Catégorie : Synesthésie

  • Zèbrures à pois & hypnose

    Zèbrures à pois & hypnose

    L’hypnose est pour moi une croisée. Pour les fonctionnements typiques, elle permet (entre autres) d’approcher certaines compétences que des atypiques présentent naturellement. Pour les atypiques, elle permet (entre autres) de comprendre en profondeur à piloter ces compétences, les apprivoiser, les adoucir, s’en servir de façon plus confortable, plus adaptée. Pour toustes, elle permet de s’éclater à créer sa vie, son oeuvre et son monde. Et aussi de trouver des points de convergence qui ouvrent des fenêtres sur nos compréhensions mutuelles. Youhou!

    Quand j’étais petite…

    (ma marmite d’Obélix)

    Pour pas mal de NA (neuroatypiques) de ma génération (né.e dans les 70′), l’enfance-adolescence a été un moment compliqué.

    Pour ma part, en pleine campagne de l’Ardenne belge, j’ai apprécié les longues plages de lecture (j’étais boulimiques de mots, avec le bibliobus itinérant, j’ai vraiment pris mon pied), les balades dans les forêts, les expéditions à l’aveugle dans les prés enneigés baignés de brumes, l’omniprésence de la nature, la liberté de plonger dans des rêveries solitaires en compagnie des veaux ou des abeilles, l’apprentissage du chant accompagné à la guitare (autre rêverie, cette fois à partager!), le tourne-disque du salon et la place pour danser, la contemplation et l’exploration libre (plein de temps à soi – seule ou en bande mais surtout sans adulte – pour simplement être là, pour tester des trucs, pour oser, pour se raconter des théories fantastiques… les enfants d’aujourd’hui en manquent tellement, sans cesse sollicités, surveillés, commentés, limités, rationalisés…).

    Ce fut notamment propice au développement de ma communication animale, de mon intuition et aussi de mon adaptation sociale: chercher comment être intégrée et appréciée par les gens de mon âge, tout en restant moi-même, c’est-à-dire en étant jugée « carrément bizarre » mais aussi « super attachante » et digne de construire des cabanes secrètes ou de faire des soirées à l’étang  avec iels… un joli labo d’explorations sous la forme de sociétés d’enfants puis d’ados, autonomes dans certains espaces-temps.

    En revanche, même si les bandes d’enfants puis d’ados m’ont incluse de bon gré, avec leur coaching maladroit permanent (« mais enfin Marie, c’est pas compliqué, si tu voulais… il suffirait… »), je me suis souvent sentie « toute seule » dans ma façon d’être au monde. Difficile de trouver des interlocuteurisses pour des discussions complexes et profondes. Aujourd’hui, ça a bien changé…

    Du côté des adultes, tout en appréciant mon calme, on me reprochait mon côté « inquiétante étrangeté », et puis d’être « dans la lune », d’être atteinte de « sensiblerie », de « faire semblant de ne pas comprendre », de ne pas adhérer aux codes (des convenances, du féminin, des blagues, de l’autorité…), de ne pas sentir les limites, de ne pas faire d’efforts (cette injonction de devoir sourire et papoter de tout et de rien et aussi de carrément mentir pour faire plaisir, sans parler des bises obligatoires… argh!). Je passais pas mal de temps à essayer de capter comment  réfléchissaient-réagissaient les adultes pour anticiper leurs comportements de façon à délimiter mes plages de liberté totale relativement sécures (certaines sanctions ou réactions ne me faisaient ni chaud ni froid en comparaison avec les bénéfices que je prenais avec le « je m’en fous »)  et pour me barrer à temps quand les contextes me mettaient en insécurité (contact physique trash « pour rigoler », apprentissage de la dureté pour me guérir de ma « sensiblerie », recadrage brutal à propos de règles que je n’avais pas captée car implicites et évidentes pour les autres…).

    Je n’étais pas la seule neuroatypique mais personne ne savait même que cela existait. Quand je repasse au crible les réactions et réflexions des adultes, je me dis que mon père a dû se sentir vraiment perdu, amoureux de littérature et de philosophie dans ce monde rural rude. Tous les soirs de mon enfance, il venait me lire des poèmes. Il ne jubilait qu’en m’amenant un nouveau livre ou en me montrant du doigt un détail caché dans une BD ou dans le paysage, au cours d’une balade (il commençait souvent par « c’est quand même marrant… » sans finir sa phrase et pointait le doigt vers l’oreille en signe qu’il fallait écouter ou vers un point à chercher du regard. Moments magiques!). A ses temps libres, il dévorait les romans et écoutait France Culture. Pourtant, selon lui, « il n’y connaissait rien » et refusait de soutenir la moindre discussion intello. Chacun.e à sa place. Et pour lui, sa place était dans sa bulle (ou dans sa caverne d’ours, en vieillissant), avec un strict minimum d’adaptation sociale et professionnelle, mais réalisée avec beaucoup d’exigence et d’application. La philo, c’était en catimini, uniquement en tête à tête, quasiment en silence, pendant la vaisselle… Il y a quelques années seulement, il m’a téléphoné et m’a annoncé comme une révolution que j’étais hypersensible, suite à l’écoute d’une émission de radio. Il était tellement abasourdi de me reconnaitre dans le propos de l’émission! Ce fut un doux moment. Oui papa… toi aussi. Et puis…

    A la campagne dans les années 80, personne ne parlait de trouble ou de divergence ou de diversité et internet n’existait pas. Il était juste proposé « d’arrêter de faire son intéressant.e, de revenir les pieds sur terre et de faire comme tout le monde ». Contrairement à moi, qui suis devenue hypno et artiste (deux activités rêvées pour un.e NA!), le NA de la génération des années 50 à la campagne avait vraiment peu de chance de comprendre, d’assumer et de faire fructifier ses différences. La fuite ou bien l’adaptation et la bulle étaient les seules solutions.

    Puis, j’ai migré vers la ville pour faire des études. Ce n’est qu’à 18 ans que j’ai rencontré une personne avec qui parler de cet univers qui était le mien. Une révélation: je n’étais donc pas la seule extraterrestre sur cette planète! Son univers était autre mais aussi étrange. Il assistait lui aussi à la vie sociale avec beaucoup de décalage, d’insécurité, le tout baigné de synesthésies incroyables. Je n’étais plus seule. Mais nous ne savions absolument pas que nous étions plus de deux ni comment mettre des mots, comprendre…

    Milieu de la vingtaine, j’ai commencé une psychanalyse, ma première véritable thérapie: 45 minutes 3X/semaine, pendant 7 ans, chez ma psychanalyste freudienne orthodoxe, qui était aussi neuropsychiatre en hôpital à d’autres heures. Après quelques mois de cure, je n’en pouvais plus des remontées de rêves épuisants et d’un début de somnambulisme. Ma psychanalyste me disait de « laisser faire le travail » mais les effets étaient vraiment trop violents. Je suis donc allée voir un hypnothérapeute… en cachette (ouille, le transfert!).

    Nous avons travaillé seulement en trois séances, avec des outils très simples (safe place, ancrage, sous-modalités…). Et là, seconde révélation: il était non seulement possible d’explorer mes process, mais aussi de diriger volontairement ces états qui me « tombaient dessus » sans que je puisse rien y faire. Yeah! Cet hypno pédopsychiatre m’avait fait une fleur en me prenant en consultation juste le temps de résoudre ce souci précis de sommeil, mais n’avait pas de place pour une adulte. J’ai donc interrompu mes expériences hypnotiques, en gardant bien à l’esprit qu’il faudrait y revenir après la cure.

    Et je suis en effet retournée vers l’hypnose à la fin de mon analyse, mais sans succès car l’hypno disponible à ce moment là était dirigiste et fan de scripts. L’hypnose ne s’est développée que ces dernières années, il y avait peu de praticien.ne.s à cette époque. Et celle-là ne me convenait vraiment pas.

    Puis, bien après, quand j’ai eu l’envie de réaliser une création radio hypnotique, j’ai suivi des cours dans une école d’hypnose à Bruxelles (INH), en tant qu’artiste (pas en tant qu’accompagnante de séances) au milieu du corps médical, pour m’immerger à fond. Et là,  outre mes débuts d’hypnose artistique, j’ai vraiment exploré comment  l’autohypnose pouvait m’offrir des outils pour valoriser tout mon matériel intérieur, si encombrant à l’état sauvage. J’évoque notamment ce que j’ai longtemps appelé « l’aquarium », mais aussi le voyage (rêve éveillé profond), l’hyperacousie, la synesthésie, l’hypersensibilité, le fait de ne pas arriver à rentrer dans des conduites de lissage social,  la recherche de compréhension profonde permanente des leviers des comportements normés qui me semblaient si absurdes, le moulinage en arborescence…

    En école d’hypnose parisienne (ARCHE), nouveau but (accompagner en séance), nouvelle méthode (beaucoup de pratique) et nouveau choc: oui, certain.e.s hypnos sont NA, mais non, pas toustes, loin de là! Car il est possible, quand on n’est pas « tombé.e dedans » à la naissance, de s’initier aux voyages qui me semblent tellement ressembler à ce que nous (moi et les NA de mon entourage) partageons de nos expériences. J’ai donc appris, en tant qu’accompagnant.e, à adapter mon accompagnement pour toustes, sans présupposer que c’était évident, puisque beaucoup découvraient tout juste leurs nageoires multidimensionnelles. Là, c’était un peu le monde à l’envers pour moi. A mon tour de me dire « m’enfin, iels font exprès, c’est pourtant si facile! ».

    J’ai assisté à la transformation personnelle (tout le monde est sujet de séance, ça brasse sec! Pour moi aussi…) et à l’apprentissage de la position d’accompagnant.e de beaucoup d’hypnos sans « base sauvage ». J’ai aussi expérimenté le fait d’être un sujet vraiment compliqué à accompagner pour iels, sans pouvoir leur simplifier la tâche (non, je ne fais pas exprès de ne pas proposer la réponse ou la réaction attendue ni de piloter mon vaisseau différemment que le ou la copilote).

    Nous avons donc toustes appris les un.e.s des autres. Chouette!

    Aujourd’hui je poursuis à la fois mes explorations hypnotiques (artistiques, expérientielles…) et mon travail thérapeutique personnel (pour moi, tout.e accompagnant.e se doit de continuer à être accompagné.e pour avancer, nettoyer, aligner…) et je partage mes découvertes en recevant en séances, en enseignant le REAH et la aussi créativité hypnotique dans divers stages et ateliers, pour mes collègues hypnos, pour mes collègues artistes et pour tout public.

    Je précise que la créativité, inventivité, liberté a de nombreuses sources et que, donc, celle que j’évoque ici n’est pas la seule ni l’indispensable. Elle est simplement la mienne. Celle que je partage avec des NA. Et aussi celle que je reconnais à l’hypnose. Et elle est transmissible. Ca suffit pour que j’en fasse un article!

    Finalement, l’hypnose est pour moi une croisée. Pour les fonctionnements typiques, elle permet d’approcher certaines compétences que des atypiques ont naturellement (et qui ne sont évidemment pas toutes les compétences de l’hypno, loin de là). Pour les atypiques, elle permet de comprendre en profondeur à piloter leurs compétences, les apprivoiser, les adoucir, s’en servir de façon plus confortable, plus adaptée. Pour toustes, elle permet de s’éclater à créer sa vie, son oeuvre et son monde.

    Et aussi de trouver des points de convergence qui ouvrent des fenêtres sur la compréhension mutuelle!

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    Photo de Camille Schweickhardt Avec Couscous.

    Envisager sous plusieurs angles, analyser,

    inventer, détourner, reprogrammer…

    L’hypnose exerce différentes capacités, notamment celles de ressentir autrement (hyperesthésie, synesthésie, hyperfocus…), d’atteindre un hyperéveil, de découvrir la psyché (que François Roustang décrivait comme recouverte d’un voile en état ordinaire), d’envisager les choses habituelles différemment, de s’émerveiller devant « l’ordinaire », de jouer concrètement avec des process, de développer l’introspection et l’intelligence intra-personnelle (comprendre de façon à la fois fine et profonde ce qui se passe dans l’esprit de l’autre), de développer la sensibilité, la créativité, l’empathique, d’expérimenter en « dé et re-cablant » ses propres automatismes psychiques, émotionnels et physiques, de créer du nouveau, de déclencher des rêves inouïs et même de sortir de soi…

    Les personnes vivant de façon différente de la norme, autant dans leur façon de se représenter soi-même, sa relation à l’autre, sa position dans la société, son rapport au monde… – plongent dès lors naturellement dans son univers d’exploration et de création.

    (((Oui, je parle de certain.e.s artistes, de personnes ayant conservé une belle part d’enfance et, spécialement ici… des neuroatypiques))).

    Ceci expliquerait cela… les neuroatypiques (personnes qui présentent un fonctionnement cérébral particulier), dits « NA », voyagent comme des poissons dans l’eau hypnotique, à condition que l’accompagnant.e ne tente ni de leur faire suivre un chemin prédéterminé dans la séance (protocoles et scripts) ni de les faire rentrer dans ses normes (« vous êtes une femme, donc… ») ni d’interpréter leur façon de procéder au coeur du rêve (laisser entrer l’araignée dans l’oreille = beurk! >< hébénon pas du tout c’est super elle nettoie), ni d’inventer des métaphores à leur place, ni de projeter leurs propres émotions ou solutions sur leurs situations… La position d’accompagnement ultrabasse est nécessaire (pour ma part, ça m’a conduite à développer le REAH).

    Le fonctionnement NA de façon générale reprend des caractéristiques comme « pensée en arborescence », « hypersensibilité »… (suivez les liens en bas de page pour en savoir plus). Cependant, il existe d’innombrables façons d’être atypique dans sa façon de percevoir et de ressentir le monde, de traiter les informations, de trouver des possibilités de fonctionnement social, de créer… Chaque NA est singulier.e.

    Un point commun est que les NA, confronté.e.s sans cesse aux normes de la société dominante, qui ne leur correspondent pas ou peu, connaissent bien le mouvement de comparer leurs représentations à ce qu’iels perçoivent de celles des autres, de chercher leur positionnement et leur moyen de communiquer (ce qui est appelé « habiletés sociales« ), de se sentir en décalage avec les codes, les règles, les habitudes et… d’inventer des solutions!

    Outre cela, les réactions des autres, la sensation d’être agressé par un environnement censé être « normal » (avec toutes ses lumières, ses sons, sa foule, ses règles illogiques, ses exclusions…) peuvent créer, en plus de la difficulté d’appréhension de la situation, un malaise, une angoisse, un sentiment d’injustice, d’insécurité, de désintérêt…

    Certain.e.s en souffrent et se barricadent, se sentant seul.e.s au monde, d’autres apprennent les normes sociales et s’y adaptent par des compensations (recherche de consensus, invisibilisation de la différence) et/ou s’organisent en affirmant leurs complexités par des associations. Notons aussi qu’une personne peut basculer de l’un à l’autre de ces possibles ou les combiner, selon les contextes. Bref, toujours pas de généralités.

    En ville et sur le web, des familles se forment. Ainsi, iels sont en nombre dans des champs comme le queer (qui réinvente les représentations de genres), le polyamour (qui réinvente les représentations de la relation amoureuse et même de la famille), le sexpositif (qui réinventent la façon de vivre la sexualité), les jeux de rôles (qui invente des mondes), les métiers de niche (ultraspécialité technique, recherche scientifique, recherche indépendante…), les arts contemporains (d’aujourd’hui donc, car l’historien.ne de l’art a déjà classé-étiqueté-normalisé les oeuvres précédentes), la programmation informatique, la création de réalités virtuelles…

    Pour résumer, je dirais donc que, premièrement, les neuroatypiques nagent comme des poissons (toustes différent.e.s) dans l’océan hypnotique, tant qu’iels sont accompagné.e.s en liberté, ce qui demande un positionnement sans mailles de filet et que, deuxièmement, nombre de personnes fréquentant des champs « hors normes » sont atypiques (!j’ai pas dit toustes, hein, vraiment bien loin de là!).

    Je termine cette partie par une conclusion personnelle: l’une des raisons principales pour lesquelles mes collègues m’adressent des accompagné.e.s est simple: je fais partie de la famille des poisson.ne.s libres créateurisses. J’accompagne donc bon nombre d’artistes, de zèbres, de licornes, de chercheurs indépendants, de thésard.e.s, de thérapeutes… et bien autres…  pour en savoir plus, relisez donc mon texte de bienvenue.

    A côté de cela, mon fonctionnement emmène tranquillement mes accompagné.e.s plus normés, neurotypiques, à la découverte de leur imaginaire, de leur créativité et de leur liberté… comme une stagiaire l’a si bien résumé dans la page des témoignages d’hypnos « Avec son sérieux et sa folie, Marie nous ouvre les portes du rêve qui permet d’avancer. »

    Voilà pour répondre aux questions (qui me sont) fréquemment posées.

    Après, on peut aller un peu plus loin… notamment dans la réflexion sur la richesse des différents fonctionnements et sur leurs revendications à exister tels qu’ils sont dans toute leur diversité, VERSUS la volonté de normalisation, c’est à dire que, pour être un sujet déclaré sain, normal, intégré, heureux… il faudrait correspondre à ce qui est édicté comme « normal » et que ce qui n’y correspondrait pas serait traité comme un trouble (psychiatrique, psychopathologique, médical, social…) qui provoque le rejet et/ou le traitement thérapeutique. Là aussi, les zèbres et les licornes ont des points communs!

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    Cet oiseau très rare est mi-mâle mi-femelle
    Ce phénomène est appelé le gynandromorphisme.

    Neuroatypique, Aspi, Zèbre…

    Les mots sont souvent confondus ou employés de travers. De nombreux sites et blogs permettent de s’en faire une idée claire. Voici mon résumé du résumé.

    Pour ma part, je me ressens comme neuroatypique, inscrite dans le large spectre des zèbres. Car – pour moi – la zébritude n’est pas binaire mais spectrale aussi. Il y a tant de singularités zébrées! Le truc étrange, c’est que l’on se reconnait souvent instinctivement vite entre zèbres, même de types très différents, sans pouvoir expliquer comment. Il y a donc – tout de même – des points communs ressentis comme évidents.

    Pour répondre à la sacrosainte question: non, je n’ai pas passé le test. Je n’en vois pas l’intérêt. Les traits sont présents, mais je subodore qu’ils ne sont pas suffisamment nombreux et intenses chez moi pour que ce soit qualifiable de TSA sur le plan médical.

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    Chloe Finch, par Peter Hujar, 1981

    Neuroatypique

    Il n’y a pas de limitation en matière de droit à se revendiquer « neuroatypique ». L’exigence tacite est que la personne éprouve, dans la vie quotidienne, une sensation de distance avec l’ensemble de la société dite “neurotypique”, reliée à des particularités de nature cognitive, perceptive, sensorielle et / ou neurologique.

    Le terme s’est construit par opposition au terme « neurotypie » (norme dominante en ce qui concerne le fonctionnement neurologique) ou aux « neurotypiques » mot désignant toutes les personnes sans différence neurologique)

    Ces termes sont reliés à la lutte pour la neurodiversité, contre le fait de transformer un comportement humain viable en trouble mental, comme l’ont déjà été l’homosexualité, le genre non-binaire, et comme le subissent encore les autistes avec le TSA (troubles du spectre de l’autisme).

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    L’apparence fantasmagorique de ce mammifère pondant des œufs, à la mâchoire cornée ressemblant au bec d’un canard, à queue évoquant un castor, qui lui sert à la fois de gouvernail dans l’eau et de réserve de graisse, et à pattes de loutre a fortement surpris les premiers explorateurs qui l’ont découvert. En outre, c’est l’un des rares mammifères venimeux: le mâle porte sur les pattes postérieures un aiguillon qui peut libérer du venin capable de paralyser une jambe humaine ou même de tuer un chien.

    Syndrome d’Asperger: diagnostique médical d’un trouble du spectre de l’autisme  (TSA = troubles du spectre de l’autisme).

    • Notons qu’il y a débat sur l’appartenance des Asperger au spectre de l’autisme.
    • Certain.e.s rejettent aussi le classement TSA au nom de la lutte pour la neurodiversité (c’est un fonctionnement différent de la norme, pas une pathologie) et du désir de se débarrasser des étiquettes (qui enferment et reforment une nouvelle norme).
    • D’autres ont soulagé.e.s de mettre un nom sur leurs difficultés, d’échanger avec d’autres aspis, mais aussi de pouvoir partager cette explication officielle (diagnostique médical du syndrome d’Asperger) avec leur entourage. « La reconnaissance du syndrome peut être une étape libératrice qui permet à la personne Asperger de mieux se comprendre, de s’accepter et de pouvoir mettre clairement des limites aux attentes des autres, sans dévalorisation ni culpabilité. » (blog de Philosophine)
    • Les personnes autistes Asperger sont qualifiées d’autistes de haut niveau en opposition à l’autisme sévère (également nommé autisme de Kanner). Haut niveau et Haut Potentiel n’ont rien à voir. Les médias confondent souvent.
    • Le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme définie cliniquement en 1981 par Lorna Wing, à partir de la « psychopathie autistique » décrite en 1944 par Hans Asperger. Ainsi distingué d’autres formes d’autisme, le syndrome d’Asperger intègre le DSM en 1994. Il est remplacé au cours des années 2010 par une approche plus évolutive: TSA.
    • Anna Pélut: « Syndrome d’Asperger (SA) T. Attwood et C. Gray (2010) ?proposent des critères diagnostics “positifs” du SA comparativement à la représentation sociale de l’autisme plutôt négative. Les personnes avec SA auraient des compétences cognitives élevées. Un second critère renvoie à l’utilisation d’un langage social (l’«Aspergerois»), caractérisé par une volonté de recherche de la vérité, et d’une conversation sincère sans motivation dissimulée. Ces auteurs ajoutent que leurs interactions sociales sont marquées par une grande loyauté, en raison d’un optimisme dans sa recherche de l’amitié véritable. Cet aspect relationnel et social tend à être problématique pour les personnes Asperger. Toutefois, selon Gena (2001), elles sont désireuses de créer des relations avec les autres, mais se retrouvent en difficulté une fois qu’il est question d’aborder une personne ou de maintenir une conversation avec elle. »
    • Aujourd’hui, en France, le diagnostic de TSA est établi par un docteur en médecine pour une reconnaissance de la MDPH (pour Maison Départementale des Personnes Handicapées).
    • Les diasgnostiques reconnus par la MDMH permettent de commencer des démarches pour recevoir des aides de l’état. La reconnaissance de « travailleur·se handicapé·e » est quasi automatique, dès lors que le dossier MDPH est dûment rempli par un médecin. Cependant, obtenir des aides de l’état (AAH, PCH, etc) est bien plus difficile, surtout pour les personnes autistes. En effet, l’autisme est trop peu / très mal connu des services de la MDPH, si bien que les répercussions du TSA dans la vie courante ne sont pas ou très difficilement reconnues. Ainsi l’ouverture de droits à l’AAH pour les personnes autistes, surtout pour les autistes type Asperger, est un parcours du combattant menant à des recours de décision au tribunal.
    • Voici un dossier en ligne: Troubles du spectre de l’autisme par la CNSA (caisse nationale de solidarité pour l’autonomie)
    • L’ADOS (Autistim Diagnostic Observation Schedule), créé par Catherine Lord en 1989 aux Etats-Unis, permet l’évaluation de la communication, de l’interaction sociale et du jeu ou de l’utilisation imaginative d’un matériel dans le cadre d’un dépistage de l’autisme. Ce test est dans la plupart des cas utilisé pour confirmer un diagnostic d’autisme, pour évaluer aussi l’impact du TSA dans la vie courante. Les résultats de ce test permettront aussi d’étayer le dossier auprès de la MDPH.
    • Le test de QI utilisé pour les grand ados & les adultes est le WAIS (pour Wechsler Adult Intelligence Scale). Notons que ce test est remis en question à bien des égards.
    • Selon les résultats de QI, les tests permettent d’intégrer MENSA, une association de personnes surdouées.
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    Cocon de papillon de nuit sur ma porte de yourte, Lozère, aout 2019.

    Zèbre

    Le « drôle de zèbre » est l’un des seuls animaux sauvages que l’homme n’a pu domestiquer. Son pelage rayé joue avec les ombres et la lumière.

    Le Zèbre est le nom usuel du HPI.

    Il y a aussi des THPI et des TTHPI, des TTTHPI… (T = très).

    Attention, il y a des personnes au QI élevé et neuroatypiques (Zèbres), des personnes à QI dans la norme et neuroatypiques, des personnes au QI élevé neurotypiques et des personnes au QI dans la norme neurotypiques!

    Le zèbre peut s’autoproclamer (en se reconnaissant à travers des lectures, par exemple, c’est souvent un début!), ou être désigné comme tel par des pairs, ou être validé par des batteries de tests. Ou  les deux ou les trois!

    Le zèbre (neuroatypique HPI) est doté de « surefficience mentale », de « douance ». Cela signifie  qu’iel fonctionne avec des capacités naturelles, un mode de pensée, une structure de raisonnement différents. C’est en cela qu’iel est appelé « un.e surdoué.e ».

    L’intelligence du zèbre et sa façon de penser le monde sont donc atypiques. C’est cette particularité qui rend, dans certains cas, difficile son adaptation scolaire mais aussi son adaptation sociale. L’expression de « surefficience mentale »,  illustre bien l’existence d’un potentiel, qui peut parfois se révéler encombrant et qui n’est pas nécessairement source d’efficacité relationnelle ni de bien-être existentiel.

    Rappelons encore que, quel que soit sont QI, chaque NA est singulier.e. Pas de généralisations ici non plus.

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    Zèbre à pois blancs Image: Frank Liu

    Pour en savoir plus sur la neurodiversité

    En plus des sites d’encyclopédies et d’associations, beaucoup d’NA écrivent des blogs.

    Vous pouvez déjà consulter des sites comme Neurodiversité.com, Atypique.orgDouance, MENSA, L’antre de la Chouette (70 articles de qualité), Zatypie, UnfilsAsperger, Tribulations d’une aspergirl, Rayures et stratures, Cahiers d’un zèbre, Philosophine, 52 semaines avec une personne asperger, page FB Zèbres info, Royaume Asperger, Autiste ovh, mais aussi des articles et videos comme « les ambiguïtés de la neurodiversité » sur m/s, intelligence hors norme sur Slate, La neurodiversité et sa relation aux neurosciences sur Inserm, des podcasts de la Chouette sur Soundcloud, des conférences sur les HPI sur la chaine Youtube de Mensa France…

    Des livres : Le Syndrome d’asperger (Tony Attwood), Différence invisible (Julie Dachez), Tribulations d’une aspergirl (Alexandra Reynaud), …

    En ce qui concerne les licornes…

    Pour éviter les amalgames, un mot sur les licornes!

    (j’aurais pu le faire aussi sur les artistes, mais pas mal de pages leur sont déjà consacrées sur ce blog).

    NA & Queer ont souvent bien des convergences (mais pas toujours, j’aurai assez insisté je crois ^^).

    Certaines licornes sont aussi des zèbres. Et d’autres sont neurotypiques.

    Par exemple, vivre une transition, c’est remettre en question la norme dominante genrée, donc être « atypique en terme de genre ». Mais ce n’est pas – nécessairement – relié à la neuroatypie.

    Pour plonger dans l’univers des licornes, voyez les nombreux liens en bas de ma page de présentation queer. Et si vous êtes hypnologue ou sophrologue ou praticien.ne PNL, je vous invite sur le groupe FB « Les représentations de genres dans le champ hypnotique« , où l’on partage des liens, des questionnements et des réflexions autour de la question des genres dans nos pratiques. Désolée, il est réservé aux accompagnant.e.s, je filtre à l’entrée.

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    Pandora Boxx

    Bienvenue

    Et on termine par le début: Licornes, zèbres, loutres, fées, nonnes, none… bienvenue!

    Des réactions? D’autres liens à ajouter?

    Ecrivez moi sur mon email lisellesil@gmail.com

    Sourire

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    Image: Gilles Berquet
  • Ateliers hypnotiques pour la création (3h, champ des arts contemporains)

    Ateliers hypnotiques pour la création (3h, champ des arts contemporains)

    En échangeant avec plusieurs accompagné.e.s artistes ravi.e.s d’explorer leurs champs de recherche en séance individuelle, ainsi qu’avec le public lors des présentations de mes propres créations, l’idée a germé de proposer des ateliers d’exploration artistiques de groupe.

    Danse, performance, cirque, arts visuels, arts sonores, littérature, cinéma… ouvrent le champ de leurs possibles grâce à l’auto-hypnose, à l’hypnose, au REAH (rêve éveillé augmenté par l’hypnose) et autres outils

    Après, il ne reste qu’à tisser ensemble les modalités…

    Bruxelles, Paris et ailleurs, vous êtes minimum 10 et/ou vous avez une salle? Construisons ce partage ensemble.

    MODALITES

    Prérequis

    Pour la cohérence du groupe, une pratique artistique professionnelle est un prérequis.

    En revanche, aucune expérience hypnotique n’est demandée.

    Minimum 18 ans.

    Pas d’antécédents psychopathologique (voir les contre-indications de l’hypnose)

     

    Nombre de participant.e.s

    Minimum 10 et maximum 30, selon la salle.

     

    Durée

    Minimum 3h – maximum 2X3h (+ débrief) sur une journée – plusieurs journées d’affilée possibles.

    Donc cela va de 3h/ mois, à un stage de 3 jours de 2X3h en passant par une journée… discutons-en.

    3h = 1 thématique à explorer

     

    Prix

    15 euros par personne pour 3h à Bruxelles (10 personnes minimum).

    Paris et ailleurs, ça dépend si la salle est mise à dispo ou hors de prix…

    Pour les journées et stages, voyons ensemble.

     

    Salle

    Studio de danse ou de yoga.

    Ou salle avec de l’espace pour bouger (y compris au sol)

    En belle saison, j’aime aussi travailler dehors.

     

    Quelques thématiques parmi d’autres

    • jouer avec la synesthésie (son > sensation et mouvement, par exemple)
    • augmenter et transformer la sensorialité (synesthésie mais pas seulement…), avec soi et avec l’autre
    • explorer la concentration-expansion dans différentes parties de l’espace interne-externe
    • ressentir (plurisensorialité) les axes, vertical, horizontal, autres?
    • rendre les limites entre soi, l’autre et le monde poreuses et/ou mouvantes
    • devenir une poule
    • entrer dans une case de BD, en sortir, chercher une autre case…
    • parcourir le monde d’un début de scénario de cinéma
    • laisser une partie du corps ou un.e dividu.e écrire, dessiner, chanter… sans que « la partie qui dit je » intervienne
    • chanter pour l’oreille (l’organe étant alors représenté en tant qu’auditrice et territoire d’exploration)
    • jouer avec ses dividus incorporés (exemple: partie droite du corps: la liberté / partie gauche sécurité ou droite la baleine et gauche la puce ou droite le fimalent et gauche le torrent…)
    • parcourir l’univers caché derrière un tableau, une photo (« porte »)
    • devenir la prolongation d’un objet (et vice-et-versa)
    • danser le doré, l’arbre, l’intersection, la pomme, la constellation, la rate
    • ressentir les territoires (à moi, à nous, à toi, à vous, à eux-elles… mais aussi à certaines parties de moi et de toi, etc)
    • rencontrer sa puissance créative (REAH)
    • cartographier et explorer le territoire du lien, de l’attachement, du délitement, de  l’abandon, du détachement, de la rupture…
    • transférer ses dividus dans des objets et les faire interagir entre eux pour explorer les sensations, émotions, impressions, conceptions du monde
    • … (ma mémoire flanche)

     

    Thématiques au sein de votre projet (solo, compagnie, école d’art…)

    Si vous désirez un atelier sur mesure au coeur de votre projet, c’est envisageable également. Voyez la page, Pour la création, Accompagnement de votre projet sur plateau et workshop en école supérieure d’art.

    Outre l’univers de la création artistique (accompagnement & collaboration, co-création), je suis immergée dans l’univers de la communication animale et végétale (éthologie, médiation animale, Sorqueer), ainsi que dans l’univers queer, dans le rituel et dans le bodywork hypnotique (massage et hypnose, par exemple). Ateliers et stages possibles là aussi.

    Ecrivez moi à lisellesil@gmail.com pour un atelier ou un stage à Paris, Bruxelles et ailleurs!

    Sourire,

    Marie

     

     

  • 8 février, concert hypnotique de Jérôme Poret et Marie Lisel, Théâtre Berthelot, Biennale Nemo

    8 février, concert hypnotique de Jérôme Poret et Marie Lisel, Théâtre Berthelot, Biennale Nemo

    Les recoins
    Février 2020: Production/ la Biennale des arts numérique Némo / Coproduction / du label phonographique Labelle69/ Avec le soutien du Centre d’art contemporain de la Maréchalerie et du Phonomuseum de Paris.
    Cette expérience artistique immersive s’est déroulée le samedi 8 février 2020, 14h30-16h30, Théâtre Berthelot, dans le cadre de la biennale d’arts numériques NEMO.

    Une proposition ouverte à un public participatif pour une aventure hypnotique et collective d’un REAH (Rêve Eveillé Augmenté par l’hypnose) sous la conduite de l’artiste hypnologue Marie Lisel et la composition lumière et musicale de Jérôme Poret. Annonce sur Sonore Visuel

    Cette proposition peut se renouveler sur invitation.

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    Témoignages des participant.e.s

    I experienced a wonderful performance by Jérôme Poret, a future guest artist of Mayeur Projects Residency and Marie Lisel artist and hypnologist. We spent more than one hour in a collective hypnosis experience in Berthelot Theater in Montreuil, thanks to Marie’s texts and voice and Jérôme’s music. We opened large valleys and tiny houses inside of our minds and bodies. Hypnosis brought me to a flowered valley like the valleys you can follow near Mora, in our beloved Northern New Mexico. After that, my intimate journey made me meet a big wall of a grey massive building as you can find them in Berlin. I went inside and walked through large rooms with some dark corners, but no fear. It was more silent and intimate than scary. Suddenly I felt a big rock cliff moving to me and hurting me. It was the result of a sudden change. Marie’s low voice had been replaced by loud recordings of Jerome’s students telling the story of their dreams under hypnosis. One had become an elk refusing to enter a little house (his Self), another one had travelled in his mouth, squeezing between his teeth, then climbing into his nose… Fantastic experience. Thank you Jerome and Marie. (Mayeur Projects)

    ***

    “L’allée est étoilée, dans les étoiles, éclairée en son centre…

    le bleu dense de l’univers tout autour, aérien, infini.

    L’allée mène à une villa romaine baroque, empesée d’ornements.

    Aucun angle

    Les pièces sont des grottes, des couronnes retournées

    Entre or et indigo

     

    Dans le boudoir

    Les corps de marbre-cire du Bernin, entrelacés.

     

    L’architecture est un archétype

     

    Au cœur de ma maison charnelle, profonde vérité”

    ***

    Merci pour ce voyage en profondeur poétique, cette ouverture intérieure. Bienvenue en soi, en son habitation. Ouverture aux immenses chemins d’un pays infini. Bravo à vous deux!

    ***

    Quand il était question de chemin, j’ai imaginé une foret. Puis quand vous avez évoqué un édifice, j’ai tout de suite vu une grande maison entourée de forêt. Une grande demeure blanche de maître avec quelques marches pour rentrer. je me suis rendu compte que j’étais nue en rentrant. Le sol était en carrelages noirs et blancs, à damiers. il y avait un grand escalier. Et sur les murs des tapisseries anciennes et sombres.

    J’ai vu un orifice anatomique, de chair, mais à une très grande échelle de la taille d’une porte. je suis entrée dedans, ça tournait en rond comme un manège (une roue tournante). Je ne pouvais plus en sortir, alors je me suis laissée aller dans le conduit. C’était comme un intestin, un long tuyau de chair serpentant. Ca a duré longtemps.

    Je voyais des portes sur les côtés, le long des parois mais je n’avais pas le temps de les ouvrir.

    Au bout du tunnel, les parois étaient recouvertes de piquants. Ils m’ont blessée. cela ne me faisait pas mal. Je suis arrivée dans une pièce sombre. j’étais en sang.

    D’autres personnes nues étaient là, dans une sorte de creux d’arbre. Les contours ressemblaient à ceux d’une grotte mais de couler et de texture d’écorce.

    je suis entrée dans une armoire en bois, le seul meuble de l’espace. je sentais son odeur de vernis et mes doigts touchaient  la surface lisse du bois. J’ai vu une ouverture en haut de l’armoire. Je suis montée. Au dessus, il y avait une échelle. Mon corps volait à côté de l’échelle, je montais sans me tenir aux barreaux.

    A ce moment, vous avez parlé de sortir du recoin alors que j’en étais déjà sortie. Alors j’ai essayé de redescendre dans l’armoire. Puis quand vous avez parlé de voler je n’y arrivais plus.

    Je me suis éveillée. J’étais complètement éveillée quand les étudiants racontaient leurs visions.

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    Petit voyage où tout est laissé de côté pour passer un moment en totale déconnexion. C’est assez étrange. Quelque chose d’utile dans ce monde de brutes.

    ***

    Merci ! C’était une très belle expérience..et qui a bien fonctionné pour moi !

    ***

    Quel beau voyage, fabuleux et surprenant. Pensées conduites par les voix et les sons. Parfois déviées par des rêves annexes et des sensations corporelles. Quelle est la limite avant l’endormissement?

    ***

    J’ai assisté à votre performance avec Jérôme Poret samedi au théâtre Berthelot et elle m’a énormément marquée. Je voudrais vous remercier de tout coeur pour cette expérience magnifique.

    ***

    Je suis la maison corps. voyage intérieur, organique, dans des tons grisés, noirs. Les tissus sont durs au toucher. Le corps devient architecture. Je ne sais pas exactement le rapport aux sons. a un moment donné, je suis sortie de la maison et je pouvais la voir de très haut, petite comme une mue abandonnée. je voyageais très vite, dans le cosmos.

    ***

    L’allée était un couloir. C’était tout droit et finalement, il y avait d’autres chemins. des portes ouvertes partout sur des couloirs. Je tombais dans chacun d’entre eux. Il y avait une gravité changeante. Je ne savais pas ce qui était sol ou plafond. je cherchais ce qui était appelé « façade ».

    Finalement, c’était moi la façade. J’étais immense et inerte. Pleine de fenêtres. je tombais dans ma gorge, un tunnel violet sans fond, mou, étroit. je tombais ou j’étais aspire, aucune idée. Pendant longtemps. jusqu’à me retrouver sur mon siège pour écouter les récits des étudiants.

    ***

    Merci pour ce beau voyage!

    Tout d’abord, l’allée s’est matérialisée par un splendide chêne qui découvrait une allée dorée, enluminée, bordée de bambous nimbés d’un halo de lumière jaune, flottant entredeux mondes.

    Je m’attends à voir une facade de maison en bois. Quelle n’est pas ma surprise! L’allée deveint un tunnel de vitraux qui débouche sur une façade gigantesque, e cristal qui scintille tout en me révélant la pureté de sa vibration.

    Le porche n’en est pas un. ce n’est pas une entrée classique. je ne coprends pas ce que je vois, comme des alvéoles, des pièces, des colonnes qui changent de luminosité sans arrêt. je m’avance jusqu’à un fauteuil trône. Je m’y asseois et je ressens toute ma puissance intérieure. C’est mon palais. Il n’y a pas de toit. Je flotte dans l’espace, connectée par des fils énergétiques à la terre, les planètes, l’univers, les autres…

    Tout à coup, je comprends, je suis le commandant de mon vaisseau. mon palais intérieur est un vaisseau qui me permet de ressentir toute ma puissance intérieure. Mille merci pour ce très beau voyage!

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    J’ai vécu un moment d’une rare intensité. C’était une première pour moi et je peux dire que ma curiosité a été satisfaite.

    Durant ce temps, je me trouvais dans la cour intérieure d’un chateau. Seul. Je levai les yeux et vis un couloir. Dans ce couloir, je ressentis un décalage par rapport à l’extérieur. Il semblait infini à l’intérieur alors que j’arrivais à en voir les deux extrémités à l’intérieur.

    J’ignore ce que cela signifie. En tout cas, j’en ressors parfaitement relaxé. Un grand merci!

    ***

    J’ai survolé la mer, je suis devenue un chouca. ce fut un merveilleux voyage. un grand merci!

    ***

    Le noir. Un oeuf. des fils. l’arborescence des branches. L’épaisseur de la vapeur blanche. Et le saut. un flot d’étoiles. la paix. l’orgasme. un voyage.

    ***

    Beau voyage. Je suis entré lentement dans un état second.

    ***

    Se mettre en vision. Prolonger la vallée des songes. L’ensemencer et l’enrichir. Et se laisser envelopper par elle.

    Le couloir communique avec de nombreux mondes, ouvrant sur la façade noble.

    La crypte est blanche et anguleuse.

    Le recoin se joint au sol et aux arches. Il me défracte et me laisse pantois, flottant dans des sons qui faisaient mots.

    L’accepte l’aphasie, la perte et le flot.

    Puisqu’il est sûr que magies et merveilles tissent la trame des mondes!

    ***

    Expérience intéressante.

    Mais l’enfermement dans ma maison ne m’a pas plu du tout! Encore moins dans le coin et le pli. La blatte m’est alors apparue, le « cafard », dans tous les sens du terme!

    J’ai adoré la musique et le troisième oeil. Les bruits qui m’évoquaient la liberté.

    ***

    Merci pour cette expérience collective, il me semble que c’était un bon moyen de s’initier à la découverte des états de conscience modifiés. je ne crois pas avoir été hypnotisé mais je serais curieux de renouveler l’expérience dans un cadre plus préparé.

    ***

    Je suis navré de vous dire que votre performance m’a surtout permis de faire une des meilleures siestes de ma vie. Elle avait sans doute plus de potentiel mais dans mon sommeil, un tiers éveillé, j’ai eu le temps d’apprécier votre set-up et les récits.

    ***

    J’ai bien aimé ce moment très relaxant, surtout la première partie où j’étais dans un état méditatif. Mais je ne m’attendais pas à être dans un état encore plus « modifié ».

    ***

    Expérience douce et riche. Si dans un premier temps j’ai gardé un état de veille développant un vif imaginaire, je me suis à l’entrée des voix off, plongé dans un vrai sommeil. Merci vivement pour ce moment.

    ***

    Navré, mais je me suis reposé. Je n’ai pas réussi à voyager.

    ***

    C’était super. Un très beau moment bien accompagné. je ne m’attendais pas à voir des images aussi précises! Merci.

    ***

    Une expérience formidable à point nommé. Méditation. Sérénité. recharge d’énergie comme après 8h de sommeil profond. Restructurée. Regénérée.

    ***

    J’ai fini par ressentir une forte hallucination: j’ai vu un dragon me raconter des concepts éloignés et incohérents, avec une intention de lourdeur, comme si elle me racontait un traumatisme.

    ***

    Sommeil profond et calme. Maison familière avec inquiétude jusqu’au coin. puis noir complet. Réveil par les voix des étudiants. trou temporel, spacial. Quand Marie est-elle partie? lanterne magique.

    ***

    Merci pour ce beau voyage. J’étais dans un lieu secret, mon antre baobab sous la terre, avec ses racines. Souvenir de l’allée de bougies du 31 décembre, au sortir de la hutte de sudation. Une courbe dans la demi-foret par temps glacial.

    Le coin m’a amenée à la chouette, au musée de la chasse et de la nature.

    Expansion, condensation et repos profond.

    ***

    Une tente, en Iran, avec son sable chaud et ses tissus colorés.

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  • Accompagnement de création: Boundary Games, de Léa Drouet, Kunstenfestivaldesarts (22-26/05, Bruxelles), Amandiers (20-23/09, Nanterre), Festival Actoral (9-10/10, Marseille).

    Accompagnement de création: Boundary Games, de Léa Drouet, Kunstenfestivaldesarts (22-26/05, Bruxelles), Amandiers (20-23/09, Nanterre), Festival Actoral (9-10/10, Marseille).

    J’ai participé au début de création de Boundary Games sous la forme d’un training hypnotique de deux journées sur plateau.

    A lire sur le site de Léa Drouet Vaisseau

    BOUNDARY GAMES

    __________________________________________________________________

    Avec Boundary Games Léa Drouet retourne au plateau qu’elle transforme en périmètre de jeu et d’expérimentation pour ses 6 performeurs. Tel un laboratoire social, la pièce teste les processus de fabrication et de dissolution des groupes. D’infinis (ré)agencements de corps, de sons et d’éléments scénographiques définissent de nouvelles règles sociales comme autant d’alternatives aux seuls principes d’inclusion et d’exclusion. Boundary Games fait voler en éclat la division binaire « nous/eux » auquel se réduit trop souvent notre rapport à l’autre. Elle ouvre un nouvel espace de négociation. Comment y circulerons-nous?
    __________________________________________________________________

    Avec
    Frédéric Bernier, Madeleine Fournier, Catherine Hershey, Simon Loiseau, Marion Menan & Bastien Mignot.
    Scénographie, costumes Gaetan Rusquet
    Travail sonore Yann Leguay
    Dramaturgie Camille Louis
    Assistante à la mise en scène Laurie Bellanca
    Lumières, régie générale Grégory Rivoux
    Training hypnotique Marie Lisel
    Chargée de production France Morin / AMA

    Production Vaisseau
    Coproduction Kunstenfestivaldesarts, Théâtre Les Tanneurs, Nanterre-Amandiers, Charleroi danse, Coop asbl
    Avec le soutien d’Actoral – Festival & Bureau d’accompagnement d’artistes
    Accueil en résidence Kunstencentrum Buda, La Bellone House of performing Art, Montevideo
    Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Service du Théâtre, de Wallonie-Bruxelles Théâtre/Danse, de Shelterprod, Taxshelter.be, ING et du Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge 

    22,23,24,25, 26 Mai 2018
    Boundary Games – PREMIERE – Théâtre Les Tanneurs dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts (BE)

    20,21,22,23 septembre 2018
    Boundary Games – Nanterre-Amandiers, Nanterre dans le cadre de Mondes Possibles (FR)

    9, 10 octobre 2018
    Boundary Games – Festival Actoral, Marseille (FR)

  • DDD1: « De la texture au présent », performance de Fabrice Cazenave (dessin sous hypnose), 19 mars 2018.

    DDD1: « De la texture au présent », performance de Fabrice Cazenave (dessin sous hypnose), 19 mars 2018.

     

    « De la texture au présent », performance de Fabrice Cazenave (dessin sous hypnose, Paris, 19 mars 2018), dans le cadre de Dessein, Dessin, Design (DDD), fabrique médiatique de l’histoire, sur une invitation d’Agnès Callu.

    Fabrique médiatique de l’histoire: avec Fabrice Cazenave, Marie Lisel, François Réau, Catherine Mary-Houdin, Barbara Tannery, Napoli Davide, Françoise Perronno, Jean-christophe Norman, Galerie Jeanne Bucher Jaeger, Philippe Kong, Alexis Yebra, Sépànd Danesh, Pia Rigaldiès, Christine Phal, Clara Roca, Ikonotekst Artistes Réunis, Antonella Tufano, Suzanne Tarasieve, Jean Bedez, Neal Fox, Marie Gayet, Sonia Fleishmann,Nathalie Tacheau, Marie Cantos, Clement Bagot, Vincent Corpet, Julius Horsthuis, Erwan Le Bourdonnec, Marco Schaufelberger, Ellen Tongzhou Zhao, Yang Chen.

    L’image contient peut-être : plein air
    De la texture au présent, performance de Fabrice Cazenave (dessin sous hypnose), 20 mars 2018.
  • Avec Valérie Vivancos, au Frac Lorraine. La voix disait à peu près: « Ecarte les plis », 25 janvier 2018.

    Avec Valérie Vivancos, au Frac Lorraine. La voix disait à peu près: « Ecarte les plis », 25 janvier 2018.

    YES, WE CARE, au FRAC Lorraine

    « YES, WE CARE. Sexualité(s) et corps politiques », au FRAC Lorraine à Metz, dans La nuit des idées, du 25 au 26 janvier, s’est terminée par un rêve éveillé fantasmatique: La voix disait à peu près: « Ecarte les plis ».

    Performance Participative, voyage singulier, psychique, onirique, érotique, émotionnel, sensoriel grâce à la modification de l’état de conscience, par l’hypnose, le rituel et le son.

    Par Marie Lisel, artiste et maître praticienne en hypnose éricksonienne. marielisel.wordpress.com
    Et Valérie Vivancos, artiste et compositrice. oceanvivasilver.com

    Nuit conçue en partenariat avec :
    49 Nord 6 Est – Frac Lorraine
    LYO Est
    Bête Noire
    CREM / Université Lorraine–Metz
    Fragment
    Institut Français – Nuit des idées

     

     

    Témoignages de participant.e.s

    Merci aux participant.e.s qui ont pris le temps et l’énergie de laisser quelques traces dessinées ou écrites après ce voyage fantasmatique!

     

    Qui prend au corps 

    fait circuler les boules 

    dans le corps. de la lumière

    Chuchoter aux oreilles

    partager le bonheur et le plaisir chuchoter ensemble 

    le fluide, qui prend le corps submerge.

    Dans l’atmosphère

    c’est me suspendre

    léger 

    fluide 

    moelleux de la fourrure 

    beaucoup d’eau c’est chaud

    léger

    pénétrant 

    alléchant.

    ——————–?

    Il y avait des morceaux d’émeraude laiteux étalés, espacés, et connectés par du fil. 

    C’était pareil pour mes parties du corps, tout mon corps. 

    Un losange tissé en fils d’or sertis de petit rubis s’est faufilé dans mon vagin 

    les pierres sont sorties plus nombreuses partout les pores de ma peau et j’ai été découpée en deux de plaisir.

    ——————–?

    J’ai rencontré à travers des filtres-voile éthérés « ma » puissance maritime sur une plage à l’atmosphère mythologique falaise, vent, soleil, sexe chaud et dressé,  cheveux bleus, sexe bleu. Mon partenaire ressemble à un chat. Je lui offre du plaisir je lui offre ma puissance…

    mon corps avait des démangeaisons

    c’était tenu 

    Maouw – mon partenaire est comme un chat 

    je fesse toi

    j’ai des cornes et des cheveux bleus assorti à mon nouveau sexe bleu.

    ………………………………………………………………….

  • Explorer la synesthésie par l’hypnose?

    Explorer la synesthésie par l’hypnose?

    SYNESTHESIE

    La synesthésie est l’aptitude à associer spontanément et involontairement des sens de nature différente, comme par exemple «voir la musique», «goûter la rugosité d’une surface» ou «voir les chiffres en couleurs». Vécues à l’âge adulte seulement par certains, les correspondances sensorielles seraient pourtant présentes chez tout le monde dès la naissance. Cette définition vient du projet de Vincent Mignerot, Synesthéorie, qui rassemble les articles et liens sur la synesthésie.

    Quelques autres sites:

    cerveau-humain
    Représentation de neuro-imagerie

     

    L’art et la synesthésie

    Comme de longs échos qui de loin se confondent
    Dans une ténébreuse et profonde unité,
    Vaste comme la nuit et comme la clarté,
    Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

    Baudelaire (extrait de Correspondances, in Les Fleurs du Mal, 1857) est souvent cité pour illustrer la synesthésie.

    De nombreux autre artistes sont connus pour cette capacité à traduire les sons en couleurs ou les couleurs en sons, par exemple. Pour explorer ces univers, Synesthéorie comporte des liens sur L’art et la synesthésie

    Il y a de nombreux articles et émissions sur ce sujet. Par exemple, la synesthésie de Paul Klee, qui entend les couleurs, a fait l’objet d’une émission sur France Culture.

     

    Composition 8, 1923 kandinsky
    Kandinsky, Composition 8, 1923

    Lady Gaga est également synesthète.

    Lady Gaga

    Autres créateurs, sur Wikipedia

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    L’hypnose et la synesthésie

    En me basant sur le potentiel plus ou moins enfoui de chacun.e – car nous avons tou.te.s été synesthète enfant, à un degré variable – , je travaille sur la synesthésie amplifiée sous hypnose.

    La synesthésie ne peut que me passionner, vu mon travail hypnose-création-art-sensorialité. Je cherche à ouvrir des passages entre les différents sens (il y en a bien plus que 5!) et l’imaginaire, à mobiliser ensemble le corps et le psychisme, pour élargir nos possibles et… créer nos vies, nos oeuvres, nos mondes!

    Je démarre par ce que je connais le mieux: le rapport sonore-kinesthésique. Pour le moment, dans mes recherches, les mouvements spontanés et/ou les sensations physiques (chaleur, picotement, vague d’énergie, excitation, expansion, compression, chatouillis…) sont reliés à des sons, soit en collaboration avec un.e musicien.ne électroacoustique ou expérimental.le, soit en relation avec les voix des participants.

    Plus tard, j’élargirai. Le temps…

    Voyez ma proposition d’atelier d’exploration « Ecoute synesthésie des sons », proposé avec Valérie Vivancos, musicienne.

    Ainsi que mon intervention dans « Acoustique de l’érotisme », création radiophonique de Franck Thoraval, à laquelle j’ai participé en tant que performeuse synesthète-kinesthésique, qui est en écoute sur le site de France Culture

    Vous pouvez aussi écouter la partie de bOa où je joue avec la synesthésie sous différentes formes.

    Work in progress!

    🙂

    Marie Lisel