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  • « Comment ça va? » La réponse du millefeuille

    Small talk ou question authentique?

    « Ca va? », « Comment ça va? » ou « Ca va bien? » est une question particulière à recevoir.

    Elle demande d’abord de jauger si la personne use d’une formule de politesse sans désir de réponse (fonction phatique du langage, qui permet d’établir un lien social sans vraiment communiquer un message, moi j’appelle ça les checks d’antennes de fourmis) ou si c’est une interrogation sincère, qui ouvre un espace de communication sur des thématiques fortes, éventuellement émotionnelles.

    Elle oblige ensuite à déterminer ce qu’il est acceptable de dire ou non dans le contexte de cette relation, à cet instant T. Sinon c’est la rupture de pattern assurée. J’avoue que je le fais parfois exprès, par ras le bol du jeu social et par jeu personnel.

    Enfin, il y a l’envie de se livrer sur les différents sujets importants de la vie ou plutôt de passer la main vite fait par le « oui et toi? » habituel.

    Une toute petite question, si fréquente, cache en fait un sacré noeud de complexité!

    Au-delà de la complexité sociale, que signifie aller bien?

    Passons l’étymologie (et les histoires de transit) pour nous concentrer sur l’acceptation contemporaine du « Ca va ».

    Ca va quand il n’y a pas de gros problèmes de boulot, d’argent, de santé, de proches, de logement, d’amour, de création… ca va quand les points importants dans la vie tiennent le coup, quand on est à l’aise physiquement et psychologiquement.

    Mais quand il y a une défaillance notable dans l’un des points chers à notre survie ou à nos coeurs, est-ce possible que « ça aille » (la conjugaison du verbe aller est poétique, je me fais plaiz) ou est-on condamné·e au « je fais aller » ou à « c’est galère »?

    L’ombre de l’opprobe

    Dans notre culture occidentale, il est admis que face à une catastrophe (deuil, agression, accident, maladie, séparation, perte d’emploi…) l’on soit abattu, morose, trainant.

    Parfois, pour un temps, c’est évidemment le cas. Cent pour cent de fracas.

    Mais pourquoi ne pas encourager l’apparition de bulles de bien-être et de joie au milieu d’un marasme, plutôt que de les frapper des foudres sociales? Aller danser en plein deuil? Et pourquoi pas? Jouir pendant la chimio? Et pourquoi pas? Visiter un chouette pays quand on a perdu son logement? Et pourquoi pas? Pourtant, la morale guette. Le « C’est que ça ne va pas si mal que ça finalement » juge. L’opprobe étouffe les moments d’oxygène. Il est honteux de rire et de s’amuser quand il y a malheur. C’est que la douleur est fausse. Qu’il y a tromperie. Il s’agit de montrer que l’on est en deuil, que l’on est malade, que l’on est en grande difficulté financière, que l’on a le coeur brisé… surtout ne pas semer le doute par des instants de lumière.

    Une autre représentation: le millefeuille

    Celleux qui suivent mon travail savent qu’enfiler ses croyances est l’un de mes outils phares. Cette représentation vient de mon histoire personnelle et je la partage volontiers en séance, car elle est aidante.

    Si j’ai la croyance que ce qui plombe (tristesse, colère, anxiété, épuisement, etc) lors d’une catastrophe prend toute la place et qu’il faut des mois – voire des années – pour sortir du sombre et ressentir à nouveau de la légèreté, je mettrai bien plus de temps à retrouver des moments de rire, de plaisir, de quiétude… que si j’imagine l’existence millefeuille.

    Au « Comment ça va », s’il est authentique et non phatique, que j’ai envie de répondre et que le contexte s’y prête selon mes propres critères (souvenons-nous de la boule de complexité), je réponds souvent « Ca dépend des moments ».

    Cette petite phrase semble anodine et pourtant. Si l’on m’encourage à continuer, j’ouvre le millefeuille.

    A l’instant T où je réponds à la question, mon attention est porte sur différents élements, extérieurs et intérieurs.

    Par exemple: je suis exaltée par la conférence que je viens d’écouter / je me sens joyeuse de croiser, à la sortie, cette personne que je n’ai pas vue depuis longtemps et qui me sourit / je me sens anxieuse d’être approchée trop près par surprise car il se peut que dans cet endroit je connaisse pas mal de monde et j’ai peur de ne pas avoir le temps de dire que je ne fais pas la bise et que donc je sois mise en danger par une embrassade non consentie vu mon immunodéficience / je suis habillée trop chaudement pour la température ambiante et je crains que ça déclenche une bouffée de chaleur / j’aimerais discuter aussi avec une personne que j’ai entraperçue et je crains de la manquer / je me concentre sur la question pour faire un résumé de ce que je veux bien partager / ça me fait remonter un blob car je dis que c’est le jour de l’anniversaire de la mort de mon frère / … Mon attention n’est en revanche pas portée directement sur une problématique qui reste masquée dans ce contexte (perte de documents informatiques qui me contrarie très fort) ni sur mes relations amoureuses ni sur un tas d’autres dimensions de ma vie.

    Mon état, déclenché par la question, est un millefeuille dans un moment particulier, avec des calques plus ou moins proches de la surface et plus ou moins opaques.

    Ma réponse pourrait alors être « Là, maintenant, ça va bien, je suis très heureuse de te voir et aussi d’avoir participé à cette conférence, bien qu’un peu anxieuse du va et vient autour pour ma santé. Ca te dit que l’on sorte? ». Je peux focaliser sur ces trois points, de façon authentique, et laisser les autres sujets nager en eaux profondes.

    Ma réponse pourrait aussi être focalisée sur LE problème le plus récent et je répondrais « Ben là je suis dégoutée, parce que cet aprem j’ai perdu un disque dur et vraiment ça me… ». En le développant, ce sujet absorberait tout le focus.

    Il se peut aussi que la personne fasse poper un sujet par sa seule présence. Si l’on a parlé de nos relations respectives lors de notre dernière entrevue par exemple.

    Ou qu’elle pose directement une question, qui appuie sur un problème (parfois avec grand entêtement car certain·e·s se nourrissent de cela) ou qui appelle un élément lumineux (il y a des personnes qui font focaliser sur ce qui fait du bien, soit pour amener de la lumière pour l’autre, soit par évitement des problèmes).

    Bref, ça libère de conscientiser que la partie la plus visible du millefeuille est mise en évidence par l’attention et qu’il est possible d’en changer tout en restant authentique puisque les autres feuilles sont aussi des parties de mon existence.

    J’ai le droit de me focaliser sur un élément qui me fait du bien et de recadrer mon interlocuteur·isse si iel s’entête à vouloir choisir le sujet le plus plombant.

    J’ai aussi le droit de choisir le sujet le plus plombant en prévenant que je fais un résumé et que l’on passe ensuite à autre chose car j’ai envie de passer du bon temps.

    J’ai aussi le droit de demander le consentement pour m’étaler en long et en large avec émotion si j’en ai envie ou besoin.

    Note de bas de paragraphe importante: consentement pour faire la bise, consentement pour poser une question personnelle, consentement pour amener beaucoup d’émotion et du lourd dans une conversation.

    Des bulles de lumière

    rêve éveillé. hypnose. daydream. accompagnement inclusif. thérapie féministe. Marie Lisel.

  • Vase sous hypnose (accompagnement de création artistique, Rejean Peytavin, 2024)

    Vase sous hypnose (accompagnement de création artistique, Rejean Peytavin, 2024)

    hypnose. rêve éveillé. création. art. performance. accompagnement hypnotique. coaching onirique. dessin sous hypnose. Marie Lisel. Rejean Peytavin. Vase sous hypnose.

    L’aventure fut belle.

    Le film de « Vase sous hypnose » est sorti. Une expérience filmée, avec Réjean Peytavin et Marie Lisel Pro.
    Je précise, pour les férues de technique, que la séance a duré une heure, le montage en montre une version accélérée.Marie Lisel Pro

  • Création artistique hypnotique

    Création artistique hypnotique

    ACCOMPAGNEMENT DE PROJETS ARTISTIQUES, COLLABORATIONS/CO-CREATIONS ET CREATIONS PERSONNELLES

    2025

    • Performances oraculaires (Frac de Lorraine- Université de Lorraine, mai 2025)
    • Suite d’accompagnement de création, « Vasomancie », de Réjean Peytavin (Galerie H, Fondation Bruckner, Suisse)
    • Suite de l’accompagnement de création, Florentine Rey, exploration de pistes d’écriture pour édition et performances : Conversations poétiques, « – IL Y A –: Fantaisie pour des bricoles et mon cerveau » et Conversations avec Joachim du Bellay.
    • long cours, création radiophonique perso: La Danse de l’Indolent·e
    • long cours, écriture d’un livre sur les Magies intérieures
    • long cours, travail sur les états modifiés de conscience de l’extase et du sentiment océanique
    • long cours, workshop-performance sur l’autodétermination du genre avec Victor Lemaure.

    2024

    • Accompagnement de création, Camille Correas, au C14, Musée International de la Parfumerie à Grasse, pour Mondes sensibles
    • Accompagnement de création, Johanna Himmelsbach (en cours)
    • Accompagnement de création, « Vasomancie », de Réjean Peytavin (Galerie H, Fondation Bruckner, Suisse)
    • Suite de l’accompagnement de création, Florentine Rey, exploration de pistes d’écriture pour édition et performances : Conversations poétiques, « – IL Y A –: Fantaisie pour des bricoles et mon cerveau » et Conversations avec Joachim du Bellay.
    • Workshop à HEAR (Haute Ecole d’Art du Rhin), novembre 2024

    2023

    2022

    2021

    • Accompagnement de création : « Conversations poétiques », mise en place d’un processus poétique de Florentine Rey (recherche en séances).
    • Création (Le coussin extatique, dans les sons de Madame Patate) 22 janvier:  WIELS (Bruxelles): « La dernière table ronde d’Eden Studies propose une soirée d’exploration des notions d’effet de présence et d’expérience limite. Anaïs Chabeur et Laure Cottin Stefanelli interrogent dans leurs pratiques les relations entre conscience et enveloppe, fiction, enchantement et projection. Leurs invité.e.s Emmanuel Grimaud et Marie Lisel proposeront des interventions pour aller plus loin dans cette quête des frontières. » (en visio, suite au covid)
    • Création (dans les sons de Valérie Vivancos), dans l’exposition Magies au Museum de Toulouse: parcours hypnotique audio au coeur de l’exposition.
    •  Création: « Voler en oiseau », performance hypnotique participative, ISELP (Bruxelles), pour le festival international de performance trouble, 10 juillet
    • Co-création, Les recoins, performance hypnotique participative, avec Jérôme Poret, pour la sortie du disque « Les Hôtes« , Phonomuseum, Paris, 16 octobre
    • Conférence au Museum de Toulouse, avec Céline du Chene: « Sorcières contemporaines: Du mouvement spirituel Wicca en plein essor aux USA, aux pratiques activistes féministes, la sorcière est devenue une figure du féminin contemporain. La sorcellerie s’entremêle avec de nouvelles spiritualités, luttes politiques et combat LGBTQI+. Source de fierté et réappropriation de la puissance féminine. » 3 mars 2021, 18h30

    2020

    • Accompagnement de création: recherches hypnotiques avec les performers (atelier), pour le projet « The Edge », de Gaétan Rusquet (Résidence THOR)
    • Co-création, Concert hypnotique, avec Jerome Poret, dans le cadre de NEMO, Biennale Internationale des arts numériques, 8 février 2020 (15-18h), Montreuil, au Théâtre Berthelot
    • Création: participation à l’exposition MagieS au Museum d’histoire Naturelle de Toulouse (à partir du 18 décembre 2020) par l’installation d’un parcours hypnotique au coeur de l’exposition. -> tournage et création. Installation reportée à 2021
    • Création (dans les sons de Madame Patate): deux ritutoels pour Radio Campus Bruxelles (rituels audios de soin partagé durant le covid: GourmEnvie et Liquidation)

    2019

    2018

    • Accompagnement de création: performance de dessin sous hypnose de Fabrice Cazenave dans le cadre du programme de recherche DDD « Dessein, Dessin, Design : fabrique médiatique de l’histoire » d’Agnès Callu (Voir l’article sur la performance privée du 19 mars 2018 et le film sur le site de Fabrice )
    • Accompagnement de création (Séance de préparation à l’écriture pour une production 2019) du Théâtre de la mesure. Séance préparatoire « Je suis une poule », dans « Animalogies: Les animaux sont partout », mise en scène de Benjamin Abitan, expliqué ici sur France Culture.
    • Co-création: avec Valérie Vivancos, performances participatives au FRAC Lorraine à Metz, le 26/01/2018: La voix disait à peu près: écarte les plis.
    • Création: performance participative « Sorcières » au Festival Mondes Possibles, de SPEAP aux Amandiers (le 13/05/2018)
    • Intervention conférence « La transe hypnotique : pratiques et questions de recherche », lors de l’atelier « Etats-limites de l’humain » du jeudi 18 octobre 2018, pour l’IHEST, l’Institut des Hautes Etudes pour la science et la technologie (Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation)
    • Création sonore radiophonique: Fantasmes (52’41s, 2018, Halolalune Production, avec bourse du FACR)

    2017

    • Accompagnement de création (recherche hypnotique sur plateau, 2 jours) dans le projet Boundary Games de Léa Drouet, joué en 2018, Théâtre Les Tanneurs dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts
    • Accompagnement de création (recherche hypnotique sur plateau, 1 jour) pour les débuts d’une création de Marion Sage (Le Vivat, Armentière)
    • Co-création sonore radiophonique Agogies (16’50s, 2017, co-autrice avec Daniel Martin-Borret, autoproduction, mention au Prix Phonurgia 2017)
    • Autrice d’un texte dans un catalogue d’artiste, Frictions et cri de soie (2017), de João Vilhena,

    2016-2013

    • Invitée dans l’exposition Goudron Pressage Sillon Tympan (immersion sonore et visuelle, exposition personnelle, Centre Georges Pompidou, Paris 2016), par Stéphane Blanquet, qui a gravé l’une de mes miniatures électroacoustiques sur un vinyle à mixer.
    • Création sonore radiophonique bOa (44’33s, 2016, production ACSR, avec l’aide du Fonds d’aide à la création radio de la communauté-française-wallonie-Bruxelles -> FACR)
    • Performeuse, pour Acoustique de l’érotisme, création de Franck Thoraval (en écoute sur le site de France Culture), 2015
    • Création sonore radiophonique Merci Madame, 27’17s, 2013, ACSR
    • Diverses miniatures électroacoustiques et radiophoniques
    • Différents accompagnements individuels pour des projets artistiques sous le statut de séance individuelle confidentielle, je ne donne pas de nom).
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  • « Performances Oraculaires », Journée d’études, Université de Lorraine, le 5 mai 2025

    « Performances Oraculaires », Journée d’études, Université de Lorraine, le 5 mai 2025

    Marie Lisel, conférence-performance « Dérive en vaisseau déployé » (45′)

    LA DERIVE

    « Quand la pratique oraculaire sort des espaces dédiés à la magie pour entrer dans la vie quotidienne, comment gérer la porosité entre ce qui est posé comme réel et ce qui est défini comme ésotérique? 

    La Dérive en vaisseau déployé propose un processus où l’on passe d’un monde à l’autre sans se préoccuper outre mesure de ces concepts, l’essentiel étant d’installer l’interstice propice à l’apparition de signes et de maintenir la direction de leur interprétation. »

    MARIE LISEL

    Marie Lisel travaille avec les outils du rêve éveillé, rêve lucide, hypnose ericksonienne, rituel, protocole oraculaire, connexion inter-espèces, objets transitionnels, déploiement du système psychique, dividu·e·s, paysage onirique, voix et mouvement spontanés… que ce soit dans la vie quotidienne, pour la création artistique, en vue de l’augmentation sensorielle, en visée thérapeutique.

    Elle partage des créations sonores, performances, conférences, workshops, formations, séances individuelles, en rapport avec ces pratiques et avec des thématiques telles que l’autodétermination queer, les limites relationnelles, la synesthésie, l’inclusivité interne, le sexpositif.

  • Des séances quand tout va bien?

    Des séances quand tout va bien?

    – DES SEANCES QUAND TOUT VA BIEN –

    Ma plus ancienne cliente régulière vient depuis presque 5 ans (d’autres sont plus ancien·ne·s mais font des pauses régulièrement).

    Elle a bossé avec détermination, à l’intérieur de son psychisme et aussi à la réorganisation de sa vie après avoir découvert ses besoins et désirs.

    Là, elle va vraiment très bien.

    Alors pourquoi continue-t-elle?

    Parce que les séances lui apportent un truc qu’elle ne trouve nul part ailleurs et qu’elle kiffe: du voyage, des sensations (nager en dauphin, se dissoudre dans le vert, voler, …), des découvertes de parties d’elle-même encore inédites, de l’affirmation/approfondissement de celles qui ont été souvent visitées, des émotions qui se montrent en rêve alors qu’elle ne les sentait pas clairement dans son quotidien, du rire, des aventures oniriques inouïes, de la créativité, … du repos aussi.

    Parce que s’entretenir psychiquement c’est bon pour le moral. D’un côté rien n’a le temps de s’enkyster, c’est nettoyé-transféré direct et d’un autre côté, la souplesse du process est entretenue et continue ainsi le travail de façon spontanée.

    Au lieu de se payer des massages ou des manucures, elle préfère le rêve.

    Et elle n’est pas la seule… mais la plus ancienne et régulière. Clin d’oeil si tu te reconnais!

    J’? mon job.

    #séancesquandtoutvabien#continuerlexploration#onnajamaisfinidegrandir

    Une video qui va dans ce sens…

  • Si tu veux m’écouter parler de ma pratique

    Si tu veux m’écouter parler de ma pratique

    podcast. Marie Lisel. hypnose. rêve éveillé. magie intérieure. daydream. REVAH. accompagnement inclusif. thérapeute féministe. espace safer. Paris.

    C’est compliqué de choisir un·e accompagnant·e pour résoudre une problématique et/ou augmenter des possibles.

    Dans le champ hypnotique francophone, plusieurs collègues m’ont tendu un micro pour échanger autour de mon positionnement, de mes outils, de l’inclusivité, de la création, toussa… Ecoutes-en une? Ca permet de savoir rapidement si le rapport en séance peut matcher ou non.

    Hypnose

    Autres

    Réseaux

    Ma page Facebook reprend l’actualité sur l’hypnose, le rêve et la création.

    Mon profil Facebook pro est destiné uniquement aux collègues hypnos et autres accompagnant·e·s.

    Mon profil Insta perso est un journal de bord onirique.

  • Tarif spécial collègues

    Tarif spécial collègues

    tarif. réduction. supervision. hypnose. rêve éveillé. REVAH. positionnement. consentement. inclusivité. théorie. pédagogie. accompagnement safer. thérapie inclusive. copilote située.

    – PQ UN TARIF REDUIT POUR LES COLLEGUES? –

    Parce que j’aime accompagner les étudiant·e·s et professionnel·le·s de l’hypnose. Je kiffe de passer de l’accompagnement à l’explication de techniques (à la demande).

    Parce que je supervise selon certains axes dont j’ai une expertise.

    Tu suis un·e accompagné·e polyA, Sx+, genderfluide, TDS, adepte de psychédéliques, witch, NeuroA, en connexion interespèce ou autre atypicité…? Tu as besoin de gérer ton manque d’infos sans lui demander de la pédagogie? De comprendre comment envisager ses représentations hors grilles habituelles sans maladresses?

    Tu te demandes comment faire un ancrage ou une suggestion en restant dans le consentement?

    Tu cherches comment développer ta créativité tout en respectant le territoire de tes accompagné·e·s?

    Tu as suivi la formation REVAH et tu veux un suivi?

    Je suis la bonne personne.
    Sourire

    PS:

  • Orienter la transe spontanée

    Orienter la transe spontanée

    Hier. Je rentre par la rue du Faubourg Saint-Antoine. 20h30, il fait nuit. Je suis plongée dans mes pensées, je marche de mon pas de course habituel.

    Je double par la gauche une silhouette très trapue et plus petite que moi, sans la regarder, quand une douleur fulgurante se loge dans ma main droite. Je m’immobilise en criant « aïe » deux fois. Un mec nous dépasse très rapidement sans me demander si ça va (il m’a pourtant entendue c’est pas possible autrement). Nous sommes seuls sur le trottoir. L’homme lève la tête vers moi. Lunettes, bonnet, masque, peau, manteau, tout est noir. Sauf son grand bâton, recouvert de cordelettes de couleurs et d’un ensemble de médailles.

    Il désigne la rue derrière nous avec le bâton, « là-bas, il m’attaquent ». Je comprends qu’il a fait pivoter violemment son arme derrière son dos parce qu’il a eu peur du bruit de mes pas rapides. Il continue d’essayer de m’expliquer. Il manie le bâton avec une grande dextérité. Ce n’était pas une improvisation.

    Je suis choquée. Je ne bouge pas. Je ne parle pas. J’ai très mal. Des larmes s’écoulent de mes yeux.

    Il me tend ses mains gantées de cuir avec un « donne, je répare ». Et moi je suis au carrefour de mes émotions et de mes réactions. Option 1 la rage: je m’énerve, je crie qu’il m’a peut-être cassé une articulation. Option 2 l’appel: je fais un bond en arrière et je crie au secours ou j’arrête une voiture ou j’appelle les flics avec mon tel. Option 3 la trouille: je tente la fuite en courant vite. Option 4: la fluidité, j’accepte sa réparation et je lui donne ma main meurtrie. J’oscille. Distorsion temporelle.

    J’opte pour la fluidité. Je lui donne ma main en indiquant mon petit doigt gonflé qui se plie à peine. Il se concentre, marmonne, impose les mains, enveloppe. Je continue à pleurer. Le corps relâché. Je suis focus. Je me sens avec lui. Je participe au soin en me laissant faire, reliée par une sorte d’énergie avec ce personnage étrange qui murmure des trucs incompréhensibles, avec une musicalité qui me berce. En même temps je regarde la scène. Ca me semble à la fois très juste (sensation d’être à la bonne place) et totalement décalé (il vient de me frapper mon doigt est peut-être abimé). Encore une fois, je mets mon esprit en veille et replonge dans la transe de conciliation. Nous restons un long moment immobiles dans la nuit. Lui à donner du soin avec ses mains et sa voix, son bâton calé dans le coude, et moi à le laisser se concentrer sur mon doigt.

    Puis il relève pour la seconde fois son visage vers moi. Je ne vois toujours pas ses yeux derrière ses lunettes ni sa bouche derrière son masque. Mais je sais qu’il me regarde. On respire ensemble. Avec lenteur, je reprends ma main. On se sépare. Il revient à lui, re-attire mon attention sur son pantalon déchiré, m’indique à nouveau la rue plus loin du bout de son bâton. Montre des signes d’agitation.

    Je marque la fin de l’interaction en le regardant droit dans les lunettes et le remerciant pour le soin. Il me dit « Tu es gentille ».

    Je peux partir, maintenant.

    Sur le chemin, je sors peu à peu de ma transe. Je débriefe avec moi-même. Mon doigt pulse mais j’arrive à le plier légèrement. Mon corps est encore choqué d’avoir été frappé par surprise. Mon mental cherche des explications. J’accélère.

    Je sais que sa motivation n’est pas de me faire mal mais de se défendre.
    Je sais qu’il a eu peur car il a été attaqué dans une rue pas loin, que son pantalon a été déchiré dans la bagarre.
    Je sais qu’avoir cette apparence d’homme racisé, emmitouflé dans un manteau, un bonnet, un masque, des lunettes, des gants, en total look sombre, avec un grand bâton plein de marques de magie, sans maitrise de la langue française, sans doute avec des troubles psychiques, c’est socialement difficile. Il fait partie – bien plus que moi – des personnes qui sont toujours regardées avec méfiance, qui sont chassées, insultées, tabassées, enfermées, oppressées.
    Je sais qu’il aurait pu sérieusement me blesser.
    Je sais qu’immédiatement en voyant mon visage il a été désolé.
    Je sais qu’il était sincère dans son souci de réparer. J’imagine pour me faire du bien et aussi pour éviter qu’une femme blanche appelle les flics après avoir reçu un coup de bâton d’un homme noir en pleine rue.
    Je sais que ça aurait été plus que trash pour lui si j’avais appelé du secours.
    Je sais que ça aurait pu mal tourner pour moi si j’avais été agressive ou si j’avais sorti mon téléphone.
    Je sais que les passant·e·s ne réagissent pas aux agressions et que je dois me débrouiller seule.
    Je sens qu’il pouvait très rapidement basculer. Qu’il était au bord.
    Je sens que j’étais en capacité de me connecter à lui, en restant calme, en accueillant sa réparation, en enfilant ma croyance de soin énergétique, en me laissant faire, en évacuant la peur et la colère pour être en relation.
    Je me félicite d’avoir choisi la bonne option.

    Ce n’est pas la première fois que mon système me permet de rester tranquille pour me protéger, face à un agresseur qui peut à tout moment vriller. J’ai déjà vécu plusieurs épisodes où le fait de ne pas tempêter ou paniquer ou me battre ou fuir m’a protégée, y compris lorsqu’il y avait menace explicite de mort (ce n’est clairement pas le cas ici). Parfois c’est une autre option qui est ressentie comme optimum. Il s’agit d’aiguiller la transe survenue avec le choc de l’agression. Soit sur le mode fuite-je-décampe. Soit sur le mode fight-je-préfère-crever-tu-vas-y-perdre-un-oeil. Soit sur le mode « flow »: rester concentrée sur le fait de ne pas contrarier brutalement ce qu’il se passe, de ne pas aller contre, de m’échapper en prenant un courant calme pour m’éloigner de façon fluide, sans exacerber la violence; ce n’est pas un freeze, quand il survient, le freeze n’est pas un choix, il cadenasse et met en danger. Soit sur une autre option…

    Apprendre à son système à choisir la réaction adéquate pour la survie n’est pas inné. Je dois cette compétence à ma résilience.

    Ce que j’en retire, au point de vue pédagogique, c’est qu’il y a des contextes (selon son vécu, selon son entrainement) où il est possible de choisir sa transe spontanée. Je ne dis pas que c’est faisable pour toustes dans des cas extrêmes comme ce genre d’agression au bâton seule dans la nuit. Je ne dis pas non plus que « les victimes n’ont qu’à ». Je cherche comment apporter des outils. Dans des situations quotidiennes, pas trop dangereuses, où il y a un choc qui ouvre une transe non volontaire, c’est déjà pas mal comme terrain d’essai.

    J’en avais déjà parlé sur le tatami, avec des amateur·isse·s de s3xpositif (où les agressions existent malgré le cadre… hello patriarcacat). Et aussi en contexte féministe, pour des agressions gérables (remarque déplacée, frotteur, bousculade, engueulade…). Et aussi avec un pote qui est dans l’armée. J’ai bien envie de développer avec mes process, de chercher d’autres process chez d’autres… un peu comme les scientifiques étudient les libellules pour améliorer l’aéronautique. Que nos résiliences deviennent des fiertés à partager? Qu’elles servent à d’autres, en mettant nos outils en commun?

    En éclairant et en analysant les process utiles des survivant·e·s, on peut en adapter dans la vie courante.

    Personnellement, ça me permet aussi de me dire que les traumas n’ont pas laissé que des vortex à travailler (30 ans de thérapies, eh oui, c’est du boulot d’essayer d’aller bien!). Il y a aussi des compétences à repérer, à récupérer et à intégrer en mode bien pratique.

    Et puis, c’est un truc que j’aime dire à mes accompagné·e·s qui ont l’impression d’être uniquement déglingué·e·s. « Non non… tu vas voir, il y a des super ressources quelque part! On va les rencontrer en voyage hypnotique, les récupérer et les intégrer en alliées. » Ca fait quand même sourire à entendre…

    Work in progress.

    M.L.

    PS: j’en veux vraiment au mec qui a accéléré pour s’éloigner et ne pas me sécuriser, alors que j’ai crié bien fort quand il était juste à côté de nous (et s’il avait des écouteurs, un coup d’oeil suffisait pour voir la tension de la situation). Je n’en veux pas à la personne avec qui j’ai interagi. Je ne sais pas si c’est un truc genre syndrome de machin ou si c’est simplement de l’empathie. Je creuserai la question. Merci de ne pas asséner des vérités sur mon ressenti (mansplaning on te voit venir de loin).

  • Les motifs entoptiques

    Les motifs entoptiques

    Cet aprem, j’ai assisté à la très chouette intervention d’Antoine Bioy au Centre de Colloques sur les transes et leurs fonctions

    J’ai appris un nouveau mot que j’ai adoré: « entoptique ». Je ne connaissais pas cette notion de voir des éléments qui sont dans l’oeil lui-même. Les phosphènes n’en sont qu’une partie. Un portail s’ouvre. Je me réjouis de l’explorer.

    « Dans certaines circonstances, la lumière entrante dans l’œil peut rendre visibles certains objets dans l’œil lui-même. Ces observations sont qualifiées d’entoptiques » Hermann Helmholtz

    Un article intéressant: Imagerie entoptique et états modifiés de conscience

    Parmi les phénomènes entoptiques, l’on pourra citer (Wikipedia):

    • La myodésopsie, aussi connue sous les appellations de corps flottants ou mouches volantes. Elle correspond à l’observation de particules microscopiques flottant dans le corps vitré. Elles sont facilement observables en regardant un fond clair uni.
    • Le phénomène entoptique du fond bleu qui correspond à l’apparition de petits points brillants, se déplaçant rapidement en lignes ondulantes dans le champ visuel. Ce phénomène est beaucoup plus apparent en regardant un fond de pure lumière bleue (comme un ciel bleu). Il est causé par des leucocytes se déplaçant dans les capillaires situés devant à la rétine.
    • Les brosses d’Haidinger sont un phénomène entoptique léger, où l’on peut distinguer un motif bleu et jaune caractéristique. Il est associé à l’observation d’une lumière polarisée3. On peut notamment facilement l’observer sur un écran LCD. (Voir l’article anglais ‘Haidinger’s brush” pour plus de précisions).
    • L’image du réseau vasculaire est une image des vaisseaux sanguins de la rétine de l’œil de l’observateur. Elle peut être observée en éclairant à l’aide d’une lampe torche la sclère (ou blanc de l’œil) dans une pièce sombre. L’image des vaisseaux sanguins de la rétine est normalement invisible à cause du phénomène d’adaptation oculaire. L’angle inhabituel projette l’image sur des portions inadaptées de la rétine. À moins que la lumière ne se déplace, l’image disparaît dans la seconde. Si la lumière est déplacée à environ 1 Hz, le phénomène d’adaptation est contré, et une image claire peut être observée de façon prolongée. L’image du réseau vasculaire est souvent observée par les patients pendant un examen ophtalmologique quand le médecin utilise un ophtalmoscope. Dans la procédure de réglage de l’instrument pour que le médecin puisse examiner les vaisseaux sanguins via la pupille, la lumière de l’instrument passe souvent brièvement sur la sclère, ce qui donne incidemment un bref aperçu du réseau vasculaire au patient.
    • Les phosphènes sont une perception de lumière sans qu’une réelle source lumineuse externe en soit la cause. Les phosphènes peuvent, par exemple, être causés par une légère pression appliquée sur les yeux clos.
    • Les images de Purkinje sont des réflexions d’objets sur l’intérieur des yeux. Par exemple, une source de lumière ponctuelle dans une pièce sombre peut être observée directement mais aussi d’une façon atténuée par réflexion, probablement par une réflexion sur la surface antérieure de la lentille et réfléchie à nouveau vers l’œil par l’arrière de la surface de la cornée. Parfois une réflexion encore plus faible peut-être observée, probablement d’une lumière réfléchie depuis la surface arrière de la lentille vers l’œil et réfléchie à nouveau vers l’œil par la cornée ou la surface antérieure de la lentille. [citation nécessaire]
    • L’eigengrau (« gris intrinsèque »), couleur vue par l’œil humain dans l’obscurité totale.
    • Phénomène pseudo-entoptique
    • Un phénomène qui peut-être qualifié d’entoptique, si l’on considère les cils comme partie intégrante de l’œil, est l’observation de la lumière diffractée au travers des cils. Le phénomène apparaît comme un ou plusieurs disques lumineux traversés par des lignes sombres et floues (l’ombre des cils) présentant chacun des franges de couleurs du spectre visible. La forme en disque est produite par l’ouverture circulaire de la pupille.

  • Fiche pédagogique: différencier peur, anxiété, panique, stress

    FICHE PEDAGOGIQUE : STRESS, ANXIETE, PANIQUE

    Cette fiche se base sur la vidéo de Cyrille Champagne pour l’ARCHE : « Comprendre les mécanismes de l’anxiété« 

    Différencier le stress de la peur, anxiété, trouble anxieux généralisé, crise d’angoisse, trouble de panique et comprendre leur fonctionnement permet de se réguler en partie.

    ***

    Peur : réaction forte à une menace réelle et immédiate pour favoriser la survie

    Anxiété : émotion vague, diffuse, à bas bruit, qui se rapproche de l’appréhension qui semble être sans objet réel et immédiat. Elle peut venir d’un trop plein d’informations à traiter (surcharge par les médias, rush de boulot, …) ou de la difficulté d’admettre la réalité telle qu’elle est en train d’advenir ou du manque d’informations ou d’événements imprévisibles et incontrôlables (comme l’épidémie 1 de covid) ou à la difficulté de réagir à un événement particulier ou de constructions imaginaires d’une situation qui n’existe pas mais que l’on redoute (peur qu’un proche ait un accident).

    Trouble anxieux généralisé : anxiété qui est constante, chronique, pas spécialement très forte (est là tout le temps ou revient souvent). Entraine de la fatigue chronique, une humeur teintée d’irritabilité, de la difficulté à se concentrer, des migraines, des tensions musculaires, de l’insomnie.

    Crise d’angoisse ou l’attaque de panique : malaise lié à la peur sans objet précis qui a une intensité extrême, forte et fulgurante, avec une sensation d’inquiétude extrème face à l’impression qu’il y a un danger imminent face auquel on va être impuissant. Ca entraine une montée de sensations comme des bouffées de chaleur, des frissons, d’étouffement, d’étranglement, de crise cardiaque, des sensations de mort imminente, de déréalisation (le réel se délite, peur de devenir fou), peur de ne pas pouvoir garder le contrôle de soi (comme s’empêcher de tomber par la fenêtre). Les symptômes sont en eux-même affolants.

    Trouble panique : quand on fait des crises d’angoisse à répétition (au moins une par semaine pendant un mois), répétition chronique des crises d’angoisse génère de l’anxiété d’avoir une crise. Par ex, l’agoraphobie secondaire vient de la peur d’avoir une attaque de panique en société, ce qui peut amener à ne plus vouloir sortir.

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    Le stress ne se confond pas avec ces catégories, c’est un domaine à part entière.

    C’est une réponse à toute situation pour que l’organisme biologique se maintienne dans un état fonctionnel. Plus il y a de pression sur l’organisme et plus il va lutter pour maintenir son équilibre. Environnement extrème, surcharge d’action, manque de repos, manque de nourriture, …

    3 phases : la réaction d’alarme (phase de choc), phase de résistance, phase d’épuisement.

    Déclencheur : décès, déménagement, emprisonnement, accident, agression, blessure, maladie, conflit, changement de vie

    Phase de choc : corrélée à des angoisses

    Phase de résistance : corrélé à l’anxiété diffuse

    Phase d’épuisement : dérèglement complet de l’organisme, favorise tout…

    L’anxiété fatigue l’organisme donc génère le stress qui active les surrénale et favorise l’anxiété. Il y a des liens entre les deux.

    Mais il est possible d’avoir du stress sans anxiété, irritabilité, … c’est distinct. On parle de gestion du stress.

    Stress post-traumatique : caractérisé par le sentiment de désespoir et sentiment d’horreur. Pas d’attaque de panique. Symptômes : remémorations intrusives, réminiscences de situations traumatiques, cauchemars / évitement des facteurs qui peuvent déclencher, évitement en évitant d’en parler, insensibilisation émotionnelle, perte des passions, replis sur soi, fuite d’autrui, hyperstimulation, hypervigilance, difficultés de concentration, insomnie, impression vague de danger, irritabilité… Certains symptômes sont les mêmes que l’anxiété et l’angoisse mais il est important de les différencier.

    Pour aller plus loin:

    Les fiches (à venir sur le psychotrauma, la théorie polyvagale, les méthodes de réduction de l’anxiété…)

    Les podcasts sur la santé mentale rassemblés dans l’article « podcast »

    Maintenant: Sourire