Pour avancer dans l’inclusivité de nos pratiques, les ateliers entre professionnel·le·s de l’accompagnement (tout domaine) sont proposés de façon régulière.
Les ateliers avec un·e invité·e durent 2h (en soirée) et sont à prix libre entre 10 et 25 euros. L’invité·e est rémunéré·e si iel n’a pas de formation à vendre (j’enlève mes frais et divise le reste par deux ou j’enlève juste mes frais si pas assez de recette). Il s’agit d’écouter la parole d’une personne concernée sur son vécu de (non) inclusivité en accompagnement et en situations du quotidien.
Les ateliers d’accompagnement inclusif thématiques durent 1h15 (en journée) et sont à 10e.
A VENIR
Atelier #11, décembre 2024
Atelier #10- Atelier La parole aux concernées: Alda Mantisse (thèmes: travail du sexe, bdsm, littérature), novembre 2024
Atelier #9: Atelier d’accompagnement inclusif thématique: proposer un cadre safer pour utiliser la séance comme terrain d’entrainement des patterns (conscientiser les scénarios intérieurs qui se jouent dans le rapport et se servir de ce qui se passe en séance comme simulateur), octobre 2024.
PASSES
Si un atelier passé intéresse plusieurs praticien·ne·s je veux bien le reprogrammer. Il y a un résumé très en vrac (hors « la parole aux concerné·e·s, que je mettrai en podcast quand j’aurai le temps de les nettoyer) sur la page synthèse des ateliers d’accompagnement inclusif
Atelier #8: Atelier d’accompagnement inclusif: sécuriser l’expérience hypnotique: En sortant de formation, beaucoup se lancent dans l’accompagnement en cherchant des modèles de positionnement, de techniques et aussi de présentation de son travail. Or, les modèles visibles – celleux qui sont des pro de la communication médias – sont souvent plus dans la recherche d’efficacité que dans le care. Or, trop vite, trop fort ou à côté de la plaque, ça peut faire bien des dégâts. Pour au moins ne pas nuire, il est nécessaire de prendre en considération certains points. mai 2023
Atelier#6: Se présenter sur son site en tant que personne concernée par les oppressions systémiques et l’inclusivité (donc outée queer, handi, etc) ou allié·e clairement situé·e ou sensibilisé·e à l’inclusivité et en cours de déconstruction ou… …en évitant le pinkwashing, l’instrumentalisation des luttes (donc adéquation entre ce que je présente et comment je m’investis). Nov 2023
Atelier#5 Comment gérer les appréhensions de l’accompagné·e sur le rapport (peur de l’accompagné·e d’être jugé·e ou rejeté·e ou disputé·e ou agressé·e… par l’accompagnant·e)? octobre 2023
Les ateliers 1-4 étaient des réponses aux questions amenées par les participant·e·s (pas de thématique globale).
L’hypnose est pour moi une croisée. Pour les fonctionnements typiques, elle permet (entre autres) d’approcher certaines compétences que des atypiques présentent naturellement. Pour les atypiques, elle permet (entre autres) de comprendre en profondeur à piloter ces compétences, les apprivoiser, les adoucir, s’en servir de façon plus confortable, plus adaptée. Pour toustes, elle permet de s’éclater à créer sa vie, son oeuvre et son monde. Et aussi de trouver des points de convergence qui ouvrent des fenêtres sur nos compréhensions mutuelles. Youhou!
Quand j’étais petite…
(ma marmite d’Obélix)
Pour pas mal de NA (neuroatypiques) de ma génération (né.e dans les 70′), l’enfance-adolescence a été un moment compliqué.
Pour ma part, en pleine campagne de l’Ardenne belge, j’ai apprécié les longues plages de lecture (j’étais boulimiques de mots, avec le bibliobus itinérant, j’ai vraiment pris mon pied), les balades dans les forêts, les expéditions à l’aveugle dans les prés enneigés baignés de brumes, l’omniprésence de la nature, la liberté de plonger dans des rêveries solitaires en compagnie des veaux ou des abeilles, l’apprentissage du chant accompagné à la guitare (autre rêverie, cette fois à partager!), le tourne-disque du salon et la place pour danser, la contemplation et l’exploration libre (plein de temps à soi – seule ou en bande mais surtout sans adulte – pour simplement être là, pour tester des trucs, pour oser, pour se raconter des théories fantastiques… les enfants d’aujourd’hui en manquent tellement, sans cesse sollicités, surveillés, commentés, limités, rationalisés…).
Ce fut notamment propice au développement de ma communication animale, de mon intuition et aussi de mon adaptation sociale: chercher comment être intégrée et appréciée par les gens de mon âge, tout en restant moi-même, c’est-à-dire en étant jugée « carrément bizarre » mais aussi « super attachante » et digne de construire des cabanes secrètes ou de faire des soirées à l’étang avec iels… un joli labo d’explorations sous la forme de sociétés d’enfants puis d’ados, autonomes dans certains espaces-temps.
En revanche, même si les bandes d’enfants puis d’ados m’ont incluse de bon gré, avec leur coaching maladroit permanent (« mais enfin Marie, c’est pas compliqué, si tu voulais… il suffirait… »), je me suis souvent sentie « toute seule » dans ma façon d’être au monde. Difficile de trouver des interlocuteurisses pour des discussions complexes et profondes. Aujourd’hui, ça a bien changé…
Du côté des adultes, tout en appréciant mon calme, on me reprochait mon côté « inquiétante étrangeté », et puis d’être « dans la lune », d’être atteinte de « sensiblerie », de « faire semblant de ne pas comprendre », de ne pas adhérer aux codes (des convenances, du féminin, des blagues, de l’autorité…), de ne pas sentir les limites, de ne pas faire d’efforts (cette injonction de devoir sourire et papoter de tout et de rien et aussi de carrément mentir pour faire plaisir, sans parler des bises obligatoires… argh!). Je passais pas mal de temps à essayer de capter comment réfléchissaient-réagissaient les adultes pour anticiper leurs comportements de façon à délimiter mes plages de liberté totale relativement sécures (certaines sanctions ou réactions ne me faisaient ni chaud ni froid en comparaison avec les bénéfices que je prenais avec le « je m’en fous ») et pour me barrer à temps quand les contextes me mettaient en insécurité (contact physique trash « pour rigoler », apprentissage de la dureté pour me guérir de ma « sensiblerie », recadrage brutal à propos de règles que je n’avais pas captée car implicites et évidentes pour les autres…).
Je n’étais pas la seule neuroatypique mais personne ne savait même que cela existait. Quand je repasse au crible les réactions et réflexions des adultes, je me dis que mon père a dû se sentir vraiment perdu, amoureux de littérature et de philosophie dans ce monde rural rude. Tous les soirs de mon enfance, il venait me lire des poèmes. Il ne jubilait qu’en m’amenant un nouveau livre ou en me montrant du doigt un détail caché dans une BD ou dans le paysage, au cours d’une balade (il commençait souvent par « c’est quand même marrant… » sans finir sa phrase et pointait le doigt vers l’oreille en signe qu’il fallait écouter ou vers un point à chercher du regard. Moments magiques!). A ses temps libres, il dévorait les romans et écoutait France Culture. Pourtant, selon lui, « il n’y connaissait rien » et refusait de soutenir la moindre discussion intello. Chacun.e à sa place. Et pour lui, sa place était dans sa bulle (ou dans sa caverne d’ours, en vieillissant), avec un strict minimum d’adaptation sociale et professionnelle, mais réalisée avec beaucoup d’exigence et d’application. La philo, c’était en catimini, uniquement en tête à tête, quasiment en silence, pendant la vaisselle… Il y a quelques années seulement, il m’a téléphoné et m’a annoncé comme une révolution que j’étais hypersensible, suite à l’écoute d’une émission de radio. Il était tellement abasourdi de me reconnaitre dans le propos de l’émission! Ce fut un doux moment. Oui papa… toi aussi. Et puis…
A la campagne dans les années 80, personne ne parlait de trouble ou de divergence ou de diversité et internet n’existait pas. Il était juste proposé « d’arrêter de faire son intéressant.e, de revenir les pieds sur terre et de faire comme tout le monde ». Contrairement à moi, qui suis devenue hypno et artiste (deux activités rêvées pour un.e NA!), le NA de la génération des années 50 à la campagne avait vraiment peu de chance de comprendre, d’assumer et de faire fructifier ses différences. La fuite ou bien l’adaptation et la bulle étaient les seules solutions.
Puis, j’ai migré vers la ville pour faire des études. Ce n’est qu’à 18 ans que j’ai rencontré une personne avec qui parler de cet univers qui était le mien. Une révélation: je n’étais donc pas la seule extraterrestre sur cette planète! Son univers était autre mais aussi étrange. Il assistait lui aussi à la vie sociale avec beaucoup de décalage, d’insécurité, le tout baigné de synesthésies incroyables. Je n’étais plus seule. Mais nous ne savions absolument pas que nous étions plus de deux ni comment mettre des mots, comprendre…
Milieu de la vingtaine, j’ai commencé une psychanalyse, ma première véritable thérapie: 45 minutes 3X/semaine, pendant 7 ans, chez ma psychanalyste freudienne orthodoxe, qui était aussi neuropsychiatre en hôpital à d’autres heures. Après quelques mois de cure, je n’en pouvais plus des remontées de rêves épuisants et d’un début de somnambulisme. Ma psychanalyste me disait de « laisser faire le travail » mais les effets étaient vraiment trop violents. Je suis donc allée voir un hypnothérapeute… en cachette (ouille, le transfert!).
Nous avons travaillé seulement en trois séances, avec des outils très simples (safe place, ancrage, sous-modalités…). Et là, seconde révélation: il était non seulement possible d’explorer mes process, mais aussi de diriger volontairement ces états qui me « tombaient dessus » sans que je puisse rien y faire. Yeah! Cet hypno pédopsychiatre m’avait fait une fleur en me prenant en consultation juste le temps de résoudre ce souci précis de sommeil, mais n’avait pas de place pour une adulte. J’ai donc interrompu mes expériences hypnotiques, en gardant bien à l’esprit qu’il faudrait y revenir après la cure.
Et je suis en effet retournée vers l’hypnose à la fin de mon analyse, mais sans succès car l’hypno disponible à ce moment là était dirigiste et fan de scripts. L’hypnose ne s’est développée que ces dernières années, il y avait peu de praticien.ne.s à cette époque. Et celle-là ne me convenait vraiment pas.
Puis, bien après, quand j’ai eu l’envie de réaliser une création radio hypnotique, j’ai suivi des cours dans une école d’hypnose à Bruxelles (INH), en tant qu’artiste (pas en tant qu’accompagnante de séances) au milieu du corps médical, pour m’immerger à fond. Et là, outre mes débuts d’hypnose artistique, j’ai vraiment exploré comment l’autohypnose pouvait m’offrir des outils pour valoriser tout mon matériel intérieur, si encombrant à l’état sauvage. J’évoque notamment ce que j’ai longtemps appelé « l’aquarium », mais aussi le voyage (rêve éveillé profond), l’hyperacousie, la synesthésie, l’hypersensibilité, le fait de ne pas arriver à rentrer dans des conduites de lissage social, la recherche de compréhension profonde permanente des leviers des comportements normés qui me semblaient si absurdes, le moulinage en arborescence…
En école d’hypnose parisienne (ARCHE), nouveau but (accompagner en séance), nouvelle méthode (beaucoup de pratique) et nouveau choc: oui, certain.e.s hypnos sont NA, mais non, pas toustes, loin de là! Car il est possible, quand on n’est pas « tombé.e dedans » à la naissance, de s’initier aux voyages qui me semblent tellement ressembler à ce que nous (moi et les NA de mon entourage) partageons de nos expériences. J’ai donc appris, en tant qu’accompagnant.e, à adapter mon accompagnement pour toustes, sans présupposer que c’était évident, puisque beaucoup découvraient tout juste leurs nageoires multidimensionnelles. Là, c’était un peu le monde à l’envers pour moi. A mon tour de me dire « m’enfin, iels font exprès, c’est pourtant si facile! ».
J’ai assisté à la transformation personnelle (tout le monde est sujet de séance, ça brasse sec! Pour moi aussi…) et à l’apprentissage de la position d’accompagnant.e de beaucoup d’hypnos sans « base sauvage ». J’ai aussi expérimenté le fait d’être un sujet vraiment compliqué à accompagner pour iels, sans pouvoir leur simplifier la tâche (non, je ne fais pas exprès de ne pas proposer la réponse ou la réaction attendue ni de piloter mon vaisseau différemment que le ou la copilote).
Nous avons donc toustes appris les un.e.s des autres. Chouette!
Aujourd’hui je poursuis à la fois mes explorations hypnotiques (artistiques, expérientielles…) et mon travail thérapeutique personnel (pour moi, tout.e accompagnant.e se doit de continuer à être accompagné.e pour avancer, nettoyer, aligner…) et je partage mes découvertes en recevant en séances, en enseignant le REAH et la aussi créativité hypnotique dans divers stages et ateliers, pour mes collègues hypnos, pour mes collègues artistes et pour tout public.
Je précise que la créativité, inventivité, liberté a de nombreuses sources et que, donc, celle que j’évoque ici n’est pas la seule ni l’indispensable. Elle est simplement la mienne. Celle que je partage avec des NA. Et aussi celle que je reconnais à l’hypnose. Et elle est transmissible. Ca suffit pour que j’en fasse un article!
Finalement, l’hypnose est pour moi une croisée. Pour les fonctionnements typiques, elle permet d’approcher certaines compétences que des atypiques ont naturellement (et qui ne sont évidemment pas toutes les compétences de l’hypno, loin de là). Pour les atypiques, elle permet de comprendre en profondeur à piloter leurs compétences, les apprivoiser, les adoucir, s’en servir de façon plus confortable, plus adaptée. Pour toustes, elle permet de s’éclater à créer sa vie, son oeuvre et son monde.
Et aussi de trouver des points de convergence qui ouvrent des fenêtres sur la compréhension mutuelle!
Photo de Camille Schweickhardt Avec Couscous.
Envisager sous plusieurs angles, analyser,
inventer, détourner, reprogrammer…
L’hypnose exerce différentes capacités, notamment celles de ressentir autrement (hyperesthésie, synesthésie, hyperfocus…), d’atteindre un hyperéveil, de découvrir la psyché (que François Roustang décrivait comme recouverte d’un voile en état ordinaire), d’envisager les choses habituelles différemment, de s’émerveiller devant « l’ordinaire », de jouer concrètement avec des process, de développer l’introspection et l’intelligence intra-personnelle (comprendre de façon à la fois fine et profonde ce qui se passe dans l’esprit de l’autre), de développer la sensibilité, la créativité, l’empathique, d’expérimenter en « dé et re-cablant » ses propres automatismes psychiques, émotionnels et physiques, de créer du nouveau, de déclencher des rêves inouïs et même de sortir de soi…
Les personnes vivant de façon différente de la norme, autant dans leur façon de se représenter soi-même, sa relation à l’autre, sa position dans la société, son rapport au monde… – plongent dès lors naturellement dans son univers d’exploration et de création.
(((Oui, je parle de certain.e.s artistes, de personnes ayant conservé une belle part d’enfance et, spécialement ici… des neuroatypiques))).
Ceci expliquerait cela… les neuroatypiques (personnes qui présentent un fonctionnement cérébral particulier), dits « NA », voyagent comme des poissons dans l’eau hypnotique, à condition que l’accompagnant.e ne tente ni de leur faire suivre un chemin prédéterminé dans la séance (protocoles et scripts) ni de les faire rentrer dans ses normes (« vous êtes une femme, donc… ») ni d’interpréter leur façon de procéder au coeur du rêve (laisser entrer l’araignée dans l’oreille = beurk! >< hébénon pas du tout c’est super elle nettoie), ni d’inventer des métaphores à leur place, ni de projeter leurs propres émotions ou solutions sur leurs situations… La position d’accompagnement ultrabasse est nécessaire (pour ma part, ça m’a conduite à développer le REAH).
Le fonctionnement NA de façon générale reprend des caractéristiques comme « pensée en arborescence », « hypersensibilité »… (suivez les liens en bas de page pour en savoir plus). Cependant, il existe d’innombrables façons d’être atypique dans sa façon de percevoir et de ressentir le monde, de traiter les informations, de trouver des possibilités de fonctionnement social, de créer… Chaque NA est singulier.e.
Un point commun est que les NA, confronté.e.s sans cesse aux normes de la société dominante, qui ne leur correspondent pas ou peu, connaissent bien le mouvement de comparer leurs représentations à ce qu’iels perçoivent de celles des autres, de chercher leur positionnement et leur moyen de communiquer (ce qui est appelé « habiletés sociales« ), de se sentir en décalage avec les codes, les règles, les habitudes et… d’inventer des solutions!
Outre cela, les réactions des autres, la sensation d’être agressé par un environnement censé être « normal » (avec toutes ses lumières, ses sons, sa foule, ses règles illogiques, ses exclusions…) peuvent créer, en plus de la difficulté d’appréhension de la situation, un malaise, une angoisse, un sentiment d’injustice, d’insécurité, de désintérêt…
Certain.e.s en souffrent et se barricadent, se sentant seul.e.s au monde, d’autres apprennent les normes sociales et s’y adaptent par des compensations (recherche de consensus, invisibilisation de la différence) et/ou s’organisent en affirmant leurs complexités par des associations. Notons aussi qu’une personne peut basculer de l’un à l’autre de ces possibles ou les combiner, selon les contextes. Bref, toujours pas de généralités.
En ville et sur le web, des familles se forment. Ainsi, iels sont en nombre dans des champs comme le queer (qui réinvente les représentations de genres), le polyamour (qui réinvente les représentations de la relation amoureuse et même de la famille), le sexpositif (qui réinventent la façon de vivre la sexualité), les jeux de rôles (qui invente des mondes), les métiers de niche (ultraspécialité technique, recherche scientifique, recherche indépendante…), les arts contemporains (d’aujourd’hui donc, car l’historien.ne de l’art a déjà classé-étiqueté-normalisé les oeuvres précédentes), la programmation informatique, la création de réalités virtuelles…
Pour résumer, je dirais donc que, premièrement, les neuroatypiques nagent comme des poissons (toustes différent.e.s) dans l’océan hypnotique, tant qu’iels sont accompagné.e.s en liberté, ce qui demande un positionnement sans mailles de filet et que, deuxièmement, nombre de personnes fréquentant des champs « hors normes » sont atypiques (!j’ai pas dit toustes, hein, vraiment bien loin de là!).
Je termine cette partie par une conclusion personnelle: l’une des raisons principales pour lesquelles mes collègues m’adressent des accompagné.e.s est simple: je fais partie de la famille des poisson.ne.s libres créateurisses. J’accompagne donc bon nombre d’artistes, de zèbres, de licornes, de chercheurs indépendants, de thésard.e.s, de thérapeutes… et bien autres… pour en savoir plus, relisez donc mon texte de bienvenue.
A côté de cela, mon fonctionnement emmène tranquillement mes accompagné.e.s plus normés, neurotypiques, à la découverte de leur imaginaire, de leur créativité et de leur liberté… comme une stagiaire l’a si bien résumé dans la page des témoignages d’hypnos« Avec son sérieux et sa folie, Marie nous ouvre les portes du rêve qui permet d’avancer. »
Voilà pour répondre aux questions (qui me sont) fréquemment posées.
Après, on peut aller un peu plus loin… notamment dans la réflexion sur la richesse des différents fonctionnements et sur leurs revendications à exister tels qu’ils sont dans toute leur diversité, VERSUS la volonté de normalisation, c’est à dire que, pour être un sujet déclaré sain, normal, intégré, heureux… il faudrait correspondre à ce qui est édicté comme « normal » et que ce qui n’y correspondrait pas serait traité comme un trouble (psychiatrique, psychopathologique, médical, social…) qui provoque le rejet et/ou le traitement thérapeutique. Là aussi, les zèbres et les licornes ont des points communs!
Cet oiseau très rare est mi-mâle mi-femelle Ce phénomène est appelé le gynandromorphisme.
Neuroatypique, Aspi, Zèbre…
Les mots sont souvent confondus ou employés de travers. De nombreux sites et blogs permettent de s’en faire une idée claire. Voici mon résumé du résumé.
Pour ma part, je me ressens comme neuroatypique, inscrite dans le large spectre des zèbres. Car – pour moi – la zébritude n’est pas binaire mais spectrale aussi. Il y a tant de singularités zébrées! Le truc étrange, c’est que l’on se reconnait souvent instinctivement vite entre zèbres, même de types très différents, sans pouvoir expliquer comment. Il y a donc – tout de même – des points communs ressentis comme évidents.
Pour répondre à la sacrosainte question: non, je n’ai pas passé le test. Je n’en vois pas l’intérêt. Les traits sont présents, mais je subodore qu’ils ne sont pas suffisamment nombreux et intenses chez moi pour que ce soit qualifiable de TSA sur le plan médical.
Chloe Finch, par Peter Hujar, 1981
Neuroatypique
Il n’y a pas de limitation en matière de droit à se revendiquer « neuroatypique ». L’exigence tacite est que la personne éprouve, dans la vie quotidienne, une sensation de distance avec l’ensemble de la société dite “neurotypique”, reliée à des particularités de nature cognitive, perceptive, sensorielle et / ou neurologique.
Le terme s’est construit par opposition au terme « neurotypie » (norme dominante en ce qui concerne le fonctionnement neurologique) ou aux « neurotypiques » mot désignant toutes les personnes sans différence neurologique)
Ces termes sont reliés à la lutte pour la neurodiversité, contre le fait de transformer un comportement humain viable en trouble mental, comme l’ont déjà été l’homosexualité, le genre non-binaire, et comme le subissent encore les autistes avec le TSA (troubles du spectre de l’autisme).
L’apparence fantasmagorique de ce mammifère pondant des œufs, à la mâchoire cornée ressemblant au bec d’un canard, à queue évoquant un castor, qui lui sert à la fois de gouvernail dans l’eau et de réserve de graisse, et à pattes de loutre a fortement surpris les premiers explorateurs qui l’ont découvert. En outre, c’est l’un des rares mammifères venimeux: le mâle porte sur les pattes postérieures un aiguillon qui peut libérer du venin capable de paralyser une jambe humaine ou même de tuer un chien.
Syndrome d’Asperger: diagnostique médical d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA = troubles du spectre de l’autisme).
Notons qu’il y a débat sur l’appartenance des Asperger au spectre de l’autisme.
Certain.e.s rejettent aussi le classement TSA au nom de la lutte pour la neurodiversité (c’est un fonctionnement différent de la norme, pas une pathologie) et du désir de se débarrasser des étiquettes (qui enferment et reforment une nouvelle norme).
D’autres ont soulagé.e.s de mettre un nom sur leurs difficultés, d’échanger avec d’autres aspis, mais aussi de pouvoir partager cette explication officielle (diagnostique médical du syndrome d’Asperger) avec leur entourage. « La reconnaissance du syndrome peut être une étape libératrice qui permet à la personne Asperger de mieux se comprendre, de s’accepter et de pouvoir mettre clairement des limites aux attentes des autres, sans dévalorisation ni culpabilité. » (blog de Philosophine)
Les personnes autistes Asperger sont qualifiées d’autistes de haut niveauen opposition à l’autisme sévère (également nommé autisme de Kanner). Haut niveau et Haut Potentiel n’ont rien à voir. Les médias confondent souvent.
Le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme définie cliniquement en 1981 par Lorna Wing, à partir de la « psychopathie autistique » décrite en 1944 par Hans Asperger. Ainsi distingué d’autres formes d’autisme, le syndrome d’Asperger intègre le DSM en 1994. Il est remplacé au cours des années 2010 par une approche plus évolutive: TSA.
Anna Pélut: « Syndrome d’Asperger (SA) T. Attwood et C. Gray (2010) ?proposent des critères diagnostics “positifs” du SA comparativement à la représentation sociale de l’autisme plutôt négative. Les personnes avec SA auraient des compétences cognitives élevées. Un second critère renvoie à l’utilisation d’un langage social (l’«Aspergerois»), caractérisé par une volonté de recherche de la vérité, et d’une conversation sincère sans motivation dissimulée. Ces auteurs ajoutent que leurs interactions sociales sont marquées par une grande loyauté, en raison d’un optimisme dans sa recherche de l’amitié véritable. Cet aspect relationnel et social tend à être problématique pour les personnes Asperger. Toutefois, selon Gena (2001), elles sont désireuses de créer des relations avec les autres, mais se retrouvent en difficulté une fois qu’il est question d’aborder une personne ou de maintenir une conversation avec elle. »
Aujourd’hui, en France, le diagnostic de TSA est établi par un docteur en médecine pour une reconnaissance de la MDPH (pour Maison Départementale des Personnes Handicapées).
Les diasgnostiques reconnus par la MDMH permettent de commencer des démarches pour recevoir des aides de l’état. La reconnaissance de « travailleur·se handicapé·e » est quasi automatique, dès lors que le dossier MDPH est dûment rempli par un médecin. Cependant, obtenir des aides de l’état (AAH, PCH, etc) est bien plus difficile, surtout pour les personnes autistes. En effet, l’autisme est trop peu / très mal connu des services de la MDPH, si bien que les répercussions du TSA dans la vie courante ne sont pas ou très difficilement reconnues. Ainsi l’ouverture de droits à l’AAH pour les personnes autistes, surtout pour les autistes type Asperger, est un parcours du combattant menant à des recours de décision au tribunal.
L’ADOS (Autistim Diagnostic Observation Schedule), créé par Catherine Lord en 1989 aux Etats-Unis, permet l’évaluation de la communication, de l’interaction sociale et du jeu ou de l’utilisation imaginative d’un matériel dans le cadre d’un dépistage de l’autisme. Ce test est dans la plupart des cas utilisé pour confirmer un diagnostic d’autisme, pour évaluer aussi l’impact du TSA dans la vie courante. Les résultats de ce test permettront aussi d’étayer le dossier auprès de la MDPH.
Le test de QI utilisé pour les grand ados & les adultes est le WAIS (pour Wechsler Adult Intelligence Scale). Notons que ce test est remis en question à bien des égards.
Selon les résultats de QI, les tests permettent d’intégrer MENSA, une association de personnes surdouées.
Cocon de papillon de nuit sur ma porte de yourte, Lozère, aout 2019.
Zèbre
Le « drôle de zèbre » est l’un des seuls animaux sauvages que l’homme n’a pu domestiquer. Son pelage rayé joue avec les ombres et la lumière.
Le Zèbre est le nom usuel du HPI.
Il y a aussi des THPI et des TTHPI, des TTTHPI… (T = très).
Attention, il y a des personnes au QI élevé et neuroatypiques (Zèbres), des personnes à QI dans la norme et neuroatypiques, des personnes au QI élevé neurotypiques et des personnes au QI dans la norme neurotypiques!
Le zèbre peut s’autoproclamer (en se reconnaissant à travers des lectures, par exemple, c’est souvent un début!), ou être désigné comme tel par des pairs, ou être validé par des batteries de tests. Ou les deux ou les trois!
Le zèbre (neuroatypique HPI) est doté de « surefficience mentale », de « douance ». Cela signifie qu’iel fonctionne avec descapacités naturelles,un mode de pensée, une structure de raisonnement différents. C’est en cela qu’iel est appelé « un.e surdoué.e ».
L’intelligence du zèbre et sa façon de penser le monde sont donc atypiques. C’est cette particularité qui rend, dans certains cas, difficile son adaptation scolaire mais aussi son adaptation sociale. L’expression de « surefficience mentale », illustre bien l’existence d’un potentiel, qui peut parfois se révéler encombrant et qui n’est pas nécessairement source d’efficacité relationnelle ni de bien-être existentiel.
Rappelons encore que, quel que soit sont QI, chaque NA est singulier.e. Pas de généralisations ici non plus.
Zèbre à pois blancs Image: Frank Liu
Pour en savoir plus sur la neurodiversité
En plus des sites d’encyclopédies et d’associations, beaucoup d’NA écrivent des blogs.
Des livres : Le Syndrome d’asperger (Tony Attwood), Différence invisible (Julie Dachez), Tribulations d’une aspergirl (Alexandra Reynaud), …
En ce qui concerne les licornes…
Pour éviter les amalgames, un mot sur les licornes!
(j’aurais pu le faire aussi sur les artistes, mais pas mal de pages leur sont déjà consacrées sur ce blog).
NA & Queer ont souvent bien des convergences (mais pas toujours, j’aurai assez insisté je crois ^^).
Certaines licornes sont aussi des zèbres. Et d’autres sont neurotypiques.
Par exemple, vivre une transition, c’est remettre en question la norme dominante genrée, donc être « atypique en terme de genre ». Mais ce n’est pas – nécessairement – relié à la neuroatypie.
Pour plonger dans l’univers des licornes, voyez les nombreux liens en bas de ma page de présentation queer. Et si vous êtes hypnologue ou sophrologue ou praticien.ne PNL, je vous invite sur le groupe FB « Les représentations de genres dans le champ hypnotique« , où l’on partage des liens, des questionnements et des réflexions autour de la question des genres dans nos pratiques. Désolée, il est réservé aux accompagnant.e.s, je filtre à l’entrée.
L’hypnose éricksonienne est une méthode qui permet, par des techniques spécifiques, d’amener l’accompagné.e en état modifié de conscience, au coeur de son monde intérieur, en la·e dissociant du monde extérieur et de sa logique habituelle (faite de représentations), de façon à ce qu’iel récupère des ressources et trouve des solutions inédites pour résoudre un problème, répondre à une question…
L’hypnose éricksonienneest centrée sur la personne accompagnée, qui conserve tout son libre-arbitre pour son parcours, ses choix, ses transformations. L’accompagnant.e est quant à iel considéré.e comme une boite-à-outils humaine.
A quoi sert l’hypnose éricksonienne dans la création?
concentration, focus
augmentation des sensations, des émotions
compréhension profonde, par le corps (épiphanie, insight, éclair, eurêka)
changement de paradigmes, création de nouveaux liens, transformations
synesthésie
intuition, laisser-faire
autoprogrammation
installer les ressources de confiance, d’ancrage, de puissance, de joie, d’immobilité…
dépasser des peurs, traverser des difficultés (comme monter en scène ou présenter son travail à un.e commissaire)
trouver des issues à une problématique de création
…
Attention, les hypnoses ne se valent pas
Je vous déconseille fortement de monter sur la scène de Messmer ou de tester des techniques de Youtube…
Lorsque l’on parle d’hypnose, il est important de déceler de quelle hypnose il s’agit: permissive/autoritaire, conversationnelle/somnambulique, centrée sur les besoins et intentions du sujet / centrées sur le spectaculaire (ou la manipulation totale: vol en rue, drague de porcs…), faite par un.e professionnel.e / réalisée par un.e amateur.trice de vidéos… car l’hypnose n’existe pas au singulier.
Autohypnose à la Roche du Chat (Sainte-Cécile, Belgique)
Le REAH
Qu’est-ce que c’est?
Le rêve éveillé dirigé est né dans diverses civilisations à diverses époques. Je l’ai rencontré à travers la méthode RED de Robert Desoille et à travers le néo-chamanisme.
Au fur et à mesure des séances, j’ai mêlé le RED à l’hypnose éricksonienne, à des notions de néo-chamanisme, à des techniques de voix et à des inventions personnelles et voilà le REAH, que j’utilise aussi bien en individuel qu’en collectif (et que j’enseigne)
Finalement, il s’agit d’un voyage au coeur de soi, narratif, évolutif, où l’on rencontre des parts de soi, des facettes, des représentations, des dividus, des symboles… sous diverses formes (paysages, dimensions, êtres, énergies).
Là, à nouveau l’accompagnant.e est une boite-à-outils, mais aussi un guide de voyage de l’accompagné.e, qui mène la personne là où elle le désire, en assurant sa sécurité, en lui désignant des points de vue à contempler et en la faisant passer par des sites incontournables. En gros, je ne connais pas vos montagnes ni vos mers, mais j’ai énormément baroudé et je suis super équipée pour traverser les paysages intérieurs. Explorer, c’est mon métier. Vous ne connaissez pas encore votre « imaginal » et vous avez besoin d’apprendre comment y circuler en sécurité et y trouver ce que vous cherchez. Nous voyageons ensemble. Peu à peu, vous acquérez des outils et avancez de plus en plus autonome. Youpi!
A quoi ça sert?
explorer ses paysages intérieurs
nettoyer, arranger, transformer sa machine à sons, à couleurs, à phrases…
rencontrer une facette de soi et danser, chanter, jouer avec / à travers elle
bOa, rêve éveillé radiophonique que j’ai réalisé avec l’aide du Fonds d’aide à la création radiophonique (FACR, CFWB, Belgique)
Fantasmes, création radiophonique en rêve éveillé, que j’ai réalisée avec l’aide du Fonds d’aide à la création radiophonique (FACR, CFWB, Belgique)
Accompagnement du groupe en hypnose dans la nature, lors du stage « Se connecter à soi, au cheval, au monde », au Centre Imala, été 2018
L’espace transitionnel
Qu’est-ce que c’est?
L’espace transitionnel peut être un objet, une image, un lieu, une odeur, un son, un geste… qui devient une partie de moi hors de moi par la projection de mon monde intérieur. Il me permet dès lors de transformer mes émotions, sensations, actions et autres réactions.
Un exemple? Quand j’étais adolescente, Billy, le chien de ma mère, a ramené de la forêt un bois de daguet (tombé quand il change de ramure). Ce cadeau est resté dans les tiroirs de la maison familiale pendant pas mal d’années… jusqu’à ce que mon imaginal le reconnaisse et lui donne le statut d’objet transitionnel. Depuis, il m’accompagne en atelier et performance et me permet de trouver mon positionnement juste, instantanément, quel que soit l’état dans lequel je me trouve avant. Il est en quelque sorte un « doudou de voyage dans l’imaginal en tant qu’accompagnante d’un groupe », formé à la fois d’un objet choisi-trouvé et de ma projection-création. Il ne m’est pas indispensable mais c’est un « raccourci » pratique et rassurant pour attiser ce que je me représente comme le pouvoir du cerf.
A quoi ça sert?
L’espace transitionnel peut servir d’outil pour aller vers mon espace de création (fluidité, concentration, flou, clarté, vitesse…), en tant qu’ancrage, par exemple.
Il peut aussi être au coeur de la création. Car l’objet, l’espace, le son, le geste « chargé » d’une projection, qui attise et concentre une représentation, est déjà une création en soi, seul.e ou en lien.
L’hypnose et le rêve éveillé sont des voies directes vers les mondes intérieurs, vers d’autres dimensions, vers des possibles inouïs.
Dans la sphère des arts contemporains français, voici quelques créateur.isse.s qui mêlent l’outil hypnotique et l’art, que ce soit dans la transmission et/ou dans la création. Si vous avez d’autres noms-oeuvres, faites-moi signe que je complète cette page, à lisellesil@gmail.com
Juste en-dessous, vous trouverez les liens spécifiques à mes propres créations et participations à des créations d’autres artistes.
J’ai choisi de ne reprendre ici que les créations des arts contemporains (et non du divertissement), qui utilisent l’hypnose en tant que technique (et non ceux qui ont des « effets hypnotiques », comme des oeuvres stroboscopiques, par exemple).
Je ferai l’historique prochainement. Work in progress!
Jérôme Poret, résidence d’artiste à Issoudun, 2011.
Quelques artistes contemporains qui utilisent l’hypnose dans leurs créations
Catherine Contour
Pionnière dans l’outil hypnotique (l’expression est d’ailleurs d’elle), Catherine Contour transmet une méthode pour les créateurs.trices et chorégraphie des Plongées sous hypnose.
Joris Lacoste a réalisé des installations, performances, créations radiophoniques, avec l’hypnose, dont le merveilleux Au Musée du sommeil.
Vous les trouverez rassemblées dans ses « Hypnographies », sur son site
Vincent Epplay
Vincent Epplay a créé un disque vinyle 25cm, « Le disque contre l’insomnie ».
« Le disque contre l’insomnie » (Hypnose) « Méthode douce pour choisir son niveau de réalité en période d’intense propagande démocratique », Disque vinyle, 25cm, Ed. PPT Stembogen 2007 et Le104 cent quatre. Graphisme et textes : Denis Chevalier.
Violaine Lochu, HypnoQueen, « Lors d’une résidence d’un an à l’école préparatoire les Arcades à Issy-les-Moulineaux financée par la DRAC Île de France, Violaine Lochu a mené une recherche sur l’hypnagogie – état modifié de conscience qui a lieu au moment de l’endormissement – avec une hypnothérapeute et une sophrologue. Lors de ces séances, elle a traversé des sensations, images, souvenirs qui ne lui appartenaient pas directement. Selon l’époque, la religion ou la culture à laquelle on appartient, on les appellera troubles sensoriels, archétype ou inconscient collectif, vies antérieures… A partir de cette expérience, Violaine lochu construit une performance mettant en scène les différents états traversés. Son corps devient tour à tour minéral, animal, végétal, machinique, hermaphrodite… remettant en question le principe d’une identité unique, de certains dualismes (nature / culture, masculin / féminin, humain/ animal), lui préférant l’interstice et le tremblement. »
Les soeurs Wilson Louise et Jane, artistes britanniques, se sont fait hypnotiser ensemble en performance (Hypnotic Suggestion 505, 1993).
Daniela Pellaud installe au mur des dessins, qui passent aussi sur l’écran d’un téléviseur, transposés en vidéo dont la bande-son est constituée des commentaires de l’artiste revenue de son expérience hypnotique (1992).
Untitled (Matt Mullican under Hypnosis: Zurich) est une vidéo d’une performance réalisée par Matt Mullican en 2003 à Zurich mettant en scène le double de l’artiste, That Person.
Pascal Rousseau, professeur d’histoire de l’art contemporain à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, a été commissaire d’une exposition Sous influence. Résurgences de l’hypnose dans l’art contemporain (Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, 2006)
Marie Lisel: créatrice hypnotique, mais aussi accompagnatrice de projets au service d’un.e créatrice.teur, coach de training hypnotique de groupe sur plateau (théâtre, danse, performance, cirque…), enseignante en workshops en école supérieure d’art. Le détail de mon travail en rapport avec l’art est ci-dessous.
Avec Valérie Vivancos, au FRAC Lorraine, « La voix disait à peu près: écarte les plis »
Mon rapport à la création hypnotique
J’accompagne des artistes dans leurs projets, avec l’hypnose et le rêve éveillé, Fabrice Cazenave, Léa Drouet, Théâtre de la mesure, Jérome Poret, Edouart Clément, Florentine Rey, …
Et j’ai commencé à collaborer avec Lisandre Casazza (Compagnie Nue), pour des stages de « La fabrique du corporêve » (le premier s’est déroulé en juillet-aout 2022). J’aimerais poursuivre des collaborations en stages et workshop car c’est un sacré enrichissement mutuel et une exploration inédite.
Hypnose, rêve éveillé, rituel, champ transitionnel, magie intérieure (et ses sorcières) me passionnent. Les mêler à la création est plus qu’un moyen. C’est aussi l’un de mes leitmotivs.
Performances participatives au FRAC Lorraine à Metz, avec Valérie Vivancos, le 26/01/2017: La voix disait à peu près: écarte les plis
La créativité de l’accompagnant.e dans ses outils et dans le rapport avec l’accompagné.e participe pleinement au travail, à condition de rester entièrement centré.e sur l’autre, ses besoins, ressentis, représentations… et non de créer un spectacle auto-centré.
L’hypnose et le rêve éveillé libèrent la créativité de l’accompagné.e pour lui permettre de transformer et de réorganiser ses représentations et processus de façon inédite.
Or, bien des accompagnant.e.s travaillent en modifiant à peine des protocoles (un protocole est un travail rédigé ou pensé en étapes, imaginé par des thérapeutes ou des écoles), tout en copiant le ton, le regard, les tics de langages de leurs modèles. Et ça fonctionne déjà – en partie – (c’est le côté magique de l’hypnose!).
En dehors de cette technique verbale basée sur des modèles plus ou moins bien imités, qu’en est-il de la modélisation de la créativité? Autrement dit, comment proposer un élan vers l’inventivité, quand on se cantonne soi-même à travailler de façon scolaire?
Pour libérer et amplifier la créativité de la personne que l’on reçoit ne faudrait-il pas en avoir au moins un échantillon dans son cabinet?
La base: l’hypnose post-éricksonienne et le rêve éveillé
L’hypnose post-éricksonienne et le REAH font partie des méthodes qui permettent de transformer la subjectivité en passant par un état modifié de conscience, de mettre en mouvement les représentations intérieures, de transformer la façon de s’envisager soi, avec les autres, dans le monde… ils prônent la transformation du sujet, l’invention des possibles, l’utilisation inouïe des ressources et des solutions internes.
La boite à outil des hypnos et accompagnants de rêve éveillé est vaste. De nombreux chercheurs – théoriciens et de terrains – ouvrent sans cesse des pistes innovantes pour approfondir les connaissances.
Mais comment rendre la pratique en cabinet (ou en forêt! en atelier!) plus créative tout en respectant le monde de l’accompagné.e?
Martin Hill
Créativité par la contributions d’autres champs
aux séances d’hypnose éricksonienne et de rêve éveillé
J’emprunte la définition de l’hypnopraticien.ne.e à Lygia Clark, qui définissait l’artiste «comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux».
Les arts contemporains (je suis moins immergée dans les arts anciens) sont très proches du travail hypnotique. Ils sont dès lors les premiers à enrichir ma palette créative. D’emblée j’ajoute à cela le monde queer (comment s’inventer?), les rituels et la connexion animale. Et d’autres, tours à tours, s’ajoutent à la liste.
Finalement, de nombreux domaines entrent dans mes « compositions de flux » en séance et permettent à la créativité de s’épanouir naturellement. Pour être créatif.ve, il suffit de travailler avec ce que l’on est et d’enrichir ce que l’on est quotidiennement.
A chaque accompagnant.e ses domaines! La liste est loin d’être exhaustive…
Littérature
Voix, chant, sons
Espace transitionnel
Prescription de tâche à la façon des thérapies brèves et aussi à la façon psycho-magique
Néo-chamanisme
Energétique
Danse
Yoga, méditation
Art contemporain
Médiation animale
Rêve éveillé dirigé et rêve lucide
Cours d’hypnologie de l’Arche (depuis 3 ans)
Tantra
Anthropologie, sociologie
Sciences
Explorations sensorielles (comme la synesthésie)
Psychanalyse
Réalités virtuelles
Univers queer
Méthodes pédagogiques
Linguistique
PNL…
Ces champs d’investigation s’intègrent à la pratique hypnotique de façon diverse et variée, pour créer des leviers de créativitédans la traversée de l’accompagné.e (« comment réagir autrement, changer de pattern, créer sa vie? »)
L’allusion métaphorique spécifique recadre
Le travail avec les objets transitionnels approfondit et autonomise
L’intervention des chevaux révèle
Les prescriptions de tâches prolongent
La voix (chant-cri-râle) induit, emmène, trace un fil
Les odeurs, la respiration, le mouvement entreprennent le travail par le corps.
L’analyse narratologique de Gérard Genette éclaire les multidissociations et les niveaux de récits.
Le REAH nettoie, nourrit, libère incroyablement, en douceur.
…
La créativité grâce à d’autres champs augmente aussi la pratique de l’accompagnant.e.
Donne de la souplesse, de la vie, du jeu à son accompagnement
Privilégie la liberté et l’autonomie de l’accompagné.e
Augmente sa motivation par l’intégration de la matière hypnotique dans le quotidien (du jeu, du sens, des liens!)
Invite, par l’exemple créatif, l’accompagné.e à inventer ses propres outils d’émancipation.
Lygia Clark, Arquitetura fantástica bichos (Fantastic architecture critters), 1963. Gelatin silver print, 4 1/8 x 5 13/16 in. The Museum of Modern Art Archives, New York
Utiliser sa créativité au service de la transformation de la personne que l’on accompagne est quasiment un outil en soi.
Il demande de l’entrainement (nourrir ses rebonds), une mise en place des processus et territoires par l’hypnose et le rêve (utiliser ses propres outils sur soi et en jouer), de la confiance en l’autre (qui va trouver en iel ses solutions) et surtout un positionnement propre et bien ancré.
Voilà un joli programme, que je commence tout juste à transmettre en formation!
L’atelier « Questions Queer » d’EFiGiES, en décembre m’accueille pour une présentation intitulée : « Exploration queer sous hypnose ». Maison des Initiatives Étudiantes (MIE), 15/12/18.
Descriptif: « L’hypnose et le rêve éveillé augmenté par l’hypnose emmènent l’accompagné.e à l’intérieur d’iel-même, de ses processus internes, de ses automatismes, du monde complexe qui constitue son identité, en partie consciente et en partie immergée. L’intervention de Marie Lisel (Maître praticienne en hypnose éricksonienne, artiste et exploratrice) présente ces outils et leurs applications à l’exploration des genres.
Elle sera suivie dans les mois suivants d’un atelier pratique. »
L’atelier aura lieu le samedi 15 décembre 2018, de 15h à 17h, au Labo 6, 76 bis rue de Rennes, 75006 Paris, salle Stockolm et Copenhague. Lien Facebook : https://www.facebook.com/events/299230377362067/
Pour rappel :
Cet atelier vise à ouvrir un espace à des chercheur·e·s et militant·e·s pour présenter leurs recherches/travaux s’inscrivant dans une perspective queer et/ou féministe.
Cet atelier est transdisciplinaire. L’accent sera mis sur les sciences humaines et notamment l’histoire de l’art, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, les lettres, etc.
Il s’inscrit également dans une perspective transpériodique.
La priorité sera d’ouvrir un espace de dialogue autour du sujet proposé.
Cet atelier s’adresse à des personnes militant·e·s, masterant·e·s, (post)-doctorant·e·s, docteur·e·s, chercheur·e·s sans statuts. Les personnes en poste (MCF/professeur·e·s, etc.) sont les bienvenu·e·s sous couvert de bienveillance. Il leur est demandé notamment de prêter attention aux questions de dominations induites par ce statut.
Les comportements cisnormatifs masculins oppressifs ne seront pas tolérés dans le cadre de cet atelier (notamment sur des questions de prise d’espace).
Cet atelier vise à construire un cadre safe pour échanger avec bienveillance. Ainsi, tout propos/sous-entendu/comportements oppressifs (raciste, sexiste, homophobe, lesbophobe, bi/panphobes, ace/arophobes, transphobe, validiste, psychophobe, classiste, intersexophobe, body shaming, islamophobe, pro-culture du viol, putophobe, etc.) ne sera pas toléré.
On veillera aussi à une distribution équitable de la parole.
Le langage inclusif est fortement encouragé.
Si vous avez besoin d’informations à ce sujet, vous pouvez contacter les personnes coordinatrices
L’histoire de l’hypnose a longuement oscillé entre le champ médical et le champ de l’ésotérisme, du magique, du spectaculaire. Aujourd’hui, cette opposition continue à diviser.
L’hypnose a refait son entrée dans les hôpitaux, en tant qu’outil pour gérer l’anxiété et la douleur. Elle est aussi utilisée dans les tribunaux en Belgique. Dans ces deux domaines, de nombreuses cautions – universités, hôpitaux, association de médecins et de dentistes, experts judiciaires, recherche en neurosciences, associations légales, congrès internationaux… valident son sérieux et lui permettent d’être acceptée comme une discipline scientifique maniée par des spécialistes au sein d’institutions.
A l’autre extrême des champs d’application de l’hypnose se trouve le spectacle télévisuel de fascination et de manipulation, mais aussi le développement personnel qui mêle hypnose et croyances ésotériques. En fait tout ce qui pourrait être rassemblé sous le tampon « magie », avec un curseur plus ou moins poussé.
Entre les deux, différentes hypnoses, revendiquant tantôt des croyances spirituelles, tantôt le rapprochement avec l’hypnose institutionnalisée, cherchent leur place.
Ainsi, une grande partie des praticien.ne.s en hypnose éricksonienne se rallient à la tentative de respectabilité d’une hypnose non médicale, par:
l’intégration à des institutions par le biais de collaborations (universités, hôpitaux, recherche scientifique officielle, système pédagogique…)
le développement d’une recherche privée sur l’hypnose : l’hypnologie, en collaboration avec les neurosciences et avec des professionnels institutionnalisés
le développement d’événements qui nourrissent l’institutionnalisation, comme des congrès, avec des invités reconnus par le champ des thérapies. Pour celui de l’Arche en 2017: Giorgio Nardone Directeur du centre de Thérapie Stratégique d’Arezzo / Stanislav Grof Psychiatre, pionnier de la psychologie transpersonnelle / Ernest Rossi Docteur en psychologie, enseignant-chercheur en Neuroscience / Fabrice Midal Philosophe, directeur de l’école occidentale de méditation / Philippe Miras Docteur en chirurgie dentaire, praticien en hypnose ericksonienne / Michel Bitbol ????Directeur de recherche CNRS aux Archives Husserl, Ecole Normale Supérieure / Mathieu Landry Docteur en neurosciences, chercheur à l’Institut Neurologique, Université McGill, Montréal / Renaud Evrard Maitre de conférence en psychologie clinique / Paul Pyronnet Fondateur et gérant du Paul Pyronnet Institut / David Dupuis Docteur en ethnologie – anthropologie sociale, EHESS. / Valérie Algrain Médecin psychiatre, praticienne en hypnose ericksonienne / Mohamed Aïdi Infirmier, praticien et formateur en hypnose ericksonienne / Denys Coester Médecin anesthésiste-réanimateur formé à l’Hypnose intervenant au bloc opératoire, / Thierry Gallopin Docteur en neurophysiologie, maitre de conférences en Neurophysiologie / Claire Petitmengin Docteur en sciences cognitives, enseignant chercheur sur les méthodes micro-phénoménologiques, / Peter Shuck Médecin psychiatre chef de secteur, praticien en hypnose ericksonienne / Dario Hampi Pakari Psychologue italien, Homme-Médecine de la tradition du Feu Sacré d’Itzachilatlan (FSI) / Hugues Gouzenes Médecin-chercheur, chargé d‘enseignement en psychophysiologie du yoga et de la méditation, chargé d’enseignement en psychomotricité /Alexis Karacostas Psychiatre, Psychothérapeute et Praticien hospitalier.
l’intégration de la PNL à l’hypnose éricksonienne (patterns, vocabulaire), ce qui rapproche la matière hypnotique de la culture d’entreprise et de la culture universitaire
l’adoption des habitus des universités, des entreprises et des laboratoires de recherche (costume, codes de communication « corporate » et/ou universitaires, conceptualisation sur des modèles scientifiques, création d’un vocabulaire propre sur le modèle du vocabulaire scientifique)
mise à distance de tout ce qui peut apparaitre comme ésotérique, magique, mystique… ne pouvant être vérifié
création d’un syndicat des hypnothérapeutes qui vérifie le sérieux de ses membres en demandant des diplômes qui sont reconnus comme valables par les pairs
la mise en place par les réseaux sociaux de systèmes de validation (et d’invalidation) par les pairs (clin d’oeil au groupe Facebook « Hypnose », qui compte plus de 8700 membres)
Peu à peu, un nouveau champ se crée, celui des hypnopraticien.ne.s qui n’ont pas de diplôme médical ni de titre de psychologue, mais qui ont suivi un cursus reconnu comme valable par leurs pairs et par des associations qui sont en voie d’institutionnalisation.
Ce champ tend à se distinguer des écoles d’hypnothérapie et des praticien.ne.s qui donne une place à l’ésotérisme dans leur pratique hypnotique (comme l’hypnose spirituelle, qui permettrait de « contacter les morts« ) et/ou qui pratiquent une hypnose autoritaire.
Ceci est écrit sans jugement… car je fais partie de ce champ de l’hypnose éricksonienne qui cherche la reconnaissance des institutions, étant affiliée au SNH, diplômée par l’Arche, qui enseigne une hypnose éricksonienne PNListe, assidue au cours d’hypnologie, aux colloques, aux rencontres, aux échanges de pratiques et de concepts… et étant défiante à l’égard des croyances mystiques.
Bien sûr, l’utilisation des codes hurluberlus de l’art contemporain, de la connexion avec la nature, voire du néo-chamanisme décalent un peu mon positionnement vers le « pôle magique », même si mes explications sont rationnelles (lisez, par exemple, mon article sur les espaces transitionnels et celui sur les prescriptions de tâche). Comme le fait que travailler en hypnose d’exploration (créer son monde) et en création hypnotique artistique (créer son oeuvre) en plus de l’hypnose pour un mieux être (créer sa vie) colore ma pratique d’un voile de fantaisie… Cela a d’ailleurs été brièvement discuté lors de mon admission au syndicat.
Après avoir pris connaissance des différents champs de l’hypnose (et prolongé les points qui vous intéressent par les liens proposés), je vous invite à parcourir les pages:
Longtemps considérée comme un élément à la frontière de la science et de l’occultisme, l’hypnose a mis du temps à se débarrasser des préjugés qui l’entourent pour se refaire une place dans le milieu hospitalier.
L’hypnose à l’hôpital et en cabinet de dentiste permet de réguler l’anxiété et la douleur des patients (par exemple lors des changements de pansement pour les grands brûlés, en cas de douleur chronique, en cas de douleur dentaire…), mais aussi d’opérer sans ou avec moins d’antalgiques.
Certaines opérations se font uniquement sous hypnose, sans anesthésie.
La plupart du temps, l’hypnose est utilisée en combinaison avec une anesthésie locale et éventuellement une légère sédation intraveineuse, pour aider le patient à se détendre sans pour autant le faire dormir. Cette technique est appelée hypnosédation. Pendant l’intervention, l’opéré est surveillé comme pour une anesthésie générale et peut être endormi à tout moment si cela s’avère nécessaire.
Les opérations communes sous hypnosédation sont la chirurgie du sein chez la femme (retrait d’une petite tumeur, amputation du sein, chirurgie esthétique), ablation de la thyroïde, suite d’accident (recoudre une plaie ouverte ou encore enlever une broche placée après la fracture de l’os), chirurgie dentaire… L’opération sous hypnose ne peut pas encore se faire pour un triple pontage.
L’hypnosédation ou l’hypnoalgésie évite les effets secondaires de l’anesthésie classique. Cette méthode est bénéfique à plusieurs niveaux. L’hypnose a pour vocation de calmer l’anxiété due à l’opération et de créer une cohésion entre le patient et le soin apporté. Aussi, lors d’une opération, l’anesthésie peut freiner la circulation sanguine ou encore la cicatrisation. La chirurgie sous hypnose permet de mieux contrôler ces mécanismes et agit même jusqu’au niveau de la salivation. Après l’opération, elle permet aussi une meilleure récupération au patient. Enfin, elle donne un rôle actif au patient.
Notons en effet que le processus hypnotique ne peut se faire sans la collaboration du patient. ll s’agit d’une hypnose permissive et non autoritaire. Marie-Elisabeth Faymonville: « l’hypnose ne remplace pas la médecine classique, mais elle peut être un outil extrêmement utile pour que le patient amène ce qu’il a en lui comme ressources pour améliorer sa situation. Cette participation active, c’est très valorisant pour lui. On lui donne de la force, « empowerment » comme on dit en anglais : on lui donne du pouvoir. Et ça, c’est utile, et peut-être largement sous-estimé dans l’approche classique de la médecine. » Extrait de « Belgique : patients sous hypnose », un reportage diffusé dans « Avenue de l’Europe » le 12 avril 2017.
Le pays en pointe est la Belgique, grâce à Marie-Elisabeth Faymonville, anesthésiste pionnière dans le domaine, qui travaille sur l’hypnosédation mais aussi sur le soin par l’hypnose, en apprenant au patient à utiliser au quotidien ses propres ressources, par l’auto-hypnose. Plusieurs hôpitaux français réalisent aussi des opérations sous hypnose.
Un cas spectaculaire: Alama Kanté, chanteuse professionnelle a été opérée sous hypnosédation a chanté tout au long de l’opération. Article de Science et avenir et vidéo de l’opération:
Des recherches s’interrogent également sur l’hypnose comme outil complémentaire pour vaincre certaines maladies, dont le cancer (L’hypnose en oncohématologie ). L’hypnose est aussi utilisée en soins palliatifs, en obstétrique…
Notons que seuls les médecins peuvent soigner par l’hypnose. En accompagnement, chaque praticien.ne en hypnose non médecin permettra à la personne suivie de mieux vivre son traitement médical mais ne se substitue en aucun cas à aux prescriptions du médecin.
Les formations en hypnoanalgésie se multiplient en Europe. Elles sont ouvertes au corps médical. Par exemple, la formation de l’AFEHM, Association française pour l’étude de l’hypnose médicale est ouverte aux médecins, chirurgiens dentistes, sages-femmes et étudiants en fin d’études de médecine. le débat actuel porte notamment sur l’accès aux infirmier.e.s. C’est encore compliqué…
Cependant, des expert.e.s praticien.ne.e.s non médecins, sans titre officiel mais avec une reconnaissance de leurs pairs, sont engagés par des hôpitaux de façon officielle, que ce soit pour gérer le stress des familles de personnes qui viennent de décéder, pour enseigner, superviser…. Par exemple, Pierre-Alain Perez a été nommé, grâce à la grande reconnaissance de la qualité de sa pratique et de son enseignement, « Coordinateur et enseignant principal du diplôme interuniversitaire (DIU) en hypnose Ericksonienne à la faculté de médecine de Paris Est Créteil (UPEC) ». Autre exemple, Yan Vervliet, est engagé comme hypnopraticien à l’hôpital Robert Ballanger à Aulnay sous Bois, en service de réanimation chirurgicale pour travailler avec le personnel et les patients ainsi que leurs familles (gestion de l’angoisse et recherche médicale sur l’hypnose dans un service de réanimation).
La reconnaissance par les institutions de praticien.ne.s expert.e.s est en route… Il s’agira ensuite, pour l’état, d’inventer de nouveaux statuts des hypnos.
Dans un champ complémentaire au champ médical, la méthode AMPR®(Activation Métaphorique des Processus Régénératifs, par Dominique Espaze et Martine Tual) travaille sur les processus internes au corps qui peuvent être facilités par la mobilisation ouverte de l’imaginaire : cicatrisation, force dusystème immunitaire, réparation osseuse, récupération musculaire et bien d’autres peuvent être renforcés ou accélérés par un travail symbolique ou métaphorique.
Alessandro Donaggio – fine art photography
Association française pour l’étude de l’hypnose médicale: AFEHM
Revue « hypnose et thérapie« , numéro sur la douleur (plusieurs articles intéressants)
Caducée: La relaxation permet de réduire la douleur et l’anxiété des patients durant une opération: L’hypnose et une écoute attentive du patient durant une intervention chirurgicale percutanée diminue la douleur, réduit l’anxiété du malade et assure une bonne stabilité hémodynamique. Des médecins américains publient dans le Lancet les résultats encourageants d’une étude réalisée auprès de 241 patients.
Caducée: L’hypno analgésie. : Sous sa forme la plus simple, c’est l’hypnose dite conversationnelle que l’on utilise. Il s’agit de dialoguer avec le patient pendant que l’on intervient, de manière à détourner son attention vers des sujets qui l’intéressent. Cela marche particulièrement bien avec les enfants. Sous une forme plus élaborée, on aura recours à une véritable transe hypnotique, qui permet de réaliser sous hypno analgésie des gestes qui, sans cela, nécessiteraient une anesthésie générale. Cette technique est de plus en plus utilisée, notamment dans la chirurgie thyroïdienne. Quels que soient les artifices utilisés, la clé du succès de l’anesthésie locale est la mise en confiance du patient ; il convient également d’avoir des gestes très doux, et, surtout, de savoir attendre que la technique anesthésique choisie ait atteint son efficacité maximale.
L’hypnose dans le champ judiciaire belge
Voici un article clair et très complet sur L’hypnose judiciaireen Belgique, par Evelyne Josse, expert en hypnose judiciaire. Voici le sommaire et la conclusion:
« Nombreux sont les détracteurs de l’hypnose judiciaire. Les faux-souvenirs et le risque d’induire des erreurs par suggestion les incitent à vouloir réformer la méthode. Or, ces biais, inhérents au fonctionnement de notre mémoire, existent pour tout recueil des témoignages.
Les entretiens en hypnose judiciaire doivent être menés par des hypnotistes conscients de ces biais. Ils ne devraient être confiés qu’à des experts rompus à l’usage spécifique de cette technique dans le cadre judiciaire.
En conclusion, l’hypnose est sans conteste une méthode utile dans les enquêtes judiciaires si elle est utilisée avec les précautions nécessaires. Nombreux sont les détracteurs de l’hypnose judiciaire. »
Contrairement à la Belgique, aucun « expert judiciaire » n’est mandaté pour pratiquer l’hypnose en France. Elle n’est utilisée que dans les cas où cela ne change rien au jugement, comme dans l’affaire Fiona: L’audition potentielle de Cécile Bourgeon ne changera rien à la procédure judiciaire, la mère de Fiona ayant déjà été condamnée en appel. « Notre cliente souhaite simplement apporter une sépulture décente à sa fille », affirment ses avocats au quotidien. « Si notre cliente livre sous hypnose des infos précises, nous les transmettrons au parquet général » pour d’éventuelles recherches, ajoutent-ils. Europe 1: L’hypnose peut-elle servir dans les enquêtes criminelles?
Evelyne Josse, experte en hypnose pour les tribunaux, psychologue, hypnothérapeute et formatrice http://www.resilience-psy.com
L’hypnose dans le champ de la thérapie
En nous connectant avec nous-mêmes, en apprenant à nous servir avec souplesse, sécurité et efficacité de nos potentiels (ressources, création de de solutions), nous allons ailleurs que là où nous mènent les habitudes et les peurs, sortons des schémas répétitifs et améliorons notre existence.
Nos problèmes, s’ils ne sont pas la conséquence d’un contexte présent extérieur grave (foyer violent, maladie incurable, etc.) sont les fruits de notre discours intérieur sur le monde, de notre carte personnelle de ce qui nous entoure, de notre façon d’envisager les choses qui nous semble naturelle, universelle et immuable alors qu’elle est personnelle et peut être modifiée.
En laissant nos affects prendre des formes imaginaires, nous les rencontrons, les transformons, les apprivoisons, les dépassons, les libérons… car chaque peur, joie, honte, etc est le fruit de nos représentations et donc de notre façon de concevoir les choses, orientée par notre imagination.
Quelques applications de l’hypnose thérapeutique:
Gestions des addictions: cigarettes, boulimie, alcool, jeu, FB, sexe…
Gestion du stress, de l’anxiété
gestion de la confiance en soi
Traitement des phobies
Préparation mentale: un casting, examen, compétition, permis de conduire, concert, enregistrement en studio…
Accompagnement pour un changement de vie (retraite, changement de poste…)
Perte de poids, image de soi
Amélioration de la sexualité
Gestion des dépendances affectives
Changement de comportement (mauvaises habitudes, réactions irrationnelles, répétition de schémas destructeurs, colères…)
Troubles du sommeil, gestion de la fatigue
Soulagement de la douleur, des acouphènes, des somatisations
Acceptation de la maladie et travail sur le stress et l’optimisme et/ou sur le confort durant la maladie (car le moral et le stress jouent sur l’amélioration de l’état du corps)
Transformation des liens (deuil, relation toxique, corps transformé par un accident, déménagement, divorce, autonomie…)
Accélération de l’apprentissage d’une langue
Gestion de la procrastination, développement de la réactivité ou proactivité, de la maitrise de soi, de la concentration
La préparation mentale sportive utilise l’hypnose, pour la confiance en soi, la flexibilité mentale, la capacité à apprendre un geste, l’état idéal pour une épreuve, le dépassement d’un blocage, la correction d’un automatisme handicapant, la gestion des réactions émotionnelles, la manière de penser l’épreuve…
Par exemple Jonathan Belgroux, coach sportif de haut niveau et auteur de l’ouvrage Autohypnose et performance sportiveraconte sur son blog qu’il est possible de se servir des altérations sensorielles (voir le trou de golf plus grand, ressentir la balle au ralenti…), ou du silence mental. Dans le pdf en ligne « Mental sport », il explique aux côtés de Kevin Finel comment fonctionne la préparation mentale hypnotique pour les sportifs.
Voici un article de la revue « Hypnose et thérapie » sur l’optimisation des performances des sportifs de haut niveau par l’hypnose.
Comme l’accompagnement d’artistes est la plupart du temps réalisé par des praticien.ne.s qui ont iels-mêmes une pratique artistique professionnelle, les praticien.ne.s en préparation mentale sportive sont la plupart du temps des hypnos qui ont pratiqué ou qui pratiquent le sport à haut niveau.
Bénédicte Kolnik, cavalière et préparatrice sportive (des chevaux et des cavalier.e.s) http://equi-mental.fr
L’accompagnement hypnotique dans le champ des arts contemporains
Aujourd’hui, certain.e.s hypnopraticien.ne.s, qui sont la plupart du temps aussi artistes, accompagnent d’autres artistes dans leur création.
L‘hypnose de préparation mentale artistique optimise les performances de l’artiste, surtout en live (comme pour le sportif). Des instrumentistes, acteurs, danseurs, performers… peuvent ainsi venir en séance pour gérer leur rapport au public, au trac, à la scène, à la mémoire, à la fluidité, à la concentration…
L’hypnose pour la création, quant à elle, travaille sur la créativité, l’inventivité, l’exploration de matériaux, la création d’outils, pour construire un monde à offrir à l’extérieur sous une forme matérielle (film, livre, exposition, pièce de théâtre ou de danse, performance, création sonore…).
Catherine Contour est chorégraphe et danseuse, elle a été la première à développer ce qu’elle a parfaitement nommé « l’outil hypnotique pour la création », au service des créateurs, dans le champ de la danse contemporaine. Son travail personnel de chorégraphe est également en lien avec l’hypnose. Je vous conseille son livre « Une plongée avec Catherine Contour » et les vidéos proposées par Mathieu Bouvier sur les plongées.
John Kino est chorégraphe, comédien et pédagogue, il enseigne également l’hypnose.
Marie Lisel (autrice de cet article): hypnopraticienne, pédagogue et artiste, j’accompagne également des artistes (arts sonores, arts visuels, arts de la scène, cinéma, littérature, arts & sciences…) par l’hypnose, en séances individuelles, sur plateau, en atelier, sur banc de montage, en école d’art…, ou directement en performance. Mon travail de création personnel intègre aussi l’hypnose, en création radiophonique, installation sonore et performance participative et en collaboration avec d’autres artistes.
En création, citons encore le travail de Joris Lacoste, pionnier en ce domaine, avec son magnifique « Au musée du sommeil » (2010), ainsi que les films de Gurwann Tran Van Gie.
Nina Santes photographiée par Mathieu Bouvier Cycle de « plongées » de Catherine Contour, à la Gaîté Lyrique – 2014
L’hypnose éricksonienne dans le champ du spectacle tout public
Certains spectacles mettent le public sous hypnose. Dans ce concept, les concerts sous hypnose (éricksonienne) ont été lancés par Geoffrey Secco et sont repris par d’autres praticien.ne.s.
Les concerts sous hypnose sont une invitation à amplifier ses sens dans un seul et même objectif : ressentir la musique et en apprécier chaque vibration. Le praticien en hypnose et musicien alterne les suggestions et les sons, dans un voyage qui utilise les mêmes techniques éricksoniennes que celles pratiquées en cabinet public par Kevin Finel. Geoffrey Secco et Kevin Finel ont d’ailleurs collaboré dans plusieurs concerts et dans un cabinet public.
Antoine Bioy, professeur d’université, chercheur en hypnose et praticien, explique que « L’hypnose est un état d’éveil paradoxal. L’individu est plongé dans deux activités très distantes : l’absorption de l’attention dans une tâche de travail, et la détente. Et ce paradoxe accroît notre concentration et notre capacité de réception de l’art. »
D’autres pratiques publiques, comme les cabinet public par Kevin Finel, font la démonstration d’une séance devant un auditoire qui n’est pas (complètement) en transe (oui, c’est contagieux! 😉 ).
Concert sous hypnose de Geoffrey Secco
L’hypnose directive dans le champ du spectacle tout public: les fascinateurs
A l’opposé des concerts sous hypnose, les shows des hypnos de spectacle utilisent une hypnose autoritaire et déploient l’armada du fascinateur.
La liste des vidéos montrant des célébrités hypnotisées par Messmer est impressionnante.
Hallucinations, perte de connaissance, oubli du prénom ou de la langue… ses effets hypnotiques sont au service de l’audimat, qui aime le spectaculaire, la peur, la magie.
Les hypnos qui font de la scène ont bien sûr des éthiques différentes selon les personnes. Il existe des hypnos faisant des spectacles tout en veillant au bien-être de leurs sujets. Entre les éricksonien.ne.s et Messmer, il y a une large palette d’hypnose permissive/autoritaire, conversationnelle/somnambulique, centrée sur les besoins et intentions du sujet / centrées sur le spectaculaire…
A l’extrême du pôle « fascination », Messmer utilise l’hypnose autoritaire pour obtenir des effets servant uniquement son succès. Ces effets ne sont pas « ce qui convient au sujet » mais « ce qui convient au spectacle ». Il peut donc y avoir des conséquences négatives sur le sujet, comme un trauma d’accident de la route vécu en hallucination, une angoisse suite à la perte d’identité par une amnésie, un problème musculaire suite à une utilisation du corps au delà de ses possibilités, une honte qui perdure d’avoir réalisé un acte filmé difficile à assumer une fois sortie.e de scène, etc. En ce qui me concerne, je vous déconseille fortement de vous livrer à cette activité qui consiste à laisser un fascinateur vous manipuler en hypnose profonde avec des techniques autoritaires et sans tenir compte de ce qui vous convient. De plus, la sortie de transe est bâclée, certain.e.s ne sont pas réassocié.e.s en sortant de salle.
« Tapez dans google « Messmer accident », il y a quelques récits, dont celui-ci (un homme reste « calé » en transe) ou celui-là (un policier est hypnotisé en gardant son arme)
Sous hypnose, nous faisons l’expérience de l’accident (d’avion, de voiture ou autre), ce qui peut laisser un trauma
Comment ça marche?
Des tests de suggestibilité poussés pour sélectionner les sujets les plus enclins à jouer le jeu
Une préparation en hypnose profonde, avant la scène, pour poser des ancrages (« quand je te serrerai la main comme ça tu tomberas dans un sommeil profond »)
L’autorité du fascinateur (ancrage sur sa personne, son regard, sa voix), vu partout à la télé, avec des émissions montrant des « preuves » de son efficacité et avec une position haute (le Maitre qui n’a qu’à poser le regard ou la main pour que…)
Un accompagnement audio-visuel qui appelle le grandiose et le suspens: décor, musique, lumières et des commentaires appelant les croyances magiques
Et… le désir des sujets de faire partie d’une chronique qui va faire des vues sur Youtube ou le désir de vivre « un truc de ouf » ou le désir de réaliser un truc socialement inacceptable sans en endosser la responsabilité (laissée à l’hypno plutôt qu’à l’alcool).
L’hypnose de rue
La street hypnose ou hypnose de rue recèle le meilleur comme le pire.
Le site français de référence relève autant les questions techniques qu’éthiques. Le responsable du site Street Hypnose, Jean-Emmanuel Combe, s’est d’ailleurs formé à la PNL (Programmation Neuro Linguistique), l’hypnose thérapeutique et l’hypnose médicale. Il prône la bienveillance et le respect au détriment du spectacle.
Des thérapeutes se forment aussi en street hypnose pour acquérir des outils rapides de l’hypnose classique ou font de la street hypnose pour promouvoir une association comme les hypnos du coeur.
La street hypnose peut donc être éthique et même devenir un outil pour les thérapeutes.
A l’inverse, certains streeteux sont des brutes sans scrupules qui ont appris des « trucs d’hypnose » sur youtube et qui aiment faire littéralement tomber les filles… C’est une pratique qui peut dégénérer. En Picardie, une lycéenne a par exemple fait des malaises sur la voie publique après une séance mal maîtrisée.
Entre les deux… il y a les maladresses… car l’hypnose est un outil puissant et l’utiliser sans connaissance approfondie n’est pas sans danger.
Autre réflexion : j’ai cherché longtemps une photo de femme street-hypno et je n’en n’ai pas trouvé…
Une émission d’Envoyé Spécial est un éclairage intéressant.
Autres champs?
L’hypnose éricksonienne permet de déployer son potentiel et de vivre une expérience autrement… de nombreux champs gagnent dès lors à faire alliance avec elle.
A nouveau, il est important de déceler de quelle hypnose il s’agit: permissive/autoritaire, conversationnelle/somnambulique, centrée sur les besoins et intentions du sujet / centrées sur le spectaculaire…
Exploration queer (avec un.e représentant.e de la communauté queer et moi)
Fantasme (voyez ma création radiophonique Fantasmes et projet d’installation sonore fantasmatique)
Image: Dominique Goblet
Sexualité: dans ce domaine, l’on trouve autant des fascinateurs autoritaires (majoritairement des hommes qui hypnotisent des femmes qui acceptent d’être manipulées pour le show, notamment dans les clubs libertins, cette discipline est bien plus développée en Allemagne qu’en France) que des accompagnant.e.s éricksonnien.e.s (là, ça se passe en cabinet, avec l’hypnose permissive pour un mieux être et en séance de préparation, pas en action).
Je termine par le pire: la drague (toujours des hommes qui hypnotisent des femmes, cette fois sans les prévenir). Les propos et les formations des Pick-Up-Artists sont au summum de l’utilisation perverse des outils PNL et hypnose. VOMIR!
Le témoignage d’une personne inflitrée chez les machos: https://lisefeeministe.wordpress.com/2013/09/12/temoignage-jai-infiltre-les-pua/
…de nombreux champs sont ouverts… il suffit d’oser… et de bien se renseigner!
Après avoir pris connaissance des différents champs de l’hypnose (et prolongé les points qui vous intéressent par les liens proposés), je vous invite à parcourir les pages:
Conférences, exposés, interventions théoriques ou théorico-pratiques (je n’ai pas encore tenté la conférence gesticulée)… complètent les workshops/ateliers.
J’aime parler en public et transmettre ce qui me passionne. Cela n’est pas nouveau, j’ai en effet été enseignante durant pas mal d’années (pour des ados de 16-19 ans), ainsi que personne ressource pour le service pédagogique d’une université ou encore membre du bureau d’associations organisant des événements en art contemporain et en arts sonores.
Les exposés que je présente sont réalisés sur mesure, pour répondre à un contexte et à un public particulier.
Quelques thématiques:
La transe hypnotique: pratiques et questions de recherche
Les hypnoses d’hier et d’aujourd’hui, un peu d’histoire et de sociologie
Des pratiques hypnotiques entre magie et science
La sorcière contemporaine et l’hypnotiseuse: quelles représentations, quels enjeux?
Comment utiliser les croyances tout en restant sceptique?
L’imaginal: tout un monde, entre monde sensible et monde intelligible
Créer sa vie par l’hypnose: comment se réinventer?
Augmenter le champ de la création par l’hypnose: quelques axes
Hypnose & queer: vers la création de soi
Hypnose & art: vers la création d’oeuvre
Hypnose & exploration: vers l’augmentation de mon monde
Hypnose, art & queer: indéterminations, jeux, issues
Rêves nocturnes, rêves lucides, rêveries et rêves éveillés: théorie et pratique
Réapprendre à rêver… pourquoi? Comment?
Pourquoi se connecter à l’état animal?
Comment créer l’état idéal pour une intention particulière?
Communiquer avec son corps? Comment? Pour quoi faire?
Jouer avec les croyances pour aller vers son intention: hasards et synchronicités
Créer la synesthésie par l’hypnose
L’espace transitionnel augmenté par l’hypnose
Association et dissociation (et trissociation…) des dividus de mon individu: hypnose et mondes virtuels
Qui est/sont « je »? L’hypnose au service de l’exploration et de la conciliation de (ses) soi(s)
…
Ces interventions sont soit purement théoriques, soit mêlées à quelques exercices pratiques réalisables en auditoire, soit suivies d’un atelier ou d’une performance participative.
N’hésitez pas à me proposer une intervention dans le cadre de festivals, ateliers, colloques…
Au Bois de Vincennes et parfois aux Buttes chaumont (le parc est moins sauvage mais les vieux arbres sont magnifiques), les séances se font au grand air et en rapport avec les éléments. C’est une façon pour moi de prolonger mes stages en Cévennes et Lozère et pour les parisien.ne.s de se connecter à la nature et à soi-même à travers elle, à 5 minutes du métro 1 (Vincennes) et 6 (Porte Dorée) ou du tram 3a.
En hiver, il suffit de s’équiper de vêtements adaptés. La nature est tout aussi accueillante et transitionnelle 🙂
Les séances sont de longueur variable. La plupart du temps, nous partons pour 1h30-2h, au tarif de 1h30 dans le tableau. La balade de 15 minutes avant (prétalk) et après (débrief) nous permettent d’aller dans le bois, plus loin que le parc.
Hypnose, rêve éveillé, rituel, chant, action, connexion avec la rivière, les arbres…, objets transitionnels naturels, mènent à des transes de transformation profonde et directement intégrées dans le corps.
Ces séances peuvent varier: soit nous travaillons en déambulant, à la rencontre de miroirs et de déclencheurs, soit assis.e.s sur un tronc, comme en cabinet naturel, soit nous avançons par étapes, avec des arrêts en rêve éveillé ou en hypnose.
Bienvenue au grand air!
Témoignage
SEANCE EN NATURE
De notre séance au bois de Vincennes, voici mon retour:
Tout d’abord, il y a le plaisir d’une promenade dans la nature. Les sens en éveil. L’excitation d’une excursion hors-cadre. Et aussi une douceur. Comme si retrouver un coin de nature c’était pouvoir respirer à nouveau.
La séance commence là. Dans notre marche. Le corps en action libère. Je raconte à Marie où j’en suis dans ma vie. Je me détends. Ce qui m’entoure est si beau. Prête pour de nouvelles perceptions.
Une première halte devant l’eau. Choisir son endroit, là où je vais me poser, m’enraciner. Un exercice de respiration et un mouvement des bras qui amènent à un état de relaxation. L’eau, les lentilles vertes sur l’eau, les bestioles qui volent, les promeneurs qui discutent. Vont-ils me remarquer, faire un commentaire sur ce que je suis en train de faire? Ces pensées me traversent mais elles sont reléguées au second plan. En cet instant ma priorité est ailleurs. Sur le chant de Marie, sa voix, ses mots percutants, justes, qui me rassurent, sur les sensations de mon corps.
Marie me propose un code « mon corps penché en avant est un oui » « penché en arrière c’est un non ». Je me pose alors des questions et je laisse mon corps y répondre. C’est comme un jeu.
Puis nous poursuivons notre balade. Choisir un arbre, celui qui va me porter, m’abriter. L’enlacer, le regarder de toute sa hauteur. Je me sens si petite face à lui. Là mon corps me fait mal, la position est inconfortable. Les bras autour du tronc, je m’étire tête en arrière. Avec le recul, je trouve que j’ai été trop sage dans cet exercice. J’ai appliqué la consigne de départ, sans me laisser vivre avec cet arbre, sans interagir. Une araignée m’a piqué au poignet. Comme pour me réveiller. Je l’ai sentie mais j’ai « tenu bon » sans céder à la douleur.
Pourquoi « tenir bon » quand tout est possible et qu’il n’y a aucun enjeu, aucune perfection à réaliser?! Avec le recul, je me dis que j’aurais aimé chanter, tournoyer autour de l’arbre.
Cette résistance parle aussi de moi, de ma difficulté parfois à ne pas m’affranchir des codes, des consignes. Aussi de ma difficulté à poser mes limites. De ma soumission parfois (ce que je ressens est moins important que ce qui doit être, que ce que je crois devoir être).
La dernière halte, assise sur un banc face à l’eau, Marie me fait faire un rêve éveillé. Mon regard se perd sur l’eau. Je retrouve les pistes de nos séances habituelles. Avec des ressources à convoquer. A ce moment-là, j’avais besoin de courage et de joie.
Je puise dans des souvenirs. Ces souvenirs génèrent une force, une énergie que je sens dans mon corps.L’énergie du courage se traduit en un geste de poings serrés sur les cuisses et ma tête penchée vers l’avant comme une guerrière qui va au combat, les armes serrées dans la main et la confiance sereine.
Pour la joie, Marie ne me guide plus, je fais le voyage à mon rythme. C’est un peu plus confus pour moi. En général, la voix de Marie m’aide à ne pas laisser les parasites mentaux prendre le dessus. Livrée à elles-mêmes les pensées divaguent.
Pourtant dans le désordre je ressens un bien-être très grand. Je m’attarde sur l’eau. Des associations d’idées me viennent comme ça, sans les forcer. Une réponse arrive venant éclairer une séance précédente. « Tiens c’est vrai, j’avais reçu comme consigne de m’asperger avec de l’eau! Je ne comprenais pas pourquoi. Et aujourd’hui je fais le lien. Ces dernières semaines je ne me suis jamais autant baignée dans la mer. Et j’en ai ressenti une telle joie! »
Je suis bien, apaisée. Je pourrais rester là des heures.
Entre ciel, terre et eau, j’ai plongé dans la mousse que j’aime tant. I <3 la Semois!