La créativité de l’accompagnant.e dans ses outils et dans le rapport avec l’accompagné.e participe pleinement au travail, à condition de rester entièrement centré.e sur l’autre, ses besoins, ressentis, représentations… et non de créer un spectacle auto-centré.
L’hypnose et le rêve éveillé libèrent la créativité de l’accompagné.e pour lui permettre de transformer et de réorganiser ses représentations et processus de façon inédite.
Or, bien des accompagnant.e.s travaillent en modifiant à peine des protocoles (un protocole est un travail rédigé ou pensé en étapes, imaginé par des thérapeutes ou des écoles), tout en copiant le ton, le regard, les tics de langages de leurs modèles. Et ça fonctionne déjà – en partie – (c’est le côté magique de l’hypnose!).
En dehors de cette technique verbale basée sur des modèles plus ou moins bien imités, qu’en est-il de la modélisation de la créativité? Autrement dit, comment proposer un élan vers l’inventivité, quand on se cantonne soi-même à travailler de façon scolaire?
Pour libérer et amplifier la créativité de la personne que l’on reçoit ne faudrait-il pas en avoir au moins un échantillon dans son cabinet?
La base: l’hypnose post-éricksonienne et le rêve éveillé
L’hypnose post-éricksonienne et le REAH font partie des méthodes qui permettent de transformer la subjectivité en passant par un état modifié de conscience, de mettre en mouvement les représentations intérieures, de transformer la façon de s’envisager soi, avec les autres, dans le monde… ils prônent la transformation du sujet, l’invention des possibles, l’utilisation inouïe des ressources et des solutions internes.
La boite à outil des hypnos et accompagnants de rêve éveillé est vaste. De nombreux chercheurs – théoriciens et de terrains – ouvrent sans cesse des pistes innovantes pour approfondir les connaissances.
Mais comment rendre la pratique en cabinet (ou en forêt! en atelier!) plus créative tout en respectant le monde de l’accompagné.e?
Martin Hill
Créativité par la contributions d’autres champs
aux séances d’hypnose éricksonienne et de rêve éveillé
J’emprunte la définition de l’hypnopraticien.ne.e à Lygia Clark, qui définissait l’artiste «comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux».
Les arts contemporains (je suis moins immergée dans les arts anciens) sont très proches du travail hypnotique. Ils sont dès lors les premiers à enrichir ma palette créative. D’emblée j’ajoute à cela le monde queer (comment s’inventer?), les rituels et la connexion animale. Et d’autres, tours à tours, s’ajoutent à la liste.
Finalement, de nombreux domaines entrent dans mes « compositions de flux » en séance et permettent à la créativité de s’épanouir naturellement. Pour être créatif.ve, il suffit de travailler avec ce que l’on est et d’enrichir ce que l’on est quotidiennement.
A chaque accompagnant.e ses domaines! La liste est loin d’être exhaustive…
Littérature
Voix, chant, sons
Espace transitionnel
Prescription de tâche à la façon des thérapies brèves et aussi à la façon psycho-magique
Néo-chamanisme
Energétique
Danse
Yoga, méditation
Art contemporain
Médiation animale
Rêve éveillé dirigé et rêve lucide
Cours d’hypnologie de l’Arche (depuis 3 ans)
Tantra
Anthropologie, sociologie
Sciences
Explorations sensorielles (comme la synesthésie)
Psychanalyse
Réalités virtuelles
Univers queer
Méthodes pédagogiques
Linguistique
PNL…
Ces champs d’investigation s’intègrent à la pratique hypnotique de façon diverse et variée, pour créer des leviers de créativitédans la traversée de l’accompagné.e (« comment réagir autrement, changer de pattern, créer sa vie? »)
L’allusion métaphorique spécifique recadre
Le travail avec les objets transitionnels approfondit et autonomise
L’intervention des chevaux révèle
Les prescriptions de tâches prolongent
La voix (chant-cri-râle) induit, emmène, trace un fil
Les odeurs, la respiration, le mouvement entreprennent le travail par le corps.
L’analyse narratologique de Gérard Genette éclaire les multidissociations et les niveaux de récits.
Le REAH nettoie, nourrit, libère incroyablement, en douceur.
…
La créativité grâce à d’autres champs augmente aussi la pratique de l’accompagnant.e.
Donne de la souplesse, de la vie, du jeu à son accompagnement
Privilégie la liberté et l’autonomie de l’accompagné.e
Augmente sa motivation par l’intégration de la matière hypnotique dans le quotidien (du jeu, du sens, des liens!)
Invite, par l’exemple créatif, l’accompagné.e à inventer ses propres outils d’émancipation.
Lygia Clark, Arquitetura fantástica bichos (Fantastic architecture critters), 1963. Gelatin silver print, 4 1/8 x 5 13/16 in. The Museum of Modern Art Archives, New York
Utiliser sa créativité au service de la transformation de la personne que l’on accompagne est quasiment un outil en soi.
Il demande de l’entrainement (nourrir ses rebonds), une mise en place des processus et territoires par l’hypnose et le rêve (utiliser ses propres outils sur soi et en jouer), de la confiance en l’autre (qui va trouver en iel ses solutions) et surtout un positionnement propre et bien ancré.
Voilà un joli programme, que je commence tout juste à transmettre en formation!
L’atelier « Questions Queer » d’EFiGiES, en décembre m’accueille pour une présentation intitulée : « Exploration queer sous hypnose ». Maison des Initiatives Étudiantes (MIE), 15/12/18.
Descriptif: « L’hypnose et le rêve éveillé augmenté par l’hypnose emmènent l’accompagné.e à l’intérieur d’iel-même, de ses processus internes, de ses automatismes, du monde complexe qui constitue son identité, en partie consciente et en partie immergée. L’intervention de Marie Lisel (Maître praticienne en hypnose éricksonienne, artiste et exploratrice) présente ces outils et leurs applications à l’exploration des genres.
Elle sera suivie dans les mois suivants d’un atelier pratique. »
L’atelier aura lieu le samedi 15 décembre 2018, de 15h à 17h, au Labo 6, 76 bis rue de Rennes, 75006 Paris, salle Stockolm et Copenhague. Lien Facebook : https://www.facebook.com/events/299230377362067/
Pour rappel :
Cet atelier vise à ouvrir un espace à des chercheur·e·s et militant·e·s pour présenter leurs recherches/travaux s’inscrivant dans une perspective queer et/ou féministe.
Cet atelier est transdisciplinaire. L’accent sera mis sur les sciences humaines et notamment l’histoire de l’art, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, les lettres, etc.
Il s’inscrit également dans une perspective transpériodique.
La priorité sera d’ouvrir un espace de dialogue autour du sujet proposé.
Cet atelier s’adresse à des personnes militant·e·s, masterant·e·s, (post)-doctorant·e·s, docteur·e·s, chercheur·e·s sans statuts. Les personnes en poste (MCF/professeur·e·s, etc.) sont les bienvenu·e·s sous couvert de bienveillance. Il leur est demandé notamment de prêter attention aux questions de dominations induites par ce statut.
Les comportements cisnormatifs masculins oppressifs ne seront pas tolérés dans le cadre de cet atelier (notamment sur des questions de prise d’espace).
Cet atelier vise à construire un cadre safe pour échanger avec bienveillance. Ainsi, tout propos/sous-entendu/comportements oppressifs (raciste, sexiste, homophobe, lesbophobe, bi/panphobes, ace/arophobes, transphobe, validiste, psychophobe, classiste, intersexophobe, body shaming, islamophobe, pro-culture du viol, putophobe, etc.) ne sera pas toléré.
On veillera aussi à une distribution équitable de la parole.
Le langage inclusif est fortement encouragé.
Si vous avez besoin d’informations à ce sujet, vous pouvez contacter les personnes coordinatrices
Conférences, exposés, interventions théoriques ou théorico-pratiques (je n’ai pas encore tenté la conférence gesticulée)… complètent les workshops/ateliers.
J’aime parler en public et transmettre ce qui me passionne. Cela n’est pas nouveau, j’ai en effet été enseignante durant pas mal d’années (pour des ados de 16-19 ans), ainsi que personne ressource pour le service pédagogique d’une université ou encore membre du bureau d’associations organisant des événements en art contemporain et en arts sonores.
Les exposés que je présente sont réalisés sur mesure, pour répondre à un contexte et à un public particulier.
Quelques thématiques:
La transe hypnotique: pratiques et questions de recherche
Les hypnoses d’hier et d’aujourd’hui, un peu d’histoire et de sociologie
Des pratiques hypnotiques entre magie et science
La sorcière contemporaine et l’hypnotiseuse: quelles représentations, quels enjeux?
Comment utiliser les croyances tout en restant sceptique?
L’imaginal: tout un monde, entre monde sensible et monde intelligible
Créer sa vie par l’hypnose: comment se réinventer?
Augmenter le champ de la création par l’hypnose: quelques axes
Hypnose & queer: vers la création de soi
Hypnose & art: vers la création d’oeuvre
Hypnose & exploration: vers l’augmentation de mon monde
Hypnose, art & queer: indéterminations, jeux, issues
Rêves nocturnes, rêves lucides, rêveries et rêves éveillés: théorie et pratique
Réapprendre à rêver… pourquoi? Comment?
Pourquoi se connecter à l’état animal?
Comment créer l’état idéal pour une intention particulière?
Communiquer avec son corps? Comment? Pour quoi faire?
Jouer avec les croyances pour aller vers son intention: hasards et synchronicités
Créer la synesthésie par l’hypnose
L’espace transitionnel augmenté par l’hypnose
Association et dissociation (et trissociation…) des dividus de mon individu: hypnose et mondes virtuels
Qui est/sont « je »? L’hypnose au service de l’exploration et de la conciliation de (ses) soi(s)
…
Ces interventions sont soit purement théoriques, soit mêlées à quelques exercices pratiques réalisables en auditoire, soit suivies d’un atelier ou d’une performance participative.
N’hésitez pas à me proposer une intervention dans le cadre de festivals, ateliers, colloques…
L’hypnose éricksonienne est un moyen de transformation de la subjectivité efficace. En mettant en mouvement les représentations intérieures, chacun.e a le pouvoir de créer sa vie, son oeuvre, son monde.
La boite à outil des hypnos est vaste. De nombreux chercheurs théoriciens et de terrains ouvrent sans cesse des pistes innovantes pour approfondir les connaissances du socle hypnotique.
Des contributions d’autres champs permettent, par ailleurs, de créer des leviers de créativité, non seulement dans la traversée de l’accompagné.e (« comment réagir autrement, changer de pattern? »), mais aussi dans la pratique de l’accompagnant.e.
J’emprunte la définition de l’hypnopraticien.ne.e à Lygia Clark, qui définissait l’artiste «comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux».
De nombreux domaines entrent dans mes « compositions de flux » en séance, à l’intérieur même des techniques d’hypnose ou en complément : cours d’hypnologie de l’Arche (depuis 3 ans), (néo-)chamanisme, tantra, anthropologie, art contemporain, musique acousmatique, énergétique, état animal, médiation animale, explorations sensorielles (comme la synesthésie), psychanalyse, travail de la voix, voyage rêvé à deux, techniques thérapeutiques diverses, réalités virtuelles, littérature, méthodes pédagogiques, rêve éveillé, rêve lucide…
Mes champs d’investigation s’intègrent à ma pratique hypnotique de façon diverse et variée. L’allusion métaphorique spécifique (“Tiens, tu savais que certains oiseaux, comme le martin-pêcheur ou le faucon, ont dans les yeux des foveas pour voir les gros plans en mono (la fovéa superficielle) et un autre pour gérer la spatialité en binoculaire (la fovéa profonde)? Rien qu’en tournant la tête, ils peuvent entrer dans le microdétail puis prendre de la distance et situer précisément leur position et celle de la cible dans un vaste paysage”) interpelle bien plus qu’une métaphore éculée. Le travail avec les objets transitionnels – en cabinet ou dans la nature – libère l’intuition (et, souvent, l’insight!). L’intervention des chevaux accélère les prises de conscience des patterns dans l’émotion, puis apaise et réconcilie. Les prescriptions de tâches par les parties intérieures intègrent le changement de façon autonome. La voix (chant-cri-râle), les odeurs, la respiration, le mouvement entreprennent le travail en profondeur, par le corps. L’analyse narratologique de Gérard Genette éclaire les multidissociations et les niveaux de récits. Le REAH nettoie, nourrit, libère incroyablement, en douceur. Les exemples sont multiples…
J’ai la croyance que la créativité de l’hypno dans ses outils et dans le rapport donne de la souplesse, de la vie, du jeu à son accompagnement, tout en privilégiant la liberté et l’autonomie de l’accompagné.e, qui se trouve invité.e iel aussi à inventer ses propres outils d’émancipation et de création de son existence.
Lygia Clarck
LE REAH: rêve éveillé augmenté par l’hypnose
Parmi les hypnotiques, le rêve éveillé dirigé m’a particulièrement interpellée.
Tout d’abord, il se mêle fluidement aux techniques de l’hypnose dont il est proche. En effet, sous-modalités, recadrage, régression, futurisation, ligne du temps, transformation de lien, nettoyage, recherche de ressources, modélisation, conciliation de parties, prescription de tâche, etc, peuvent être abordés spontanément ou avec une suggestion, dans la continuité du rêve. Inversement, pas mal de techniques hypnotiques peuvent se glisser naturellement dans la forme du rêve éveillé narratif.
Ensuite, il privilégie l’univers intérieur de l’accompagné.e, sans le carcan de la stratégie préalable de l’hypno. La stratégie est alors synchro, avec des propositions de possibles « choses à faire » dans le paysage au fur et à mesure du voyage, plutôt que d’envisager un protocole après la DO et d’y emmener l’accompagné.e.
Il est en outre exaltant pour l’accompagné.e, qui « ouvre un pan de réel caché » et se découvre peu à peu, au cours de ses voyages. L’aspect thérapeutique est entrainé par le côté ludique, exploratoire, passionnant et par le fait d’utiliser les outils du rêve pour d’autres domaines que la thérapie.
Enfin, je suis étonnée de l’efficacité et de la profondeur de l’impact du rêve éveillé sur mes clients, même si le rêve était d’apparence tranquille. Grâce aux métaphores filées et allégories, les changements s’opèrent sans devoir entrer dans des souvenirs difficiles à traverser. Je reçois de nombreux messages pour m’expliquer à quel point telle représentation continue à agir et à quel point la rencontrer a changé la vie. Voici le dernier reçu à l’écriture de cet article: »Re-bonjour je voudrais te remercier pour cette séance. Je pense que le dieu de la mer était C. et j’ai enfin pu faire ce que j’ai toujours rêvé de faire avec lui: jouer, danser! Sans sexualité. Comme un père. Ça me libère et retourne tout. Quelle puissance! Quelle émotion! ».
J’ai donc intégré le rêve dans mes séances lorsque le contexte s’y prêtait, jusqu’à créer peu à peu un outil que j’ai nommé REAH. C’est une partie de ma pratique que les accompagné.e.s affectionnent, même si certain.e.s sont davantage sensibles à l’hypnose PNListe, à l’hypnose post-Roustang ou aux outils de type chamanique.
Je pratique le RED classique, selon la méthode de Robert Desoille, en atelier de recherche (aux séances d’Hypnologie de l’Arche nous sommes un groupe à expérimenter les techniques anciennes, autour de Cyrille Champagne). Vous trouverez des explications sur la page « Les techniques de rêve éveillé » et des liens sur la page « Sources sur les rêves« .
Je visualise pour commencer un peuplier au tronc très large et très droit, vu de dessous.
Je suis cet arbre, qui intègre l’eau, l’air, la lumière et la terre et qui est capable de toucher le ciel . J’ai de bonnes fondations : des racines pour aller chercher la nourriture dans le sol, qui sont superficielles et qui partent en étoile autour de moi. Et aussi des racines qui descendent plus profondément pour s’ancrer dans le sol. Ainsi je peux rester forte et droite.
Marie me suggère que mes racines vont chercher mes ressources profondes. Je visualise une grosse racine qui part du milieu de l’arbre, sous la terre, pour s’enfoncer dans le sol. Cette racine ressemble à un python rouge avec des taches noires ocellées, et sa tête chercheuse qui descend a une petite collerette de dragon. Il est souple et puissant, et descend de plus en plus profondément en serpentant tranquillement et avec force. Marie m’encourage à le laisser descendre, même si je ne sais pas où il va…
Soudain il débouche dans une petite grotte entièrement tapissée d’améthystes qui scintillent d’une chaude couleur violette. C’est magnifique. Sur le sol, au milieu de la grotte, un petit bouddha est assis en tailleur. Il médite. Je m’approche de lui et me penche. Je lui fait une bise sur le nez. Il me regarde en souriant et tend son index vers mon front que j’incline. Il touche du bout de son doigt mon troisième œil en disant «CONFIANCE». Je me sens traversée par un flot d’énergie et d’amour. Je vois alors ma jument blanche, morte au mois de mai, qui a posé sa tête sur mon épaule. « je suis là, je m’occupe de tout. Confiance! » me dit-elle. « En cas de question ou de critique qui te met dans l’embarras, prononce les trois syllabes de mon nom. Je te donnerai ma force et mon calme de jument leader. »
Je reviens ici et maintenant avec des larmes qui coulent sur mes joues. Marie est là pour m’accueillir.
La séance m’a paru facile. Je suis vite partie « en voyage », en me laissant guider avec confiance par Marie qui relançait régulièrement par des questions. Le temps s’est effacé, et les images sont venues d’elle même sans qu’il y ait à forcer, et lorsqu’elles se faisaient un peu attendre Marie m’a rassurée.
C’est comme une conversation entre moi et l’accompagnatrice, dans laquelle elle suggère et je réponds, mais qui a lieu dans un autre monde, je ne sais pas où… un monde dans lequel tout est possible, et où je me sens en sécurité car accompagnée.
La satisfaction de revenir avec des moyens d’aide comme la visualisation de ma jument est réelle, mais ce n’est pas le seul résultat. Il y a aussi un effet de décantation au fil des jours qui suivent la séance, et au final le surcroît de solidité demandé en intention est bien au rendez-vous, avec le calme et la force promis, sans que je ne sache vraiment comment ça fonctionne… et ce n’est pas important au fond.
***
UN ELAN POUR VISER UN CAP
J’ai voyagé sous hypnose à la suite d’une panique, qui me fit carrément rebrousser chemin, lors d’une marche dans un paysage ouvert.
Lors de cette séance, un élan rua dans une porte que j’étais censé ouvrir pour découvrir l’animal qui devait m’aider à combattre le vertige et la peur du vide.
Agrippé à son dos tandis que l’élan fonçait, je fusionnai progressivement avec lui. Sa fougue s’atténuant, sa marche se ralentissant sous l’influence de notre étreinte, je me rendis compte que je me transformais en centaure. Et la solution pratique, ergonomique, prothétique m’apparut immédiatement : je m’achetai des bâtons de marche et je réussis à aller jusqu’au bout de la marche de trois heures qui me conduisait au Cap Fréhel.
Intuitivement, je liai de suite cette question du cap à atteindre à celle d’aller jusqu’au bout de mes projets, de mes possibles. Un élan pour viser un cap ! Bon sang mais c’est bien sûr !
Marie a su s’adapter à ma personnalité. Comme je rechigne dès que les questions adressées me semblent fermées, trop orientées, elle m’a proposé quelque chose d’ouvert, de métaphorique et m’offrant la possibilité de l’allégorie. Par définition, l’allégorie parle d’autre chose que de ce qu’elle figurerait littéralement. C’est cette ouverture symbolique qui rendit possible ce voyage à la rencontre d’animaux inattendus, et ce fut d’autant plus inattendu pour moi que je n’avais jamais, de ma vie, développé de projections envers les animaux.
Depuis, ces animaux me rendent visite et m’accompagnent. L’élan est là! Et les vertiges ont disparu.
***
EN MOUVEMENT
Je suis venue voir Marie un peu hantée : depuis mon enfance je connais des états de dissociation qui m’ont clairement permis de passer au travers de gros traumatismes mais ils m’encombrent aujourd’hui. Je n’arrive pas à me départir de la sensation que face à certains regards (et surtout ceux d’hommes que je désire) je coupe soudain mes sensations, je me sens jugée, minuscule et flottante, je n’ai plus de corps (je me dissocie). Une petite voix en moi se moque de moi et me paralyse, et je me déconnecte du réel.
Marie m’a dit qu’elle n’aborderait pas les traumatismes de front, qu’elle n’est pas partisane de faire revivre un traumatisme pour le dépasser. Mais que par l’hypnose je pourrais petit à petit trouver mes outils pour dénouer ces sensations.
Des le début de la séance s’est imposée l’image de mon beau-père, ce compagnon de ma mère à qui j’ai l’impression de devoir me soumettre éternellement, même si il a disparu depuis pas mal de temps. Son visage, sa barbe, sa moustache. En thérapie j’avais analysé sa perversion, bien réelle, mais ça m’enfermait dans la sensation d’être une victime impuissante, hurlant parfois pour me délivrer.
Marie m’a proposé de penser à un paysage associé à lui. J’ai commencé à marcher avec lui comme en rêve, dans les prairies qui longeaient la rivière de mon enfance, et j’adorais ces longues marches que nous avons souvent faites ensemble lui et moi. Puis j’ai nagé dans la rivière et ressenti la liberté de nager nue et de marcher dans le courant avec une joie et une énergie immenses. Puis Marie m’a proposé d’associer un autre paysage plus récent à ces sensations. J’ai pensé à la plage qui longe la ville où je voyage souvent depuis quelques temps. Guidée par Marie, j’ai plongé nue dans la mer jusqu’à en toucher le fond, plein de plantes, de coraux et de poissons.
Marie m’a demandé si il y avait une présence. J’ai répondu qu’il y avait le Dieu de la mer (son visage ressemblait furieusement à mon beau-père mais je ne m’en suis rendue compte qu’après). Marie m’a demandé si il me donnait ou me disait quelque chose et je me suis bloquée, comme prise de nouveau d’un sentiment d’absence, teintée de colère, elle a insisté, me proposant de zoomer sur le sol, de ressentir la matière du sol avant de revenir vers lui, et j’ai vu à nouveau toutes ces plantes marines bouger lentement dans l’eau, puis j’ai dit que non, il ne me donnait rien, c’est moi qui lui faisait une couronne d’algues pour cacher son manque de cheveux. Ensuite j’ai dansé avec lui, pensant d’abord que nous faisions l’amour, puis plutôt j’ai décidé que c’était une danse de joie, je dansais seule et ce Dieu de la mer me regardait de façon bienveillante, sans plus aucune intention sexuelle. Je me sentais présente, vivante. Il me souriait, me regardait, et je me sentais bien.
Le soir m’est venu à l’esprit des idées que je n’avais jamais osé penser jusque là : j’ai beaucoup aimé mon beau-père, malgré ses moments de cruauté. J’ai passé cinq années quasi au quotidien seule avec lui, finalement beaucoup plus de temps que je n’en ai passé avec mes parents, et plus qu’il n’en a passé avec ma mère qui travaillait le soir. Jusque là je ne pouvais pas penser à lui sans être prise de vertige. Il m’a appris plein de choses, la guitare, la pêche, le poker, la cuisine, il avait un côté charismatique, drôle, fier et débrouillard qui me plaisait vraiment. Soudain je me suis dis que si je me suis soumise à lui c’était aussi pour continuer à l’aimer et entretenir un lien avec lui, et que me bloquer a été ma façon de supporter sa violence mais aussi de poser mes limites d’enfant et d’adolescente à une sorte de sexualité qu’il me proposait comme faisant partie du package de notre lien. Soudain j’ai perçu mon beau-père comme multiple, et moi aussi. Faible et fort à la fois, moi soumise et volontaire à la fois. Dans mon rêve je l’ai remis à sa place, cet homme trop enfant, il est devenu bienveillant.
En regardant toutes les nuances de l’amour et du rejet, et toutes les ambivalences, la vie s’est remise à circuler. Plus comme un gros bloc impensable qui crée du vide, mais de l’intérieur, en mouvement.
***
D’autres témoignages de REAH sont disponibles sur la page « Témoignages »
Enfin, elle expérimente l’hypnose dans la création radiophonique depuis quelques années.
Elle a en outre étudié la pédagogie et elle a enseigné de nombreuses années en Belgique (cours littéraires et projets multidisciplinaires culturels et artistiques, en lycée, pour des élèves de 16-18 ans).
Rêve fantasmatique au Frac Lorraine, avec Valérie Vivancos et Marie Lisel, le 26/01/2018 : « La voix disait à peu près: écarte les plis »
LE PROGRAMME
Ce programme est susceptible d’être adapté. Le lundi matin est en supplément pour ciels qui peuvent rester.
Première journée (samedi 8)
10h-13h30 et 15h00-19h30
Le RED selon Robert Desoille: bref historique et bibliographie, technique, démo, expérimentation progressive.
Présentation brève de rêves éveillés dirigés post-Desoille.
1. Le rêve éveillé dirigé directif (objectif: expérientiel). Extraits de la pièce radiophonique bOa
2. Le rêve éveillé fantasmatique (objectif: expérientiel). Extraits de la pièce radiophonique Fantasmes
3. Le rêve éveillé néo-chamanique
4. Le rêve éveillé libre de Georges Romey (objectif: thérapeutique)
5. Le rêve éveillé psychanalytique
6. Autre rêve éveillé pratiqué par une.e Participant.e avec des client.e.s? Bienvenue pour quelques minutes d’explications.
7. Le REAH (objectif: thérapeutique)
Seconde journée (dimanche 9)
10h-13h et 15h-18h
Le REAH
20h-22h
Rêve éveillé dirigé collectif ou suite du REAH
Lundi 10 matin (demi-journée en bonus pour ciels qui peuvent rester à BRENAZ)
3h de travail au choix. Nous voterons en transe, par lévitation de mains 😉
Exemples d’activités: balade en transe (si le temps le permet), approfondissement d’un point vu (trop) rapidement lors du weekend: connexion, ressenti kinesthésique de l’accompagnant, objet transitionnel, travail de la voix, sons divers et variés dans l’espace, lead&humour, jeu, enjeux…
Attention: bOa s’écoute les paupières closes, avec un bon casque fermé ou avec des hauts-parleurs écartés l’un de l’autre et qui transmettent bien les basses, sinon vous manquez la moitié du travail sonore. Testez-le avec différentes intentions (une par écoute): une question personnelle à résoudre / l’endormissement / le voyage érotique / les sensations (de légèreté, de grésillement, etc) / l’amplification du visuel / l’analytique rationnel (en essayant de rester concentrée.e sur la technique, hé hé!)…
bOa, création radiophonique, rêve éveillé dirigé directif, disponible en entier sur bandcamp à prix libre conscient
Agogies, création radiophonique, séance d’hypnose avec régression, disponible en entier sur bandcamp
Fantasmes, création radiodiophique à partir de récit de rêve éveillé fantasmatique libre (seul un extrait est disponible)
Notez vos rêves éveillés (autohypnose) et vos rêves nocturnes dont vous avez un souvenir dans un « carnet de rêve ». Repérez ce qui facilite vos rêves, le souvenir de vos rêves, la lucidité de vos rêves, les éléments récurrents… sans analyser!
Listez vos ressources personnelles créatives à mêler au RED et à l’hypnose pour créer votre REAH.
Revenez voir ici de temps en temps, je complèterai les infos 🙂
STAGES PREVUS
MARSEIILE
Marseille (centre), 13-14 avril 2019, pas de logement prévu, écrire à Camille Schweickhardt<camille.naturo@gmail.com>
BRENAZ
Magnifique site de la Hutte Brenaz, en montagnehttps://www.lahuttebrenaz.com les 8-9 décembre 2018 + matinée du 10 pour ciels qui peuvent.
Contacts pour les renseignements et inscriptions:
Nadège Thiolière <nadegethioliere@gmail.com>
Julie Bayod<julie.bayod@gmail.com>
POUR Y ARRIVER:
65 km de Genève
En train: jusqu’à Bellegarde (25 minutes), puis navette en voiture 25km (taxi 8 places 65€)
En voiture: autoroute jusqu’à Chatillon de Michaille, puis suivre Billiat, Injoux, Col du Richmond, Sothonod et Brénaz (1h15)
80 km de Lyon
En train jusqu’à Virieu-leGrand (1h), puis navette en voiture 10 km (taxi 8 places 25€)
En voiture: autoroute jusqu’à St Martin du Fresne, puis suivre Grand Hebergement, Hotonne et puis Brenaz (1h30)
50 km de Chambéry
En train jusqu’à Culoz et puis 18 km navette en voiture (taxi 8 places 45€)
En voiture passez par le tunnel du chat et puis Belley (1h)
https://www.lahuttebrenaz.com
D’AUTRES DATES? D’AUTRES STAGES?
Je n’organise pas de stages moi-même pour des collègues hypnos pour le moment. Je réponds simplement aux invitations qui me sont faites. Vous désirez organiser un weekend dans votre région? Faites-moi signe… minimum 6 hypnos, un weekend qui nous arrange tou.te.s, une salle et le tour est joué. Vous vous occupez des inscriptions, de la location, des repas végétariens… et moi du contenu des explorations 🙂
Il y en a un prévu à Marseille en avril.
En revanche, je coorganise des weekends tout public en Lozère et en Cévennes, de mai à septembre, avec les chevaux et dans le domaine hypno-pédagogique (à destination des enseignants), ainsi qu’en Bretagne (yoga et hypnose).
par le cheval-miroir, le rêve éveillé et l’hypnose éricksonienne
Nathalie Bletterie, ses chevaux et moi vous accueillons pour des séjours « cheval-miroir et hypnose », dans la nature magnifique de Lozère, au Centre de médiation par le cheval Imala.
Les dates :
du samedi 7 juillet 9h30 au lundi 9 juillet 17h00. Il est possible d’arriver le vendredi, de repartir le lundi soir ou le mardi ou le mercredi pour profiter de cette région magnifique (parc naturel des Cévennes, hauts-plateaux, rivières, cascades, randonnées, spéléologie, vautours fauves, parapente…)
du samedi 18 aout au lundi 20 août 17h00 (il est possible d’arriver le vendredi, de repartir le lundi soir ou le mardi ou le mercredi pour profiter de cette région magnifique)
Notez-le dans votre agenda! Il y aura minimum 4 et maximum 8 participant.e.s dans chaque session.
En 2018, nous proposons des stages de trois jours chacun, qui sont abordables sans expérience ni avec les chevaux ni avec l’hypnose et que vous pouvez suivre indépendamment ou l’un à la suite de l’autre.
Nos outils? Médiation par le cheval, médiation par le lieu (chien, chat, arbres, rivière…), rêve éveillé dirigé, ateliers d’exploration hypnotique, construction collective transitionnelle, balade hypnotique, marche, baignade, rêverie, sieste…
Le rond de travail et les trois chevaux au repos
Cheval miroir et hypnose?
Un stage « cheval miroir et hypnose »?
Il ne s’agit pas d’un stage d’équitation (non, on ne « monte » pas). Aucune connaissance préalable avec les chevaux n’est requise.
C’est une occasion tranquille de rencontrer nos parts intuitives, par l’intermédiaire de trois chevaux partenaires, attentifs et bienveillants et de progresser pas à pas avec eux, grâce à l’hypnose, vers une présence ancrée dans l’ici et maintenant, vers une connexion intense à soi, à l’autre et à la nature qui nous accueille, dans ce lieu magnifique, en Lozère, là où les chevaux et Nath vivent ensemble entourés d’arbres, de montagnes et de rivières.
Les chevaux nous offrent des connexions avec nous-mêmes, avec eux-mêmes, avec l’environnement… ils ouvrent et guident.
L’outil hypnotique permet de vivre des expériences sensibles profondes en toute sécurité.
Ensemble, avec les chevaux, nous traverserons trois jours de recherches sur la rencontre, l’écoute, l’éthologie, le nettoyage, le ressourcement, la transformation, le partage, en accord avec votre objectif personnel.
Les trois chevaux partenaires réagissent à la fois avec leur désir de travailler avec l’humain (ce qui n’est pas le cas du chat, très indépendant et trop celui du chien, en demande) et à la fois avec leur intuition, leur savoir-faire animal, leur ressenti profond.
Ils se positionnent subtilement « en miroir » de nos processus (réaction émotionnelle, énergie, action, regard, posture, film intérieur réalisé selon nos représentations, projections), ce qui permet de mettre à jour la construction de notre propre façon d’être et de réagir, sans masque.
Ils le font tous les trois de façon sincère et selon leur caractère, très différent (Lipzou la douce attentive, Bryum le câlin malin, Phoebus le chef impatient…).
Dans ce stage, chacun.e vit avec les chevaux qui travaillent des process du quotidien, sauf qu’ici ces process sont mis en évidence, à nus, et dénués d’intentions extérieures (le cheval fait simplement « miroir »).
L’hypnose et le rêve éveillé prolongent ensuite cette exploration, de façon à mettre à jour les fonctionnements, peurs, désirs, réactions, projections, émotions face à l’intention choisie en début de stage, pour explorer, apaiser, transformer, réconcilier, traverser…
Ici, Phoebus fouaille de la queue. La personne qui se donne à voir en miroir reçoit cette information et réagit émotionnellement, à sa manière.
Infos pratiques
Les dates:
du 18 au 21 mai (Pentecôte)
du samedi 7 juillet 9h30 au lundi 9 juillet 17h00 (il est possible d’arriver le vendredi, de repartir le lundi soir ou le mardi ou le mercredi pour profiter de cette région magnifique)
du samedi 18 aout au lundi 20 août 17h00 (il est possible d’arriver le vendredi, de repartir le lundi soir ou le mardi ou le mercredi pour profiter de cette région magnifique)
Nathalie et moi désirons y voir clair pour les inscriptions de juillet (7-9) et aout (18-20).
En effet, nous recevons de nombreuses demandes d’inscriptions qui ne se concrétisent pas en terme de bulletin et d’acompte.
Première mesure: nous offrons 15 pourcents sur le prix du stage et du logement (pas de la nourriture car elle est à prix coûtant) aux personnes qui s’inscrivent avant le 20 juin (pour le stage de juillet) et le 20 juillet (pour le stage d’aout).
Seconde mesure, pour les personnes venant à deux, une réduction de 15 pourcents est octroyée à la seconde personne, à condition de s’inscrire avant le 20 également.
Ces réductions s’additionnent et s’appliquent sur le stage et le logement.
La nourriture, elle est déjà vendue à prix coûtant (bio et végétarien).
Coût :
290 euros, pour trois jours de stage avec deux formatrices et trois chevaux. Si vous désirez vraiment venir mais que vous ne pouvez pas donner 290 euros, écrivez-nous. Nous trouverons une solution.
Vous pouvez rester un 4ème, 5ème jour…: vous avez la possibilité de prendre le temps d’intégrer votre expérience dans ce cadre magnifique, lire, vous promener, nager… ainsi que de bénéficier d’une récapitulation et/ou d’une séance individuelle supplémentaire, soit en cheval-miroir, soit en hypnose, soit les deux (environ 1h par séance).
Hébergement entre 5 et 30 euros (de votre tente dans le pré, aux chambres de deux lits + une individuelle dans la maison, en passant par l’espace commun de la yourte à 3 lits) et repas végétariens (prix coutant): paiement à part
En voiture: à 1h10 d’Alès, 2h de Nîmes, 2h des Vans, 2h30 de Montpellier, 2h30 d’Avignon, 2h40 de Montelimar, 3h de Valence, 4h de Lyon, 5h15 de Genêve, 6h30 de Paris…
Train Paris-Nîmes: en Ouigo, c’est 10 euros. Voir un exemple ici
A 5h30 de Paris tout compris:
TGV jusqu’à Nîmes
correspondance en train jusqu’à Ales
navette collective gratuite en voiture
Infos et inscription:
email de Marie: lisellesil@gmail.com
email de Nathalie: nathalie.bletterie@gmail.com
Bienvenue!
Témoignages
Les témoignages des participants au stage de septembre 2017, ci-dessous, vous donneront une idée de ce que vous avez la liberté de vivre dans les prochains stages de « se connecter à soi, au cheval, au monde ».
Témoignage de Léa Drouet
A la fin de l’été 2017, je me suis rendue à Azinières situé sur un flanc de colline du causse Méjean, en Lozère : « deux jours pour se connecter à soi, au cheval, au monde ». Durant ce weekend end , les accompagnants, humains, chevaux chiens, chat, arbres, rivière, montagnes m’ont permis d’ouvrir doucement un espace intime et sensitif afin d’engager un lent travail d’exploration, de mise en circulation, de déplacement des représentations de soi, de l’autre, des relations.
A mon arrivée je suis accueillie par Zen-it, un chien blanc avec deux billes noires à la place des yeux, c’est un chien qui sourit.
Le sourire fait chien
La maison de Nathalie et de Pierre regarde les trois chevaux, et vice versa. Les arbres sont hauts, les montagnes nous entourent, tout ça nous regarde autant que nous les regardons. L’air est frais et calme. Ça a déjà commencé en quelque sorte, parce que dans ce paysage, à proximité des animaux, un autre espace intérieur s’ouvre que celui de la rationalité analytique. Je sens, je vois, je touche.
Le chien blanc Zen-it, la chatte Joséphine, les chevaux Phoebus, Bryum et Lipzou. La maison est très chaleureuse. Une grande baie vitrée fait le pont entre le dedans et le dehors, entre le chat couché sur le canapé, ronronnant et les chevaux.
Nous nous présentons les uns les autres. C’est drôle parce que Marie , l’hypnotiseuse, a des yeux de chat. Elle observe et travaille déjà.
Bryum, Lipzou et Marie
Nathalie, elle, a une douceur dans les yeux et un calme apparent, très apaisant.
Phoebus et Nathalie
Toutes les deux, chacune avec leur pratique respective nous proposent de nous accompagner durant le weekend end. Mais je sens que nous allons aussi être co-auteur de ce moment, et ça me plaît. J’ai de la place, je ne me sens pas infantilisée, excessivement administrée, ce weekend end ne sera pas une activité occupationnelle dirigées. Ouf.
Dans cette présentation, je sens déjà que tout à la même valeur, ou plutôt que rien n’a plus de valeur que le reste. Animaux, arbres, montagnes, humains, rivière. Pas d’anthropomorphisme donc, mais un jeu de miroirs perpétuel entre toutes ces choses vivantes.
Bryum s’est installé dans la sellerie
D’ailleurs quand j’y pense, c’est comme ça que je décrirais le stage que nous ont proposé Marie et Nathalie. Une sorte de voyage de deux jours dans un palais des glaces pour mettre à distance, refléter, révéler des parties de mon intériorité, parfois noueuse.
Nous allons tous ensemble vers la rivière en contre bas. Il faut descendre par un chemin un peu escarpé. C’est le chemin que prennent les chevaux pour boire. Il y a un arc en ciel.
L’arc-en-ciel de bienvenue, le vendredi soir
Là, des grands arbres. C’est un terrain submersible, inexploitable. Ça tombe bien, la notion d’exploitation, on le sent bien ici, est banni. Tous les rapports sont des rapports de collaboration, d’interaction. Entre les gens, entre les pratiques, les savoir-faire, les animaux, les végétaux et leur différent régime d’intelligence comme l’organique, l’intuition, l’analyse, le sensible, ou encore l’imagination…
Entre pluie et soleil près de la rivière, où les chevaux vivent dans un espace vaste
Je me sens dans une sorte de réseau de choses dans lequel je peux voyager assez librement, me nourrir de ce que l’on me donne, sans obligations. Nous sommes un petit groupe fait de singularités, nous allons interagir sans être soumis à une croyance particulière.
D’ailleurs quand Marie nous parle de l’hypnose, elle semble dire « voilà, ce sont des outils, il y en a d’autres, mon savoir-faire c’est celui-là, je le partage avec vous, faites en ce que vous voulez » . En d’autres termes, il ne s’agit pas de vrai ou de faux. Il y a un pragmatisme et une distance qui me met à l’aise tout de suite. J’ai de la place pour ce que je suis.
Nous poursuivons notre voyage. Je dis poursuivre parce que ça a commencé dès que j’ai posé le pied hors de la voiture. Nous ouvrons encore cet espace intérieur, celui de la rêverie, de l’intuition et du sensible. Nous sommes invités à choisir un arbre et entrer en contact avec lui. Tout ça fait partie de l’atterrissage. J’ai les yeux et les oreilles grands ouverts, la peau qui sent, les pensées qui se calment. Je suis progressivement et de plus en plus là.
La rivière, où l’on se baigne en été
Marie nous propose une séance « de rêve éveillé », un voyage hypnotique de groupe. Pour moi c’est une intensification de ce qu’il se passe déjà. L’objectif de cette séance, se mettre au contact de notre intention par l’intermédiaire de la rêverie hypnotique. En d’autres termes, pourquoi ai-je décidé d’être là, quelle question je veux me poser à moi-même, sur quoi je veux travailler. Parce qu’il ne faut pas l’oublier, ce voyage n’est pas pour moi une balade d’exploration hasardeuse, une dérive sans but, il y des choses qui m’empêchent, que je veux mettre au travail.
Je ne sais pas si les autres sont dans la même démarche. Je sais que T. est plus dans la découverte et s’autorise la rencontre. Elle semble moins volontaire que moi. Question de nature. Tout est possible en tous cas. Nous sommes chacun là où nous sommes et rien n’est forcé.
Nous sommes installés à différents endroits, proche de la rivière, sous les arbres.
Phoebus descend à la rivière, où nous rêvons
La voix de Marie me guide, ouvre cet espace de représentations et d’images qui me peuple. C’est un équilibre entre le laisser faire et l’attention au surgissement de ces images crées par moi. Un exercice de dissociation qui me permet d’être lecteur d’une partie de moi-même, à distance, pour voir ce que je me raconte à moi-même de moi-même. L’hypnose nous permet de reléguer au second plan notre rationalité analytique, sans toutefois la faire disparaître.
Dans la continuité de cette première séance, nous remontons le chemin en adoptant le comportement-cheval, en nous mettant pour quelques minutes dans la peau du cheval. Nathalie nous a préalablement parlé des différences de perceptions entre un prédateur et une proie . Nous passons donc de l’un a l’autre. De l’homme, au cheval. C’est déjà un travail de décadrage, de changement de point de vue nécessaire à n’importe quelle remise en question. Nous nous exerçons au fait de nous décentrer, et nous nous donnons la possibilité par-là de nous déplacer, de changer quelque chose. Sans parler de révolution totale ( je ne le souhaite pas ) nous nous entraînons au « pas de côté ». C’est comme si on pétrissait la pâte de notre cerveau pour lui donner plus de plasticité, plus d’amplitude, plus d’air.
Toutes ces étapes nous préparent à notre première rencontre avec les chevaux: Nathalie nous invite à une séance de « cheval miroir ». Ils sont trois. Chacun leur caractère. Des singularités encore.
Bryum et Nathalie au travail
Chacun à notre tour nous devons aller à la rencontre de Phoebus , chargés de notre intention. A proximité de la bête, l’effet miroir est immédiat. J’observe ce que le cheval me renvoie ce que moi je lui envoie. Je ne décrirais pas ici ma rencontre avec Phoebus, je dirais seulement que ce qui a été touché a ce moment à fait mouche. Ca n’était pas forcement ce à quoi je voulais donner une place pendant ce weekend end et pourtant j’ai décidé d’accueillir ce travail. Ce fut profond, très intense. Ce que me renvoyait Phoebus était un point douloureux et fragile que nous avons décidé ensemble de regarder. L’accompagnement de Marie et Nathalie a été très structurant. Leur solidité permettait la confiance et le laisser-faire.
Phoebus interagit dans le rond, espace de travail où sont assis.e.s les stagiaires.
Après le déjeuner, nous nous sommes réunis pour un premier retour sur la matinée qui fut riche en émotions. Les besoins de chacun sont entendus et pris en compte. Le planning change, s’adapte aux besoins. Nous poursuivons ce travail de mise à distance des représentations qui nous habitent et que nous projetons sur notre environnement humain et non humain. Nous nous efforçons de regarder ces reflets qui nous sont renvoyés parfois avec force pour apercevoir les mécanismes dans lesquels nous pouvons être enfermés.
La journée se termine par un feu de cheminée, et une écoute de la pièce radiophonique bOa, un rêve éveillé de Marie, mis en musique et en voix. C’est encore du partage. Les formatrices ne sont pas à distance malgré leur statut très clair. Les interactions sont continues. Nous nous couchons tôt. Sommeil de plomb.
Le lendemain, nous alternons travail individuel avec les chevaux et séance individuelle d’hypnose. Cela me permet de continuer à creuser ce qui m’a été donné à voir la veille.
Pendant une pause, Pierre me parle de cette maison qu’ils ont voulue ouverte. Nathalie n’aime pas les portes fermés. Et ça se sent. Je m’y sens bien.
Nous terminons le weekend end tranquillement par un thé, débriefing . Nous nous disons au revoir.
Ce weekend end m’a permis de faire apparaitre des représentations qui incarnaient certaines de mes pensées ou de mes émotions et de pouvoir les bouger un peu, de les mettre en mouvement quand je les trouvais trop figées. Ce « pas de côté » c’est que qu’on peut appeler une tentative de changement. Il ne s’agit pas d’un désir de révolution mais d’un léger décalage dans la manière de percevoir le monde, une possibilité de se connecter à lui autrement. Je me suis donné le temps de rendre plus plastique la façon dont je perçois le monde, moi-même et les autres.
Quand l’analyse et la rationalité touche une limite, il m’a été possible dans cet espace temps d’emprunter d’autres chemins, d’aborder certaines problématique autrement en engageant mon imaginaire et mon corps. De jouer avec d’autres outils.
Il m’a été permis de le faire dans un cadre bienveillant et inspirant qui donnait encore une fois toute sa place à la singularité de chacun.
Léa Drouet
Séance de groupe
« Nous regardons les animaux et les animaux nous regardent. Nous faisons signe à un chat, par la voix, par le geste, le chat nous regarde et cligne des yeux. Il n’a pas la capacité d’exprimer des paroles selon le modèle humain, mais à sa manière il nous répond, par un clin d’œil. Que se passe-t-il dans ce clin d’œil ? Une communication s’établit, un échange a lieu. Nous regardons l’animal qui nous regarde. Que voyons-nous alors ? Le clin d’œil énigmatique nous pousse à regarder en nous-mêmes, comme dans un miroir » Le devenir Animal Gilles deleuze
Rire en miroir, Bryum, Zenith et Marie
Autre témoignages
– « l’atelier avec les chevaux c’était vraiment bien, des réponses! J’ai aimé la liberté dans chaque atelier. Belle initiative, à refaire avec beaucoup de plaisir et d’amour… »
– » le plaisir d’être ensembles autour d’une même envie. Se rapprocher encore de soi. Trouver des réponses, en consolider certaines. »
Lipzou en interaction
– « J’ai passé une très bonne journée, apaisante, avec des personnes différentes et intéressantes. Au fil des ateliers, mes questions se sont affinées, précisées. Bien sûr, j’ai les réponses, elles sont en moi, mais en fin de journée, les différents éléments ont trouvé leur place juste. Je souhaire recommencer! Un grand merci »
– « La multiplication des différents ateliers m’a permis d’avoir des réponses aux questions que je m’étais posées dans un atelier précédent. Le « turn over » des personnes et la déambulation des uns et des autres dans l’espace m’a donné l’impression que le lieu se chargeait de l’énergie que chacun y a déposé, tout en diffusant des ondes positives les uns envers les autres (animaux, arbres et pierres compris) »
Construction collective à partir d’objets transitionnels
Les 3 axes de nos stages 2018
Exploration
Quelle histoire nous racontons-nous? Comment interprétons-nous les éléments du contexte? Les « patterns » (sélection des captations, représentations, projections, réactions, émotions…) se sont construits et consolidés au fur et à mesure de nos expériences, depuis le début de notre existence, sans que nous nous rendions compte que ces mécanismes internes créent ce que nous croyons être « la réalité ». En laissant nos affects se révéler par la projection et par le cinéma intérieur, grâce au travail avec les chevaux et aux séances hypnotiques en connexion avec la nature, nous les rencontrons, les apprivoisons, les dépassons, les libérons.
Conciliation
Le second fil est la conciliation entre les facettes (les dividus) composant un individu, entre ce qui en nous désire aller vers notre intention et ce qui est « plus fort que », ce qui résiste au changement.
Lorsque des tiraillements entre des émotions différentes, entre des désirs d’actions opposées, entre des élans a priori incompatibles amènent de l’inconfort, du stress, de la versatilité, des ruminations, voire de l’angoisse, il est intéressant de laisser la négociation du conflit se passer à un niveau intérieur, entre les différentes parties de nous-même, chacune reliée à des intentions, à des contextes, à des désirs et à des peurs, à des besoins singuliers…
Ces voyages intérieurs débouchent, si cela est approprié (car c’est différent pour chacun) sur un allégement-éclaircissement-apaisement ou sur une prise de décision ou – tout simplement – à une grande bouffée de tranquillité, en paix avec soi-même.
Transformation
Le troisième fil est la transformation par la mise en mouvement du corps réel et du cheval, mais aussi des objets transitionnels, des corps rêvés, des symboles et des paysages intérieurs.
Se donner du jeu pour quitter la sclérose, l’immobilité, le positionnement rigide, la répétition, le sillon fermé… Se donner du mouvement pour oser explorer et tester d’autres processus, en toute sécurité. Se donner de la joie, de la connexion, de l’accueil, du temps pour se mouvoir, s’émouvoir, en choisissant son cap et la modulation qui y mène.
Venez dérouiller vos processus, bouger vos corps et éprouver le champ de vos possibles!
Phoebus recule sur le pont, guidé par un stagiaire, sous le regard de Nath.
Avec Boundary Games Léa Drouet retourne au plateau qu’elle transforme en périmètre de jeu et d’expérimentation pour ses 6 performeurs. Tel un laboratoire social, la pièce teste les processus de fabrication et de dissolution des groupes. D’infinis (ré)agencements de corps, de sons et d’éléments scénographiques définissent de nouvelles règles sociales comme autant d’alternatives aux seuls principes d’inclusion et d’exclusion. Boundary Games fait voler en éclat la division binaire « nous/eux » auquel se réduit trop souvent notre rapport à l’autre. Elle ouvre un nouvel espace de négociation. Comment y circulerons-nous?
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Avec
Frédéric Bernier, Madeleine Fournier, Catherine Hershey, Simon Loiseau, Marion Menan & Bastien Mignot.
Scénographie, costumes Gaetan Rusquet
Travail sonore Yann Leguay
Dramaturgie Camille Louis
Assistante à la mise en scène Laurie Bellanca
Lumières, régie générale Grégory Rivoux
Training hypnotique Marie Lisel
Chargée de production France Morin / AMA
Production Vaisseau
Coproduction Kunstenfestivaldesarts, Théâtre Les Tanneurs, Nanterre-Amandiers, Charleroi danse, Coop asbl
Avec le soutien d’Actoral – Festival & Bureau d’accompagnement d’artistes
Accueil en résidence Kunstencentrum Buda, La Bellone House of performing Art, Montevideo
Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Service du Théâtre, de Wallonie-Bruxelles Théâtre/Danse, de Shelterprod, Taxshelter.be, ING et du Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge
22,23,24,25, 26 Mai 2018
Boundary Games – PREMIERE – Théâtre Les Tanneurs dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts (BE)
20,21,22,23 septembre 2018
Boundary Games – Nanterre-Amandiers, Nanterre dans le cadre de Mondes Possibles (FR)
9, 10 octobre 2018
Boundary Games – Festival Actoral, Marseille (FR)
Expérimentation en Arts Politiques de Sciences Po (SPEAP)
ATELIERS DE POLITIQUE TERRIENNE
Théâtre Nanterre Amandiers du 11 au 20 mai
« A l’invitation du festival MONDES POSSIBLES à Nanterre-Amandiers, le Programme d’Expérimentation en Arts Politiques de Sciences Po (SPEAP) installe son village dans le théâtre et ouvre grand ses maisons.Lors de notre résidence, nous souhaitons éprouver avec les visiteurs un mode de vie ultraterrestre. Nos ateliers de politiques terriennes proposent de faire trembler nos identités et altérités, prendre soin du vivant, faire preuve d’hospitalité, et inventer, pourquoi pas, des diplomaties inter-espèces.
Ces pratiques partagées nous invitent à diverses expériences sensibles, individuelles et collectives, à des moments d’expérimentations, à des ateliers d’écriture, des incarnations du vivant, des rêveries d’espaces, des négociations, des prises de parole et de positions. En s’occupant du commun nous ferons grandir ces petits mondes vers des utopies à vivre.
En cheminant d’une maison à l’autre, les participants pourront inventer des maisons d’hôtes, faire corps avec la terre par une fertilisation réciproque, travestir leurs identités par le maquillage ou le masque, donner une matière à leurs songes, discuter du destin de nos plantes, prendre soin de leur jardin secret, s’ouvrir à des états de conscience modifiée : autant de dispositifs de recherches collaboratives, d’hybridations du soi, de mises en sons, en images, en formes, en corps, en impalpables, en tensions.
Vous rencontrerez entre autres dans ce village SPEAP Bruno Latour, Grégory Quenet et ses étudiants de SciencesPo, Emilie Noteris, Marie Lisel, D. Graham Burnett, les étudiants de la New School de New York.
Et la participation de Emilie Noteris (travailleuse du texte) et Marie Lisel (Maître praticienne en hypnose éricksonienne, artiste et exploratrice sensorielle) »
Programme d’Expérimentation en Arts Politiques de Sciences Po (SPEAP): lien
Le REDAH (rêve éveillé dirigé augmenté par l’hypnose) se présente comme un moyen de voyager vers des dimensions intérieures cachées, que ce soit dans le corps, dans les mondes de l’imaginal communs à différentes cultures (monde du bas et monde du haut…), dans une symbolique particulière (licorne, sorcière, nid, vent…), dans ce que l’on imagine ici et maintenant du passé, dans une approche sensorielle de la relation au monde, dans une oeuvre d’art, dans un son, dans une émotion, dans une synchronicité…
D’autres mondes que celui dont les médias construisent « la réalité » désenchantée sont possibles.
Nous pouvons y avoir des accès de différentes manières, plus ou moins aisées ou difficiles, plus ou moins sécurisées ou risquées, plus ou moins fluides ou complexes, plus ou moins balisées ou libres.
La pensée magique, l’ailleurs interne, l’imaginal, se situe entre le monde sensible et le monde intelligible.
Les voies d’ouverture sur ce monde sont des catalyseurs de liberté, indispensables à l’évolution de soi et du monde, par le fait d’être absorbé par l’ici et maintenant en oubliant la rationalité, de ressentir pleinement, de mettre en mouvement, de laisser advenir et d’accueillir, d’inventer des possibles, de créer sa vie, son oeuvre, son monde.
Car l’imagination est créatrice de réel, comme nous le montrent des études sur les hypnotiques (chamanisme, hypnose, sorcellerie, religion, placebo…).
Marie Lisel, Maitre praticienne en hypnose éricksonienne, artiste et exploratrice sensorielle, joue avec ses outils syncrétiques, pour offrir des expériences sécurisantes et ouvrantes d’hyperéveil, à la rencontre de vos intuitions enfouies de la plasticité de vos mondes.
Dimanche 13 mai –
Marie vous emmène à la rencontre de votre sorcière queer intérieure. Après un partage des représentations autour de la sorcière et une brève introduction à l’hypnose éricksonienne et au REAH, vous partirez confortablement à la recherche de votre archétype singulier de la sorcière queer, c’est-à-dire de la partie « sorcière » qui vit en vous.
Bienvenue dans cette rencontre de l’une de vos alliées intérieures les plus magiques!
« Une sorcière est un être déviant qui a réussi – du point de vue de la survie. Il existe un modèle culturel, idéologique et social de ce qu’il ne faut pas être, qui est, dans chaque société, conçu comme normal » (un terme perçu comme synonyme de naturel, ne l’oublions pas). La plupart des gens survivent parce qu’ils se conforment à ces modèles, c’est-à-dire qu’ils se comportent normalement. Cependant, tous ne se comportent pas « normalement » et ces personnes ont du mal à survivre, à cause de leur rejet du système et de tout ce qui le sous-tend, et habituellement elles s’enfoncent. On les qualifie alors « d’anormales » ou de « mésadaptées » ou d’autres adjectifs péjoratifs au regard de la norme. Puis surgit une personne déviante mais qui survit, et puisque celle-ci ne fonde pas son existence sur des modèles convenus – les seuls considérés comme naturels par les gens normaux -, il faut donc que cette déviance tire sa force vitale de quelque chose « d’inconnu » ou de « surnaturel ». Carnet de notes de Maya Deren (1947).
Dimanche 19 mai –
L’écoute collective du rêve hypnotique « bOa » vous fait voyager dans les énergies spirituelles, la grâce, la légèreté, la sensualité.
Ce stage vous permet de construire pas à pas vos propres techniques d’autohypnose (à poursuivre chez vous dans les mois à venir), en alternant des moments d’explication des notions de base, des exercices courts d’apprentissage technique, des exercices longs (exploration et modelage) guidés, des exercices d’intégration en solitaire et des moments de partage sur des questions de mise en place.
Lors de ces deux journées, vous abordez différents outils de façon à ce que chacun.e se connecte en profondeur avec soi, à sa manière, tout en suivant un fil commun utilisant l’hypnose éricksonienne. Les exercices et constructions des outils se font à partir des mêmes matériaux, mais singularisés et autour d’objectifs individuels différents.
Marie Lisel (Maitre praticienne en hypnose éricksonienne, Arche), vous accompagne pas à pas dans la construction de vos outils adaptés à vos besoins et ajustés à vos processus intérieurs.
Mettre à jour les croyances, valeurs, représentations… et dogmes: notre façon de penser le monde influence nos émotions, nos réactions, notre posture, nos connexions aux autres… choisir de garder, de transformer ou d’abandonner une croyance limitante et de préciser une croyance aidante peut changer la vie. D’autre part, mettre le cap sur des activités et des relations en accord avec nos valeurs les plus profondes équilibre et allège. Une première étape est de sortir de la prison du dogme et de la vérité personnelle pour laisser émerger d’autres voies. A lire: Réaliser son film sous hypnose
Penser en positif: si je vous dis « ne pensez surtout pas à un poisson orange », « n’imaginez en aucune façon que des poux pourraient avoir rejoint votre crâne », « ce n’est pas encore le moment de laisser la respiration devenir plus profonde, jusqu’au bâillement »… la suggestion passe sans la négation n’est-ce pas? Voilà pourquoi nous travaillons en exercices sur le fait de positiver!
Accueillirce qui nous constitue et ce qui nous traverse (pensées, émotions, sensations, compulsions, répulsions…), observer, laisser s’exprimer, apprivoiser (plutôt que de rejeter, combattre, chercher à anéantir… ce qui déplace les problèmes), laisser faire… A lire: Etablir une communication confortable avec son symptôme
Modifier son état de conscience (et le piloter). Chacun.e fait l’expérience d’états modifiés de conscience, en étant immergé.e dans un livre, en contemplant une oeuvre d’art ou un paysage, en respirant l’odeur d’un être aimé, en dansant longuement, en relisant un texto émotionnellement fort… C’est un peu comme se plonger dans une bulle, en-dehors du monde extérieur. Apprendre l’auto-hypnose, c’est apprendre à utiliser les états de conscience pour se libérer, se ressourcer, se booster, se concentrer… bref, pour créer sa vie et son monde (nous ne disserterons pas sur la création artistique cette fois). A lire:L’état naturel ou induit d’hypnose
Comprendre les processus intérieurs en profondeur (par le corps, les sensations, impressions, différents sens) et les faire évoluer selon ce que le « je » désire mettre en place.
Mettre en place les conditions optimums et le cap idéal (réaliste, positif, clair). A lire: Créer l’état idéal
Différencier les instances: ce qui veux en moi / ce sur quoi porte mon attention / ce qui agit en moi. Ex: « je veux que ça s’arrête, ce truc qui me pousse à… » ou « Quand ça me prend, je me sens si légère et si confiante, c’est comme si… ».
Jouer avec ce qui dit « je » (toujours en partie conscient, commente, prend des décisions, actif), déplacer le point d’assemblage, clarifier, intégrer.
Développer la position Meta pour prendre de la hauteur sur une situation.
Découvrir les représentations de différentes facettes en soi, accueillir ces représentations symboliques intérieures, leur permettre de délivrer leurs besoins et de trouver leurs place dans l’ensemble (discussions, arrangements, constructions entre parties). A lire: Mon autre, mes autres et Faire la paix avec soi
Mettre en mouvement, en transformation, en plasticité ce qui peut l’être à chaque ici et maintenant, à son rythme et en douceur. A lire: Créer sa vie
Dénouer, délester, dissoudre, détendre, nettoyer ce qui encombre, alourdit, ne circule pas…
Créer un lieu de ressourcement (safe place) et des processus qui réénergisent.
Jouer avec des objets transitionnels naturels et avec les rituels en autohypnose. A lire: L’imaginal de Ma Soeur
Tester différents types d’hypnose et autohypnose pour construire l’outil qui vous convient le mieux: directive (ordre à un automate), sujet passif / permissive (ma voix accompagne, c’est vous qui pilotez, sujet actif) / …
Synthétiser, améliorer, clarifier vos séquences d’autohypnose ajustées par vous et sur vous pour les ancrer (leur donner des portes d’entrée faciles) et les réutiliser chez vous après le stage.
Saint-Germain-de-Calberte, une terre d’accueil en plein cœur des Cévennes. Du Moyen Age à la Seconde guerre mondiale, ce village témoigne de l’histoire d’une vallée cévenole. Entouré de paysages façonnés par les habitants au fil des siècles, le hameau des Calquières en constitue l’un des sites les plus remarquables. Au centre du village, un monument rend hommage aux Cévenols et à tout peuple qui vit en harmonie avec la nature.
Coût: Entre 90 euros et 150 euros pour deux jours (15h d’ateliers), selon vos moyens, en pleine conscience (envoyez-nous un email pour en discuter)
Hébergement: 25€ la nuitée en chambre ou 12 euros en dortoir au grenier, 5 euros pour les draps (si vous n’avez pas les vôtres) et 5 euros d’adhésion à l’association « Graine d’humanité » qui nous accueille (suivre le lien sur « Hébergement » pour voir le lieu).
Repas: cuisine équipée tout confort. Repas partagés (en auberge espagnole) ou non, selon les désirs de chacun.e. Merci de ne pas apporter de viande ni poisson.
La suite? Après un stage sur l’autohypnose, avec des techniques PNL et éricksoniennes, il y aura un stage sur les bienfaits du rêve éveillé . Ce sont les deux outils principaux de la praticienne 🙂
Dans cet atelier de rêve éveillé dirigé, vous explorerez votre paysage intérieur à la rencontre de votre licorne singulière. On dit que sa corne est magique!
La licorne, parfois nommée unicorne, est une créature légendaire à corne unique. Symbole de l’extraordinaire, de la pureté, de l’invisibilité, du composite, de l’intersexe, du merveilleux… en lien avec l’arc-en-ciel, ses connotations LGBTQI+ sont nombreuses.
Combien: minimum 5 et maximum 10 places (la salle est douillette mais petite et je préfère travailler dans une certaine intimité). Réservez vite en m »écrivant à lisellesil@gmail.com
Se préparer:
suivez les liens pour nourrir vos paysages intérieurs (articles, vidéos, audios…)
dans un carnet, prenez note en mots, dessin, collage… de ce qui vous interpelle en rapport avec la licorne (brainstorming personnel et résonances en écoutant-regardant les liens ci-dessous)
emmenez ce carnet avec vous, ainsi que des feutres et feuilles blanches
emmenez une bouteille d’eau et un truc à grignoter sans miette végétarien à partager
Prix: choisissez le prix juste pour vous selon vos moyens, pour 2h, entre 10 et 30 euros, en conscience.
Pandora Boxx
«C’est un animal que l’on n’arrive pas à capturer, l’animal pur par excellence, attiré par la pureté et la virginité. Elle a des propriétés merveilleuses, c’est pour ça que les humains cherchaient à s’en emparer.» Michel Pastoureau
Au Moyen Age, elle représentait également, par sa corne, la puissance (arme meurtrière), la révélation divine (flèche spirituelle, rayon solaire, épée de Dieu…) et l’antithèse de l’impur (qu’elle détecte et punit)…
Sa corne phallique et sa grâce (rattachée à la Vierge Marie) en font un être unisexe, qui passionne des psychanalystes comme Jung et Lacan.
Gustave Moreau, 1885.
Signe de complicité, peluche rayonnante, fougueux animal magique, tueur sans pitié, lien avec le spirituel, genre non binaire par excellence… à chacun.e ses résonances.
Mes séances se basent sur l’hypnose, telle que l’ont transmise Milton H. Erickson et aussi François Roustang. J’y ajoute d’autres outils, notamment le rêve éveillé, qui donne des voyages, mais aussi des résultats incroyables 🙂
Je pratique le RED classique, selon la méthode de Robert Desoille, uniquement en atelier de recherche (aux séances d’Hypnologie, nous sommes un groupe à expérimenter les techniques anciennes).
En séance individuelle ou de groupe, je mêle le RED à l’hypnose. Mon travail personnel en REAH (rêve éveillé amplifié/augmenté par l’hypnose) utilise donc les notions d’imaginal, d’imagination active et pas mal de points soulevés par Robert Desoille et Henri Corbin, tout en libérant le RED de ses obligations (je prends des libertés) et en lui ajoutant des techniques hypnotiques et parfois aussi différents outils, d’horizons divers.
Un âmi
RED
Rêve éveillé dirigé (RED), selon Robert Desoille
La technique de Robert Desoille est relativement simple : « Le sujet est invité à faire une rêverie. Pour faciliter celle-ci, il est bon de soustraire le patient à tout effort musculaire ainsi qu’à toute excitation lumineuse et sonore. La position horizontale, dans une pièce semi-obscure et loin du bruit, sera donc meilleure. Le sujet allongé se met en état de relaxation et ferme les yeux pour créer un scénario imaginaire dont il est lui-même le héros principal (ou unique). Le thérapeute intervient parfois pour faire préciser une partie de l’espace imaginaire ou une bifurcation possible du scénario.»
Robert Desoille, Exploration de l’affectivité subconsciente par la méthode du Rêve Éveillé (1938), Le Rêve Éveillé en psychothérapie (1945), Théorie et Pratique du Rêve Éveillé Dirigé (1961)
Gaston Bachelard lui consacre un chapitre intéressant dansl’air et les songes, Corti, 1943, chap IV (pdf en ligne)
Tel qu’on pratique le RED à Hypnologie, l’idée c’est de ne surtout pas influencer ni interpréter le rêve. L’accompagné.e vit son parcours selon une proposition de départ (un synopsis en étapes simples). Selon R Desoille, par exemple, 1: une prairie / 2: trouver la rivière / 3: la suivre en amont pour trouver la source / 4: entrer dans une cavité et descendre / …
C’est aussi jouable en poursuivant la lecture que Cyrille Champagne nous fait d’Alice au pays des merveilles, de Lewis Caroll, dont les chapitres ressemblent étrangement aux habituels du RED. Par exemple: « 1: trouver l’accès et descendre / 2: dans le monde du bas, il y a une salle, avec une ou des portes fermées. / 3: Le moyen de passer de l’autre côté est dans la pièce. / 4: Et de l’autre côté…).
L’accompagné.e vit ses insights et recadrages et l’accompagnant.e accueille.
Méthodes dérivées ou proches du RED
Des élèves français de Robert Desoille, réunis dans le G.I.R.E.D.D. (Groupe international du rêve éveillé dirigé de Desoille, 1968) se sont divisé à propos de la place à accorder à l’inconscient, au transfert, à la directivité et à l’activation dans la cure des névroses.
Le C.I.P.A.R.E. (Collège international psychanalytique et anthropologique du rêve éveillé) situe la cure « rêve éveillé » comme une psychanalyse spécifique.
Le GIREP (groupe international du rêve éveillé en psychanalyse, 1987) prend en compte le concept d’inconscient (au sens freudien) dans la pratique et compréhension de la méthode. Il y a donc une interprétation du contenu des images et une analyse du transfert.
Le daydream se développe aux USA avant de se diffuser en Europe et en Amérique latine sous forme de psychothérapies brèves.
Le rêve éveillé dirigé revisité (Elisabeth Mercier)
Elisabeth Mercier est une référence importante dans la suite du RED de Desoille. Je vous conseille son livre.
Elle a commencé à pratiquer le RED de la façon la plus conforme à la méthode de Robert Desoille.
Néanmoins, une interprétation analytique des productions (le vase = la féminité…) est développée dans sa pratique.
Le REL (rêve éveillé libre de Georges Romey)
En REL de l’Adrel, le.a thérapeute prend note du récit
Après le rêve, iel décode les symboles en se basant sur le langage freudien et sur les archétypes identifiés par C.G. Jung. En effet, selon le REL, les représentations de l’inconscient collectif, « répétées » depuis des milliers d’années présentent un caractère d’universalité et offrent un guide pour orienter leur interprétation. La traduction des symboles qui émergent des séquences accélère la prise de conscience des enjeux intérieurs et rassure l’A/é.e lorsqu’iel recouvre sa “raison”. Les symboles sont répertoriés sur le site (la piscine, l’escargot…)
En REL de l’Adrel, le thérapeute prévoit environ 20-25 séances, ce qui est bien plus que la moyenne des accompagnements en hypnose (pour moi, entre 2 et 10 séances).
Pdf en ligne de l’INRES, « Le rêve éveillé libre« , par Frédérique Van Her
Exemple de technique de REL: REL de l’Adrel : école de Georges Romey. Livres: Romey Georges, Rêver pour renaître, R. Laffont, coll. « Réponses », Romey Georges, Le rêve-éveillé libre, Albin Michel, Romey Georges, Un escalier vers le ciel, Médicis,
Interview de Georges Romey en 2017, sur You Tube (1h08)
La psychothérapie AIRE (analyse integrative en rêve éveillé)
La méthode AMPR®, Activation Métaphorique des Processus Régénératifs
… il y a bien d’autres méthodes… inspiré.e.s de Robert Desoille ou développées ailleurs, dans diverses pratiques.
Le « Gros chêne franco-belge », arbre de mon enfance ardennaise
Un cas particulier pour moi: le rêve éveillé en néo-chamanisme
Le voyage néo-chamanisme européen (au tambour, en Europe), utilise également le rêve éveillé. Les différences majeures avec le RED ou le REAH:
le tambour et les rituels ouvrent l’espace temps du rêve
le/la chamane travaille dans et avec le monde intérieur de l’accompagné.e. Iel y intervient pendant que l’accompagné.e rêve.
certain.e.s chaman.e.s travaillent dans et avec des mondes différents de notre réel, mondes dont l’existence est conceptualisée de différentes façons (en RED il fait partie de l’accompagné.e, en néo-chamanisme, ça peut se développer ailleurs).
l’accompagné.e vit son rêve sans parler. Il ne le raconte qu’après, au réveil
l’intégration est souvent physique (par exemple, le/la chamane touche le corps de l’accompagné.e pour y incorporer un guide ou une autre partie)
le/la chamane interroge l’accompagné.e sur son rêve, puis raconte son propre rêve dans le monde de l’accompagné.e
Le shamanisme natif va plus loin. « Le rêver » est un enseignement à part entière.
Ces pratiques m’ont permis d’élargir mon expérience et donc de jouer plus finement avec le rêve éveillé car les trucs et astuces d’une baroudeuse des rêves et des transes sont bien utiles. D’autre part, les concepts de ces pratiques peuvent être entendus de différentes façons et à différents niveaux. Ils enrichissent les représentations. Et donc les possibles.
A partir du moment où l’on ne s’enferme pas dans des croyances limitantes ou carrément dans la gouroutisation (en chamanisme, j’en ai rencontré), le tout est de vivre des expériences, d’intégrer des patterns, de nourrir l’imaginaire pour créer son monde, y voyager, y apporter les insights et transformations utiles aux mouvements.
Pour explorer différents liens et documents, voyez la « Foundation for Shamanic Studies (FSS) ». En français c’est ici.
Exemples de mes propres créations de rêves éveillés
Différences
objectif : expérientiel, artistique (au service d’un projet à moi ou à un autre créateur ou en expérientiel dans un centre d’art…), thérapeutique…
déroulé : écoute d’un support audio / rêve de groupe / rêve individuel
positionnement de l’A/nt.e : guide qui donne le chemin à prendre ………>A/nt.e au service du rêve de l’A/é.e
Le rêve éveillé dirigé directif (objectif: expérientiel et artistique). Pièce radiophonique bOa. Pas de séance hors support. Création sur support d’un rêve éveillé directif.
Le rêve éveillé fantasmatique (objectif: expérientiel et artistique). Fantasmes. Séances individuelles (4h en cabinet). Création sur support à partir de rêves éveillés fantasmatiques individuels.
Le rêve éveillé de groupe expérientiel et artistique (objectif: expérientiel et/ou artistique). Exemple: travail sur plateau de performance ou workshops ou performances participatives en FRAC (Thème: queer, fantasme, connexion, synesthésie, ou thème choisi abordé en école d’art ou en préparation de création scénique, comme le vertige, le nid, l’interstice…)
Le rêve éveillé de groupe expérientiel et thérapeutique (objectif: expérientiel et thérapeutique). Exemple: workshops sur l’ancrage, la solidité et la souplesse ou voyage pour rencontrer sa soignante intérieure…
Le REAH individuel (objectif: thérapeutique)…c’est la suite…
Ce que je pratique en séance individuelle :
REAH (rêve éveillé augmenté par l’hypnose)
REAH ?: idiosyncrasie composée des techniques de rêve éveillé classiques, augmentées par l’hypnose et autres outils (REAH est une appellation que j’utilise personnellement).
La méthode de Robert Desoille est une base que j’aménage et à laquelle je mêle des techniques hypnotiques, mais aussi des représentations traditionnelles européennes ou chamaniques ou énergétiques ou de démarche artistique ou d’éthologie, des technique vocales, des odeurs, des objets transitionnels, de la médiation par la nature… différemment selon les contextes, les intentions, les personnes accompagnées.
Je transmets les outils à l’accompagné.e pour faire ce qu’il y a à faire dans son imaginal. Souvent, je me présente par comme une boite à outil humaine (monitrice technique équipée). Nous allons parcourir ensemble le paysage des patterns et représentations, comme avec un.e guide de haute montagne avec ses cordes pour passages difficiles, ses piolets, sa connaissance de la montagne (mais pas de celle-la en particulier car je ne sais rien de ce paysage, j’ai juste les moyens que l’on s’y promène en toute sécurité et que l’on parte en quête) et des façons de poser les pieds sur tel ou tel terrain, de la météo et de l’observation de la faune et de la flore… et aussi la tranquillité, la fluidité, l’humour qui permet de s’amuser, d’être à l’aise dans l’aventure, de ne pas paniquer, de se dépasser, de traverser (oh, chouette, un ours, comment est-il? Bonjour! Faites-lui bon accueil).
Je découvre ce paysage avec mon accompagné.e et je me contente de poser des questions et de donner des consignes d’observation plurisensorielle (y compris du corps en même temps que de l’imaginal: que dit le coeur? faut-il traverser en l’état ou réparer ou finir de briser ou laisser ce pont de singe ou…? allez donc demander au coeur en revenant dans le corps et revenez ici après), des réponses techniques en rappelant si c’est le cas l’outil déjà utilisé qui peut être bricolé, ajusté. (« Comment faire pour… »? Voyons l’outil ensemble et intégrez-le en le façonnant à votre manière. » Que faire? » -> Voyons ensemble les possibles. « Je ne peux pas… » -> de quoi avez-vous besoin pour… où est cette ressource dans le corps? Etc.). Mes interventions directes se limitent aux moments critiques (en cas de passage extrême, je peux être plus directive, voire agir directement au besoin).
Je ne me permets pas de savoir ce qu’il faut faire. J’ai le savoir des outils pour arriver à ce que la personne va déterminer comme étant la voie à traverser. Et ces outils je les lui transmets, elle les transforme, les mixe et les intègre.
Autonomie et créativité pour l’accompagné.e. dans sa quête.
Même s’il y a des constantes dans les rêves éveillés, chaque voyage est passionnant à accompagner car l’imagination active est toujours surprenante. Se libérer des entraves d’un trauma d’il y a 20 ans en découvrant une créature répugnante tout au fond de la mer, en l’aidant à remonter vers la lumière puis à se transformer en poisson coloré qui joue avec les flots? Amadouer la peur de l’inconnu en transformant d’effrayants crocodiles (qui surgissent pour bouffer) en cygnes vigies élégantes (cris et pincettes) qui surveillent le passage vers le laisser-faire? Fusionner avec un élan pour aller vers son cap? Danser avec le soleil et se réénergiser en profondeur? Vaincre la peur du noir à l’aide d’une guide chauve-souris? Rassurer la petite voix intérieure et la câliner pour que l’agressivité se transforme en encouragements? Se réconcilier avec un parent disparu et lui laisser ses valises à emporter… autant de rêveuses et rêveurs, autant de solutions rêvées!
Voici deux témoignages de REAH rédigés:
CONFIANCE
« Guidée par Marie, je visualise pour commencer un peuplier au tronc très large et très droit , vu de dessous.
Je suis cet arbre, qui intègre l’eau, l’air, la lumière et la terre et qui est capable de toucher le ciel . J’ai de bonnes fondations : des racines pour aller chercher la nourriture dans le sol, qui sont superficielles et qui partent en étoile autour de moi. Et aussi des racines qui descendent plus profondément pour s’ancrer dans le sol. Ainsi je peux rester forte et droite.
Marie me suggère que mes racines vont chercher mes ressources profondes en cas de besoin. Je visualise une grosse racine qui part du milieu de l’arbre, sous la terre, pour s’enfoncer dans le sol. Cette racine ressemble à un python rouge avec des taches noires ocellées, et sa tête chercheuse qui descend a une petite collerette de dragon. Il est souple et puissant, et descend de plus en plus profondément en serpentant tranquillement et avec force. Marie m’encourage à le laisser descendre, même si je ne sais pas où il va…
Soudain il débouche dans une petite grotte entièrement tapissée d’améthystes qui scintillent d’une chaude couleur violette. C’est magnifique. Sur le sol, au milieu de la grotte, un petit bouddha est assis en tailleur. Il médite. Je m’approche de lui et me penche. Je lui fait une bise sur le nez. Il me regarde en souriant et tend son index vers mon front que j’incline. Il touche du bout de son doigt mon troisième œil en disant «CONFIANCE». Je me sens traversée par un flot d’énergie et d’amour. Je vois alors ma jument blanche, morte au mois de mai, qui a posé sa tête sur mon épaule. « je suis là, je m’occupe de tout. Confiance! » me dit-elle. « En cas de question ou de critique qui te met dans l’embarras, prononce les trois syllabes de mon nom et visualises-toi sur mon dos. Je te donnerai ma force et mon calme de jument leader. »
Je reviens ici et maintenant avec des larmes qui coulent sur mes joues. Marie est là pour m’accueillir.
La séance m’a paru facile. Je suis vite partie « en voyage », en me laissant guider avec confiance par Marie qui relançait régulièrement par des questions. Le temps s’est effacé, et les images sont venues d’elle même sans qu’il y ait à forcer, et lorsqu’elles se faisaient un peu attendre Marie m’a rassurée en me demandant ce que je voyais, et en relançant.
C’est comme une conversation entre moi et l’accompagnatrice, dans laquelle elle suggère et je réponds, mais qui a lieu dans un autre monde, je ne sais pas où… un monde dans lequel tout est possible, et où je me sens en sécurité car accompagnée.
La satisfaction de revenir avec des moyens d’aide comme la visualisation de ma jument est réelle, mais ce n’est pas le seul résultat. Il y a aussi un effet de décantation au fil des jours qui suivent la séance, et au final le surcroît de solidité demandé en intention est bien au rendez-vous, avec le calme et la force promis, sans que je ne sache vraiment comment ça fonctionne… et ce n’est pas important au fond. »
UN ELAN POUR VISER UN CAP
J’ai voyagé sous hypnose à la suite d’une panique, qui me fit carrément rebrousser chemin, lors d’une marche dans un paysage ouvert.
Lors de cette séance, un élan rua dans une porte que j’étais censé ouvrir pour découvrir l’animal qui devait m’aider à combattre le vertige et la peur du vide.
Agrippé à son dos tandis que l’élan fonçait, je fusionnai progressivement avec lui. Sa fougue s’atténuant, sa marche se ralentissant sous l’influence de notre étreinte, je me rendis compte que je me transformais en centaure. Et la solution pratique, ergonomique, prothétique m’apparut immédiatement : le lendemain matin, je m’achetais des bâtons de marche et, dès l’après-midi, je réussis à aller jusqu’au bout de la marche de trois heures qui me conduisait au Cap Fréhel.
Intuitivement, je liai de suite cette question du cap à atteindre à celle d’aller jusqu’au bout de mes projets, de mes possibles. Un élan pour viser un cap ! Bon sang mais c’est bien sûr !
Marie a su s’adapter à ma personnalité. Comme je rechigne dès que les questions adressées me semblent fermées, trop orientées, elle m’a proposé quelque chose d’ouvert, de métaphorique et m’offrant la possibilité de l’allégorie. Par définition, l’allégorie parle d’autre chose que de ce qu’elle figurerait littéralement. C’est cette ouverture symbolique qui rendit possible ce voyage à la rencontre d’animaux inattendus, et ce fut d’autant plus inattendu pour moi que je n’avais jamais, de ma vie, développé de projections envers les animaux.
Depuis, ces animaux me rendent visite et m’accompagnent. L’élan est là!
Et un autre en dessin:
Dessin témoignage de l’atelier « sorcière queer »
A consulter
stage REAH pour les praticien.ne.s en hypnose (décembre 2018)