Catégorie : Sous-personnalités / Parties / Facettes / Dividus

  • Atelier: « Rencontrer sa sorcière par l’hypnose », L-FESTIVAL (Bruxelles), mercredi 29 novembre 2017 à 19h.

    Atelier: « Rencontrer sa sorcière par l’hypnose », L-FESTIVAL (Bruxelles), mercredi 29 novembre 2017 à 19h.

    L’atelier: « Rencontrer sa sorcière par l’hypnose»

    « Une sorcière est un être déviant qui a réussi – du point de vue de la survie. Il existe un modèle culturel, idéologique et social de ce qu’il ne faut pas être, qui est, dans chaque société, conçu comme normal » (un terme perçu comme synonyme de naturel, ne l’oublions pas). La plupart des gens survivent parce qu’ils se conforment à ces modèles, c’est-à-dire qu’ils se comportent normalement. Cependant, tous ne se comportent pas « normalement » et ces personnes ont du mal à survivre, à cause de leur rejet du système et de tout ce qui le sous-tend, et habituellement elles s’enfoncent. On les qualifie alors « d’anormales » ou de « mésadaptées » ou d’autres adjectifs péjoratifs au regard de la norme. Puis surgit une personne déviante mais qui survit, et puisque celle-ci ne fonde pas son existence sur des modèles convenus – les seuls considérés comme naturels par les gens normaux -, il faut donc que cette déviance tire sa force vitale de quelque chose « d’inconnu » ou de « surnaturel ». Carnet de notes de Maya Deren (1947).

    Après un partage de nos représentations autour de la sorcière et une brève introduction à l’hypnose éricksonienne et au RED (le rêve éveillé dirigé est une technique mise au point par Robert Desoille dans les années 30), vous partirez confortablement à la recherche de votre archétype singulier de la sorcière, c’est-à-dire de la partie « sorcière » qui vit en vous.

    Bienvenue dans cette rencontre de l’une de vos alliées intérieures les plus magiques!

    Mary Wigman by Charlotte Rudolph
    Mary Wigman by Charlotte Rudolph

     

    DETAILS PRATIQUES

    L’accompagnante: Marie Lisel est Maitre Praticienne en hypnose éricksonienne, à Paris, à Bruxelles et ailleurs. Sorcières et licornes sont ses amis. Ses écrits sont en ligne ici: https://test.under-construction.work/ et ses sons là: https://marielisel.bandcamp.com/

    La date: le mercredi 29 novembre, de 19h à 22h.

    Le lieu et les conditions: L-FESTIVAL (Bruxelles)

    Le coût: apportez de quoi faire un échange. Vous recevez un voyage accompagné par la praticienne. Vous offrez un sac fermé contenant une somme en euros à votre convenance et un objet de votre choix, peu encombrant. L’échange entre l’accompagnante et l’accompagné.e fait partie du voyage et du rituel.

    Le déroulé:

    • Sorcière? partage de nos représentations
    • L’hypnose éricksonienne? Le RED? Quelques explications
    • Echange: de l’accompagnante aux accompagné.e.s: le voyage
    • Retour et partage de paroles
    • Echange: des accompagné.e.s à l’accompagnante: le sac

    La préparation: compilez dans un carnet tout ce qui vient, sans trier, lorsque vous posez l’intention de rencontrer votre sorcière intérieure.  Notez, dessinez, collez…

    Le matériel: carnet et sac, plaid, coussin, matelas de yoga, bouteille d’eau… ce qui vous permet de rester couché.e tranquillement pour rêver.

     

    A LIRE AUSSI

    Licornes, zèbres, loutres, nonnes, none… bienvenue!

    LIENS

    Quelques liens pour ouvrir (envoyez-moi les vôtres, livres, films, autres… sur lisellesil@gmail.com)

    SORCIÈRES, POURCHASSÉES, ASSUMÉES, PUISSANTES, QUEER
    http://www.maisonpop.fr/spip.php?article2047

    Girls Against God
    http://www.becapricious.com/girls-against-god


    Michelet, La sorcière (1862)
    .

    Texte en ligne ici: https://archive.org/details/lasorcire00mich

    La Sorcellerie capitaliste / Isabelle Stengers – Philippe Pignarre 
    Jeanne Favret-Saada, Désorceler, L’Olivier, 2009
    L’heure des sorcières
    Médecins et sorciers / Isabelle Stengers – Tobie Nathan

    Rêver l’obscur / Starhawk https://www.cambourakis.com/spip.php?article549

    Reclaim recueil de textes écoféministes / Emilie Hache: https://www.cambourakis.com/spip.php?article786

    Les pratiques de la médecine populaire
    Marie NDiaye, Trois femmes puissantes, 2009 et  « La sorcière » (Minuit, 1996)
    Olivia Rosenthal, Toutes les femmes sont des aliens, ed. Verticales


    Paul B. Preciado / Testo Junkie http://www.grasset.fr/testo-junkie-9782246732716

    La liste est loin d’être terminée…
  • L’imaginal de Ma Soeur

    L’imaginal de Ma Soeur

    Mardi 28 février 2017, j’ai passé mes 2h20 de voyage en belle conversation avec une religieuse, sympathique. Nous avons évoqué… les croyances, rituels, objets consacrés, prières et demandes (à quelque chose en moi ou à quelque chose en dehors de moi), ce qui agit (en moi et hors de moi), le focus, l’hypnose, la foi, le rêve lucide, le rêve éveillé, la délivrance, l’apparition et même le service d’exorcisme officiel de l’Eglise… Fantastique! Surtout que j’étais en route pour Paris, bien à l’heure pour hypnologie, où Cyrille a conclu son cours sur l’imaginal à l’Arche.

     

    SYNCHRONICITE / HASARD / PROVIDENCE

    • Rencontre
    • Hasard – destin – coïncidence – synchronicité – providence – …
    • Régler le degré d’(in)certitude de ses croyances selon les besoins

    L’OBJET ET SON RAPPORT A L’IMAGINAL

    • L’objet et son rapport à l’imaginal
    • Mes représentations internes
    • Projection d’une représentation sur un objet
    • Insight
    • Les filtres
    • L’objet et le rituel utilisés comme support et catalyseur

     

    1) SYNCHRONICITE / HASARD / PROVIDENCE

    Une rencontre surréaliste

    Mardi 28/02/17, vers 15h, ma Soeur et moi, toutes deux munies d’un « billet strapontin » (le billet du pauvre), attendions avec d’autres voyageurs le passage du contrôleur du train IZY Bruxelles-Paris pour recevoir (ou non) la permission de nous asseoir dans le wagon entièrement vide des premières classes (juste à côté) ou bien des instructions pour trouver une place en seconde plus loin ou bien un « non » bien sonné. Chacun.e est un peu stressé.e car certains chefs de trains refusent la moindre concession et le voyage est long sur ces mini-planchettes dans le couloir.

    Les personnes du groupe « strapontin » plaisantent (ben oui, on est encore à Bruxelles!) Un monsieur me demande de l’aider dans ses mots croisés… je tente de comprendre les mots sur sa feuille avant de me rendre compte qu’ils sont en serbe (c’était une blague). Une dame d’origine africaine très opulente se marre en râlant de ne pas pouvoir caler ses deux fesses sur ce « siège-string », etc. L’humeur est belle.

    Finalement, le chef de train arrive et engueule tout le monde en brusseleir, avant d’éclater de rire. Il nous invite en première et fait semblant de prendre les commandes des boissons de façon mondaine (il en fera d’autres, en interpellant un garçon plus loin, à qui il dira que vu sa tête il n’a pas le droit à un tel siège, avant de l’inviter à rejoindre la joyeuse assemblée, etc). Hilarité générale. Les personnes qui ne se connaissaient pas en entrant dans le wagon se rassemblent dans des sièges à 4 ou à 2 et papotent. Moi, je m’assieds en face d’une Bonne Soeur en habit, après lui avoir demandé si elle acceptait un brin de causette. Sourire.

    Et c’est parti pour une rencontre magnifique!

    Hasard – destin – coïncidence – synchronicité – providence – …

    Comment se représente-t-on le fait que quelque chose arrive pile quand et où cela a du sens pour soi-même?

    – Hasard (rien n’a de sens) et destin (tout et écrit) –

    Certains parlent de « pur hasard » ou de « coïncidence » (rencontre aléatoire, fortuite et vide de sens), d’autres de « destin » (je me souviens d’une conversation avec une personne qui m’affirmait que « tout est écrit »).

    – La Providence –

    Ma soeur, elle, appelle cela « La Providence« . Pour elle, ce qui arrive dans un contexte précis est « ce qui est permis par Dieu », comme le fait qu’elle a assisté la veille de notre rencontre au débitage d’un cèdre de la ville de Bruxelles abattu par la tempête, alors qu’elle rêvait d’entamer une sculpture dans ce bois (je précise qu’elle sculpte entre autres à la tronçonneuse! Je suis fan!), avec lequel elle a une longue histoire (elle en a récupéré un beau morceau dans son sac à dos).

    Sa définition « Ce qui est permis par Dieu » (il le permet mais ne le crée pas) est différent de ce que Le Larousse annonce comme Providence: Action par laquelle Dieu conduit les événements et les créatures vers la fin qu’il leur a assignée. Cela ressemble plus au destin. A creuser.

    – synchronicité par agents internes –

    Moi je parle de « synchronicité », d’abord sans aucune notion de mysticisme, « occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit ».

    Percevoir ces signes et leur mise en lien me met toujours en joie (même quand le signe indique une impasse), car cela signifie que ma sensibilité est ouverte, que mon système sensoriel est réglé sur un fonctionnement incluant la 3ème dimension (l’imaginal) en plus du monde sensible et du domaine conceptuel. Lorsque cela survient plusieurs fois d’affilée, je sais que « je vois », je suis capable de prendre en compte la partie du réel qui fait écho à un questionnement ou à une préoccupation interne, mais aussi à des représentations de mon monde intérieur. Cela se passe alors dans le champ de l’attention (« consciemment », je me rends compte que je suis sur ce mode) et hors de ce champ (le signe « surgit », de façon étonnante, capté par une partie de moi hors du champ de mon attention et prend un signification importante pour moi et difficile à transmettre à autrui).

    Par exemple, je cherche à comprendre les différents archétypes (représentations animales, personnes décédées qui ont compté pour moi, lieux…) rencontrés dans mon imaginal et notamment les signes catholiques que mon imaginal conserve et développe, malgré le fait que je ne ressente aucune « foi » et que les religions ne sont vraiment pas ma tasse de thé (notamment en rapport avec la place que la plupart accordent aux femmes). J’ai fini par accepter ces deux archétypes catholiques internes et par leur permettre de prendre leur juste place, en testant différents positionnements. Ma dernière autoprescription de tâche (reçue en voyage dans l’imaginal par quelque chose en moi qui n’est pas « je ») est de jouer avec les représentations dans l’imaginal mais aussi dans le monde sensible: symboles tangibles, objets, noms, rituels… d’expérimenter dans la vie de tous les jours, d’expérimenter dans l’imaginal et d’analyser tout cela (mettre en concepts)…

    Juste avant de prendre le train, je venais de dénicher sur la Place du Jeu de Balle, une icône qui me plaisait (ce qui n’est franchement pas évident!), une heure avant de me retrouver face à une personne qui la connaissait très bien. C’est ainsi que mon immaculée rencontra les mains de Ma Soeur!

    La notion de synchronicité peut donc être envisagée « en interne »: quelque chose à l’intérieur de moi communique par ce filtre, cette attention et cette projection sur l’événement extérieur. Quelque chose me préoccupe (dans la réalité sensible, l’imaginal, la construction conceptuelle), ce qui oriente mes capteurs sensoriels, consciemment ou non, vers les éléments intérieurs (discours intérieur…) et extérieurs (je vois, j’entends…) en relation directe ou indirecte avec ce thème (dans le réseau complexe des influences dans nos processus psychiques) et je projette alors sur ces éléments mes représentations internes. Ils m’apparaissent dès lors comme profondément porteurs de sens, s’intégrant dans un réseau de significations et passent par mon corps (impression d’expansion, d’alignement…).

    Finalement, c’est une sorte de surgissement de mon imaginal dans le quotidien, dans le monde sensible, à travers des objets extérieurs, d’où l’impression d’étrangeté voire de magie. C’est une impression étonnante, que j’aime ressentir! Il suffit pour cela de la laisser monter sans la contredire par un discours « rationnel », d’accueillir la fluidité, de laisser faire, laisser s’imprégner l’être entier sans privilégier le mental.

    – synchronicité interne ET connectée à “quelque chose de plus grand que moi” –

    Du coup, cette notion peut aussi être vécue et interprétée de façon plus mystique: ma version est « Je fais partie du grand tout, à l’intérieur duquel les éléments se connectent et communiquent » (j’en ai parlé dans les articles sur les rêves lucides, notamment le dernier).

    Pour d’autres, ce “quelque chose à l’extérieur de moi qui m’envoie un signe à travers les synchronicités” peut-être la Providence du dieu catholique comme bien d’autres croyances, du polythéisme aux extraterrestres.

    Régler le degré d’(in)certitude de ses croyances selon les besoins

    Personnellement, il m’arrive de laisser mes croyances flotter. Autrement dit, je laisse les deux se cotoyer. La synchronicité interne est de toute façon “vraie pour moi” et l’agentivité externe “je fais partie des connexions du grand tout” peut s’y ajouter ou non, à des degrés variables. Cet état fluctuant de flottement de croyances non tranchées permet d’accéder à un état, si riche et agréable, de ce que j’appelle la fluidité de la vie, en ouverture et en connexion.

    A certains moments, il est préférable pour moi de privilégier la notion “d’interne” et de laisser de côté la partie externe (pour faire de l’hypnose et PNL en entreprise, par exemple).

    A d’autres moments, il est intéressant de laisser la partie externe prendre une très large place, pour accéder à des expériences et les vivre pleinement (avec la capacité semblable à celle des enfants qui intègrent des croyances “on disait que…” et qui vivent dans un autre monde le temps d’un jeu). Pour comprendre de l’intérieur, pour entrer dans l’expérience, l’intégration de la croyance est essentielle.

    S’il s’agit de pousser à fond une croyance qui n’est pas du tout la mienne, alors c’est un jeu, toujours honnête et respectueux (assister à une cérémonie, interviewer une personne en entrant dans son univers).

    S’il s’agit de pousser à fond le curseur de l’une de mes croyances, c’est facile mais cela peut être un piège car il faut pouvoir s’en détacher, “revenir” et fonctionner à nouveau en rue. Car prendre le métro lorsque l’on est “ouvert et connecté” peut être très très fatigant!

    Encore faut-il pouvoir reprendre de la distance, de la hauteur, de la liberté, rendre possible le “passage” entre les croyances. C’est pour cela qu’il est important d’installer en amont les conditions d’une “connexion et d’une déconnexion”, avec un système de vigies et de fusibles, car s’il est simple de déconnecter cette croyance externe après une balade en forêt ou une rencontre magique (comme celle que je raconte ici, avec Ma Soeur qui me parle de l’Immaculée dans un train), cela l’est moins après un trip de plusieurs jours, comme un voyage à l’étranger ou un stage en immersion. Ainsi, la croyance « mystique » (je reçois des signes de l’extérieur) et la croyance plus carrée d’un fonctionnement de processus internes (mes préoccupations agissent sur mes filtres de perception et sur mes projections sur des éléments extérieurs) peuvent intervenir selon les besoins que demande mon positionnement, mon alignement, mon ancrage, différents dans chaque contexte, dans chaque « ici et maintenant ».

    Cela demande évidemment une pratique progressive dans les 3 domaines (sensible, qui implique le corps! / imaginal / intelligible): un véritable entrainement pratique dans la vie courante et dans les rêves éveillés et/ou lucides ainsi qu’une réflexion sur les concepts (merci aux lectures diverses et aussi au cours de Cyrille)… Cela en vaut la peine, surtout pour les hypnopraticien.ne.s 🙂

     

    2) L’OBJET ET SON RAPPORT A L’IMAGINAL

    Comment un objet extérieur peut-il jouer un rôle dans nos processus psychiques internes, en rapport avec la notion d’imaginal?

    Me voilà donc avec mon objet dans le train: une vierge avec enfant, de 15 cm environ, avec une couronne discrète, entièrement blanche… dans les mains de Ma Soeur, qui l’inspecte avec tendresse et m’explique les détails de la version « Marie Reine immaculée » de la Vierge Marie (car, je ne le savais pas, il y a plusieurs versions de la Vierge, avec des noms et des accessoires différents) et leurs significations.

    Mes représentations internes

    Dans mon imaginal, quelque chose s’impose à moi. Des représentations apparaissent en dehors de ma volonté et interagissent avec d’autres représentations. J’apprends au fil du temps à les connaitre. Si je ressens le besoin d’une transformation, je cherche de l’aide pour le faire en toute bienveillance (je ne force rien, je discute, interroge, cherche, demande, accueille ce qu’il est nécessaire que je traverse…), de façon à ce que les représentations de mon imaginal correspondent à mon alignement. Il peut s’agir par exemple de “la boule noire dans la gorge”, d’une terre dévastée par le feu, d’un animal guide, de la figure de ma sagesse, d’une chaine lourde qui me relie au rocher familial, de l’Immaculée… C’est un équilibre à trouver entre l’acceptation des découvertes de l’exploration et le travail de transformation des processus psychiques.

    En séance, l’hypnothérapeute se positionne en guide pour que la personne qu’iel accompagne explore et transforme ses représentations, avec les techniques d’hypnose éricksonienne et de PNL (la boule noire pâteuse devient de plus en plus claire, plus molle…) et avec d’autres techniques dont le rêve éveillé dirigé (rencontre d’une fée qui applique un onguent, discussion avec des ancêtres…).

    Projection d’une représentation sur un objet

    Dans la vie courante, je rencontre un objet avec lequel il se passe quelque chose de particulier. Il m’attire. Je le ressens comme mien. Quelque chose en moi dont je connais plus ou moins la représentation imaginale se projette dans un objet extérieur. J’accepte cet objet comme objet de transition et je peux dès lors m’adresser à une partie de moi à travers lui.

    Ce qui est plus étonnant, c’est qu’une personne extérieure puisse par un discours qui n’est pas le mien (dogme catholique), me donner des clés de lecture qui se révèlent non seulement intellectuelles (domaine intelligible) mais aussi reliées au domaine de mon imaginal. D’où l’insight!

    Insight

    L’éclairage de Ma Soeur sur mon objet a provoqué une série d’insight. Autrement dit, les explications liées au dogme catholique (que je connais peu) m’ont éclairée de façon profonde sur la fonction que cet archétype précis remplit dans mon imaginal personnel, permettant un état de compréhension profonde.

    Si cette représentation en tant qu’objet sur le marché aux puces m’a attirée et pas une autre (a attiré quelque chose en moi que j’ai laissé faire, disons… sur le mode flottant dont j’ai parlé plus haut), c’est qu’elle correspond à ma représentation intérieure et à sa fonction. Pourtant, cette correspondance n’était pas consciente pour moi. Je me demandais vaguement pourquoi un archétype catho dont je porte le prénom… et j’avais ignoré des détails (couronne, blanche…). Simplement, j’avais « senti » l’adéquation entre l’objet et ma représentation intérieure et la possibilité donc d’expérimenter des processus liés à l’imaginal avec cet objet.

    L’exploration de mes représentations interne s’enrichit donc de certaines explications extérieures, triées par mon filtre qui laisse passer ce qui correspond à cette représentation, consciemment ou non et qui s’intègre en provoquant l’insight. Les autres glissent au loin.

    Les filtres

    Outre le filtre interne qui trie les connexions, mon “je” a le pouvoir de refuser d’intégrer certaines connotations. Le “Ca, je ne prends pas”, des hypnos, entrainés à ne laisser passer que les suggestions positives, s’applique aussi à la construction des représentations.

    Par exemple, dans l’explication de la blancheur, j’ai retenu l’idée de “laver” de l’immaculée. Dans celle de la couronne, le “Marie Reine” a provoqué un insight (ma filleule m’appelle Marierraine: Marie + marraine) mais “la vierge reine qui règne sur le monde avec l’enfant” n’entre pas dans mon archétype personnel. Je l’ai donc laissé de côté. Il ne me concerne pas. J’ai carrément oublié une bonne part des explications car elles n’entraient pas en résonnance avec la représentation de mon archétype interne. Mes filtres conscients et inconscients font le tri de façon à ce qu’elle corresponde d’une part à ce que j’ai exploré dans mon imaginal (entité rencontrée lors de mes voyages), d’autre part à ce que je désire mettre en place avec une intention (ici, un processus qui me permet de ne garder que ce qui est à moi après un travail avec mes clients). Le “je” a donc aussi son mot à dire!

    Sans cela, les suggestions extérieures pourraient construire une représentation négative, qui transformerait les processus psychiques de façon inadéquate pour la personne ou carrément néfaste. L’intention (ce que je désire mettre en place), l’attention (focus) et l’entrainement sont des ingrédients incontournables.

    L’objet et le rituel utilisés comme support et catalyseur

    Parmi les processus qui permettent la transformation de la subjectivité (dont les techniques hypnotiques), le recours à l’objet et au rituel est utilisé comme un support et un catalyseur.

    En hypnose, les objets et rituels sont présentés comme supports de nos processus internes. Il n’y a rien de “magique”, spirituel ou religieux dans leur utilisation. Ils facilitent simplement notre exploration par des actes, des paroles, des objets… ce qui permet de passer par le corps, par le sensible, par les sensations, les impressions, le concret. Erickson utilisait d’ailleurs beaucoup les prescriptions de tâches pour favoriser et intégrer les transformations internes. D’autres praticien.ne.s utilisent des figurines, dessins, chansons, danses…

    Dans certaines pratiques, les objets et rituels sont présentés comme porteurs en soi de pouvoirs de transformation (qui viennent alors de l’extérieur de soi). Pierre, bourse de médecine, tisane, ascension d’une montagne, prière, autel, grigri, doudou d’enfant, slip porte-bonheur du footballeur, icônes, imposition des mains…

    Dans des pratiques intermédiaires, il est possible de donner un pouvoir à un objet ou à un rituel, en poussant le curseur de la croyance à fond, tout en gardant la possibilité, en sortant de l’expérience, de “remettre l’objet à sa place d’objet” et d’intérioriser complètement le processus. Pour reprendre l’exemple précédent, si le footballeur perd son slip avant un match, il peut alors concentrer ce qu’il y mettait dans un autre objet transitionnel ou s’adresser directement à sa représentation interne du “victorieux”. Alors que s’il a la croyance que seul ce slip a le pouvoir de lui donner la victoire, il se retrouve en état d’insécurité ou carrément de “prédiction d’échec” lors de la perte de l’objet, ce qui influence immanquablement sa performance (visualisation négative > modification des processus internes vers l’échec). Idem avec un rituel proposé dans un stage: si chacun reçoit de la part d’un guide, en positionnement d’accompagnant qui propose sans imposer ni interpréter, le pouvoir d’utiliser à sa manière le rituel et les objets, le changement peut se faire en toute autonomie et liberté. Si le gourou se présente comme seul porteur d’une transformation, avec son pouvoir et ses objets magiques, les participants deviennent dépendants. Il est alors facile pour un escroc de faire émerger des peurs et des problèmes pour vendre ensuite la solution que lui seul détient.

    En conclusion, comme l’interprétation des synchronicités, l’utilisation de l’objet et du rituel sont porteurs de liberté et de changements en autonomie si la personne qui les utilise les reconnait comme outils. Ils peuvent devenir sources de superstition, d’angoisse, d’échec et de gouroutisation si un élément extérieur en limite l’accès.

    Mon immaculée amplifie ma fonction interne de purification (pour laisser partir ce qui ne m’appartient pas après une séance). Si elle se brise, j’ai la liberté de passer par mes représentations internes et/ou de chercher un nouvel objet transitionnel. Je m’en servirai de temps en temps, pour l’expérimentation des processus de transformation de ma subjectivité. Mais j’ai l’habitude de travailler sans elle. La perte de l’objet ne peut entrainer la perte de la fonction.

    L’accompagnant (de soi-même ou de l’autre) n’est pas un gourou.

    Vive les hypnotiques!

    Et un très grand merci à Soeur Ezechielle!

    © Marie Lisel

     

  • Lâcher-prise / Se prendre en main

    Lâcher-prise / Se prendre en main

    L’un des nombreux choix à opérer pour le praticien en hypnose est de permettre la passivité du sujet qui profite alors d’un trip qui se présente sans effort ou de le rendre actif ou de mêler les deux en laissant le choix au sujet ou de mêler les deux en énonçant un contrat avant la transe ou…

    L’hypnose est un outil qui s’utilise de façons différentes selon les possibilités de la personne, selon son objectif (thérapie, développement personnel, exploration et jeu, spectacle…), selon les obédiences (« règles » enseignées dans chaque école, pratique d’anciens que l’on admire…) et aussi, selon le praticien (qui l’on est, avec notre vécu et nos représentations).

    ***

    L’hypnose peut offrir une expérience où l’on se laisse-aller complètement. Je ne parlerai pas ici de l’hypnose de spectacle, en scène ou à la télé, ni de l’hypnose de rue, ni de l’hypnose anesthésique en hôpital (opérations sous hypnose), que je ne pratique pas.

    L’hypnotisé peut aussi être sollicité en tant que participant actif à son propre voyage, en parlant, en bougeant, en prenant des décisions, en se dépassant. Cette sollicitation peut être une simple invitation à une éventuelle participation selon l’envie ou faire partie du cadre. Elle est alors un accord pris entre le praticien et son sujet avant la transe.

    Je ne prétends pas énoncer de règles. La seule règle, pour moi, est de réfléchir, de chercher auprès de praticiens confirmés en hypnose et dans d’autres pratiques de transe, d’être à l’écoute, de se positionner, de remettre en question sa position selon les expériences.

    ***

    Commençons par le trip sans efforts. Dans des sessions d’hypnose d’exploration – en rêve éveillé dirigé, par exemple – , il m’arrive de proposer des expériences où le sujet se laisse aller complètement, au fil du courant doux de ma voix, qui l’emmène à la découverte d’un paysage intérieur.

    De toute manière, la partie consciente, volontaire, reste présente en état d’hypnose. Une partie du sujet observe et commente le trip, avec plus ou moins d’insistance alors qu’une autre partie le vit. C’est un peu comme lorsque l’on regarde un film et que l’on est « pris dedans » au point de vivre intensément les aventures du héros, puis distrait, suivant le film et en même temps commentant une coiffure ou réarrangeant un coussin. On sait que l’on est sous hypnose, en séance. On ne l’oublie pas. Pourtant, on est plongé dans le trip. La tâche du « conscient » peut être simplement d’observer ce qui survient sans intervenir et en tâchant de ne pas envahir l’espace par des réflexions, rationalisations, anticipations…

    La partie volontaire n’a qu’une tâche à accomplir : rester dans « l’ici et maintenant du rêve », laisser l’espace intérieur libre, désencombré, pour accueillir avec bienveillance, ce qui survient. Cela constitue déjà un travail pour bon nombre de personnes, qui apprennent progressivement comment déblayer les pensées du quotidien (agenda, rumination, projection, essai d’anticipation, recherche de sens de type psychanalytique, tentative de maitrise par la rationalisation, volontarisme), comment rester pleinement présent à leur paysage intérieur, comment ne rien vouloir sinon être là, comment avancer dans un terrain inconnu en se faisant confiance (ce dernier point est facilité par l’acquisition d’outils simples, comme le focus ou la mise à distance).

    Loin du conscient, la/les parties intérieures, quant à elle(s), travaille(nt) en profondeur pour permettre aux images, sons, sensations, goûts, odeurs, impressions, paroles… d’être captés par la partie volontaire. Car le fil de ma voix et des sons environnants ne donne qu’une direction. Si je dis « vous êtes debout face à un arbre. Plus vous tendez l’oreille et plus vous percevez les sons de l’arbre, de plus en plus distinctement », chacun vivra une scène singulière.

    Chaque hypno a sa propre position sur le sujet. Moi je privilégie la passivité du sujet dans les séances (individuelles ou de groupes) d’exploration, de découverte de parts inconnues de soi, de voyage et de jeu dans l’intention de passer un beau moment et de se connaître davantage soi-même, d’ouvrir son propre champ des possibles, et ce sans objectif précis de changement (même si ce genre de voyage est par définition transformateur, puisqu’il est ouvrant).

    Certaines de mes séances vers une amélioration de l’existence (douleur, phobies, confiance, acouphènes, vertiges, cigarette…), peuvent aussi passer momentanément par la passivité du sujet. Il peut s’agir de personnes très faibles ou très apeurées, pour lesquelles une séance où elles se laissent agréablement transporter vers un changement acceptable est profitable, avant un travail plus actif, comme un apprivoisement de l’état de transe. Il peut s’agir aussi de personnes qui ne parviennent pas à entrer dans leur espace intérieur à part en transe très très profonde, état dans lequel elles se laissent guider sans pouvoir répondre. Il peut s’agir d’un protocole qui ne s’adresse qu’aux parties intérieures et laisse totalement le conscient de côté (c’est bien plus rare, mais pourquoi pas, si cela correspond au cas qui se présente), etc.

    ***

    Dans les séances orientées vers le changement, je demande la plupart du temps au sujet d’être actif, de fournir les efforts nécessaires au travail à accomplir pour aller vers le changement qu’il désire.

    Cette demande fait l’objet d’un contrat, après la clarification de l’objectif à atteindre et avant la transe.

    Pendant la transe, je rappelle les consignes lorsqu’il y en a besoin, de façon à faciliter la tâche au sujet. Et je le fais la plupart du temps avec humour (parce que j’aime le jeu et que le travail d’équipe, chez moi, ça passe par la complicité du rire !). Quand le cadre est clair, ça aide 🙂

    Sa première action est à nouveau de faire ce qu’il faut pour être disponible: rester sur le fil du voyage même s’il est sinueux et saute d’un événement à un autre, comme un rêve), débarrasser l’espace intérieur de toute dérive quotidienne (rationalisation, liste de courses, volontarisme…), laisser le fil se dérouler sans tenter de le maitriser, accueillir ce qui survient avec bienveillance. Il s’agit donc de « vouloir ne rien vouloir sinon être hyperprésent à ce qui survient ».

    La seconde est de communiquer volontairement, même si cela demande un effort. Car sous hypnose, les croyances de certaines personnes les poussent au mutisme et à l’immobilité complète. Répondre à mes questions. Me dire les difficultés rencontrées (peur, enlisement, impuissance) de façon à ce que je puisse donner ou simplement rappeler les outils pour les dépasser ou les contourner (j’adore les trucs comme le potentiomètre, simple et efficace!). Me transmettre les informations importantes (pas les explications de contenu mais bien les éléments essentiels à la poursuite de la narration (Exemple : « ma mère console Moi-petite, à propos d’un truc qu’elle a fait à 5 ans » ; il n’y a pas besoin de savoir ce que la mère dit exactement ni ce qu’est « le truc » ni comment elle console la petite fille). Négocier à haute voix avec les dividus (parties intérieures), qui eux, répondent par des mouvements involontaires du corps à mes côtés ou par des mots, des images dans l’esprit du sujet, qui devra alors les transmettre s’ils sont utiles à l’avancée.

    La troisième est d’envisager les séances comme un travail vers le changement mais aussi comme un apprentissage du voyage intérieur autonome et donc d’oser essayer par soi-même les outils que je propose, de se les approprier, de les adapter, d’en inventer de nouveaux.

    La quatrième est de prendre ses responsabilités face à des résistances (la peur du changement est évidente) et de se booster au besoin, de prendre de l’élan et d’y aller, lorsque le cadre sécurisant est posé.

    Evidemment, tout cela se fait dans la douceur et la connivence et au rythme qui convient à la personne qui désire changer.

    ***

    Quoi qu’il en soit, chaque cas est différent et demande au praticien de s’adapter pour mettre en place une relation de partenaires avec la personne qu’il accompagne, en accord avec son objectif de la séance et avec ses possibles au moment de la séance.

    Dernièrement, mon attention a été attirée plusieurs fois par ce sujet. Une cliente (déjà bien autonome) s’est étirée en se frottant les muscles en sortant de la transe, en souriant avec un « Waw, quel boulot je viens encore de faire, là! ». Une autre (en première séance) calait dans son trip avant que je lui propose ma main pour la sécuriser, ce qui lui a permis de dépasser ses peurs de « prendre des murs de verre » et de s’engager pleinement dans le paysage qui s’offrait à elle. Une autre avait peur de tomber, avant que je lui demande ce qu’elle risquait à tomber. « Mourir ». « Et alors ? On peut mourir en rêve et se lever après la séance en pleine forme ». « Bon, ok… ». Et le travail a commencé, sans aucun incident, pour aboutir par une rencontre magnifique qui l’a aidée à se libérer d’un lien limitant. Un autre a vécu un parcours plein d’aventures qui l’exaltaient et ce à partir du moment où il a appelé, à chaque problème, sa partie intérieure qui pouvait le résoudre (ce qui a fini par donner une joyeuse équipe de dividus en quête de « trésors » selon la carte sortie de son objectif). Un autre était tétanisé de voir apparaître une personne qui lui a fait beaucoup de mal dans le passé. Après un exercice pour se centrer dans sa puissance bienveillante, il a pu lui parler et en sortir apaisé. Un autre passe toutes ses séances à discuter avec ses parties intérieures et s’habitue à parler à voix haute et à recevoir des réponses avec des doigts qui bougent tout seuls ou avec des images qui s’imposent. Aujourd’hui, c’est devenu normal et hyper rapide de résoudre un conflit intérieur. Il ne ne se fait accompagner que pour les « gros trucs »et gère le reste touS seulS 😉

    Outre le travail que ces personnes accomplissent en visitant de nouveaux paysages intérieurs, en rencontrant différentes parties d’elles-mêmes (qui vont parfois les accompagner longtemps), en se transformant, en réparant, en dénouant, en se libérant, en négociant… il y a le plaisir de l’exploration, du jeu, de se sentir de plus en plus à l’aise, de plus en plus en accord avec soi-même, de plus en plus centré, de plus plus en sécurité dans l’inconnu et le changement. De plus en plus libre, en somme.

    J’aime mon job!

    © Marie Lisel

    Photographies: Joel Sternfeld

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  • L’état – naturel ou induit – d’hypnose

    L’état – naturel ou induit – d’hypnose

    L’état d’hypnose est un état modifié de conscience (parmi d’autres) auquel on accède par un procédé qui se nomme « induction », lors d’un accompagnement par un hypnotiste ou en autohypnose.

    LES ETATS MODIFIES DE CONSCIENCE QUOTIDIENS

    Chacun vit des états modifiés de conscience au quotidien, mais naturels ou du moins plus spontanés.

    Quel est le livre ou le film qui vous a embarqué tellement loin que vous avez ressenti un climat particulier, une sensation d’accélération, de vertige, de plongée, de ralentissement, d’étrangeté…, une émotion puissante, une impression d’immensité, une connexion avec le monde, comme avec davantage de clarté ?

    Avez-vous déjà passé en revue une conversation, un souvenir ou un fantasme avec tellement de concentration que vous avez alors eu l’impression de le vivre ?

    Avec quel degré de surprise avez-vous réalisé que vous étiez dans un endroit et dans une position que vous aviez oubliés en focalisant toute votre attention sur une tâche manuelle ou intellectuelle extrêmement précise, jusqu’à ce qu’une personne vous adresse la parole ou qu’un bruit soudain vous « ramène »?

    Quand est-ce la dernière fois que vous avez marché ou roulé jusqu’à votre destination, sans aucune idée du chemin parcouru pendant que vous étiez psychiquement ailleurs que sur la route ?

    Pouvez-vous vous souvenir d’un instant où la musique a fait bouger vos jambes, vos bras, votre corps entier, comme une mer de vagues sans que vous vous contrôliez ?

    Connaissez-vous ces instants où le temps semble se dilater, comme pour laisser à la balle le temps de l’immensité ou à la scène le temps d’être réalisée ?

    Reconnaissez-vous avoir expérimenté cet état d’ici et d’ailleurs, de mouvements spontanés, de commandes laissées au copilote pour laisser votre esprit s’occuper d’autres tâches, de déformation temporelle?

    Les enfants se fabriquent des mondes parallèles avec quelques objets et brindilles, se donnent des superpouvoirs, transforment leur identité… Certains adultes conservent cette faculté à jouer, rejouer, surjouer, déjouer ailleurs les désirs, sensations, manques, tensions, vibrations qui les habitent, grâce à leurs voyages imaginaires, aux jeux de rôles en ligne (testez les oculus rift !) ou IRL, à la création artistique ou simplement grâce à leur attitude et fonctionnement dans la vie.

    L’ETAT MODIFIE DE CONSCIENCE SOUS HYPNOSE

    L’état modifié de conscience sous hypnose est comparable à ces états modifiés de conscience quotidiens, à la différence qu’il n’arrive ni au hasard ni lors d’activités diverses, mais par le procédé de l’induction, qui permet de se connecter avec son moi (très) profond, en vue d’une interaction particulière, d’un apprentissage, d’un changement.

    EN CONNEXION AVEC MA/MES PARTIES INTERIEURE(S)

    Certains parlent d’inconscient, d’autres de copilote, moi profond, mon autre, ma partie cachée, mon intelligence supérieure… Certains l’envisagent comme une entité et d’autres comme différentes entités intérieures, qui cohabitent, prennent plus ou moins de place, émergent ou restent cachées selon les contextes, s’entendent, s’entraident ou se font la guerre.

    Les années 80 ont focalisé sur notre enfant intérieur. Est-il blessé ou explorateur ? Nous pouvons aussi être attentif à la façon dont la partie soignante protège et nourrit nous-même et notre entourage. Comment notre partie filoute (voire parfois légèrement perverse ?), s’amuse à gagner ses jetons. Quel animal nous représenterait lorsque nous nous sentons joyeux, heureux ? Quel animal sommes-nous en chasse, en tant que proie ou prédateur ? Comment serait le ou la sage qui tente de nous faire entendre raison ? Quelle vigie observe tout ce monde et analyse, prend de la distance, crée des liens, commente, voire donne l’alerte ? Quel ado contre tout ou furieusement en vie nous taraude ? Si j’étais des arbres, des fleurs, des animaux marins, des mammifères, des oiseaux, des reptiles, des insectes, des héros et héroïnes de BD, de film, de légendes, de contes, des dieux et déesses ?… si j’étais…

    UNE CONNEXION SANS LES FILTRES DES CROYANCES ET ROUTINES

    Dans une autre façon de concevoir l’état hypnotique, le moi dans l’état ordinaire n’a de contact avec son psychisme, avec son environnement direct et avec le monde qu’à travers des filtres (nos représentations, paradigmes, représentations, habitudes, réflexes, présupposés… selon les contextes et selon les lexiques). La clarté est atteinte grâce un certain état modifié de conscience. Le monde apparaît alors différemment, sans les filtres personnels, familiaux, culturels, émotionnels. Ce serait comme une conscience élargie, une compréhension sensible augmentée, une illumination intuitive, l’impression de toucher là un point central, comme un aboutissement inopiné d’une série de questionnements.

    Dans cet état modifié de conscience, une connexion, à un niveau supérieur, est également possible : non seulement avec soi-même, mais aussi avec ses racines profondes, son environnement, la société, la nature… Il permet d’envisager le monde avec un point de vue inédit, d’explorer ses pays intérieurs, de dépasser les limitations des mécanismes appris et reproduits malgré soi, de quitter le piège de la routine pour avancer librement vers un objectif désiré, à un rythme choisi, par le chemin le plus adapté, d’un pas singulier.

    EN TOUTE LIBERTE

    A chacun sa représentation et ses attentes. L’état d’hypnose n’impose rien de l’extérieur. L’hypnotiste éricksonien, contrairement à l’hypnotiste classique (que l’on peut croiser en spectacle ou sur les plateaux télés), travaille sur et avec les croyances de son sujet. Le contenu lui importe peu. Les processus – la place des émotions, les liens entre un objet et une réaction, les symbolisations de la personne sous hypnose – sont la matière de ses séances, pour permettre l’évolution, la redécouverte de soi, pour davantage d’ancrage, de connexion et de liberté

    LES LIMITES FLOUES OUVRENT LE CHAMP DES POSSIBLES

    Quoi qu’il en soit, en état hypnotique, les limites deviennent floues et malléables. Entre le passé, le présent et le futur. Entre différents contextes. Entre moi et moi légèrement changé, entre le corps et l’esprit, entre la réalité partagée et l’imaginaire, entre moi et le monde, entre une représentation nouvelle et une habitude tellement usée qu’elle semble naturelle, entre la zone de confort et le champ des possibles…

    LE CHANGEMENT

    Cette clairvoyance dans la compréhension sensible et ce flou des limites offrent une palette infinie de possibilités et facilitent le changement.

    L’hypnose donne le moyen à chacun de transformer sa subjectivité, de choisir d’évoluer selon ses intentions et non coincé dans des schémas créés par des trauma-racines (et/ou accumulations de mini-traumas passés inaperçus), des routines, des croyances. il s’agit de réorienter l’esprit de changer de cap, d’apprendre à se servir de son esprit pour aller dans une direction choisie et de gérer les émotions liées à ce changement.

    SOUS HYPNOSE, ON NE DORT PAS

    Dans ce processus, une dissociation est en place. la personne sous hypnose ne « dort » pas. Une partie d’elle reste consciente et peut parler ou agir volontairement, une autre analyse ce qui se passe dans le voyage de façon différente du conscient (libéré des habitudes et réflexes), comme une vigie, un observateur intérieur, qui sait qu’elle est assise en séance, alors que d’autres parties vivent des expériences sous la forme de rêves éveillés, auxquels participent aussi bien le mental, que les émotions, les sensations, l’intuition…

    De nombreuses applications s’offrent à ce processus: l’hypnose à visée thérapeutique… le développement personnel par l’hypnose, l’hypnose d’exploration à visée expérimentale, artistique, ludique… le coaching par l’hypnose… les séances dénouent des tensions qui permettent à certains troubles physiques et psychiques de s’évacuer, ouvrent la créativité artistique, construisent l’innovation singulière au quotidien, transforment un enjeu en jeu, crée le rêve endormi ou éveillé…

    L’HYPNOSE LIBERE DES CONVENTIONS QUI RESTREIGNENT NOTRE VIE

    Dépasser sa phobie (de l’avion, des ascenseurs, de l’eau, de la foule, des démarches administratives…), régler un dysfonctionnement devenu automatique (bégaiement, posture inadaptée face à une personne en particulier…), gérer la douleur, moduler un acouphène, développer la confiance en soi, gérer le stress, être au top en vue d’un moment important (une compétition sportive, une réunion primordiale, un entretien d’embauche, un mariage, une naissance…), arrêter de fumer ou de se goinfrer, dépasser un deuil, développer une compétence (concentration, écoute, calme, délégation, apprentissage…), faire connaissance avec soi en anticipant un changement (changement de sexe, déménagement, tournant de vie), visiter sa bibliothèque intérieure ou la caverne de sa voix, tester un nouveau trait de caractère enfoui jusque-là, nettoyer la fatigue, tracer les émotions liées à un texte de théâtre ou de cinéma, conseiller et câliner l’enfant que l’on est en soi, suivre une mélodie et lui inventer des couleurs, prendre le pli de positiver, rétablir ou atténuer un lien émotionnel avec une personne que l’on a du mal à aimer, à supporter ou à quitter, faire émerger l’envie de se redécouvrir au travers de nouveaux ressentis, inventer un paysage à partir d’un portrait, prendre une décision en toute liberté et l’assumer dans la joie, vivre un rêve éveillé en toute sécurité, transformer les vibrations de la fraise du dentiste en recharge pour le chakra du sexe (inventé, testé et waou !), se projeter dans l’avenir en tant que prolongation de ce qui est mis en place au présent et dialoguer avec son être intérieur plus âgé, pour comprendre, apprendre et s’amuser avec soi, jouir du coude, écrire intuitivement, revivre un souvenir merveilleux, explorer un passage de vie, déprogrammer une association d’idée ou de date ou de lieu, transformer un son en mouvement, entrer dans une œuvre d’art et l’explorer, ressentir ses ailes pousser en chrysalide et puis s’envoler…

    Notre monde intérieur est profond, mouvant … et connecté directement à notre façon de percevoir, de ressentir, de se souvenir, de concevoir, d’agir dans l’ici et maintenant.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Alice Liddell photographiée en 1872 par Julia Margaret cameron

     

  • Explorer les genres par l’hypnose

    Explorer les genres par l’hypnose

    QUELS LIENS ENTRE L’HYPNOSE ET LES ETUDES SUR LES GENRE?

    Lorsque l’on parle de représentation, de croyance, de capacité, de comportement, de construction d’identité, alors l’hypnose a ses raisons d’intervenir, par le recadrage, l’exploration par le rêve éveillé, le changement comme solution, l’anticipation d’un changement, la transformation d’habitudes devenues obsolètes et gênantes…

    Au point de vue de l’exploration, découvrir ses sous-personnalités ou ses représentations symboliques (régression après naissance ou dans les vies antérieures, progression, symbolique corporelle, comportement animal…) sans les coincer dans des clichés et attentes étroits permet davantage de possibles. Apprivoiser son être sans a priori genré ouvre la liberté.

    Au point de vue de l’exploration encore, comprendre, en le vivant de l’intérieur, ce que signifie incarner un autre genre social (M ou F ou trans M to F ou trans F to M ou…) peut être éclairant et transformateur, pour son rapport à soi ou pour son rapport à l’autre. Je pense ici, notamment, à une expérience en hypnose (j’étais sujet de séance) où j’ai incarné un militaire masculin figé dans une inspection des troupes (je n’ai pas choisi ce cliché loin de mes aspirations, c’est Mon autre qui m’a envoyée là en régression dans les vies antérieures), mais aussi à l’idée d’une version hypnotique qui me vient de l’expérience d’un workshop de Kay Garnellen (artiste et activiste trans qui questionne les thèmes du genre et de la sexualité), qui permettait par des jeux de rôles de vivre ce que ressent une personne trans socialement (en rue, aux toilettes publiques, dans un bar). Par l’exploration, il y a de quoi transformer des croyances et nourrir une compréhension profonde de ce que vit l’autre et de ce que l’on peut ressentir en soi sans en avoir une trouille affolante.

    Au point de vue de la résolution d’un problème, intégrer les études sur le genre à la pratique hypnotique (ou l’inverse) peut aider à accompagner dans la justesse et non pas enfermé(e) dans des représentations hétéronormées. Comme demander à l’Etre intérieur de floZif, activiste queer, s’il est disposé à faire passer la puissance du « bras-bite » (main droite plus efficace dans la baise) de la droite à la gauche, le temps de la réparation d’une épaule abimée, afin d’éviter de rester castrée pendant la durée des opérations. Et puis de laisser simplement les mains de floZif s’organiser entre elles, en occupant le conscient.

    Au point de vue de l’anticipation (utilisée pour se préparer à n’importe quel changement important), l’hypnose est un outil magnifique: la transition M to F ou F to M, par exemple, gagne à être explorée et anticipée par l’hypnose, de façon à faciliter les connections entre les identités, à résoudre d’éventuels conflits intérieurs et à vivre le passage en toute tranquillité.

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

    PS:  UN COURT RAPPEL ET DES LIENS A EXPLORER

    Les « gender studies » (traduire: « études sur le genre » et non « théorie des genres » car il n’y a pas de théorie), venues des Etats-Unis, dans les années 1960-1970,  forment un champ d’études universitaires interdisciplinaire.

    Leur propos est d’étudier la façon dont la société associe des rôles à chaque sexe et traite différemment les individus en fonction d’un genre binaire. Exemple tarte à la crème: masculin > cheveux courts, bleu, camion, rugby, sciences, colère, force, action, carrière, coureur, Scotch… / féminin > cheveux longs, rose, poupée, danse, arts, hystérie, douceur, rêverie, éducation des enfants et tâches ménagères, mère ou putain, kir…

    Selon ces chercheurs, la femme et l’homme ne sont pas identiques, mais la construction de leur identité sexuelle doit beaucoup à l’éducation et aux croyances du milieu dans lequel l’individu grandit, qu’il soit doté d’un vagin ou d’un pénis. Ainsi, la dissociation du biologique et du culturel interroge les normes dites « naturelles » (et donc jugées immuables), qui sont liées au sexe biologique.

    Quels sont les clichés et mécanismes qui produisent ces inégalités? Notre quotidien en est truffé! De la blague sur les blondes au « pour une femme, c’est quand même mieux de… » en passant par les rayons de jouets, les habitudes inconscientes des parents qui différencient les tâches assignées à chaque enfant selon son sexe, les qualificatifs accompagnant les demandes faites à chacun selon les attentes que l’on a envers une femme ou un homme, les représentations des corps dans la publicité, les rôles dans les films d’action, jusqu’au « best-seller » qui conforte les représentations sexistes en avançant des recettes miracles pour comprendre le mystère de « l’autre »…

    Les Américaines Gayle Rubin et Judith Butler montrent que le rapport entre les sexes n’implique pas seulement une hiérarchie entre les genres (domination masculine) mais également une injonction normative à se conformer aux stéréotypes de son genre biologique.

    Ainsi, chacun, selon la norme socio-culturelle du binarisme de genre, est censé se conformer à un genre prédéfini et à tous les diktats qui lui sont attachés, y compris celui de l’orientation sexuelle. L’homme serait tourné vers l’action et la culture, il serait courageux et protecteur et ne pleurerait pas (sauf à l’enterrement de son père), il aimerait les femmes d’apparence féminine (et sans poils). La femme serait tournée vers le cocon et la nature, elle marcherait à petits pas élégants prudents et aimerait les hommes grands et forts, ils formeraient un couple qui baiserait dans le noir uniquement à deux et selon les positions et pratiques « convenables » et auraient des enfants. Bien sûr, si l’un d’eux, hermaphrodite, naissait avec les deux appareils génitaux, il serait rapidement mutilé pour n’en garder qu’un et serait éduqué en fille ou en garçon selon le choix du médecin, qui aurait ainsi « tranché », et serait destiné à faire un mariage fructueux comme ses propres parents. Tout le reste ne serait qu’anomalie et déviance.

    Comment apporter des modifications aux habitus imposés par la société? Le mouvement queer (issu des études de genres mais ne se confondant pas avec elles) se joue de la multiplicité des identités sexuelles: la masculinité et la féminité ne peuvent expliquer la hiérarchie et la domination, non moins que le sexe n’expliquerait le genre.

    En clair, pour le mouvement queer la sexualité et le genre social (être considéré comme un individu masculin ou féminin) d’un individu n’est pas déterminé par son sexe biologique (mâle ou femelle), mais par son environnement.

    Il est dès lors important de différencier le sexe (mâle/femelle) et le genre (masculin/féminin) par rapport à une société qui tendrait à considérer comme anormaux les individus qui ne se situent pas dans la normalité d’une hétérosexualité perçue comme naturelle et innée, avec un genre découlant du seul sexe acquis à la naissance.

    Quant à la question du « féminisme« , une question qui m’est souvent posée, j’avance deux réponses : 1: il y a plusieurs féminismes, dont certains s’opposent radicalement; par exemple, le féministe queer et le féminisme essentialiste (ou « différencialiste » : qui promeut une égalité M/F mais chacun dans le rôle assigné selon son sexe biologique, qui déterminerait naturellement son genre). Ne pas les confondre, please!!! 2: dans mon entourage, de nombreux individus de sexe masculins, hétéros ou non, sont féministes queer, c’est à dire qu’ils envisagent les individus sans relier leurs présumées qualités ou caractéristiques à leur sexe biologique et qu’ils sont attentifs à ne pas véhiculer de propos ou d’attitudes différencialistes, puisqu’il y a, au centre du queer, une nouvelle manière de rejeter les catégories binaires de sexe, de même qu’une nouvelle problématisation des sexualités qui mettent ces catégories au défi.

    Quelques liens glanés sur le web (qui ont inspiré ce « rappel rapide »)

     

    dossier: http://www.nonfiction.fr/article-7758-dossier__un_etat_du_genre.htm

    radio: http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-melange-de-genres-14-la-theorie-queer-2014-11-24

    radio: http://www.franceculture.fr/emission-chanson-boum-king-s-queer-2012-11-18

    https://www.cairn.info/revue-mouvements-2002-2-page-44.htm

    http://next.liberation.fr/sexe/2013/04/29/la-theorie-du-genre-a-toujours-ete-queer_899849

    http://www.scienceshumaines.com/les-gender-studies-pour-les-nuls_fr_27748.html

    Appel à contribution – n°1 de la revue GLAD!

    http://www.couventdepaname.org/ et https://www.facebook.com/pages/Couvent-de-Paname-Les-Soeurs-de-la-Perp%C3%A9tuelle-Indulgence/106982269376947

    http://information.tv5monde.com/terriennes/genre-neutre-il-ou-elle-pas-besoin-de-choisir-60046

    http://www.swissinfo.ch/fre/societe/le-combat-des-hermaphrodites-contre-les-op%C3%A9rations-forc%C3%A9es/7568582

    http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20131213.OBS9493/theorie-du-genre-judith-butler-repond-a-ses-detracteurs.html

    http://www.scienceshumaines.com/genre-et-identite-judith-butler-en-france_fr_5114.html

    http://www2.univ-paris8.fr/ef/spip.php?article1

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_B._Preciado

    http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18776064&cfilm=128359.html

    http://www.cinequeer.fr/films/

    http://www.madmoizelle.com/theorie-genre-explications-172321

    http://secondsexe.com/magazine/Similitudes-des-organes.html

    http://www.instinct.berlin/

    https://www.facebook.com/polychrome.edl/

    https://www.facebook.com/la.mutinerie.9/?fref=ts

     

     

  • A la porte des mondes virtuels

    A la porte des mondes virtuels

    Image: extraite d’eXistenZ, film de David Cronenberg (1999)

    Chausser l’Oculus Rift et s’immerger dans un monde virtuel, en incarnant un avatar que l’on a créé, entraine un état modifié de conscience évident.

    Le voyage évade, défoule, offre des possibles épatants… mais quid des aventures vécues par cette projection de nous-même lorsque nous sortons de l’univers virtuel pour revenir à la réalité partagée non virtuelle?

    Le vécu dans le jeu a de fortes chances d’être traité comme réel dans le psychisme, à l’instar de ce qui est vécu sous hypnose dans le rêve éveillé.

    Or, en retirant le casque, le passage est abrupt.

    L’hypnose, en tant que sas entre les mondes?

    Il suffit d’oser.

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

     

  • Arrêter de fumer avec l’hypnose

    Arrêter de fumer avec l’hypnose

    Arrêter de fumer avec l’hypnose, c’est comprendre quel rôle la cigarette joue dans notre fonctionnement, à quel environnement, comportement, croyance, etc. elle est liée (ce qui ne se confond pas du tout avec les causes historiques de la thérapie analytique), pour réorganiser ce fonctionnement de façon à trouver un autre équilibre, sans la cigarette, qui soit en accord avec nos besoins et nos intentions.

    Par exemple,fumer peut être synonyme de partage social, d’un sentiment de communauté et la peur d’arrêter de fumer peut être inconsciemment ou non liée à celle de perdre une bande de potes ou du moins les bons moments de détente de la journée.

    Fumer peut être une partie de l‘identité (« ça fait fait partie de moi, je suis comme ça, sans cloppe ce n’est pas moi »).

    Fumer peut signifier se donner de l’affection, se calmer, prendre un moment juste pour soi.

    Fumer peut être lié à une habitude, au point de devenir un automatisme (par exemple: « il n’est pas envisageable d’écrire sans fumer »).

    Pour certains, la plupart des cigarettes ont la même fonction positive. Pour d’autres, certaines sont liées à des habitudes, alors que d’autres remplissent des besoins émotionnels.

    Sous hypnose, chacun explore son propre fonctionnement (unique!), découvre les liens cachés, affine la visibilité des liens évidents, puis travaille à connecter les intentions positives de la cigarette (me réconforter, me concentrer, partager, me sentir moi, clôturer la journée…) avec autre chose que le tabac, qui soit constructif, moins cher et non cancérigène.

    En se plongeant dans le film intérieur que l’on se raconte à propos des cigarettes et de tout ce qui est lié à elles, il est possible de changer rapidement et en profondeur.

    Il en va de même avec d’autres addictions, comme la nourriture, le jeu, l’ordinateur…

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    PS: fuyez les rares hypnos qui continuent à proposer l’arrêt du tabac par le dégoût! Non seulement c’est affreux à vivre, mais en plus, seul le symptôme apparent est traité… ce qui en pousse un autre à prendre sa place rapidement.

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    Témoignage (avec permission de partage). Merci à l’autrice!

    SALLY-MANN-Jessie-Candy-Cigarette-1989

    ECRASER LA DERNIERE CIGARETTE

    « Je ne fumais plus depuis 10 ans, un jour de novembre, sans réfléchir, je suis entrée dans un bureau de tabac, j’ai acheté un paquet et j’ai recommencé comme si je n’avais jamais arrêté. Les mêmes habitudes, les mêmes gestes, les mêmes moments, un paquet par jour immédiatement.

    C’était un désespoir, c’était incompréhensible. Je ressentais cela comme une terrible trahison à l’égard d’une personne que j’aime et qui m’avait convaincu d’arrêter, mais aussi à l’égard de moi-même.

    Lors des deux séances que j’ai réalisées avec Marie, je n’ai pratiquement pas parlé de cigarettes. Arrêté de fumer était le cadre de départ mais c’est de toutes autres choses dont il a été question, de ma vie, des êtres que j’aime, de ceux qui ont disparu. J’ai parcouru en hypnose une ancienne imprimerie abandonnée remplie de meubles en bois avec des casiers. J’en ai ouvert quelques-uns, j’y ai trouvé les photos de ces personnes qui comptent ou ont compté pour moi. Derrière chaque photo un message.

    Ce qui est formidable c’est qu’après cette séance, dans les jours qui ont suivi, tous ces symboles, ces rencontres en hypnose ont trouvé une signification. J’ai pu me réapproprier l’arrêt du tabac, réaffirmer en tant que femme adulte et indépendante mon choix de ne plus fumer au-delà de la promesse que j’avais pu prononcer 10 ans auparavant.

    Et puis des évènements plus profonds, enfouis très loin, ont émergés. J’ai pu clore symboliquement une relation qui continuait de m’empoisonner l’esprit sans que je m’en rende compte, j’ai pu exprimer ma colère, soutenir et consoler la jeune femme de l’époque qui avait dû fuir et continuait de se sentir honteuse de n’avoir pu faire face.

    Je suis sorti apaisée de ces deux séances, ne plus fumer était à nouveau une chose évidente. Avec l’aide de Marie, j’ai ouvert de nouveaux horizons, réinterprété le passé, fait connaissance aussi avec une de mes entités qu’il allait falloir apprivoiser… mais ça c’est une autre histoire. »
    Image: Sally Mann, « Candy cigarette »,1989

  • Mon autre / mes autres

    Mon autre / mes autres

    Mon autre, mon inconscient, mon moi profond, mon intelligence intérieure, mon co-pilote, mon alter ego, mon bon génie, mon ange gardien, mon guide, mon intuition, ma bienveillance profonde, mon grand Moi, mon subconscient… nombreuses sont les façons de nommer l’archétype de cette partie de nous qui nous dépasse et qui ne correspond pas, en hypnose, à l’inconscient freudien, même si le mot « inconscient » est encore souvent utilisé dans les textes et en séance.

    De façon quotidienne, nous pouvons nous rendre compte de l’existence de « ce qui agit en nous » lorsqu’un ami nous trouve (hé, tu fais ton...) « en phase de » prise de tête, fête, soignant prêt à aider la terre entière, bête enragée, enfant blessé, gosse malicieux, vieux ronchon… ou tout simplement lorsque nous circulons en pensant à autre chose pendant qu’une partie de nous guide notre véhicule à bon port. Sans compter les « c’ »est plus fort que moi! je ne me reconnais pas… je ne sais pas « ce qui » m’a pris… je veux que « ça » s’arrête et autres réflexions témoins de notre pluralité interne. Ces facettes de nous-mêmes, plus ou moins connues, plus ou moins acceptées ou étouffées, plus ou moins gérées, plus ou moins mises en avant, plus ou moins discrètes… forment ce que l’on peut considérer comme étant « moi ».

    Dans les voyages hypnotiques, ce qui « agit en moi » est souvent présent sous une forme sensible (personnage archétypale ou élément allégorique) ou sous la forme d’un mouvement (au fur et à mesure que la partie qui…  intègre… la main voyage et se posera là à l’endroit juste pour... Parfois, c’est plus épique… j’ai déjà papoté avec des gargouillis d’estomac très clairs dans leurs oui/non/je ne sais pas 🙂 )

    Il est possible d’appeler, d’observer, d’interagir avec « ce qui agit en moi ». Pour cela, il revient à chacun d’inventer ou, mieux encore, d’entendre le(s) nom(s) qui semble juste(s), en écoutant comment iel(s) désire(nt) être appelé(s).

    Personnellement, j’appelle l’archétype de ma partie unifiée « Mon autre », parfois « Mon amour » ou par un simple « Hey, toi! » complice, lorsqu’il se présente comme unifié et coopératif. L’image qui correspondrait le mieux à Mon autre – et c’est totalement subjectif – est un nuage d’étourneaux au moment des grands rassemblements, que l’on peut percevoir comme un tout ou bien comme un ensemble formé d’une multiplicité d’entités, autonomes et en même temps reliées par une même énergie, d’où parfois un nuage plus petit s’échappe pour virevolter autrement, pour un temps, puis tout se transforme encore…

    Lorsqu’un dividu (représentation subjective d’une partie de moi) émerge, alors je précise à quel membre je m’adresse, avec le ton qui correspond à la relation que j’ai établie avec iel.

    La représentation d’une partie ou les représentations de plusieurs parties (comme les animaux guides en chamanisme ou dans des thérapie de S Gallegos) devien(nen)t avec le temps de plus en plus précise(s), au fur et à mesure que l’on la/les connait de plus en plus intimement et que l’on a l’habitude d’interagir avec elle(s).

    Pour moi, il est primordial d’apprendre à le/les connaitre, de lui/leur parler avec clarté, respect, complicité, tendresse et fermeté. En plus, bien entendu, de l’/les écouter attentivement, de les mettre en condition de collaborer entre iels et de leur faire confiance!

    L’hypnose permet d’entrer en contact avec la partie profonde et ses dividus (qui portent d’autres noms dans d’autres pratiques, comme dans la thérapie « Ego State ». Moi j’aime bien « dividu »).

    Dans mes séances, la communication se fait (au moins) à trois, entre le conscient (ce qui « se rend compte de »), la/les partie(s) profonde(s) et la praticienne. Ainsi, la/les parties profondes et le conscient sont – ensemble et chacun à leurs manières – acteurs du changement et apprennent à communiquer entre eux, à collaborer, à s’entraider, à se laisser de l’espace, pour davantage de fluidité, de joie et de liberté. Parfois, les négociations entre parties sont tellement « réconciliantes » qu’une partie, appelée d’un nom péjoratif jusque-là, demande à changer de nom. Je demande alors au reste de l’assemblée d’accueillir chacun à son tour cette transformation, en souhaitant la bienvenue à ce(tte) renommé(e) de façon personnelle et positive. L’amour irradie carrément le cabinet dans ce genre de moments!

    Grâce à cette communication, il est possible de créer du mieux-être mais aussi des oeuvres.  Gérer des conflits intérieurs (désir de changer de vie et besoin de sécurité, envie de sortir et envie de se reposer, amour de son conjoint et instinct de chasse…par exemple), demander si telle intention ou situation est bonne pour soi à ce moment et donc de faire de meilleurs choix, apporter des solutions à un blocage, inventer un nouveau comportement plus positif pour remplacer celui dont on désire se séparer (fumer, se goinfrer, trembler devant une assemblée…), revisiter une scène pour la revivre positivement, de mettre en place une vigie efficace pour protéger le conscient quand il se laisse-aller,  chantonner une mélodie inédite correspondant à une sensation (comme la mélodie de la fluidité), laisser le sable en moi dessiner sur une feuille sans volonté consciente, me faire raconter une histoire par les étoiles…

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

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    https://www.facebook.com/Fubiz/videos/10153481537482746/?pnref=story

  • Dissociation virtuelle

    Dissociation virtuelle

    Lorsque j’ai connu Yann Minh et qu’il m’a expliqué ce qu’il vivait à travers ses avatars, dans les mondes parallèles (avec ou sans oculus rift), j’ai immédiatement su qu’il faisait partie de cette petite partie de la population qui utilise spontanément et analyse finement des techniques hypnotiques (chère dissociation!), sans pourtant connaître la théorie de l’hypnose. Incroyable de précision et d’efficacité !

    De façon générale, les parallèles entre les avatars des cybermondes et les sous-personnalités des théories étudiées en hypnologie sont évidentes.

    Je me réjouis d’aller y jeter un oeil, une oreille, une stimulation plus avant 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    PS: pour comprendre Yann Minh, quand on n’est pas initié:

    http://www.yannminh.org

    http://www.noomuseum.net

    http://www.noocrypte.com