Catégorie : Exploration

  • Lâcher-prise / Se prendre en main

    Lâcher-prise / Se prendre en main

    L’un des nombreux choix à opérer pour le praticien en hypnose est de permettre la passivité du sujet qui profite alors d’un trip qui se présente sans effort ou de le rendre actif ou de mêler les deux en laissant le choix au sujet ou de mêler les deux en énonçant un contrat avant la transe ou…

    L’hypnose est un outil qui s’utilise de façons différentes selon les possibilités de la personne, selon son objectif (thérapie, développement personnel, exploration et jeu, spectacle…), selon les obédiences (« règles » enseignées dans chaque école, pratique d’anciens que l’on admire…) et aussi, selon le praticien (qui l’on est, avec notre vécu et nos représentations).

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    L’hypnose peut offrir une expérience où l’on se laisse-aller complètement. Je ne parlerai pas ici de l’hypnose de spectacle, en scène ou à la télé, ni de l’hypnose de rue, ni de l’hypnose anesthésique en hôpital (opérations sous hypnose), que je ne pratique pas.

    L’hypnotisé peut aussi être sollicité en tant que participant actif à son propre voyage, en parlant, en bougeant, en prenant des décisions, en se dépassant. Cette sollicitation peut être une simple invitation à une éventuelle participation selon l’envie ou faire partie du cadre. Elle est alors un accord pris entre le praticien et son sujet avant la transe.

    Je ne prétends pas énoncer de règles. La seule règle, pour moi, est de réfléchir, de chercher auprès de praticiens confirmés en hypnose et dans d’autres pratiques de transe, d’être à l’écoute, de se positionner, de remettre en question sa position selon les expériences.

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    Commençons par le trip sans efforts. Dans des sessions d’hypnose d’exploration – en rêve éveillé dirigé, par exemple – , il m’arrive de proposer des expériences où le sujet se laisse aller complètement, au fil du courant doux de ma voix, qui l’emmène à la découverte d’un paysage intérieur.

    De toute manière, la partie consciente, volontaire, reste présente en état d’hypnose. Une partie du sujet observe et commente le trip, avec plus ou moins d’insistance alors qu’une autre partie le vit. C’est un peu comme lorsque l’on regarde un film et que l’on est « pris dedans » au point de vivre intensément les aventures du héros, puis distrait, suivant le film et en même temps commentant une coiffure ou réarrangeant un coussin. On sait que l’on est sous hypnose, en séance. On ne l’oublie pas. Pourtant, on est plongé dans le trip. La tâche du « conscient » peut être simplement d’observer ce qui survient sans intervenir et en tâchant de ne pas envahir l’espace par des réflexions, rationalisations, anticipations…

    La partie volontaire n’a qu’une tâche à accomplir : rester dans « l’ici et maintenant du rêve », laisser l’espace intérieur libre, désencombré, pour accueillir avec bienveillance, ce qui survient. Cela constitue déjà un travail pour bon nombre de personnes, qui apprennent progressivement comment déblayer les pensées du quotidien (agenda, rumination, projection, essai d’anticipation, recherche de sens de type psychanalytique, tentative de maitrise par la rationalisation, volontarisme), comment rester pleinement présent à leur paysage intérieur, comment ne rien vouloir sinon être là, comment avancer dans un terrain inconnu en se faisant confiance (ce dernier point est facilité par l’acquisition d’outils simples, comme le focus ou la mise à distance).

    Loin du conscient, la/les parties intérieures, quant à elle(s), travaille(nt) en profondeur pour permettre aux images, sons, sensations, goûts, odeurs, impressions, paroles… d’être captés par la partie volontaire. Car le fil de ma voix et des sons environnants ne donne qu’une direction. Si je dis « vous êtes debout face à un arbre. Plus vous tendez l’oreille et plus vous percevez les sons de l’arbre, de plus en plus distinctement », chacun vivra une scène singulière.

    Chaque hypno a sa propre position sur le sujet. Moi je privilégie la passivité du sujet dans les séances (individuelles ou de groupes) d’exploration, de découverte de parts inconnues de soi, de voyage et de jeu dans l’intention de passer un beau moment et de se connaître davantage soi-même, d’ouvrir son propre champ des possibles, et ce sans objectif précis de changement (même si ce genre de voyage est par définition transformateur, puisqu’il est ouvrant).

    Certaines de mes séances vers une amélioration de l’existence (douleur, phobies, confiance, acouphènes, vertiges, cigarette…), peuvent aussi passer momentanément par la passivité du sujet. Il peut s’agir de personnes très faibles ou très apeurées, pour lesquelles une séance où elles se laissent agréablement transporter vers un changement acceptable est profitable, avant un travail plus actif, comme un apprivoisement de l’état de transe. Il peut s’agir aussi de personnes qui ne parviennent pas à entrer dans leur espace intérieur à part en transe très très profonde, état dans lequel elles se laissent guider sans pouvoir répondre. Il peut s’agir d’un protocole qui ne s’adresse qu’aux parties intérieures et laisse totalement le conscient de côté (c’est bien plus rare, mais pourquoi pas, si cela correspond au cas qui se présente), etc.

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    Dans les séances orientées vers le changement, je demande la plupart du temps au sujet d’être actif, de fournir les efforts nécessaires au travail à accomplir pour aller vers le changement qu’il désire.

    Cette demande fait l’objet d’un contrat, après la clarification de l’objectif à atteindre et avant la transe.

    Pendant la transe, je rappelle les consignes lorsqu’il y en a besoin, de façon à faciliter la tâche au sujet. Et je le fais la plupart du temps avec humour (parce que j’aime le jeu et que le travail d’équipe, chez moi, ça passe par la complicité du rire !). Quand le cadre est clair, ça aide 🙂

    Sa première action est à nouveau de faire ce qu’il faut pour être disponible: rester sur le fil du voyage même s’il est sinueux et saute d’un événement à un autre, comme un rêve), débarrasser l’espace intérieur de toute dérive quotidienne (rationalisation, liste de courses, volontarisme…), laisser le fil se dérouler sans tenter de le maitriser, accueillir ce qui survient avec bienveillance. Il s’agit donc de « vouloir ne rien vouloir sinon être hyperprésent à ce qui survient ».

    La seconde est de communiquer volontairement, même si cela demande un effort. Car sous hypnose, les croyances de certaines personnes les poussent au mutisme et à l’immobilité complète. Répondre à mes questions. Me dire les difficultés rencontrées (peur, enlisement, impuissance) de façon à ce que je puisse donner ou simplement rappeler les outils pour les dépasser ou les contourner (j’adore les trucs comme le potentiomètre, simple et efficace!). Me transmettre les informations importantes (pas les explications de contenu mais bien les éléments essentiels à la poursuite de la narration (Exemple : « ma mère console Moi-petite, à propos d’un truc qu’elle a fait à 5 ans » ; il n’y a pas besoin de savoir ce que la mère dit exactement ni ce qu’est « le truc » ni comment elle console la petite fille). Négocier à haute voix avec les dividus (parties intérieures), qui eux, répondent par des mouvements involontaires du corps à mes côtés ou par des mots, des images dans l’esprit du sujet, qui devra alors les transmettre s’ils sont utiles à l’avancée.

    La troisième est d’envisager les séances comme un travail vers le changement mais aussi comme un apprentissage du voyage intérieur autonome et donc d’oser essayer par soi-même les outils que je propose, de se les approprier, de les adapter, d’en inventer de nouveaux.

    La quatrième est de prendre ses responsabilités face à des résistances (la peur du changement est évidente) et de se booster au besoin, de prendre de l’élan et d’y aller, lorsque le cadre sécurisant est posé.

    Evidemment, tout cela se fait dans la douceur et la connivence et au rythme qui convient à la personne qui désire changer.

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    Quoi qu’il en soit, chaque cas est différent et demande au praticien de s’adapter pour mettre en place une relation de partenaires avec la personne qu’il accompagne, en accord avec son objectif de la séance et avec ses possibles au moment de la séance.

    Dernièrement, mon attention a été attirée plusieurs fois par ce sujet. Une cliente (déjà bien autonome) s’est étirée en se frottant les muscles en sortant de la transe, en souriant avec un « Waw, quel boulot je viens encore de faire, là! ». Une autre (en première séance) calait dans son trip avant que je lui propose ma main pour la sécuriser, ce qui lui a permis de dépasser ses peurs de « prendre des murs de verre » et de s’engager pleinement dans le paysage qui s’offrait à elle. Une autre avait peur de tomber, avant que je lui demande ce qu’elle risquait à tomber. « Mourir ». « Et alors ? On peut mourir en rêve et se lever après la séance en pleine forme ». « Bon, ok… ». Et le travail a commencé, sans aucun incident, pour aboutir par une rencontre magnifique qui l’a aidée à se libérer d’un lien limitant. Un autre a vécu un parcours plein d’aventures qui l’exaltaient et ce à partir du moment où il a appelé, à chaque problème, sa partie intérieure qui pouvait le résoudre (ce qui a fini par donner une joyeuse équipe de dividus en quête de « trésors » selon la carte sortie de son objectif). Un autre était tétanisé de voir apparaître une personne qui lui a fait beaucoup de mal dans le passé. Après un exercice pour se centrer dans sa puissance bienveillante, il a pu lui parler et en sortir apaisé. Un autre passe toutes ses séances à discuter avec ses parties intérieures et s’habitue à parler à voix haute et à recevoir des réponses avec des doigts qui bougent tout seuls ou avec des images qui s’imposent. Aujourd’hui, c’est devenu normal et hyper rapide de résoudre un conflit intérieur. Il ne ne se fait accompagner que pour les « gros trucs »et gère le reste touS seulS 😉

    Outre le travail que ces personnes accomplissent en visitant de nouveaux paysages intérieurs, en rencontrant différentes parties d’elles-mêmes (qui vont parfois les accompagner longtemps), en se transformant, en réparant, en dénouant, en se libérant, en négociant… il y a le plaisir de l’exploration, du jeu, de se sentir de plus en plus à l’aise, de plus en plus en accord avec soi-même, de plus en plus centré, de plus plus en sécurité dans l’inconnu et le changement. De plus en plus libre, en somme.

    J’aime mon job!

    © Marie Lisel

    Photographies: Joel Sternfeld

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  • Apprendre l’autohypnose

    Apprendre l’autohypnose

    La plupart de mes clients utilisent rapidement des techniques d’autohypnose et ce, sans que je leur en donne les bases formellement. Je suis épatée de la façon dont ils apprennent juste en pratiquant, s’autonomisent et inventent des solutions inédites, en séance et en-dehors, dans la vie quotidienne.

    Il est évidemment possible de prendre des cours d’autohypnose (il y en a le jeudi soir à l’Arche, notamment). Moi je préfère la méthode d’une pierre deux coups: apprendre en pratiquant avec un accompagnant et s’autonomiser peu à peu. C’est tellement agréable de  se rendre compte que l’on est capable de prolonger une partie du travail tout seul!

    Ce qui suit est technique et s’adresse plutôt à mes collègues:
    En séance,
    -1- j’évoque la permission : « au fur et à mesure vous allez apprendre consciemment et inconsciemment à vous servir par vous-même de cet outil, à votre rythme, qui est différent pour chacun-e. Ce que vous en ferez sera bon pour vous car votre partie profonde vous veut du bien » + fusibles de base (à décliner au besoin surtout pour les personnes qui ont tendance à se dévaloriser ou pour les fonceurs)
    – 2- quand il y a une demande (in)directe d’un truc concret (c’est trop ceci ou je ne peux pas, ce serait plus facile si…) en transe, j’essaye le « faites-le vous même, vous pouvez le faire, souvenez-vous du ciel de la dernière fois, facile, demandez-vous! », si début de panique, j’ajoute le « comment allez-vous vous y prendre? » et si je vois que le challenge plait, je tente carrément le « je reviens, vous le faites pendant que je ferme la fenêtre? » Quand c’est fait je n’insiste pas sur le comment, c’est normal, ils sont capables, c’est tout, on continue. Ca marche bien notamment avec les sous-modalité: au début, je pose les sous-questions, puis de moins en moins, jusqu’à ce qu’ils me disent « attendez, je transforment le port-l’arbre-le pont-…, il pourrait être mieux, j’arrive »). Pour cela, une ambiance ludique (même dans un travail douloureux), aide à avoir confiance et à oser dans le plaisir du jeu.
    -3- j’évoque la prolongation du travail et aussi des apprentissages : « tout cela va continuer sans que vous vous en préoccupiez, la nuit, par exemple »
    -4- je pose un ancrage lié à un geste et à des respirations particulières, sur la connexion à une/des ressource(s) avant l’éveil : « à n’importe quel moment, vous pourrez retrouver… ». Tout cela se fait discrètement, dans le flux et non dans une partie de « cours d’autohypnose »
    -5- je demande des nouvelles en début de séance, de ce que la personne a réussi à changer, volontairement et/ou inconsciemment et/ou en demandant volontairement à son inconscient. De ce qu’elle a tenté de changer, V, I ou par demande de V à I et ce qui s’est passé. Etc.
    Parfois, les personnes me rapportent juste un exercice de relaxation pour dormir ou pour sortir d’un état désagréable (angoisse, douleur, acouphène, envie de clope…) ou pour créer artistiquement.
    Il peut également s’agir d’une connexion avec les parties intérieures que nous avons fait dialoguer en transe (« j’ai dû négocier avec la fofolle pour faire ça, on a rit »-> l’ambiance de la séance où les discussions entre parties sont teintées d’humour allègent les négociations en autohypnose, sans accompagnement), et certain(e)s, le font avec les mains qui « répondent » et trouvent ça naturel.
    Une cliente a aussi bercé la fillette qu’elle a été/est avant de s’endormir et a trouvé là un joli moyen de passer de douces nuits.
    D’autres inventent des ancrages « j’ai ma touche là, c’est cool ».
    J’aime mon job  🙂

    © Marie Lisel

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  • Rêver pour mieux vivre

    Rêver pour mieux vivre

    Rêver pour mieux vivre

    L’hypnose offre les outils pour un changement que le sujet opère lui-même dans ses paysages intérieurs, au fil des découvertes de nouveaux univers des possibles.

    Elle lui permet d’agir sur son rêve éveillé  – au lieu de le subir comme lors du sommeil paradoxal – et de le modifier de façon à y opérer des transformations qui se répercutent dans la réalité partagée.

    Le praticien en hypnose n’interprète pas, ne projette pas, ne propose pas de solution toute faite, n’entre pas dans le récit détaillé du problème, n’argumente pas, ne juge pas.

    Il est à l’écoute des valeurs et des croyances de la personne en état modifié de conscience qu’il accompagne, de sa symbolique, des lignes de code de ses programmes personnels…

    Il propose des outils et des alternatives pour atteindre les objectifs, assure et rassure.

    Agir dans (et sur) le rêve fait émerger des solutions nouvelles, permet de s’exercer, d’essayer, de jouer un rôle, de changer un paramètre et d’apprécier, d’ajuster… Ce qui est testé et appris en rêve est intégré comme une mise à jour du fonctionnement dans l’ici et maintenant. Tout simplement.

    Dès lors, le travail effectué en état de veille paradoxale (état entre le rêve du sommeil paradoxal et l’état de veille restreinte du quotidien, car on ne dort pas sous hypnose, au contraire, la vigilance est accrue!) permet de transformer la réalité qui s’impose, de réorganiser la façon dont nous nous représentons notre identité et notre lien aux autres et au monde, de trouver des solutions, de reconfigurer nos paramètres, nos représentations, nos relations, nos comportements, nos possibles… Tout cela grâce au pouvoir d’imaginer.

    L’hypnose offre au rêveur le pouvoir d’agir sur ses rêves et de s’éveiller différent, prêt à mieux vivre le rapport à soi et au monde.

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    PS: le rêve lucide est un autre moyen d’agir sur l’imaginal, mais c’est une autre histoire… à lire ici:

    Rêve lucide: en équilibre

    Rêve lucide: sois ton propre cheval

    Rêve lucide: rêve de sons

     

     

  • Des rêves éveillés fantasmatiques

    Des rêves éveillés fantasmatiques

    « Des rêves éveillés fantasmatiques » est le thème d’une création sonore radiophonique, sur laquelle je travaille actuellement, produite par Halolalune Production et l’ACSR et pour laquelle j’ai reçu une aide du FACR (Fonds d’Aide à la création Radiophonique) de la CFWB (Communauté Française Wallonie Bruxelles).

    CONTRIBUTIONS

    Vous êtes invitéEs à y contribuer, par envoi et par enregistrement sur rdv.

    Pour la première étape, je rassemble des témoignages de fantasmes, en état expansé de conscience ou non. Chacun peut m’adresser un enregistrement audio ou un message écrit, sur la boite mail revesfantasmatiques AT gmail.com, avec « contribution au projet radiophonique » en objet de mail. Ces matériaux seront utilisés (ou non, car je choisis librement), soit en intégrant une réécriture littéraire enregistrée ultérieurement par un(e) acteur/actrice en studio, soit pour un approfondissement sous la forme d’une interview enregistrée de l’auteur(e) de l’envoi, soit sous la forme d’une séance d’exploration par l’hypnose enregistrée. Il est évidemment possible de modifier les voix de façon à conserver l’anonymat des personnes qui le souhaitent (vive la technique, c’est bluffant!). Vous ne serez cité/reconnaissable que si vous le désirez. La création sonore finale fera environ 50 minutes et mêlera de nombreux rêves fantasmatiques, des textes poétiques, de la musique électroacoustique et des techniques hypnotiques.

    Seconde étape: je commence les enregistrements de fantasmes qui me parlent (selon les écrits et audios reçus) à Paris et à Bruxelles en cette rentrée 2016 (septembre-novembre).

    FANTASMES

    Les fantasmes sont relatif au désir, au plaisir, à l’émotion et surtout à l’imaginaire. Comme dans le dessin de Mirka Lugosi qui illustre cet article, dans un rêve, tout est possible car aucune limite de « faisabilité » (ni dans le réel, ni dans une réalisation cinématographique) n’entrave le récit. Les personnages peuvent n’être qu’énergie sans corps, se transformer, vivre l’ubiquité, être purs concepts ou habitants d’un lieu qui n’existe que dans une tête. La communication peut passer par d’innombrables canaux… Tout est à inventer! Après, il ne reste plus qu’à traduire le voyage en mots, avec autant d’hésitation, de poésie, de trouble, voire d’incohérence qu’il sera nécessaire.

    Les critères des fantasmes de l’étape 1 qui m’intéressent de prime abord:

    • entre 30 secondes et 10 minutes d’enregistrement ou entre 3 lignes et 2 page A4
    • avec la forme, le langage qui vous correspond (c’est une base de travail, que nous pouvons éventuellement développer dans l’interview ou l’exploration hypnotique)
    • singulier, inédit, original, décalé, poétique, bizarre, saugrenu… en tout cas pas extrait des films, magazines, pubs et autres lieux communs
    • étroitement lié audésir
    • lié au plaisir (par soulagement de la tension)
    • ce plaisir semble étrange (voire étranger), décalé, à quelqu’un d’autre
    • chargé (important pour le/la participant(e), puissant, amenant une émotion chez celui/celle qui le raconte)
    • avec une mise en scène, une ambiance, même résumée en une ligne
    • avec un scénario, une action, même résumé en une ligne
    • dans lequel le/la participant(e) est présent(e), en tant qu’humain, seul ou pluriel, ou animal ou oeil ou énergie ou eau ou métempsychose…)
    • se suffisant à lui-même, en tant que rêverie éveillée. Il s’agit d’un film intérieur lié au désir qui soulage une tension et donne du plaisir en tant que matière imaginaire. Donc, sans véritable possible de passage à l’acte.
    • réalisteou oniriqueou symbolique ou fantastique ou…
    • contenant des détails sensoriels (vue, audition, sensation kinesthésique, odorat, goût), des impressions, des associations libres (« ça me fait penser à… »), des comparaisons ou métaphores…

    Bienvenue en séance!

    © Marie Lisel

    Images: ©  Mirka Lugosi

  • Exploration sensorielle et création artistique

    Exploration sensorielle et création artistique

    Lygia Clark définissait l’artiste « comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux ».

    L’hypnotiste pourrait également être défini en ces termes, n’est-ce pas? Comme la pratique artistique, la pratique de l’hypnose et d’autres expérimentations sensorielles donnent des accès éclairés à soi et au monde.

    Y voir plus clair, créer des ouvertures, atteindre un pan de clairvoyance, une épiphanie, un éveil, une compréhension profonde, un déclic… engage à ajuster précisément sa position propre, à laisser de la place pour l’inédit, à libérer son existence mais aussi sa créativité, son écriture, son mouvement, son souffle, sa voix, son trait… en dépassant les habitudes et les anciennes croyances limitantes.

    Pour moi, l’une des façons primordiales d’atteindre la connaissance vient de la simple expérience spontanée d’une situation décalée par rapport à mes situations de conditionnement, ce que l’on peut appeler « recadrage, surprise, décalage, saisissement, déroute ». Si j’accueille cette expérience, dans l’ici et maintenant, en étant simplement là, si je garde le focus sur ce qui se passe pour ne pas me laisser distraire ni embrumer par des éléments de circonstance, si je pose une intention sans rien forcer, sans préciser mes attentes ni présumer d’un résultat, si je prends de la distance en hauteur sans rester calée dans une position de recul conceptuel mais bien en plongeant dans l’expérience… alors j’accède à des pans qui m’étaient jusque-là inaccessibles et j’agrandis le champ de ma liberté. Et plus j’expérimente de situations hors pistes en posant des intentions sans anticiper ce qui est par définition inaccessible avant l’expérience ouvrante, plus j’ajoute des couleurs à ma palette, des degrés à mon élargissement, des possibilités de positionnement, des outils de gestion de troubles intenses, de décalages puissants, jusqu’à inverser le refus-réflexe et transcender l’inquiétude et même l’effroi avec confiance, en toute sécurité, pour en ressortir plus juste et mieux ancrée, moins entravée, plus disponible à soi, à l’invention, à la création, à la relation, à l’autre, au monde.

    D’une autre façon, mon travail de création sonore offre, à sa modeste mesure, des expériences transformatrices à l’auditeur, dans le sens où il permet l’émergence d’une autre représentation (dans le cas du documentaire de création Merci Madame), d’un état modifié de conscience qui ouvre à un rêve dirigé par l’hypnose dans lequel les sensations étranges se succèdent (dans le cas de bOa) ou encore de la participation spontanée à un puzzle fantasmagorique collectif (dans Fantasmes)…

    Je propose également des séances d’hypnose éricksonnienne individuelles oeuvrant dans cette direction (voir les articles traitant de ce sujet).

    Et aussi des workshops (groupes de 4 à 30 personnes), mêlant hypnose, intuition, connexion, exploration sensorielle (notamment la synesthésie ou le questionnement queer) et création artistique, autant en école d’art qu’en académie de développement personnel.

    Mes recherches théoriques et pratiques sur les états modifiés de conscience, sur les effets des sons, sur les passages d’un sens à un autre, sur l’intuition, sur la connexion… rejoignent ce désir d’ouverture, de dépassement des réflexes et habitudes, par l’appréhension de processus divers et variés.

    Vous pouvez avoir un aperçu de mon laboratoire dans des articles ou à travers la création sonore de Franck Thoraval, à laquelle j’ai participé: ici

    Ce travail de déconditionnement et d’exploration est pour moi relié à la nature, aux sens (il y en a bien plus que 5 !) et notamment à notre perception des ondes sonores, aux arts et, enfin, aux pratiques singulières, notamment en matière de genres et de sensorialité ou sensualités. Je désire dès lors développer un travail dans la nature (collaboration: architecte paysagiste? gestionnaire de forêt? botaniste? ), un travail dans les lieux d’art contemporain (collaboration: avec des artistes mais aussi avec des écoles d’art, des galeries), un travail dans les micromondes où s’expérimentent d’autres façons d’être avec son corps,  son intuition, ses canaux de communications.

    Entre mon labo privé, les séances d’exploration individuelles, les workshops en groupe, les écoutes en ligne, les collaborations avec des créateurs… je cherche à développer et à partager les richesses de ces pratiques et à jouer avec ma position aux croisées de différents champs: l’hypnose éricksonienne, l’art contemporain, la création sonore acousmatique, l’exploration sensorielle, les études sur le genre…

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Claude Cahun /

  • Stimuler la créativité

    Stimuler la créativité

    L’hypnose stimule la créativité et nous permet d’apprendre à nous en servir pour modeler un rapport au réel satisfaisant nos besoins et désirs profonds. Elle est aussi un outil de création artistique, comme si l’art était « augmenté » par l’hypnose (l’expression est de Catherine Contour et fait référence à la réalité augmentée par superposition d’un modèle virtuel).

    Dans la vie courante, les créatifs inventent des concepts, des machines, des histoires, des façons de traverser la ville, de s’habiller, de communiquer, d’être avec l’autre, de gérer le temps, d’accorder des aliments, de se jouer des vicissitudes… car la créativité est un état d’esprit : à chaque fois que nous prenons du recul par rapport à nos croyances, nos habitudes, nos conventions, nos réflexes, que nous ruons dans les brancards du conformisme et que nous faisons une proposition positive de dépassement de la routine, nous enclenchons un processus créateur.

    La créativité n’est pas l’apanage des artistes, même si certains artistes vouent leur vie entière à l’expression de cette attitude intérieure et la pousse donc à son paroxysme.

    Pas mal de magazines et webzines se sont interrogés dernièrement sur ce qui démarquerait les personnes créatives de celles qui se disent non créatives.

     En dressant la liste des caractéristiques relevées dans différents articles grand public, je me suis dit que l’on n’aurait pas parlé des bénéfices de l’hypnose autrement.

     Donc j’ai continué la liste commune (à poursuivre dans les mois qui viennent au gré de mes lectures et de vos propositions), en me restreignant dans mes allusions aux textes de John Cage, l’un de mes « maîtres es créativité », d’où sa photo, en pleine cueillette de champignons, comme illustration de cet article.

     Voilà : cqfd 🙂

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    John Cage

    Le goût de l’aléatoire ? Le fait de se servir du hasard ? Les opérations fortuites ?

    Le goût de l’inquiétante étrangeté ?

    La curiosité ?

    L’invention de réponses, solutions, réactions, représentations du réel, face à une situation nouvelle?

    La capacité à laisser (ad)venir ? à accueillir ce qui vient ? La capacité à laisser faire, à ne pas vouloir tout maitriser ?

    L’adaptabilité ? La capacité à surfer sur la situation qui se présente, même inconnue ou impromptue ? A être comme l’eau vive ?

    La capacité à zigzaguer ? Le fait de privilégier les bifurcations aux chemins présentés comme évidents ? Le fait de ne pas « aller droit » selon la croyance dominante du « droit chemin » ?

    La capacité à rebondir de façon ludique sur les mille et un petits tracas ?

    L’acceptation du risque ?

    La sérendipité – capacité à utiliser des éléments trouvés alors qu’on cherchait autre chose ?

    L’audace ? oser s’ouvrir à l’inconnu, au jamais vu, au jamais pensé

    Le fait de se permettre des tâtonnements, les coups pour rien, des erreurs, plutôt que d’attendre d’être parfaitement prêt pour créer (ce qui n’arrive jamais) ?

    L’utilisation des insatisfactions vers un dépassement ?

    Le fait de rester aux aguets, en recherche d’un au-delà de soi-même ?

    Le fait de se poser sans cesse des questions ?

    La capacité à discuter l’ordre apparemment naturel des choses, à ne pas se satisfaire des conventions, de la routine… de ne pas respecter scrupuleusement des modèles (écoles, parents, médias, croyances des proches)

    La déshinibition (et désobéissance non pas par principe d’être contre mais au cas par cas, pour suivre ses intuitions) ?

    La positivité (critique ET proposition positive) ?

    L’espace-temps désencombré accordé à ce qui pourrait se passer ? L’acceptation du vide vécu et non subi ou fuit?

    L’acceptation d’un temps de latence, où l’on reste en « jachère » sans forcer

    L’état de réceptivité et de sensibilité ? La captation d’éléments a priori cachés, l’amplification des sensations, l’intensification des émotions ?

    La confiance en soi ? L’estime de soi ? le fait de prendre ses décisions par soi-même ?

    L’empathie ? être en connexion avec l’autre, avec son for intérieur (rêverie, fantasmes, intuitions), avec chaque environnement (nature, conversation singulière entendue dans le métro, famille, musique…), comme une éponge qui donne et absorbe des informations très diverses.

    La transformation des éléments captés, leur mélange et leur association entre eux, pour en extraire une création personnelle nouvelle ?

    La capacité à réagir dans l’ici et maintenant, identifié à l’instant présent, sans la restriction du souvenir et de la projection (qui activent des peurs) ?

    La capacité à la rêverie active, au rêve éveillé, aux constructions imaginaires ?

    La connexion à soi ? L’écoute de l’intuition, du sentiment d’évidence, des impressions ? La prise en compte du « regard intérieur » ?

    La levée des contrôles intellectuels et rationnels, vers une sorte de « débranchement » des connexions habituelles, pour laisser émerger des connexions nouvelles qui sont habituellement censurées ?

    L’ouverture aux émotions ?

    L’aptitude à la prise de conscience, à l’épiphanie, au déclic mental, qui révèle ce qui restait caché ?

    La capacité au flottement, à la rêverie floue, à la dérive ?

    Le dépassement ou détournement des limites, des cadres, des codes, des conventions, des habitudes ?

    L’exaltation face à l’ouverture du champ des possibles ?

    Le goût du jeu ?

    L’observation de ce qui semble a priori peu important et qui révèle pourtant un monde ?

    L’originalité dans la manière de faire des liens, des connexions, des imbrications ?

    La faculté de vivre une infinité d’expériences, dans le cinéma intérieur (ce que je me raconte en mots, images, sensations), pour en tirer des réponses, des émotions nouvelles, des apprentissages, des essais… par l’imagination ?

    La capacité à laisser venir le chaos, pour laisser émerger par la suite un nouvel ordre, une nouvelle représentation, construite sur une autre logique que celle qui présidait ?

    La possibilité de changer de façon de fonctionner volontairement (programme personnel de précision, efficacité et confiance pour une tâche, puis lâcher-prise, puis créativité, par exemple)?

    La possibilité de transformer volontairement la représentation subjective d’un événement et l’état émotionnel qui l’accompagne (autrement dit, de changer l’histoire habituelle que l’on se raconte face à tel événement) pour en tirer une nouvelle expérience, découvrir une nouvelle partie du monde et de soi-même?

    La liberté que l’on s’accorde à soi-même?

     

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

  • Réaliser son film sous hypnose

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    Bulle Ogier, par Jacques Rivette

    « QUOI? JE ME FAIS UN FILM?! »

    L’expression « se faire un film » désigne une réaction que l’entourage juge décalée face au réel. La recevoir déclenche souvent un sentiment d’incompréhension et de révolte.

    Pourtant… le film intérieur qui accompagne nos perceptions du monde fait immanquablement naître l’émotion et crée dès lors « notre réel ».

    Certains films intérieurs sont accessibles au conscient, comme la rumination d’une engueulade, la projection fantasmatique dans une soirée amoureuse, la madeleine suggérée par une odeur, l’imaginaire anxieux face à une dispute de rue que l’on « comprend » car les séances sur divan ont souligné l’empreinte des disputes des grands dans notre enfance, l’aménagement mental d’une pièce pour un événement (alors que l’on est assis dans le métro), la crainte de tomber en prenant un ascenseur pourtant neuf, la rêverie qui précède ou prolonge un voyage…

    D’autres films intérieurs passent inaperçus et agissent donc comme des prismes/filtres inconnus et inaccessibles sur notre vie, déclenchant des joies mais aussi des phobies ou des blocages. Notre mémoire traite continuellement les informations, crée des associations entre des éléments synchroniques (son de mastication des chevaux+tranquillité de la sieste, panique dans le bain enfant+forme du jouet présent à ce moment-là) et réalise des liens nouveaux à chaque instant. Les événements puissants de notre passé sont ainsi raccordés les uns aux autres et avec d’autres événements plus récents, relus à leur lumière (et vice-versa). Cet agglomérat est à nouveau relié et relu à la lumière d’un nouvel arrivant dont la perception a elle-même été influencée par des liens etc.

    UN RESEAU DE DISCOURS INTERIEURS, D’IMAGES, DE RESSENTIS, D’EMOTIONS

    Bref, ce que nous avons vécu à différents moments de notre vie et qui nous a marqué, ce que nous avons ressenti lors de ces moments et en les évoquant, ce que nous nous sommes raconté comme histoire, tout cela nourrit nos films qui nous font réagir et agir au présent, qu’ils soient accessibles ou non au conscient. Un immense filtre continue sans cesse de se tisser, entre nous et ce que nous percevons. Le désir et la peur, tournés vers l’avenir (désir ou peur que le passé se reproduise), portent aussi la charge de ce réseau d’émotions, de ressentis et de pensées passés. La résilience est un exemple positif de la façon de regarder le film du passé.

    LA TRANSFORMATION

    Pour sortir de ce réseau de liens, d’habitudes, de croyances limitantes et pour permettre l’ouverture à d’autres champs des possibles, l’hypnotiste propose de faire émerger le film intérieur, de l’observer en le mettant sur pause, de le comprendre en profondeur, d’adapter son contenu, ses liens et les émotions qui l’accompagnent à l’objectif de séance, c’est à dire à ce que désire vraiment la personne sous hypnose.

    SCENARISTE ET REALISATEUR DE SON PROPRE FILM

    Une séance d’hypnose pourrait être comparée à une séance de cinéma, dans laquelle le spectateur serait aussi scénariste, réalisateur, acteur, chef op, décorateur…, alors que l’hypnotiste serait la personne qui offre les conditions de cette réalisation et qui guide l’apprenti réalisateur dans sa création singulière (techniques d’écriture, de mise en scène, de prise de vue et de sons, de montage…), en proposant différentes options, comme un guide propose des destinations et des itinéraires pour s’y rendre, s’arrête à des points de vue, fait remarquer un paysage…

    UN DEPASSEMENT DE SES LIMITATIONS PAR L’EXPERIENCE

    Lorsque l’on va voir un film d’un réalisateur que l’on apprécie au cinéma, après en avoir vu la bande-annonce ou lu des critiques, une partie de nous sait qu’elle est assise dans une salle face à un écran et laisse l’ambiance sonore et visuelle l’envahir jusqu’à ce que l’imaginaire prenne le pas sur le réel, jusqu’à découvrir le personnage et rire, pleurer, espérer, aimer, courir avec lui. Le corps ne bouge plus. La notion du temps se tord. Le mal de tête s’évapore. Et, en accompagnant ce personnage dans le dépassement d’un problème, on en sort enrichit d’une nouvelle expérience.

    Le cerveau ne fait pas la différence entre l’imaginaire et le réel. Le film intérieur et les émotions qui l’accompagnent, que ce soit dans un voyage imaginaire ou dans une interaction réelle, est encodé comme vécu. En travaillant sur le film et sur notre façon de le percevoir, nous transformons notre existence.

    EXPLORATION DES SENS, CREATIVITE ARTISTIQUE, OUVERTURE DE CONSCIENCE

    Ce processus est efficace pour dépasser des blocages (impression de tourner en boucle sans pouvoir en sortir) ou résoudre des problèmes (voir « Applications de l’hypnose », dans « Hypnose éricksonienne »), mais il peut aussi tout simplement générer l’exploration des sens, la créativité artistique, la compréhension profonde de soi, l’ouverture de conscience.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

  • Les séances d’hypnose en musée, centre d’art, galerie

    Les séances d’hypnose en musée, centre d’art, galerie

    Je pratique l’hypnose, seule ou en séance individuelle, dans des lieux d’art contemporain, à la rencontre des œuvres ou tout simplement entourée d’elles, qu’elles soient peintures, dessins, sculptures, photographies, installations…

    Pour moi l’hypnose et l’art se marient à bien des niveaux. Je développe d’autres niveaux dans d’autres articles, pour me consacrer ici à la question du lieu entièrement dévolu à l’art, qui consacre dès lors « l’étrangeté », inquiétante ou non et ne la dérange qu’extrêmement rarement.

    UN LIEU QUI POSE QUESTION

    Le public qui se balade dans ces lieux se pose généralement au moins une fois la question du banc (œuvre ou siège ?), du déshumidificateur (œuvre ou déshumidificateur ?), de l’étudiant des Beaux-arts looké qui dessine dans une position particulière (performance ou exercice scolaire ?), de l’abeille posée sur le mur (œuvre ou insecte rentré par la fenêtre ?) et avance avec prudence et respect (voire crainte), de prendre le son d’un radiateur pour une œuvre… ou d’interrompre des performers. Imaginez donc qu’une femme assise ou debout, les yeux ouverts ou fermés, une main en l’air, oscillant légèrement, pendant plus d’un quart-d’heure face à une œuvre ou sur un siège au milieu d’une salle, pourrait être une de ces performeuses qu’il serait insensé de perturber. Le musée ou le centre d’art sont des lieux où je me sens chez moi et où l’on ne me dérange que très rarement. A deux, lorsque je donne une séance, la scène est sensiblement la même. Tino Seghal m’a rendu un sacré service !

    L’oeuvre pose question. L’état hypnotique aussi. L’œuvre appelle à un autre regard. L’état hypnotique aussi. L’œuvre ouvre d’autres possibles… alors imaginez les deux réunis!

    OSER CHERCHER CE QU’IL Y A A VOIR

    Je relève aussi, si je prends l’exemple d’une exposition dans une institution importante (qui accueille entre autres le grand public), que le simple fait de de m’observer (ou de nous observer lorsque je pratique sur quelqu’un) en transe douce, face à l’intérieur d’une coupole d’Anish Kapoor, à un grand tableau bleu d’Yves Klein, au flou d’un Richter, à un mobile de Calder… non seulement pose question (discrètement, sans passage à l’acte), mais aussi permet à certains d’approcher l’oeuvre autrement, d’une façon qu’ils n’auraient sans doute pas envisagée sans la permission que leur donne le fait d’observer la façon de faire de quelqu’un qui a l’air à l’aise, ce faisant. Lorsque je m’éloigne, je remarque souvent qu’une personne s’est placée exactement à la place que je quitte, « pour voir ».

    Car il y a à voir, dans l’œuvre bien sûr mais aussi hors d’elle, à l’intérieur de soi, avec le monde comme miroir.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Wolfgang Laib, “Pollen From Hazelnut”, au MoMA

  • L’état – naturel ou induit – d’hypnose

    L’état – naturel ou induit – d’hypnose

    L’état d’hypnose est un état modifié de conscience (parmi d’autres) auquel on accède par un procédé qui se nomme « induction », lors d’un accompagnement par un hypnotiste ou en autohypnose.

    LES ETATS MODIFIES DE CONSCIENCE QUOTIDIENS

    Chacun vit des états modifiés de conscience au quotidien, mais naturels ou du moins plus spontanés.

    Quel est le livre ou le film qui vous a embarqué tellement loin que vous avez ressenti un climat particulier, une sensation d’accélération, de vertige, de plongée, de ralentissement, d’étrangeté…, une émotion puissante, une impression d’immensité, une connexion avec le monde, comme avec davantage de clarté ?

    Avez-vous déjà passé en revue une conversation, un souvenir ou un fantasme avec tellement de concentration que vous avez alors eu l’impression de le vivre ?

    Avec quel degré de surprise avez-vous réalisé que vous étiez dans un endroit et dans une position que vous aviez oubliés en focalisant toute votre attention sur une tâche manuelle ou intellectuelle extrêmement précise, jusqu’à ce qu’une personne vous adresse la parole ou qu’un bruit soudain vous « ramène »?

    Quand est-ce la dernière fois que vous avez marché ou roulé jusqu’à votre destination, sans aucune idée du chemin parcouru pendant que vous étiez psychiquement ailleurs que sur la route ?

    Pouvez-vous vous souvenir d’un instant où la musique a fait bouger vos jambes, vos bras, votre corps entier, comme une mer de vagues sans que vous vous contrôliez ?

    Connaissez-vous ces instants où le temps semble se dilater, comme pour laisser à la balle le temps de l’immensité ou à la scène le temps d’être réalisée ?

    Reconnaissez-vous avoir expérimenté cet état d’ici et d’ailleurs, de mouvements spontanés, de commandes laissées au copilote pour laisser votre esprit s’occuper d’autres tâches, de déformation temporelle?

    Les enfants se fabriquent des mondes parallèles avec quelques objets et brindilles, se donnent des superpouvoirs, transforment leur identité… Certains adultes conservent cette faculté à jouer, rejouer, surjouer, déjouer ailleurs les désirs, sensations, manques, tensions, vibrations qui les habitent, grâce à leurs voyages imaginaires, aux jeux de rôles en ligne (testez les oculus rift !) ou IRL, à la création artistique ou simplement grâce à leur attitude et fonctionnement dans la vie.

    L’ETAT MODIFIE DE CONSCIENCE SOUS HYPNOSE

    L’état modifié de conscience sous hypnose est comparable à ces états modifiés de conscience quotidiens, à la différence qu’il n’arrive ni au hasard ni lors d’activités diverses, mais par le procédé de l’induction, qui permet de se connecter avec son moi (très) profond, en vue d’une interaction particulière, d’un apprentissage, d’un changement.

    EN CONNEXION AVEC MA/MES PARTIES INTERIEURE(S)

    Certains parlent d’inconscient, d’autres de copilote, moi profond, mon autre, ma partie cachée, mon intelligence supérieure… Certains l’envisagent comme une entité et d’autres comme différentes entités intérieures, qui cohabitent, prennent plus ou moins de place, émergent ou restent cachées selon les contextes, s’entendent, s’entraident ou se font la guerre.

    Les années 80 ont focalisé sur notre enfant intérieur. Est-il blessé ou explorateur ? Nous pouvons aussi être attentif à la façon dont la partie soignante protège et nourrit nous-même et notre entourage. Comment notre partie filoute (voire parfois légèrement perverse ?), s’amuse à gagner ses jetons. Quel animal nous représenterait lorsque nous nous sentons joyeux, heureux ? Quel animal sommes-nous en chasse, en tant que proie ou prédateur ? Comment serait le ou la sage qui tente de nous faire entendre raison ? Quelle vigie observe tout ce monde et analyse, prend de la distance, crée des liens, commente, voire donne l’alerte ? Quel ado contre tout ou furieusement en vie nous taraude ? Si j’étais des arbres, des fleurs, des animaux marins, des mammifères, des oiseaux, des reptiles, des insectes, des héros et héroïnes de BD, de film, de légendes, de contes, des dieux et déesses ?… si j’étais…

    UNE CONNEXION SANS LES FILTRES DES CROYANCES ET ROUTINES

    Dans une autre façon de concevoir l’état hypnotique, le moi dans l’état ordinaire n’a de contact avec son psychisme, avec son environnement direct et avec le monde qu’à travers des filtres (nos représentations, paradigmes, représentations, habitudes, réflexes, présupposés… selon les contextes et selon les lexiques). La clarté est atteinte grâce un certain état modifié de conscience. Le monde apparaît alors différemment, sans les filtres personnels, familiaux, culturels, émotionnels. Ce serait comme une conscience élargie, une compréhension sensible augmentée, une illumination intuitive, l’impression de toucher là un point central, comme un aboutissement inopiné d’une série de questionnements.

    Dans cet état modifié de conscience, une connexion, à un niveau supérieur, est également possible : non seulement avec soi-même, mais aussi avec ses racines profondes, son environnement, la société, la nature… Il permet d’envisager le monde avec un point de vue inédit, d’explorer ses pays intérieurs, de dépasser les limitations des mécanismes appris et reproduits malgré soi, de quitter le piège de la routine pour avancer librement vers un objectif désiré, à un rythme choisi, par le chemin le plus adapté, d’un pas singulier.

    EN TOUTE LIBERTE

    A chacun sa représentation et ses attentes. L’état d’hypnose n’impose rien de l’extérieur. L’hypnotiste éricksonien, contrairement à l’hypnotiste classique (que l’on peut croiser en spectacle ou sur les plateaux télés), travaille sur et avec les croyances de son sujet. Le contenu lui importe peu. Les processus – la place des émotions, les liens entre un objet et une réaction, les symbolisations de la personne sous hypnose – sont la matière de ses séances, pour permettre l’évolution, la redécouverte de soi, pour davantage d’ancrage, de connexion et de liberté

    LES LIMITES FLOUES OUVRENT LE CHAMP DES POSSIBLES

    Quoi qu’il en soit, en état hypnotique, les limites deviennent floues et malléables. Entre le passé, le présent et le futur. Entre différents contextes. Entre moi et moi légèrement changé, entre le corps et l’esprit, entre la réalité partagée et l’imaginaire, entre moi et le monde, entre une représentation nouvelle et une habitude tellement usée qu’elle semble naturelle, entre la zone de confort et le champ des possibles…

    LE CHANGEMENT

    Cette clairvoyance dans la compréhension sensible et ce flou des limites offrent une palette infinie de possibilités et facilitent le changement.

    L’hypnose donne le moyen à chacun de transformer sa subjectivité, de choisir d’évoluer selon ses intentions et non coincé dans des schémas créés par des trauma-racines (et/ou accumulations de mini-traumas passés inaperçus), des routines, des croyances. il s’agit de réorienter l’esprit de changer de cap, d’apprendre à se servir de son esprit pour aller dans une direction choisie et de gérer les émotions liées à ce changement.

    SOUS HYPNOSE, ON NE DORT PAS

    Dans ce processus, une dissociation est en place. la personne sous hypnose ne « dort » pas. Une partie d’elle reste consciente et peut parler ou agir volontairement, une autre analyse ce qui se passe dans le voyage de façon différente du conscient (libéré des habitudes et réflexes), comme une vigie, un observateur intérieur, qui sait qu’elle est assise en séance, alors que d’autres parties vivent des expériences sous la forme de rêves éveillés, auxquels participent aussi bien le mental, que les émotions, les sensations, l’intuition…

    De nombreuses applications s’offrent à ce processus: l’hypnose à visée thérapeutique… le développement personnel par l’hypnose, l’hypnose d’exploration à visée expérimentale, artistique, ludique… le coaching par l’hypnose… les séances dénouent des tensions qui permettent à certains troubles physiques et psychiques de s’évacuer, ouvrent la créativité artistique, construisent l’innovation singulière au quotidien, transforment un enjeu en jeu, crée le rêve endormi ou éveillé…

    L’HYPNOSE LIBERE DES CONVENTIONS QUI RESTREIGNENT NOTRE VIE

    Dépasser sa phobie (de l’avion, des ascenseurs, de l’eau, de la foule, des démarches administratives…), régler un dysfonctionnement devenu automatique (bégaiement, posture inadaptée face à une personne en particulier…), gérer la douleur, moduler un acouphène, développer la confiance en soi, gérer le stress, être au top en vue d’un moment important (une compétition sportive, une réunion primordiale, un entretien d’embauche, un mariage, une naissance…), arrêter de fumer ou de se goinfrer, dépasser un deuil, développer une compétence (concentration, écoute, calme, délégation, apprentissage…), faire connaissance avec soi en anticipant un changement (changement de sexe, déménagement, tournant de vie), visiter sa bibliothèque intérieure ou la caverne de sa voix, tester un nouveau trait de caractère enfoui jusque-là, nettoyer la fatigue, tracer les émotions liées à un texte de théâtre ou de cinéma, conseiller et câliner l’enfant que l’on est en soi, suivre une mélodie et lui inventer des couleurs, prendre le pli de positiver, rétablir ou atténuer un lien émotionnel avec une personne que l’on a du mal à aimer, à supporter ou à quitter, faire émerger l’envie de se redécouvrir au travers de nouveaux ressentis, inventer un paysage à partir d’un portrait, prendre une décision en toute liberté et l’assumer dans la joie, vivre un rêve éveillé en toute sécurité, transformer les vibrations de la fraise du dentiste en recharge pour le chakra du sexe (inventé, testé et waou !), se projeter dans l’avenir en tant que prolongation de ce qui est mis en place au présent et dialoguer avec son être intérieur plus âgé, pour comprendre, apprendre et s’amuser avec soi, jouir du coude, écrire intuitivement, revivre un souvenir merveilleux, explorer un passage de vie, déprogrammer une association d’idée ou de date ou de lieu, transformer un son en mouvement, entrer dans une œuvre d’art et l’explorer, ressentir ses ailes pousser en chrysalide et puis s’envoler…

    Notre monde intérieur est profond, mouvant … et connecté directement à notre façon de percevoir, de ressentir, de se souvenir, de concevoir, d’agir dans l’ici et maintenant.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Alice Liddell photographiée en 1872 par Julia Margaret cameron

     

  • Quel(le) artiste étiez-vous?

    Quel(le) artiste étiez-vous?

    REALITE ET IMAGINAIRE

    La régression dans les vies antérieures est un phénomène qui divise trop souvent les hypnos en « croyants et non croyants ».

    Or, en hypnose, la croyance du praticien est censée être mise de côté le temps de la séance.

    Et en ce qui concerne le sujet qui la reçoit, tout ce qui est vécu par le psychisme sous hypnose est traité comme la réalité par le cerveau. Quel que soit son degré de « réalité », la régression dans les vies antérieures nous emmène dans un autre monde, qui a un rapport profond avec ce que nous sommes et avec ce que nous avons à explorer, à comprendre profondément ou à dépasser. Que cet univers soit une réalité spacio-temporelle parallèle, une trace subjective d’un réel passé ou une symbolisation présente, cela fait-il une différence par rapport aux bénéfices que l’on peut tirer de ce vécu sous hypnose?

    Pour moi, il n’est pas nécessaire de croire en « les vies antérieures » pour utiliser et pour vivre cette pratique sous hypnose. Ni même de se demander en quoi on croit. Le simple fait d’accepter la vision subjective qui nous est offerte est ouvrant et propice au changement.

    Je vous propose dès lors de quitter ce débat de « vérité des vies antérieures » pour nous recentrer sur la réalité du vécu subjectif en état d’hypnose et de traiter ce vécu comme tout rêve éveillé, c’est à dire avec ouverture, curiosité, enthousiasme et plaisir.

    « Quel artiste étiez-vous? » est l’une des questions qui peut vous emmener  dans votre monde intérieur, quelles que soient vos croyances.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Catarina van Hemessen,- 1528-1587- Peintre flamande Renaissance – Autoportrait.