place pour une adulte. J’ai donc interrompu mes expériences hypnotiques, en gardant bien à l’esprit qu’il faudrait y revenir après la cure.

    Et je suis en effet retournée vers l’hypnose à la fin de mon analyse, mais sans succès car l’hypno disponible à ce moment là était dirigiste et fan de scripts. L’hypnose ne s’est développée que ces dernières années, il y avait peu de praticien.ne.s à cette époque. Et celle-là ne me convenait vraiment pas.

    Puis, bien après, quand j’ai eu l’envie de réaliser une création radio hypnotique, j’ai suivi des cours dans une école d’hypnose à Bruxelles (INH), en tant qu’artiste (pas en tant qu’accompagnante de séances) au milieu du corps médical, pour m’immerger à fond. Et là,  outre mes débuts d’hypnose artistique, j’ai vraiment exploré comment  l’autohypnose pouvait m’offrir des outils pour valoriser tout mon matériel intérieur, si encombrant à l’état sauvage. J’évoque notamment ce que j’ai longtemps appelé « l’aquarium », mais aussi le voyage (rêve éveillé profond), l’hyperacousie, la synesthésie, l’hypersensibilité, le fait de ne pas arriver à rentrer dans des conduites de lissage social,  la recherche de compréhension profonde permanente des leviers des comportements normés qui me semblaient si absurdes, le moulinage en arborescence…

    En école d’hypnose parisienne (ARCHE), nouveau but (accompagner en séance), nouvelle méthode (beaucoup de pratique) et nouveau choc: oui, certain.e.s hypnos sont NA, mais non, pas toustes, loin de là! Car il est possible, quand on n’est pas « tombé.e dedans » à la naissance, de s’initier aux voyages qui me semblent tellement ressembler à ce que nous (moi et les NA de mon entourage) partageons de nos expériences. J’ai donc appris, en tant qu’accompagnant.e, à adapter mon accompagnement pour toustes, sans présupposer que c’était évident, puisque beaucoup découvraient tout juste leurs nageoires multidimensionnelles. Là, c’était un peu le monde à l’envers pour moi. A mon tour de me dire « m’enfin, iels font exprès, c’est pourtant si facile! ».

    J’ai assisté à la transformation personnelle (tout le monde est sujet de séance, ça brasse sec! Pour moi aussi…) et à l’apprentissage de la position d’accompagnant.e de beaucoup d’hypnos sans « base sauvage ». J’ai aussi expérimenté le fait d’être un sujet vraiment compliqué à accompagner pour iels, sans pouvoir leur simplifier la tâche (non, je ne fais pas exprès de ne pas proposer la réponse ou la réaction attendue ni de piloter mon vaisseau différemment que le ou la copilote).

    Nous avons donc toustes appris les un.e.s des autres. Chouette!

    Aujourd’hui je poursuis à la fois mes explorations hypnotiques (artistiques, expérientielles…) et mon travail thérapeutique personnel (pour moi, tout.e accompagnant.e se doit de continuer à être accompagné.e pour avancer, nettoyer, aligner…) et je partage mes découvertes en recevant en séances, en enseignant le REAH et la aussi créativité hypnotique dans divers stages et ateliers, pour mes collègues hypnos, pour mes collègues artistes et pour tout public.

    Je précise que la créativité, inventivité, liberté a de nombreuses sources et que, donc, celle que j’évoque ici n’est pas la seule ni l’indispensable. Elle est simplement la mienne. Celle que je partage avec des NA. Et aussi celle que je reconnais à l’hypnose. Et elle est transmissible. Ca suffit pour que j’en fasse un article!

    Finalement, l’hypnose est pour moi une croisée. Pour les fonctionnements typiques, elle permet d’approcher certaines compétences que des atypiques ont naturellement (et qui ne sont évidemment pas toutes les compétences de l’hypno, loin de là). Pour les atypiques, elle permet de comprendre en profondeur à piloter leurs compétences, les apprivoiser, les adoucir, s’en servir de façon plus confortable, plus adaptée. Pour toustes, elle permet de s’éclater à créer sa vie, son oeuvre et son monde.

    Et aussi de trouver des points de convergence qui ouvrent des fenêtres sur la compréhension mutuelle!

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    Photo de Camille Schweickhardt Avec Couscous.

    Envisager sous plusieurs angles, analyser,

    inventer, détourner, reprogrammer…

    L’hypnose exerce différentes capacités, notamment celles de ressentir autrement (hyperesthésie, synesthésie, hyperfocus…), d’atteindre un hyperéveil, de découvrir la psyché (que François Roustang décrivait comme recouverte d’un voile en état ordinaire), d’envisager les choses habituelles différemment, de s’émerveiller devant « l’ordinaire », de jouer concrètement avec des process, de développer l’introspection et l’intelligence intra-personnelle (comprendre de façon à la fois fine et profonde ce qui se passe dans l’esprit de l’autre), de développer la sensibilité, la créativité, l’empathique, d’expérimenter en « dé et re-cablant » ses propres automatismes psychiques, émotionnels et physiques, de créer du nouveau, de déclencher des rêves inouïs et même de sortir de soi…

    Les personnes vivant de façon différente de la norme, autant dans leur façon de se représenter soi-même, sa relation à l’autre, sa position dans la société, son rapport au monde… – plongent dès lors naturellement dans son univers d’exploration et de création.

    (((Oui, je parle de certain.e.s artistes, de personnes ayant conservé une belle part d’enfance et, spécialement ici… des neuroatypiques))).

    Ceci expliquerait cela… les neuroatypiques (personnes qui présentent un fonctionnement cérébral particulier), dits « NA », voyagent comme des poissons dans l’eau hypnotique, à condition que l’accompagnant.e ne tente ni de leur faire suivre un chemin prédéterminé dans la séance (protocoles et scripts) ni de les faire rentrer dans ses normes (« vous êtes une femme, donc… ») ni d’interpréter leur façon de procéder au coeur du rêve (laisser entrer l’araignée dans l’oreille = beurk! >< hébénon pas du tout c’est super elle nettoie), ni d’inventer des métaphores à leur place, ni de projeter leurs propres émotions ou solutions sur leurs situations… La position d’accompagnement ultrabasse est nécessaire (pour ma part, ça m’a conduite à développer le REAH).

    Le fonctionnement NA de façon générale reprend des caractéristiques comme « pensée en arborescence », « hypersensibilité »… (suivez les liens en bas de page pour en savoir plus). Cependant, il existe d’innombrables façons d’être atypique dans sa façon de percevoir et de ressentir le monde, de traiter les informations, de trouver des possibilités de fonctionnement social, de créer… Chaque NA est singulier.e.

    Un point commun est que les NA, confronté.e.s sans cesse aux normes de la société dominante, qui ne leur correspondent pas ou peu, connaissent bien le mouvement de comparer leurs représentations à ce qu’iels perçoivent de celles des autres, de chercher leur positionnement et leur moyen de communiquer (ce qui est appelé « habiletés sociales« ), de se sentir en décalage avec les codes, les règles, les habitudes et… d’inventer des solutions!

    Outre cela, les réactions des autres, la sensation d’être agressé par un environnement censé être « normal » (avec toutes ses lumières, ses sons, sa foule, ses règles illogiques, ses exclusions…) peuvent créer, en plus de la difficulté d’appréhension de la situation, un malaise, une angoisse, un sentiment d’injustice, d’insécurité, de désintérêt…

    Certain.e.s en souffrent et se barricadent, se sentant seul.e.s au monde, d’autres apprennent les normes sociales et s’y adaptent par des compensations (recherche de consensus, invisibilisation de la différence) et/ou s’organisent en affirmant leurs complexités par des associations. Notons aussi qu’une personne peut basculer de l’un à l’autre de ces possibles ou les combiner, selon les contextes. Bref, toujours pas de généralités.

    En ville et sur le web, des familles se forment. Ainsi, iels sont en nombre dans des champs comme le queer (qui réinvente les représentations de genres), le polyamour (qui réinvente les représentations de la relation amoureuse et même de la famille), le sexpositif (qui réinventent la façon de vivre la sexualité), les jeux de rôles (qui invente des mondes), les métiers de niche (ultraspécialité technique, recherche scientifique, recherche indépendante…), les arts contemporains (d’aujourd’hui donc, car l’historien.ne de l’art a déjà classé-étiqueté-normalisé les oeuvres précédentes), la programmation informatique, la création de réalités virtuelles…

    Pour résumer, je dirais donc que, premièrement, les neuroatypiques nagent comme des poissons (toustes différent.e.s) dans l’océan hypnotique, tant qu’iels sont accompagné.e.s en liberté, ce qui demande un positionnement sans mailles de filet et que, deuxièmement, nombre de personnes fréquentant des champs « hors normes » sont atypiques (!j’ai pas dit toustes, hein, vraiment bien loin de là!).

    Je termine cette partie par une conclusion personnelle: l’une des raisons principales pour lesquelles mes collègues m’adressent des accompagné.e.s est simple: je fais partie de la famille des poisson.ne.s libres créateurisses. J’accompagne donc bon nombre d’artistes, de zèbres, de licornes, de chercheurs indépendants, de thésard.e.s, de thérapeutes… et bien autres…  pour en savoir plus, relisez donc mon texte de bienvenue.

    A côté de cela, mon fonctionnement emmène tranquillement mes accompagné.e.s plus normés, neurotypiques, à la découverte de leur imaginaire, de leur créativité et de leur liberté… comme une stagiaire l’a si bien résumé dans la page des témoignages d’hypnos « Avec son sérieux et sa folie, Marie nous ouvre les portes du rêve qui permet d’avancer. »

    Voilà pour répondre aux questions (qui me sont) fréquemment posées.

    Après, on peut aller un peu plus loin… notamment dans la réflexion sur la richesse des différents fonctionnements et sur leurs revendications à exister tels qu’ils sont dans toute leur diversité, VERSUS la volonté de normalisation, c’est à dire que, pour être un sujet déclaré sain, normal, intégré, heureux… il faudrait correspondre à ce qui est édicté comme « normal » et que ce qui n’y correspondrait pas serait traité comme un trouble (psychiatrique, psychopathologique, médical, social…) qui provoque le rejet et/ou le traitement thérapeutique. Là aussi, les zèbres et les licornes ont des points communs!

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    Cet oiseau très rare est mi-mâle mi-femelle
    Ce phénomène est appelé le gynandromorphisme.

    Neuroatypique, Aspi, Zèbre…

    Les mots sont souvent confondus ou employés de travers. De nombreux sites et blogs permettent de s’en faire une idée claire. Voici mon résumé du résumé.

    Pour ma part, je me ressens comme neuroatypique, inscrite dans le large spectre des zèbres. Car – pour moi – la zébritude n’est pas binaire mais spectrale aussi. Il y a tant de singularités zébrées! Le truc étrange, c’est que l’on se reconnait souvent instinctivement vite entre zèbres, même de types très différents, sans pouvoir expliquer comment. Il y a donc – tout de même – des points communs ressentis comme évidents.

    Pour répondre à la sacrosainte question: non, je n’ai pas passé le test. Je n’en vois pas l’intérêt. Les traits sont présents, mais je subodore qu’ils ne sont pas suffisamment nombreux et intenses chez moi pour que ce soit qualifiable de TSA sur le plan médical.

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    Chloe Finch, par Peter Hujar, 1981

    Neuroatypique

    Il n’y a pas de limitation en matière de droit à se revendiquer « neuroatypique ». L’exigence tacite est que la personne éprouve, dans la vie quotidienne, une sensation de distance avec l’ensemble de la société dite “neurotypique”, reliée à des particularités de nature cognitive, perceptive, sensorielle et / ou neurologique.

    Le terme s’est construit par opposition au terme « neurotypie » (norme dominante en ce qui concerne le fonctionnement neurologique) ou aux « neurotypiques » mot désignant toutes les personnes sans différence neurologique)

    Ces termes sont reliés à la lutte pour la neurodiversité, contre le fait de transformer un comportement humain viable en trouble mental, comme l’ont déjà été l’homosexualité, le genre non-binaire, et comme le subissent encore les autistes avec le TSA (troubles du spectre de l’autisme).

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    L’apparence fantasmagorique de ce mammifère pondant des œufs, à la mâchoire cornée ressemblant au bec d’un canard, à queue évoquant un castor, qui lui sert à la fois de gouvernail dans l’eau et de réserve de graisse, et à pattes de loutre a fortement surpris les premiers explorateurs qui l’ont découvert. En outre, c’est l’un des rares mammifères venimeux: le mâle porte sur les pattes postérieures un aiguillon qui peut libérer du venin capable de paralyser une jambe humaine ou même de tuer un chien.

    Syndrome d’Asperger: diagnostique médical d’un trouble du spectre de l’autisme  (TSA = troubles du spectre de l’autisme).

    • Notons qu’il y a débat sur l’appartenance des Asperger au spectre de l’autisme.
    • Certain.e.s rejettent aussi le classement TSA au nom de la lutte pour la neurodiversité (c’est un fonctionnement différent de la norme, pas une pathologie) et du désir de se débarrasser des étiquettes (qui enferment et reforment une nouvelle norme).
    • D’autres ont soulagé.e.s de mettre un nom sur leurs difficultés, d’échanger avec d’autres aspis, mais aussi de pouvoir partager cette explication officielle (diagnostique médical du syndrome d’Asperger) avec leur entourage. « La reconnaissance du syndrome peut être une étape libératrice qui permet à la personne Asperger de mieux se comprendre, de s’accepter et de pouvoir mettre clairement des limites aux attentes des autres, sans dévalorisation ni culpabilité. » (blog de Philosophine)
    • Les personnes autistes Asperger sont qualifiées d’autistes de haut niveau en opposition à l’autisme sévère (également nommé autisme de Kanner). Haut niveau et Haut Potentiel n’ont rien à voir. Les médias confondent souvent.
    • Le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme définie cliniquement en 1981 par Lorna Wing, à partir de la « psychopathie autistique » décrite en 1944 par Hans Asperger. Ainsi distingué d’autres formes d’autisme, le syndrome d’Asperger intègre le DSM en 1994. Il est remplacé au cours des années 2010 par une approche plus évolutive: TSA.
    • Anna Pélut: « Syndrome d’Asperger (SA) T. Attwood et C. Gray (2010) ?proposent des critères diagnostics “positifs” du SA comparativement à la représentation sociale de l’autisme plutôt négative. Les personnes avec SA auraient des compétences cognitives élevées. Un second critère renvoie à l’utilisation d’un langage social (l’«Aspergerois»), caractérisé par une volonté de recherche de la vérité, et d’une conversation sincère sans motivation dissimulée. Ces auteurs ajoutent que leurs interactions sociales sont marquées par une grande loyauté, en raison d’un optimisme dans sa recherche de l’amitié véritable. Cet aspect relationnel et social tend à être problématique pour les personnes Asperger. Toutefois, selon Gena (2001), elles sont désireuses de créer des relations avec les autres, mais se retrouvent en difficulté une fois qu’il est question d’aborder une personne ou de maintenir une conversation avec elle. »
    • Aujourd’hui, en France, le diagnostic de TSA est établi par un docteur en médecine pour une reconnaissance de la MDPH (pour Maison Départementale des Personnes Handicapées).
    • Les diasgnostiques reconnus par la MDMH permettent de commencer des démarches pour recevoir des aides de l’état. La reconnaissance de « travailleur·se handicapé·e » est quasi automatique, dès lors que le dossier MDPH est dûment rempli par un médecin. Cependant, obtenir des aides de l’état (AAH, PCH, etc) est bien plus difficile, surtout pour les personnes autistes. En effet, l’autisme est trop peu / très mal connu des services de la MDPH, si bien que les répercussions du TSA dans la vie courante ne sont pas ou très difficilement reconnues. Ainsi l’ouverture de droits à l’AAH pour les personnes autistes, surtout pour les autistes type Asperger, est un parcours du combattant menant à des recours de décision au tribunal.
    • Voici un dossier en ligne: Troubles du spectre de l’autisme par la CNSA (caisse nationale de solidarité pour l’autonomie)
    • L’ADOS (Autistim Diagnostic Observation Schedule), créé par Catherine Lord en 1989 aux Etats-Unis, permet l’évaluation de la communication, de l’interaction sociale et du jeu ou de l’utilisation imaginative d’un matériel dans le cadre d’un dépistage de l’autisme. Ce test est dans la plupart des cas utilisé pour confirmer un diagnostic d’autisme, pour évaluer aussi l’impact du TSA dans la vie courante. Les résultats de ce test permettront aussi d’étayer le dossier auprès de la MDPH.
    • Le test de QI utilisé pour les grand ados & les adultes est le WAIS (pour Wechsler Adult Intelligence Scale). Notons que ce test est remis en question à bien des égards.
    • Selon les résultats de QI, les tests permettent d’intégrer MENSA, une association de personnes surdouées.
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    Cocon de papillon de nuit sur ma porte de yourte, Lozère, aout 2019.

    Zèbre

    Le « drôle de zèbre » est l’un des seuls animaux sauvages que l’homme n’a pu domestiquer. Son pelage rayé joue avec les ombres et la lumière.

    Le Zèbre est le nom usuel du HPI.

    Il y a aussi des THPI et des TTHPI, des TTTHPI… (T = très).

    Attention, il y a des personnes au QI élevé et neuroatypiques (Zèbres), des personnes à QI dans la norme et neuroatypiques, des personnes au QI élevé neurotypiques et des personnes au QI dans la norme neurotypiques!

    Le zèbre peut s’autoproclamer (en se reconnaissant à travers des lectures, par exemple, c’est souvent un début!), ou être désigné comme tel par des pairs, ou être validé par des batteries de tests. Ou  les deux ou les trois!

    Le zèbre (neuroatypique HPI) est doté de « surefficience mentale », de « douance ». Cela signifie  qu’iel fonctionne avec des capacités naturelles, un mode de pensée, une structure de raisonnement différents. C’est en cela qu’iel est appelé « un.e surdoué.e ».

    L’intelligence du zèbre et sa façon de penser le monde sont donc atypiques. C’est cette particularité qui rend, dans certains cas, difficile son adaptation scolaire mais aussi son adaptation sociale. L’expression de « surefficience mentale »,  illustre bien l’existence d’un potentiel, qui peut parfois se révéler encombrant et qui n’est pas nécessairement source d’efficacité relationnelle ni de bien-être existentiel.

    Rappelons encore que, quel que soit sont QI, chaque NA est singulier.e. Pas de généralisations ici non plus.

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    Zèbre à pois blancs Image: Frank Liu

    Pour en savoir plus sur la neurodiversité

    En plus des sites d’encyclopédies et d’associations, beaucoup d’NA écrivent des blogs.

    Vous pouvez déjà consulter des sites comme Neurodiversité.com, Atypique.orgDouance, MENSA, L’antre de la Chouette (70 articles de qualité), Zatypie, UnfilsAsperger, Tribulations d’une aspergirl, Rayures et stratures, Cahiers d’un zèbre, Philosophine, 52 semaines avec une personne asperger, page FB Zèbres info, Royaume Asperger, Autiste ovh, mais aussi des articles et videos comme « les ambiguïtés de la neurodiversité » sur m/s, intelligence hors norme sur Slate, La neurodiversité et sa relation aux neurosciences sur Inserm, des podcasts de la Chouette sur Soundcloud, des conférences sur les HPI sur la chaine Youtube de Mensa France…

    Des livres : Le Syndrome d’asperger (Tony Attwood), Différence invisible (Julie Dachez), Tribulations d’une aspergirl (Alexandra Reynaud), …

    En ce qui concerne les licornes…

    Pour éviter les amalgames, un mot sur les licornes!

    (j’aurais pu le faire aussi sur les artistes, mais pas mal de pages leur sont déjà consacrées sur ce blog).

    NA & Queer ont souvent bien des convergences (mais pas toujours, j’aurai assez insisté je crois ^^).

    Certaines licornes sont aussi des zèbres. Et d’autres sont neurotypiques.

    Par exemple, vivre une transition, c’est remettre en question la norme dominante genrée, donc être « atypique en terme de genre ». Mais ce n’est pas – nécessairement – relié à la neuroatypie.

    Pour plonger dans l’univers des licornes, voyez les nombreux liens en bas de ma page de présentation queer. Et si vous êtes hypnologue ou sophrologue ou praticien.ne PNL, je vous invite sur le groupe FB « Les représentations de genres dans le champ hypnotique« , où l’on partage des liens, des questionnements et des réflexions autour de la question des genres dans nos pratiques. Désolée, il est réservé aux accompagnant.e.s, je filtre à l’entrée.

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    Pandora Boxx

    Bienvenue

    Et on termine par le début: Licornes, zèbres, loutres, fées, nonnes, none… bienvenue!

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    Ecrivez moi sur mon email lisellesil@gmail.com

    Sourire

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    Image: Gilles Berquet
  • Comment s’émanciper des addictions-compulsions?

    Comment s’émanciper des addictions-compulsions?

    Tabac, nourriture, alcool, internet, sexe, achats, défonce par le sport… comment s’émanciper des addictions-compulsions par l’hypnose?

    Article posté en 2017, toujours d’actualité 🙂

    ADDICTIONS-COMPULSIONS?

    L’addiction se définit comme la dépendance d’une personne à une substance ou à une activité génératrice de plaisir, dont elle ne peut plus se passer en dépit de sa propre volonté.

    La compulsion peut se définir comme une impulsion irrésistible d’accomplir un acte irrationnel.

    En y cédant, nous vivons une expérience qui modifie l’humeur, mais qui peut aussi avoir des conséquences graves. Le paradoxe est que la personne croit nécessaire à sa (sur)vie une substance ou une conduite qui peut mettre sa vie ou son équilibre en danger.

    Evidemment, nous ne travaillons que sur les addictions-compulsions toxiques. Si une dépendance, un comportement ne vous apporte que du bien-être, foutez-lui la paix 🙂

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    Part of documenta 14, Brigitte Polemis presents “#iFollow” at the Bouziani Museum

    Il en existe de nombreuses formes : alcool, tabac, nourriture, drogues, médicaments, dépendance affective, travail, sexe, jeux-vidéos, jeux en ligne, achats, jeu…

    L’hypnose permet de comprendre les processus psychiques et comportementaux et de les transformer pour vivre librement.

    Il existe de nombreuses façons d’aborder les addictions et compulsions par l’hypnose.

    Dans cet article, je vous expose ma façon actuelle d’envisager ce travail hypnotique  en 4 axes principaux:

    • 1: Différencier l’identité (qui je suis) du le comportement (ce que je fais) pour dépasser le figement et mettre mes processus en mouvement
    • 2: Décaler l’automatisme pour ouvrir le champ des possibles
    • 3: Parler le langage intérieur pour communiquer avec moi-même en profondeur
    • 4: Différencier l’intention positive (remplir un besoin) du comportement pour négocier des réparations, transformations, libérations, modérations…

    Ces différents axes ne sont pas nécessairement envisagés dans l’ordre ni chacun dans une séance. Parfois, le travail se fait étape par étape et parfois de façon tellement symbolique qu’il est difficile de savoir exactement ce que les parties intérieures ont réalisé pour permettre le mouvement, la transformation et l’émancipation.

    C’est un chemin à chaque fois différent puisqu’ajusté à chacun.e.

    Bienvenue en séance!

    Un article plus court et spécifique à l’arrêt du tabac est disponible ici.

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    Biennale de Venise 2015, pavillon russe.

    AXE 1: DIFFERENCIER  L’IDENTITE ET LE COMPORTEMENT

    S’émanciper demande une mise en mouvement.

    Une fois que ce mouvement est initié, la transformation est possible. Oui, il est possible de changer la façon dont nous fonctionnons, nous pensons, nous réagissons, nous fuyons, nous nous cachons, nous nous papouillons, nous nous donnons du courage, nous nous défendons, nous cherchons à être accepté, nous affirmons notre loyauté…

    Or, la croyance confuse qu’une personne, une action ou un objet fait partie intégrante de notre identité ou de notre survie empêche ce mouvement.

    Etre dépendant à l’alcool, à la cigarette, au sport, au porno, au shopping, au sucré… ne définit pas l’identité de la personne. Le « je » est différent de la dépendance. L’individu n’est pas le comportement qu’il a.

    En différenciant « qui je suis » du comportement, le changement peut commencer. Ca a déjà bougé!

    A la maison, faites l’exercice plusieurs fois, des jours différents, les yeux fermés et téléphone éteint et notez ce qui vous est venu sans trier:

    • Si mon « je » d’aujourd’hui rencontrait le « je » du dernier jour de ma vie, qu’est-ce que ce « je » qui se prépare à mourir désirerait que le « je » d’aujourd’hui change, là, maintenant?
    • Imaginez votre double débarrassé de ce comportement, observez-le dans vos différents cercles sociaux, votre famille, votre vie sentimentale, votre boulot, vos passions, vos conversations… Qu’est-ce que cela modifierait dans votre vie?

    En séance d’hypnose, de nombreuses techniques peuvent être envisagées si nécessaire pour valider cette étape. Un exemple parmi d’autres: la personne visite ses différents niveaux (technique de Robert Dilts) : son environnement, ses comportements, capacités, croyances et valeurs, son identité et ce qui la relie plus largement au monde ou à l’univers, que l’on peut appeler sa spiritualité.

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    Shame, film réalisé par Steve McQueen en 2011 dont le personnage principal est addict au sexe

    AXE 2: DECALER L’AUTOMATISME

    Quand un petit changement est opéré volontairement, le comportement automatique est légèrement décalé, ce qui ouvre d’autre possibles.

    A la maison, au quotidien, forcez-vous à décaler votre façon de vous livrer à ce comportement. Accumulez les décalages jour après jour. Par exemple:

    • fumez de l’autre main, changez de marque de produit, commencez par un aliment salé alors que vous grignotez sucré, changez la position de l’ordinateur et votre siège, votre propre position…
    • attendez 3 minutes en regardant la cigarette, la bouteille, le gâteau  le téléphone, la page d’accueil du site sur l’écran…, sans rien faire d’autre que d’observer ce qui se passe en vous
    • triplez le comportement (si je fume, j’en fume 3, si je mange ce gâteau, j’en mange 3…)
    • faites autre chose avant, comme boire un grand verre d’eau très lentement et laisser monter les images ou prendre des notes dans le carnet ou fermer les yeux et respirer à fond 6 fois ou…

    Les façons de décaler les automatismes sont innombrables. Inventez-en, accumulez-les! Commencez une semaine avant votre rendez-vous et notez les effets dans votre carnet de l’axe 2. Ca a déjà commencé à changer…

    En séance d’hypnose, ces légers changements seront amplifiés en accord avec les parties de vous qui réclament ce comportement pour l’intention positive (voir l’axe 4).

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    Coffee and cigarette, film de Jim Jarmusch, sorti en 2003.

    AXE 3: PARLER LE LANGAGE INTERIEUR

    Notre façon d’envisager le monde est en très grande partie hors de portée de notre attention. Nous croyons « maitriser par la raison » ce que nous pensons, comment nous réagissons, alors que nous sommes constamment entrainés dans des patterns dont nous n’avons pas conscience (le fameux « c’est plus fort que moi »).

    Et puisque nous projetons nos patterns sur le monde plutôt que de capturer « la vérité », autant le savoir et le faire exprès 🙂

    Il est temps de parler le langage de l’imaginal pour communiquer avec notre monde intérieur, nos processus internes, ce qui définit notre subjectivité (ce que je pense, comment je juge, comment je réagis, mes dé-goûts, mes désirs, mes peurs…) et lui demander de se modifier.

    Son langage est comparable à celui du rêve: images, sons, sensations corporelles, impressions, voix intérieure, lumière, chaleur-fraicheur, lourdeur-légèreté, représentations oniriques de personnages…

    Un tramway nommé Désir (Vivien Leigh)
    Un tramway nommé Désir (ici: Vivien Leigh), film d’Elia Kazan, 1951.

    Si j’apprends à sentir le tout premier signe précurseur de ma compulsion arriver, il est encore temps de négocier, pendant que la spirale est encore trop menue pour m’emporter. Sinon, après, ce sera le grand huit…

    Si j’établis peu à peu une communication fluide, mes dividus n’auront même plus besoin de mettre en marche la vrille, spirale ou aspirateur… Cela m’est d’ailleurs arrivé à de nombreuses reprises de travailler sur autre chose avec la personne accompagnée et de voir la compulsion s’arrêter toute seule.

    A la maison, au coucher et au réveil du matin et/ou de sieste (avec prise de notes a posteriori des éléments principaux):

    • gardez les yeux fermés et faites le tour de votre corps, en visitant sensoriellement les orteils, les pieds, les jambes… jusqu’au crâne. respirez amplement et laissez venir les images, sons, impressions, sensations, émotions tandis que votre attention reste fixée sur le corps, étape par étape. Si votre blabla intérieur de rumination ou d’analyse se met en route, baissez le son (avec le mouvement d’un doigt) et recentrez votre attention sur le corps, ici et maintenant. Lorsque le premier tour de visite, recommencez, cette fois en inspirant de l’amour et en l’expirant à l’intérieur. laissez les couleurs, les sensations agréable s’amplifier avec amour.
    • regardez avec attention et précision (la fixation, avec corps immobile et concentration maximale est importante) un objet qui symbolise votre compulsion et posez-lui des questions comme « que désires-tu? », « as-tu quelque chose à m’envoyer comme message? », « de quoi as-tu besoin pour me libérer de ce qui me fait du mal? », « quand as-tu appris que c’était bien pour moi de faire ça? », « de quoi as-tu peur? » et laissez venir les images, sensations, émotions, souvenirs, voix… accueillez sans trier (et notez ensuite ce qui est venu). 

    En séance d’hypnose, vous aurez moultes occasions de communiquer avec votre imaginal. Vous verrez, on s’y fait très vite, c’est fantastique! Et cette communication peut être utile à de nombreuses occasions en dehors de ce que vous travaillez ici.

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    L’addiction au sport peut parfois provoquer des dégâts (et parfois pas)

    AXE 4: DIFFERENCIER L’INTENTION POSITIVE ET LE COMPORTEMENT

    Pour Milton Erickson, qui a donné son nom à l’hypnose éricksonienne, il y a une intention positive derrière chaque partie qui nous constitue, partie que j’appelle « dividu« .

    Le dividu, ce « quelque chose en moi », ce « c’est plus fort que moi », me pousse à fumer alors que je suis malade, à surfer sur le web pendant des heures alors que j’ai du travail, à engloutir des plaques de chocolat alors que j’aimerais perdre du poids, à me ronger les ongles alors que la vue de mes moignons me fait honte, à rester en relation avec une personne qui m’est toxique alors que je sais que je ne la/le changerai pas, à boire alors que plusieurs personnes dans ma famille sont mortes par l’alcool…

    Le dividu a appris par l’expérience à réagir pour gérer les besoins, parfois de façon constructive, en phase avec ce que je désire vivre, et parfois en causant des dégâts . Dès lors, des comportements sont générés, qui ne sont pas toujours adaptés à la situation présente. Quand l’apprentissage est très précoce, sa logique est étonnante à découvrir.

    Des exemples découverts sous hypnose? Un enfant (intérieur) prétendait être allergique aux passages cloutés car il avait éternué violemment en s’approchant de l’un d’eux (l’adulte, lui, faisait des tests d’allergie à la pollution, ne comprenant pas les réactions de son corps à différents trajets)… un autre voyait dans les sucreries le câlin maternel car la mère, très occupée par son magasin, donnait un bonbon à chaque manifestation de sa fille (l’adulte s’enfilait des tonnes de produits sucrés à la moindre contrariété)… un autre associait la cigarette au câlin car sa mère l’accueillait contre elle « le temps de sa clope »…  un homme courrait tous les jours (sinon il se sentait super mal) pour évacuer l’angoisse mais aussi pour être prêt à échapper au danger lié à un trauma caché… une personne sex addict se protégeait d’établir une relation par peur de l’abandon.

    Imaginez les liens surréalistes que vos dividus ont pu mettre en place comme des « solutions sûres », depuis toutes ces années sans vous mettre au courant consciemment! 

    De quoi avez-vous besoin? A quelles peurs ces besoins répondent-ils?

    En état d’hypnose, il est possible de dialoguer avec les dividus et de négocier des transformations, tout d’abord en différenciant l’intention positive et le comportement.

    Pour un même comportement, différentes intentions positives inconscientes peuvent être répertoriées. Il peut s’agir, par exemple, de trouver du réconfort, de se rassurer, de se concentrer, de vider une tension, d’appartenir à un groupe (loyauté familiale, appartenance au clan des fumeurs du bureau, ou à un groupe de potes…), de projeter une protection, de lâcher prise, de garder un positionnement (re)connu (« sans ce comportement, je ne me reconnais pas »), d’avoir de l’assurance, d’opérer une transition dans la journée, de rester fidèle à une personne avec qui une symbolique autour du comportement s’est créée ou tout simplement de faire une autre activité (association café-clope ou association after-coke, par exemple).

    Ces bénéfices comblent des besoins, avant, pendant et/ou après, liés à des peurs. En les distinguant de la compulsion, une nouvelle étape est franchie: les besoins peuvent désormais être envisagés autrement.

    Y a-t-il un problème de fond à régler (confiance en soi, stress, anxiété, peur du rejet, transformation d’un lien, ouverture à l’autre, rapport à l’appartenance familiale…) de façon à calmer ces besoins et ces peurs?

    De nouveaux comportements peuvent-ils être adaptés à la fois aux besoins et au bien-être? Lorsque des alternatives qui peuvent satisfaire ces intentions sont installés, les comportements problématiques sont alors transformés en ressources puissantes.

    A la maison, avant la première séance, écrivez un bilan personnel pendant au moins une semaine. Pour chaque occurrence du comportement dont vous désirez vous libérer (à chaque cigarette, crise de goinfrerie…).

    • Heure, contexte, comportement (durée, intensité…)
    • Qu’y a-t-il juste AVANT que je fume, grignote, me ronge les ongles, téléphone à une personne toxique pour la voir, …? quels sont les éléments de contexte? quelles sont mes actions? qu’est-ce que je me dis? qu’est-ce que je me dis que cela raconte sur moi-même? quelles sont mes émotions? comment est mon corps?
    • Qu’y a-t-il juste PENDANT que je fume, grignote, me ronge les ongles, téléphone à une personne toxique pour la voir, …? quels sont les éléments de contexte? quelles sont mes actions? qu’est-ce que je me dis? qu’est-ce que je me dis que cela raconte sur moi-même? quelles sont mes émotions? comment est mon corps?
    • Qu’y a-t-il juste APRES que je fume, grignote, me ronge les ongles, téléphone à une personne toxique pour la voir, …? quels sont les éléments de contexte? quelles sont mes actions? qu’est-ce que je me dis? qu’est-ce que je me dis que cela raconte sur moi-même? quelles sont mes émotions? comment est mon corps?
    • Consciemment, qu’est-ce que ça m’apporte de positif? De quoi serais-je privé.e si je ne le faisais pas?
    • Respirez très profondément 3X, les yeux fermés et accueillez sans trier les images, les mots, les sensations, les émotions… quand vous évoquez un comportement précis (ex: « j’ai avalé, jeudi soir, 3 tablettes de chocolat et deux paquets de gâteaux devant une série / 3 respirations très profondes / accueillir ce qui vient sur la dernière expire)

    En séance d’hypnose, nous accueillerons les représentations de ce qui réclame à l’intérieur. A nouveau, de nombreuses techniques sont envisageables. Par exemple, celle de la négociation entre parties ou du rêve éveillé dirigé ou…

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    Le journal de bridget jones, film de Sharon Maguire, sorti en 2001.

    ET ALORS?

    Certains hypnos vous proposeront des « protocoles », lus ou récités, qui travaillent sur le symptôme, en effaçant un mot dans le sable (le classique « cig – arrête »), en associant le dégoût et le comportement à éradiquer  (pas de conciliation, là c’est du déblayage au bazooka), en insistant, sous hypnose, sur les dangers que vous fait courir votre comportement, etc. Je suis totalement opposée à ce genre de pratiques et ce pour différentes raisons:

    • « l’effacement » du symptôme est violent pour vos parties intérieures car il est un signal et donc au lieu d’écouter vous le torpillez!
    • si un signal est effacé, un autre va sans doute se mettre en place. Bâillonnez un être dans le besoin, il trouvera un autre moyens de se faire entendre et avec davantage de rage ou de désespoir. La prise de poids lors des arrêts du tabac en est un exemple habituel.
    • une séance d’hypnose, c’est pour moi un accompagnement sur mesure, car je m’adapte instant après instant à ce qu’il se passe à l’intérieur de vous. Il m’est impossible de prévoir le temps et les techniques pour la simple raison que cela dépend de votre moi profond. C’est votre cheminement à vous et je vous accompagne, avec ma boite à outil bien remplie 🙂

    Bref, nous travaillons, ensemble à dénouer, libérer, réorganiser, bouger, concilier vos représentations intérieures de façon à ce que votre façon de concevoir et de ressentir la vie soit constructive, en accord avec ce que vous désirez être.

    Dreaming about freedom (Rêver de liberté) © Mahmoud al-Kurd.
    Dreaming about freedom, © Mahmoud al-Kurd.

    Il n’y aura pas de baguette magique, mais bien une compréhension profonde (physique plus qu’intellectuelle) de la façon dont vous fonctionnez et des transformations à mettre en mouvement, selon vos objectifs.

    A lire aussi:

    Bienvenue en séance 

    © Marie Lisel

    Témoignage d’arrêt du tabac

    (avec permission de partage). Merci à l’autrice!

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    Sally Mann, « Candy cigarette »,1989

    ECRASER LA DERNIERE CIGARETTE

    « Je ne fumais plus depuis 10 ans, un jour de novembre, sans réfléchir, je suis entrée dans un bureau de tabac, j’ai acheté un paquet et j’ai recommencé comme si je n’avais jamais arrêté. Les mêmes habitudes, les mêmes gestes, les mêmes moments, un paquet par jour immédiatement.

    C’était un désespoir, c’était incompréhensible. Je ressentais cela comme une terrible trahison à l’égard d’une personne que j’aime et qui m’avait convaincu d’arrêter, mais aussi à l’égard de moi-même.

    Lors des deux séances que j’ai réalisées avec Marie, je n’ai pratiquement pas parlé de cigarettes. Arrêté de fumer était le cadre de départ mais c’est de toutes autres choses dont il a été question, de ma vie, des êtres que j’aime, de ceux qui ont disparu. J’ai parcouru en hypnose une ancienne imprimerie abandonnée remplie de meubles en bois avec des casiers. J’en ai ouvert quelques-uns, j’y ai trouvé les photos de ces personnes qui comptent ou ont compté pour moi. Derrière chaque photo un message.

    Ce qui est formidable c’est qu’après cette séance, dans les jours qui ont suivi, tous ces symboles, ces rencontres en hypnose ont trouvé une signification. J’ai pu me réapproprier l’arrêt du tabac, réaffirmer en tant que femme adulte et indépendante mon choix de ne plus fumer au-delà de la promesse que j’avais pu prononcer 10 ans auparavant.

    Et puis des évènements plus profonds, enfouis très loin, ont émergés. J’ai pu clore symboliquement une relation qui continuait de m’empoisonner l’esprit sans que je m’en rende compte, j’ai pu exprimer ma colère, soutenir et consoler la jeune femme de l’époque qui avait dû fuir et continuait de se sentir honteuse de n’avoir pu faire face.

    Je suis sorti apaisée de ces deux séances, ne plus fumer était à nouveau une chose évidente. Avec l’aide de Marie, j’ai ouvert de nouveaux horizons, réinterprété le passé, fait connaissance aussi avec une de mes entités qu’il allait falloir apprivoiser… mais ça c’est une autre histoire. »

    D’autres témoignages sont disponibles ici.

  • Licornes, zèbres, loutres, nonnes, none… bienvenue!

    Licornes, zèbres, loutres, nonnes, none… bienvenue!

    En tant que cliente-patiente des professionnel.le.s de la santé et du développement personnel, j’ai souvent dû faire un effort pour être simplement entendue dans le respect de mes propres habitus.
    En tant que praticienne, ce qui m’importe, c’est le rapport: entrer en connexion avec l’univers de l’autre, quelles que soient ses normes, des plus alternatives aux plus traditionnelles, pour accueillir et accompagner.

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    Licorne?

    Mon entourage est joyeusement peuplé d’êtres extra-ordinaires… qui existent pleinement, mais que les normes de la société dominante maintiennent dans l’obscurité médiatique ou dans la caricature grotesque (ce qui revient de toute façon à en masquer la réalité).

    Les artistes expérimentaux, chercheur.euses au-delà des évidences et transformateur.trices de sociétés, en font évidemment partie. Certain.e.s s’identifient d’ailleurs comme « licornes ». Mais j’évoque plus spécifiquement ici les êtres à paillettes, qui ne se situent pas nécessairement dans le champ des arts contemporains de recherche. Bref, ces ensembles ont des intersections communes mais leurs champs (licornes / art de recherche) ne correspondent pas.

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    © Capitaine Longchamp | Courtesy Galerie Nadja Vilenne

    Etant inconnu.e.s, iels peuvent déclencher de fortes réactions d’incompréhension (je pense, par exemple, à un artiste expérimental auquel la famille réclame continuellement de « trouver un vrai métier » et à une copine queer que la famille ne lâche pas sur son look depuis des années: « tu pourrais au moins t’arranger un peu, te maquiller »…), de la curiosité (et de questionnement hyper-intime, sans respect de la pudeur), de la peur (de la contamination, entre autres), de l’agressivité même indirecte (« pédé », « putain » sont des insultes ordinaires), des discriminations (certain.e.s les accumulent… trans + peau foncée + formes très généreuses + polyamour + handicap + zèbre + travailleur.euse du sexe + pansexualité + performer…), de violence morale et physique, d’incompréhension agressive (« ben quoi, si t’es poly, un de plus ou de moins, hein, pourquoi pas moi?!), en plus de l’invisibilité ordinaire (ex:  dire « les hommes » pour désigner les humains ou ne pas se rendre compte de la non-représentation de certaines catégories de personnes racisées dans une large audience) et de la négation de la personne (ex: mégenrer en utilisant un pronom (il/elle) en accord avec le sexe biologique et non en accord avec le genre)…

    Ces licornes et autres êtres fantastiques évanescents qui ne rentrent pas dans les modèles des magazines-webzines, chaînes télés-radio et familles traditionnelles, se rassemblent souvent (pas toujours et pas seulement) dans des alter-groupes, par singularités et/ou activités fédératrices (quelques-uns en vrac: zèbres, bears, féministes queer, poly, sexe-positifs…), où chacun reconnait l’existence et le merveilleux de l’autre. Ces espaces « safe », de sécurité et de liberté (mais aussi de défense aux miradors bien gardés), sont « inclusifs » et font la chasse – parfois de façon extrême – aux -phobes de tout poil, selon des normes libertaires basées sur le respect et la tolérance de chacun.e, en réaction contre la violence des normes de la société dominante édictées par l’abominable-homme-cis-hétéronormé (dont l’un des stéréotypes pourrait être le « chef de famille » qui fait des blagues « pour rire hein! » sur les blondes, les tarlouzes et les putes, en allumant le barbecue à saucisses). Parfois, le protectionnisme donne lieu à de nouvelles restrictions de la liberté, à des « règles » paradoxales par rapport aux intentions de la communauté première… Et c’est reparti… Il y a de quoi réinventer sans cesse!

    (Question invention… les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence du Couvent de Paname se débrouille pas mal)

    Se justifier?

    En tant que cliente-patiente des professionnel.le.s de la santé et du développement personnel (du.de la gyné à l’hypno en passant par le.a psy, avec de nombreux intermédiaires), à part mon imperturbable psychanalyste freudienne orthodoxe et quelques rares exceptions (il y en a tout de même!), j’ai souvent dû faire un effort pour être simplement entendue et accompagnée dans le respect de mes propres habitus.

    Au pire, ceux-ci étaient classés directement dans la case « symptôme ». Consulter pour un problème de sommeil et devoir batailler pour ne pas être « traitée » pour un « problème » qui n’en est pas un pour moi m’est arrivé pas mal de fois (certains osent carrément le: « vraiment? vous êtes sûre de ne pas vouloir vous dépêcher pour tomber enceinte là maintenant? après ce sera trop tard et vous le regretterez… je connais plusieurs femmes qui… » Si si!).

    Au mieux, la.e praticien.ne évitait la projection et entrait tranquillement dans mon univers sans utiliser ses propres filtres, pour entendre ma demande et non ses malaises personnels. Youpi merci!

    (\(\
    ( -.-)
    o__(« )(« )

    Entre les deux… il y avait le – long – temps de l’explication (ou comment payer une séance qui est en fait un cours donné à l’opérateur.trice sur une « question qui l’intéresse » et qui l’entraîne, malgré mes efforts pour recentrer le propos, dans un état de fascination qui l’éloigne de sa fonction d’accompagnant.e), le malaise de l’incompréhension (car pas de cases à cocher), l’interprétation psychanalytique de comptoir, le rappel vers ce qui l’interpelle personnellement (moi pas), alors que je paie pour avancer sur une intention claire… ou bien l’énervement du bon, là, Marie, tu le fais exprès hein?! en recevant une réponse différente de celle qui semblait a priori évidente (je me souviens notamment d’un exercice entre collègues où mon opératrice était soulagée de trouver une certitude imparable pour son exercice: Tu es une femme, ça c’est certain! et a été gentiment exaspérée par mon euh… ben non, c’est pas si clair en fait).

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    Et ce n’est pas prêt de se terminer, vu la façon dont certaines formations en sexo ou psychopatho sont orientées.

    Voilà pourquoi la question m’intéresse!

    Ce qui m’importe, c’est le rapport: entrer en connexion avec l’univers de l’autre, quelles que soient ses normes, des plus alternatives aux plus traditionnelles, pour accueillir et accompagner.

    En résumé, en écoutant ce que vous avez à dire ou à taire, je n’ouvrirai pas de grands yeux fascinés, je ne froncerai pas les sourcils, je ne plisserai pas le nez, je ne chercherai pas à vous ramener à la m.raison…

    Car il s’agit – ayant désactivé mes propres filtres -, d’entrer en contact profond, de voir et d’être vue, pour vous accompagner simplement vers la création de votre vie, votre oeuvre, votre monde.

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    Vous pouvez saluer Jeanneke-Pis, dans l’Impasse de la Fidélité à Bruxelles. Zinneke-Pis, lui, vous attend à l’angle de la rue des Chartreux et de la rue du Vieux-Marché-aux-Grains. Manneken, vous le connaissez…

    « A côtoyer des licornes et des artistes expérimentaux, es-tu toujours capable de t’adapter à l’univers d’une personne plus traditionnelle? »  Me demande-t-on de temps en temps.

    Je répondrai que je ne vis pas dans une secte, mais bien en immersion dans différents univers, reliés ou non. Membres de ma famille belge, amis d’enfance, collègues hypnos, collègues artistes, entourage de divers cercles et horizons géographiques… forment un monde où la diversité des habitus est une richesse.

    En outre, en tant qu’accompagnatrice, je privilégie la connexion (rapport, complicité, fluidité, adhésion, immersion…) et non la compréhension au sens rationnel, intellectuel du terme.

    C’est un peu comme ce que je pratique avec les chats, chevaux, oiseaux… en me connectant avec mes ressources les plus profondes, je « suis », en immersion, les ressentis et réactions des êtres que je rencontre, sans interroger mon système d’organisation du monde pour voir si ces ressentis et réactions correspondent aux miens et à quelles conditions. Juste dans l’ici et maintenant.

    Et j’ai du plaisir à le faire, quel que soit l’univers des êtres qui me font confiance, car chaque fonctionnement recèle des paysages singuliers et des lumières inouïes.

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    Les Chlorophtalmus agassizi vivent en symbiose avec des bactéries luminescentes logées dans leurs yeux à lentille (là, on voit les yeux de cette bande de petits poissons)

    Friendly *

    * Licorne friendly * Polyamory friendly * Zèbre friendly * Nullipare friendly * Fat friendly * LGBTQI+ friendly * Handi friendly * Grand-m.père friendly * Indépendant.e-ouvrier.e-employé.e-chomeur.euse-cadre-astronaute-dentiste-ministre-infirmier.e-gardien.ne-analyste-botaniste-enseignant.e-contrôleur.euse-artiste-journaliste…friendly * Chamane friendly * Cis friendly * Homoparentalité friendly * Personne racisée friendly * Pluripartenariat friendly * Queer friendly * Sorcier.ère friendly * Créateur friendly * CrossFit friendly * Hétéronormé friendly * Loutre friendly * Sexworker friendly * Séropo friendly * Kink friendly * Vegan friendly * Lesbian friendly * Freak friendly * Pervers positif friendly * Pan friendly * Fetish friendly * Contrôleur.euse friendly * Amazone friendly * Fée friendly * Hypno friendly * Ornithorynque venimeux friendly * Sexpositif friendly * Nonne friendly * Intellectuel.le friendly * Cousin.e friendly * Ecosophe friendly * Nymphe friendly * Cycliste friendly * Libertaire friendly *  friendly * friendly * Puma friendly * M.père friendly * Entraineur.euse friendly * Nice guy friendly * Chacun.e avec ce que/qui vous êtes friendly *

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    En séance, ce que je suis, mes valeurs, mes représentations n’ont pas lieu d’être. Il m’est possible de trouver la beauté chez toute personne que j’accompagne, qu’elle soit colibri ou dealeuse de chasse au lion.

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    Regardez l’image de très près en relâchant vos yeux, puis reculez lentement et découvrez ce qui se cache dans ce stéréogramme 🙂

    En revanche, comme je l’ai détaillé dans les infos, je choisis de ne pas accompagner en séance les personnes:

    • diagnostiquées comme atteintes d’un trouble psychotique (schizophrénie, paranoïa, maniaco-dépression…)
    • diagnostiquées comme atteintes d’un trouble bipolaire
    • sous anxiolytique ou antidépresseur au quotidien
    • atteintes d’alcoolisme sévère
    • prenant des drogues au quotidien (je ne parle pas de marijuana)
    • mineures
    • sous tutelle

    … car cela demande une spécialisation, voire un double titre médecin-hypno, psychiatre-hypno. Je vous transmettrai, si c’est votre cas, les coordonnées d’un.e collègue spécialisé.e dans la question. A Paris: Hypnosis, Centre de soins spécialisé dans les applications médicales de l’Hypnose.

    Sourire.

    © Marie Lisel

    Image: Unicorns | Steven Baker via Flickr

  • Recadrage par courant d’air

    Recadrage par courant d’air

    LE RECADRAGE, UN POINT COMMUN ENTRE ART ET HYPNOSE

    Documenta de Kassel 2012: des courants d’air provoqués par des souffleries invisibles traversent un énorme espace vide, accueillant ainsi le visiteur dans le bâtiment principal, le Fridericianum. L’oeuvre de Ryan Gander, sélectionnée par l’une des plus importantes manifestations d’art contemporain au monde, est en fait… de l’air.

    L’art interroge nos croyances, nos attentes, nos évidences, nos paradigmes, nos représentations, nos théories (le mot dépend des champs). Un événement aussi pointu que la Documenta peut, dès lors, se permettre un immense espace a priori vide, qui devient totalement plein, dès que/si le spectateur comprend qu’il respire l’oeuvre et se fait caresser par elle.

    C’est pour moi l’un des points de rencontre les plus fort entre l’art et l’hypnose: le recadrage. Car s’ils le permettent de façon différente, l’intention reste en partie la même: bousculer les certitudes, faire évoluer notre façon de voir le monde, nous sortir de nos zones de confort, de nos habitudes de percevoir, de ressentir, de penser, de fonctionner… pour permettre de se construire une réalité libérée.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

     

     

     

  • Recadrage par la création radiophonique

    Recadrage par la création radiophonique

     

    « Merci Madame », documentaire de création radiophonique est disponible à la vente, à prix libre, sur Bandcamp (l’écoute est gratuite si vous êtes fauchés 😉 )

    J’invite mes collègues hypnos et les curieux  à expérimenter le recadrage par le documentaire de création radiophonique.

    Le recadrage est une technique de PNL et d’hypnose, qui permet de changer de cadre (donc de voir différemment, avec un autre point de vue) et de faire évoluer des croyances et des comportements qui nous limitent.

    Lorsque j’ai rencontré Michael et Madame, dans une soirée freaks organisée dans un squat parisien (fermé depuis), je n’avais jamais assisté à une séance SM, et encore moins sur un homme atteint d’un handicap et habillé en robe… Ma première réaction a été la pitié et la révolte. La seconde a été de contempler et de mettre de côté ma réaction totalement étriquée, pour chercher à comprendre ce qu’ils vivaient ensemble et ce qui les faisait sourire et plaisanter entre deux raclées. Malgré mes appréhensions, je me suis alors approchée.

    Ce processus d’autorecadrage spontané est long à mettre en place, c’est une discipline de l’esprit. Mais il ouvre tellement la vision du monde et donc le champ des possibles! Encore une fois, l’hypnose peut en faciliter l’apprentissage.

    Marie Lisel

    Voici le synopsis:

    « Madame, je vais vous confier un secret. Je voudrais bien qu’un jour vous arriviez à me punir pour une véritable raison, que vous considériez que je mérite sincèrement de l’être et non par ce que c’est moi qui vous le demande. Je vous implore la prochaine fois de me punir véritablement pour des raisons fondées et méritées, à vous de voir pourquoi en réfléchissant un peu, vous trouverez sûrement. »

    A 39 ans, Michael, infirme moteur cérébral, attend toujours que la vie passe. C’est alors qu’il rencontre Madame et son martinet préféré. Grâce à cette relation singulière, il entreprend une cure sévère de remise en forme physique et psychique, intègre un réseau social et réalise quelques pas – pour la première fois de sa vie – sans aide et sans béquilles. « Merci Madame » nous invite à partager ce processus étonnant de naissance à soi.

    « Merci Madame », de Marie Lisel
    Durée: 28 minutes
    Mise en ondes: Sébastien Schmitz
    Musique: Emilie Patate
    Image: Dominique Goblet
    Générique: Tristan Trémeau
    Une production du fond Empreinte de l’ACSR, avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles

    Il suffit d’oser!

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Images: © Dominique Goblet

  • Comment? Pourquoi?

    Comment? Pourquoi?

    J’ai connu, il y a longtemps, une très longue expérience en psychanalyse freudienne orthodoxe, plusieurs fois 45 minutes chrono par semaine, sur un divan Mies Van Der Rohe, face à un grand tableau abstrait, à horaire fixe, avec la même poignée de main, exactement le même « Bonjour Madame », les mêmes grincements du Lounge et toussotements derrière ma tête, l’évolution et l’analyse du transfert et tout l’arsenal traditionnel. Comprendre pourquoi j’étais tombée dans un trou a été éclairant. Je connais maintenant le récit que je me suis fait de cette histoire dans les moindres détails. J’ai zoomé sur bien des cailloux, gravillons, branches et brindilles ayant pu occasionner une chute, une blessure ouverte ou une simple grattouille entre les orteils. Et j’ai parfaitement intégré le phénomène de l’association libre et de l’écoute flottante, très intéressants à détourner, pour développer l’imaginaire et certains types d’exploration.

    Plus tard, je me suis intéressée à l’hypnose éricksonienne, d’abord pour régler un problème ponctuel, puis pour me former à l’accompagnement par l’hypnose éricksonienne de personnes désirant évoluer et, enfin, pour l’utiliser en création radiophonique et en workshops. Quelle découverte!

    Trouver rapidement les processus qui permettent de sortir d’un trou et même de ne plus avoir peur de me promener tout au bord et même de jouer avec la chute et la remontée et même de faire de n’importe quel trou un espace d’exploration constructif et créatif m’a semblé bien plus actif, libérateur, joyeux et ouvrant!

    C’est pourquoi j’ai choisi de me former en hypnose et non en psychanalyse, même si cette dernière a été une magnifique aventure intellectuelle, même si mon entourage compte quelques charmants férus de psychanalyse et même si j’ai été curieuse de découvrir l’hypnoanalyse, qui réconcilie hypnose et thérapie analytique, entrevue deux jours à Bruxelles en 2014, lors d’un séminaire donné par Edouard Collot.

    Bref, il s’agit dans l’accompagnement que je propose, d’arrêter le récit de la souffrance et se demander comment sortir des difficultés, d’éteindre la parole et de mettre en place les conditions où quelque chose peut se passer pour que le sujet puisse sortir de ses problèmes. L’objectif premier est l’amélioration de l’existence du sujet, pas la compréhension du trouble.  « Est-ce que vous voulez vous voulez changer ou est-ce que vous voulez répéter? Alors déposez les armes » est une expression de François Roustang que j’utilise fréquemment. Ancien psychanalyste, il est l’un des hypnos qui m’inspirent.

     

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    PS: un lien: « Pourquoi le fait de comprendre ne résout rien? » 

  • Dissociation virtuelle

    Dissociation virtuelle

    Lorsque j’ai connu Yann Minh et qu’il m’a expliqué ce qu’il vivait à travers ses avatars, dans les mondes parallèles (avec ou sans oculus rift), j’ai immédiatement su qu’il faisait partie de cette petite partie de la population qui utilise spontanément et analyse finement des techniques hypnotiques (chère dissociation!), sans pourtant connaître la théorie de l’hypnose. Incroyable de précision et d’efficacité !

    De façon générale, les parallèles entre les avatars des cybermondes et les sous-personnalités des théories étudiées en hypnologie sont évidentes.

    Je me réjouis d’aller y jeter un oeil, une oreille, une stimulation plus avant 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    PS: pour comprendre Yann Minh, quand on n’est pas initié:

    http://www.yannminh.org

    http://www.noomuseum.net

    http://www.noocrypte.com