Catégorie : Ressources

  • Elargir le champ de sa liberté

    Elargir le champ de sa liberté

    L’hypnose éricksonienne saisit la personne dans son environnement, dans et par rapport à son monde. En arrêtant la perception ordinaire, en mettant de côté les stimuli afférents, en rendant le regard « intérieur », elle installe un focus qui met à jour la totalité des paramètres de l’existence, les déterminations habituelles, les représentations, les appartenances, le réseau d’influences (bref, ce qui agit sur ce que je considère comme « moi »), qu’il est alors possible de faire évoluer.

    Grâce au passage vers l’état modifié de conscience de l’hyperéveil, l’imagination devient véritablement active et créatrice. La puissance du rêve révèle les relations qui nous constituent, sous la forme de films intérieurs multisensoriels fantastiques… et nous offre le pouvoir d’explorer notre monde par tous nos sens, de le développer, de le cartographier, de l’ordonnancer de le transformer à la manière qui nous est propre.

    Les témoignages proposent une explication concrète de ces processus. Mes articles en déclinent différentes facettes. Vous pouvez également consulter les présentations des séances et des ateliers.

    Loin de pousser à « sortir de la zone de confort » l’hypnose éricksonienne permet d’élargir les limites de notre liberté!

    Quelques exemples:

    • négocier avec des parties de soi-même de façon à recouvrer une paix intérieure, prendre une décision, oser agir avec la retenue appropriée (qui assure la sécurité sans brider)
    • demander à une/des parties intérieures une co-création d’œuvre (j’entends une musique en moi, ma main écrit, j’observe un mouvement, ça chante en moi…)
    • réparer des blessures, tranquilliser des peurs, de façon à ce qu’elles ne soient plus des obstacles
    • vivre une situation une fois l’obstacle dépassé, le problème réglé (je suis parfaitement à l’aise en donnant ma conférence en auditoire) et ramener avec soi ce vécu et cette expérience
    • approcher son symptôme (réaction, sensation, émotion, addiction…) pour en comprendre le fonctionnement et générer un comportement ou une émotion constructive, en accord avec les fonctions occupées par le symptôme gênant, qui devient dès lors inutile
    • rencontrer des parties de soi et les amplifier, expérimenter leurs ressentis, leurs ressources, leurs différences et apprendre à les gérer selon les situations (ex : enfant intérieur, sagesse, aventurier, défenseur, ado foufou…)
    • récupérer des ressources enfouies, les rendre disponibles, leur permettre de s’accorder entre elles et de sans cesse s’améliorer
    • se rencontrer « en mieux » et modéliser ce moi idéal
    • lâcher du lest, enterrer des regrets, se libérer d’influences insoupçonnées
    • réconforter l’enfant que l’on a en soi de façon à lui permettre de grandir en s’épanouissant (et donc de vivre mieux les situations où cette part de nous avait mal ou peur)
    • améliorer un processus ou un pouvoir (récupération d’énergie, position méta, communication intuitive, résonances artistiques…)
    • traverser une zone d’ombre, la dépasser, la sublimer
    • vivre des expériences transformatrices (peak experience, compréhensions profondes, épiphanies…)
    • mettre en lien des stimuli et des réactions de façon inhabituelle (synesthésie, érotisme de zones dites neutres…)
    • entrer dans la musique, dans un tableau, dans un arbre… et se laisser aller dans l’expérience

    Je conçois l’hypnose comme un outil à (apprendre à) utiliser au quotidien, autant avec parcimonie qu’avec intensité, pour créer sa vie vers un mieux être, créer son travail artistique et créer son monde intérieur, chacun à son rythme, selon ses intentions propres et en toute sécurité.

    Bienvenue en séance et en atelier.

    © Marie Lisel

  • S’entendre avec son symptôme

    S’entendre avec son symptôme

    Lorsque l’on établit une communication valable avec son symptôme, il n’est plus obligé de « gueuler de douleur ou de gêne » pour se faire entendre.

    Ca peut paraitre simpliste mais… ça fonctionne!

    DE L’ECOUTE ET DE LA CONSIDERATION POUR SOI-MEME

    En se connectant avec ce qui nous gêne, nous fait mal, nous handicape… en le considérant, en lui faisant ressentir la complicité et l’amour que l’on peut avoir pour toutes les parties de soi y compris lui, il est possible de donner envie à ce qui est en soi « plus fort que soi » de communiquer autrement que par la douleur, l’angoisse, la gêne… Le regarder, écouter ce qu’il a à dire, établir un accord avec lui de façon à mieux vivre… cohabiter?

    ROLE DU SYMPTOME

    Il est bon de rappeler que chaque gêne physique (acouphènes, nausée, migraine…) doit d’abord être analysée chez un médecin, avant d’envisager d’améliorer le bien-être par un travail sur le fonctionnement psychique.

    Parfois, le rôle que remplit le symptôme est de prévenir de ce que l’on se représente à raison ou à tort comme un élément à éviter. Je me souviens des crises d’éternuements au contact des chats, développées subitement par une personne qui, après une énième dispute familiale, ne voulait plus du tout voir sa belle-mère, laquelle vivait avec trois persans.

    Parfois, ce rôle est très important pour l’équilibre général de la personne. A partir du moment où elle se rend compte qu’il lui faut d’abord commencer par  transformer un lien ou autre modification essentielle avant de se séparer de son symptôme, le travail vers le mieux être est déjà entamé.

    Par exemple, une personne désirait se « débarrasser » d’un acouphène. Après la séance, elle a décidé au contraire le garder et a commencé à apprivoiser avec tendresse ce rempart qu’elle utilisait avant – inconsciemment – contre la dureté du monde qu’elle ressentait souvent. Elle sait que son rapport aux autres est compliqué. Mais elle n’a pas envie d’entamer ce chantier maintenant car ça ne la gêne guère, elle aime la solitude. Elle a donc décidé de devenir complice avec son acouphène et a très vite réussi à le « commander » lorsqu’elle en a besoin (comme avec un potentiomètre qui amène une barrière ou un doudou, selon la fréquence) et à l’interpréter (comme une alarme d’angoisse qui menace). L’accord est parfait, selon elle. Quant au chantier de la relation au monde, elle l’entamera quand et si elle le désire. A chacun son confort et ses décisions!

    Un autre client, lui, venait pour la cigarette. En découvrant le rôle d’une dizaine de ses cigarettes quotidiennes (les autres étaient purement comportementales), il a décidé de régler d’abord le problème sous-jacent (rituel de fidélité à une tradition familiale), avant d’essayer d’arrêter de fumer. Et… l’arrêt s’est fait tout seul, naturellement, dès l’intégration de la transformation au lien familial.

    SE FAIRE CONFIANCE

    Ces transformations peuvent se faire en rêve éveillé mais aussi, simplement, en faisant confiance à ce qui travaille en nous sans que nous le maitrisions.

    Bien sûr, il n’y a pas de baguette magique! Il faut compter sur les séances d’hypnose, mais aussi sur la volonté et la ténacité (le fait de vouloir régler le problème et de s’y atteler!), la répétition (qui est un des ingrédients du changement) et sur un travail hypnotique en rapport avec la complexité des processus. En effet, pour certain(e)s, cela peut prendre une séance alors que pour d’autres, il peut en falloir cinq, selon ce qui a déjà été travaillé avec d’autres techniques, selon le réseau de liens, etc.

    En séance individuelle ou en atelier « établir une communication confortable avec son symptôme », chacun découvre, à son rythme, comment s’écouter et comment créer une entente nouvelle avec ce qui cherche à s’exprimer.

    Il suffit d’oser ?

    © Marie Lisel

    Lire aussi:

  • Explorer une oeuvre d’art par l’hypnose

    Explorer une oeuvre d’art par l’hypnose

    Briser la continuité du monde

    « Le caractère clos des œuvres d’art, leur effet hypnotique reposent sur le fait qu’elles réclament et accaparent un maximum d’énergie. Cela donne au contemplateur la force de briser la continuité du monde à l’aide de la figure totalisée et d’échapper pour un temps à l’angoisse de mort. Chaque totalisation crée des états de discontinuité, et c’est en cela que réside une chance pour la liberté humaine » Carl Einstein, Georges Braque, Bruxelles, La Part de l’Œil, 2003 (1932), traduction de Jean-Loup Korzilius, p. 53.

    Différents prétextes pour approcher l’art avec l’outil hypnotique

    Lorsque je me balade dans une exposition, il m’arrive de me laisser flotter dans la salle et de dériver jusqu’à l’univers qui dégage la plus intense force d’attraction. Ou bien de rester perplexe face à une oeuvre censée m’interpeller (dixit l’ami(e) ou le/la spécialiste qui m’accompagne) et de me concentrer pour tenter une connexion. Ou bien de passer le temps, en jouant avec la transe et les matières, formes, couleurs, sons. Ou bien de laisser s’inventer une histoire en relation avec l’oeuvre, pour un texte à joindre pour un catalogue. Ou bien…

    Une porte vers un voyage

    Les prétextes pour explorer une oeuvre avec l’outil hypnotique sont légion. Pour être honnête, c’est surtout… une porte vers un voyage encore vierge car réalisé à partir d’une création inconnue et, aussi, un voyage bien plus reposant qu’en autonomie complète.

    Lorsque l’on part uniquement de sa propre imagination pour entrer dans l’imaginal (lieu ou se déploient les productions de l’imagination), le voyage est souvent surprenant. Il demande néanmoins à être accompagné, voire guidé. En autohypnose, c’est possible (je le fais souvent) mais avec pas mal d’entrainement et d’attention.

    Lorsque l’on se projette dans/en miroir d’une oeuvre créée par un artiste, l’état propice est plus facile à atteindre et l’interaction entre les imaginaires donne lieu à des échappées ouvrantes.

    Les oeuvres de Pieter Vermeersch

    Par exemple, les peintures de Pieter Vermeersch m’ont interpellée il y a quelques années, à Barcelone. Je suis restée un très long moment immobile, oscillant à peine, en voyage au coeur de ses détails de ciels agrandis en grands formats. Quelle richesse!

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    Plus tard, j’ai eu l’occasion de visiter son atelier à Bruxelles. Puis j’ai retrouvé d’autres oeuvres, à Paris, en janvier 2017. A la Galerie Perrotin, ce sont deux petits formats de peinture sur marbre qui ont capté/capturé mon attention.

    L’expo est visible jusqu’au 18 février.

    Se sentir libre de projeter, de transformer, d’entrer, de jouer…

    Explorer une oeuvre d’art par l’outil hypnotique est un moyen de transformer nos expériences subjectives, de modifier la perception de l’espace et du temps, de permettre à des idées, des sensations, des émotions, des images multisensorielles de se déployer, de créer du sens autrement que par la rationalité, de faire une expérience sensible enrichissante, de pousser les limites de l’expérience de la compréhension de soi, de la nature, de la société, du monde, de se laisser « embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux » (Lygia Clark), de voyager, de créer des ouvertures, d’atteindre un pan de clairvoyance, une épiphanie, un éveil, une compréhension profonde, un déclic…

    Evidemment, il ne s’agit pas de découvrir « ce que l’artiste a voulu dire » (il suffit de le lui demander ou de lire les commentaires de ceux qui l’ont fait), mais bien de se permettre de projeter librement son propre univers intérieur pour rendre visible ce qui restait caché, dans et à travers l’oeuvre.

    L’hypnose comme outil pour l’exploration artistique

    L’hypnose est pour cela l’outil idéal, car la mise en veille de notre rationalité donne l’occasion à notre monde intérieur de s’activer en s’appuyant sur le support qu’est l’oeuvre et de devenir, lui aussi, créateur!

    Bienvenue en séance ou en atelier d’exploration d’une oeuvre!

     © Marie Lisel
  • Explorer l’imaginal grâce au pouvoir animal

    Explorer l’imaginal grâce au pouvoir animal

    Comme l’hypnose libère du choix radical imposé d’une représentation qui serait LA vérité de notre fonctionnement psychique… je peux me représenter ma discipline favorite de différentes façons et l’utiliser efficacement selon des paradigmes variés.

    Je vous propose ici d’adopter la croyance de votre animalité et des pouvoirs incroyables qu’elle vous donne! Si vous étiez un animal…?

    Je n’affirme pas que cette croyance doit être imposée et en éliminer d’autres. Elle peut être adaptée et adoptée temporairement ou à long terme, seule ou en juxtaposition avec d’autres.

    Je suis (entre autres) un chat. Et vous?

    Se rendre sensible à son animalité par l’hypnose

    L’animal est guidé dans ses choix par des réflexes comportementaux et par son instinct. L’humain vit sa très grande liberté de choix au risque de se perdre, de s’angoisser, de regretter…

    L’hypnose permet l’expérience d’un autre mode de perception que le mode habituel, un mode « animal », qui met l’accent sur l’intuition, la lecture de la position, des mouvements, des microgestes, du ton de la voix, de la respiration, des odeurs, des vibrations, de la lueur dans le regard, du rougissement de la peau, du hérissement des poils, du tonus musculaire, de la chaleur corporelle, des tensions… L’animalité de l’humain est ainsi mise en éveil.

    Même la personne la plus passive provoque des réactions (le plus souvent inconscientes, c’est-à-dire hors du champ de l’attention) chez ceux qui s’en approchent. Ces réactions provoquent des réactions et ainsi de suite. Toutes nos interactions sont teintées d’influences réciproques. Un exemple évident : dans un même champ socio-culturel et avec un look semblable, pourquoi une personne inconnue nous apparaît-elle sympathique et une autre antipathique, sans avoir interagi ni avec une ni avec l’autre ? L’influence est une action secrète d’un être sur un autre. Et nous en sommes sans cesse traversés.

    L’attitude d’un animal vis-à-vis d’un humain est souvent révélatrice de ces influences dont nous ne soupçonnons pas l’existence. D’ailleurs, les animaux réagissent fortement à l’état de transe, même très léger. Pour illustrer cela de façon personnelle, je pourrais raconter un grand nombre d’histoires à propos de chats qui se collent à moi « alors que d’habitude ils se cachent quand un étranger entre dans la maison » dixit leur humain ou bien qui déboulent en début de séance…

    Explorer nos réseaux d’influence grâce à cet état d’animalité

    L’humain est régi par un réseau d’influence dont il n’a en grande partie pas conscience. Nous vivons au sein d’une multitudes de relations!

    En les explorant, en les traversant, en les transformant selon nos intentions, nous « mettons à jour » (dans les deux sens du terme) ce qui nous constitue.

    Grâce à l’état hypnotique, il est possible de focaliser l’attention sur ces perceptions infimes qui échappent à notre attention et de parcourir ce réseau d’influences qui guide nos pensées, émotions, réactions, actions, préférences, répétitions…

    Ainsi, ce qui engendre le symptôme n’est pas « effacé » mais relié autrement, en portant l’attention nécessaire à son réseau de déterminations relationnelles.

    En envisageant l’hypnose de cette manière, la peur de la perte de contrôle est renversée. Il n’est en effet pas question de perdre sa maîtrise (illusoire) mais bien de s’approprier les liens de dépendance et d’influence pour davantage de liberté et de responsabilité.

    Récupérer des ressources grâce à l’imagination active

    Chez Erickson, fondateur de l’hypnose qui porte son nom, « l’inconscient » n’est pas, comme en psychanalyse, un réservoir de refoulé générateur de pulsions menaçantes, mais bien un réservoir de ressources aidantes. Erickson proposait à ses patients de découvrir et d’activer ces ressources ignorées pour établir une modification dans leur fonctionnement. Il offrait les conditions à chacun de s’approprier librement (transformer, détourner…) le système des forces inconscientes. (Alors que les hypnotiseurs du temps de Freud plaçaient leurs patients sous hypnose pour leur suggérer l’abandon de leurs symptomes. Seul le praticien était actif dans l’opération).

    La recherche du « pourquoi le trouble est-il apparu? », à la manière psychanalytique, de même que l’interprétation des symboles, la compréhension rationnelle, la prise de conscience, ne font pas partie de ses outils. Au contraire, il privilégiait les métaphores, les actes symboliques, la confusion, pour aller vers le « comment améliorer l’existence? ».

    J’ajoute, sans développer, qu’Erickson a habité dans une ferme, dans le Wisconsin, non loin d’indiens hommes médecines, et qu’il a inclus des animaux dans le relationnel avec certains patients.

    Accéder au monde intérieur : « l’imaginal »

    Depuis le début de l’humanité, des humains se mettent en condition de diverses manière impliquant la transe, pour recevoir des présages, pour se mettre en lien avec la nature, pour deviner le bon choix… en orientant l’attention vers le ressenti intérieur, en suspendant les facultés volontaires.

    Ainsi, en focalisant sur les sensations, l’humain peut obtenir un grossissement de ce qui le parcourt sans être détecté en état de veille ordinaire.

    Pour permettre l’apparition de ce monde intérieur, la « conscience » (attention portée à des éléments habituels, volonté…) est limitée. Personnellement, je ne travaille pas en « perte de conscience » car je préfère les séances où une partie de la personne a conscience d’être en séance, observe ce qui se passe sans juger, accueille les informations délivrées, pose ses choix, reste vigilante, me parle… côtoie une autre partie qui explore son pays intérieur, comme dans un rêve. Ce double état ressemble d’ailleurs à celui du rêveur lucide.

    Dans ce monde, que nous nommons en hypnologie « imaginal », des images multisensorielles (ce que j’entends, vois, ressens, sens, goûte, etc) se déploient, engendrant des émotions et des compréhensions profondes (différentes des compréhensions intellectuelles). L’approche se fait donc par la présence au corps. Au présent.

    Les sensations opposées peuvent cohabiter de façon compatible. Les doubles sensations (lourd-léger, chaud-froid, doux-dur, agréable-désagréable, serré-ouvert, proche-lointain, sombre-lumineux, chuchoté-assourdissant…) sont d’ailleurs caractéristiques de l’état d’hypnose où la rationalité habituelle ne règne plus en maitre et où il ne nous reste plus qu’à goûter à ces mélanges, avec tous nos sens.

    Et, en traversant l’imaginal, en expérimentant ce qu’il y a à expérimenter, les changements s’opèrent…

    En hypnose éricksonienne, l’exploration ne se double pas fréquemment d’une symbolisation animale, contrairement au shamanisme, au néo-chamanisme ou à des propositions intermédiaires comme celle de S. Gallegos (dont vous pouvez consulter la conférence donnée à l’Arche, dans le cadre du cours d’hypnologie.)

    Sans généraliser pour autant cette pratique, pourquoi s’en priver ? Parcourir l’imaginal avec des capacités animales est autant efficace qu’exaltant 🙂

    Parcourir l’imaginal, avec nos pouvoirs sensoriels animaux, par l’hypnose

    Chez trop d’hypnotiseurs (que je ne cautionne pas), ces voyages sont dirigés, dans un monde imaginaire simpliste et imposé, selon des scripts (lecture de scenarios préécrits). Par exemple : « Vous êtes sur une plage de sable blanc. Le ciel est bleu. Il y a quelques nuages. Vous entendez les mouettes. Vous sentez le vent léger et l’air iodé. Avancez vers le rivage et écrivez avec l’index c-i-g-a-r-e-t-t-e sur le sable, puis regardez les vagues effacer le c, le i, le g… il ne reste plus que le mot…  arrête ». Argh !

    La variante est le script souple (préécrit, appris et non lu), qui s’adapte plus ou moins au sujet.

    En création sonore hypnotique fixée sur support, cette méthode devient un « rêve éveillé dirigé », qui peut être un parti pris artistique intéressant (que j’ai d’ailleurs appliquée à bOa), même si ce n’est pas la seule possibilité. En atelier avec des groupes, je m’oriente davantage vers la méthode « intermédiaire », plus ou moins libre selon les objectifs, le contexte et ce que je ressens du groupe. Parfois, l’atelier peut aussi être accompagné sur un mode libre, avec quelques balises et un travail préparatoire.

    En atelier ou en séance, une façon de faire intermédiaire est de passer l’entrée de l’imaginal avec une intention, comme fil conducteur de « ce qu’il y a à faire » dans le voyage. L’accompagnant, ici, laisse la personne en transe libre de ses choix et de ses actions, il n’impose pas le « paysage », mais il oriente le voyage selon un axe déterminé au départ (« se couper d’une relation toxique », par ex) et utilise des protocoles (structures de leviers de changement) qu’il adapte au plus près de l’accompagné. Il m’arrive souvent de travailler dans ce sens à un moment donné de la séance, en suggérant, par exemple, une réunion avec « tout ce qui et tous ceux qui » qui sont impliquées dans la résolution de l’intention, de façon à travailler en négociation de parties, ou encore une transformation du lien symbolisé par les sous-modalités, ou une RHV ou une modélisation ou… Quand? Lorsque je « sens » que c’est le moment.

    Une autre façon de travailler propose d’entrer dans l’imaginal avec une intention et de visiter différentes contrées spécifiques, apportant différents bienfaits, tout en laissant advenir les situations et les rencontres (les leviers de changement sont alors non-protocolaires).

    Une autre est d’entrer dans l’imaginal avec une intention et d’appeler des guides, les uns après les autres, pour avancer avec eux étape par étape.

    Une autre encore, propose d’entrer dans l’imaginal avec une intention puis de laisser advenir les situations et les rencontres.

    Les variantes sont innombrables. Voyez l’article sur le REAH

    Enfin, il est également possible d’entrer sans intention ni direction et d’accueillir ce qui vient. Le seul fait de se connecter avec ce qui, en nous, crée des liens, des ressources, des énergies nouvelles… permet de réparer, de transformer vers un mieux-être.

    Les scripts préécrits imposés sont pour moi rédhibitoires en séance. En ce qui concerne les autres façons de faire, je m’adapte à chaque fonctionnement et intention, sans forcer mais sans lâcher non plus, en accompagnant de façon plus ou moins affirmée, selon ce qui émerge pas à pas, de façon à ce que la personne jouisse d’un maximum de liberté tout en se sentant en sécurité, à l’aise. Parfois, une séance accompagnée « de plus près » est plus rassurante pour une personne peu habituée à prendre des initiatives. Parfois, il est intéressant de désigner un chemin pour faire un exercice d’écolage sympathique (apprendre à garder l’attitude accueillante et confiante, sans jugement, se servir de la « boite à outils », parler en transe, laisser le mouvement intuitif se faire, jouer…) avant d’emprunter une voie plus chaotique. Parfois, surtout pour les personnes bien ancrées qui préfèrent l’autonomie complète, je reste simplement là, disponible, attentive, connectée des coussinets aux vibrisses 😉

    Il suffit d’oser!                =^_^=

    © Marie Lisel

  • Hypnologie

    Hypnologie

    Par quels moyens peut-on avoir accès à la transformation de la subjectivité?

    L’hypnologie – recherche interdisciplinaire sur les processus hypnotiques et les dynamiques de l’expérience subjective, menée par Cyrille Champagne- tente de répondre précisément à cette question.

    « Les cours d’hypnologie présentent des éléments de connaissances gravitant autour de l’hypnose : phénoménologie, sciences cognitives, psychologie, voies introspectives, anthropologie … Ils sont présentés sous un angle interdisciplinaire issu du département Recherches de l’Arche. Ces cours servent l’approfondissement théorique de l’hypnose, et sont orientés vers des grilles de lecture et des aspects concrètement applicables en accompagnement. Ils sont ouverts à tous, gratuitement les mardi soirs à Paris, où ils sont suivis d’un temps d’échange avec le public. » Arche Hypnose

    A consulter en ligne:

    Le cycle 2017/2018

    Cette année nous vous proposons :
    4 conférences d’invités spécialisés (retranscrites intégralement en vidéo)
    5 modules thématiques de 2 à 3 cours chacun (retranscrits en vidéo sauf questions-réponses) ,
    1 module de cours pratique (hors-vidéo)
    1 module participatif (hors-vidéo)

    Programme général 

      • Cours : L’expérience subjective du corps : corps vécu, représentations du corps, corps imaginal. // Septembre & Octobre 2017 // 
      • Cours : L’expérience subjective du temps : temporalité, agents et identité. // Novembre & Décembre 2017 // 
      • Cours : Les aprioris du mieux-être. // Janvier & Février 2018 // 
      • Cours : L’attribution d’agents : agentivités, moteurs d’actions, identité. // Mars & Avril 2018 //
      • Cours : Les suggestibilités internes et externes : un modèle hypnologique. // Mai 2018 //
      • Conférences : Raphael Milliere, Bernard Frit, Olivier Piedfort, et James Morley
      • Pratique du Reve Eveillé Dirigé , niveau 2, réservé aux étudiants du niveau 1. // Novembre 2017 à Février 2018 //
      • Module participatif expérimental : Séquençage de structures hypnotiques. // Juin 2018 //

     

    Modalités 

    Tous les cours sont gratuits, ouverts à tout public, en portes ouvertes à :
    ARCHE, 40 rue Louis Blanc à Paris 10ème, métro Louis Blanc
    (attention, le lieu est susceptible de changer en cours d’année) 

    Durée : 1h00 de cours + 1h00 de questions-réponses et de partage avec le public.
    Ouverture des portes : 19h00 . Le cours commence à 19h30 précises.

    Les annonces, modifications ou annulations éventuelles etc , sont exclusivement sur le groupe Facebook Hypnologie
    https://www.facebook.com/groups/hypnologie/.
    Les vidéos sont en ligne sur notre chaine Youtube et sont relayées sur ce même groupe Facebook.

    Pour les soirées « Invités » : une réservation weez-event est mise en place , l’entrée reste gratuite.
    Les informations de réservations de ces soirées sont également uniquement sur ce groupe Facebook.

     

    Programme et planning détaillé

     

    Cours : L’expérience subjective du corps : corps vécu, représentations du corps, corps imaginal. 

    Sensorialité, motricité, cartes somatosensorielles, proprioception, schémas corporels, énergie, représentation spatiale, … issues de disciplines différentes, de nombreuses approches du corps se complètent .
    Nous étudierons différentes dimensions de l’expérience du corps et leurs liens au domaine imaginal, des perspectives modernes pour accompagner les thématiques liées au corps, et des techniqes hypnotiques incluant le corps.

    – 12 Septembre : ! ATTENTION ! SOIREE ANNULEE ( Pour cause de grèves annoncées )  
    – 26 Septembre : L’expérience subjective du corps 1/2
    – 10 Octobre : L’expérience subjective du corps 2/2
    – 17 Octobre : Invité : Raphael Milliere, enseignant en philosophie à Oxford et affilié au Center for Subjectivity Research de Copenhague, il présentera un modèle en 3 variables de l’expérience subjective, établi depuis la phénoménologie des états modifiés de conscience.

     

    Cours : L’expérience subjective du temps : temporalité, agents et identité.

    Nous étudierons quelques modèles modernes sur les liens passé-identité-agentivité, intégrant régressions I-positions et stades de développement, dans la continuité du module de cours « La construction de l’identité » (Mai 2017) .
    Nous étudierons les rapports entre identité-présent et anticipations du futur, étayant l’intérêt des accompagnements « orientés vers la construction du futur ».
    Nous présenterons enfin un modèle synthétique de l’expérience subjective des 3 temps, mettant à jour les approches en « ligne du temps », pour des perspectives approfondies en accompagnement.

    – 21 Novembre : L’expérience subjective du temps 1/2
    – 05 Décembre : L’expérience subjective du temps 2/2
    – 19 Décembre : Invité : Bernard Frit , hypnothérapeute et gestaltiste, directeur de l’école La Tempérance, formateur en hypnose et PNL et auteur de « Transe Personnelle » , il présentera son modèle pratique de « Thérapie des Etats Dissociés » .

     

    Cours : Les aprioris du mieux-être

    Les chemins vers le bien-être et le mieux-être sont-ils des aprioris culturels et sociaux ? Quels étaient les modèles de bien-être dans le passé occidental ?
    Aujourd’hui, de nombreuses approches du bien-être s’opposent : performatives, contemplatives, individualistes, spiritualistes, pragmatiques, orientées réussite matérielle, orientées détachement émotionnel …
    Quelles en sont les racines historiques, éthiques et philosophiques ? Comment s’y situent les praticiens et comment évaluer les demandes des clients, leurs perspectives et leur écologie systémique ?
    Par une revue historique, philosophique et sociologique, nous traiterons ces différentes questions et prendrons des temps d’échange avec le public pour en soulever les paradoxes.

    – 16 Janvier : Les aprioris du mieux-être 1/3
    – 30 Janvier : Les aprioris du mieux-être 2/3
    – 13 Février : Les aprioris du mieux-être 3/3

     

    Cours : L’attribution d’agents: agentivités, moteurs d’actions, identité.

    Dans ce module, nous développons notre modèle cognitif en 3 processus distincts : attention, volition et attribution d’agents, modèle appliqué à l’hypnose d’accompagnement. Nous y montrerons cette année l’importance de « l’attribution d’agents » , et son utilisation en accompagnement.
    Ce cours poursuit et reprend les notions introduites dans les modules de cours « Un esprit dialogique dans la psychologie occidentale » (automne 2015) , « Psychosynthèse et psychodynamiques comparées » (automne 2016) et « Vers une imagination agente ? » (hiver 2017) . Il reste accessible à tout public : nous reprendrons les bases théoriques avant un approfondissement et des exemples concrêts.

    – 13 Mars : L’attribution d’agents 1/2
    – 27 Mars : Invité : Olivier Piedfort Marin, directeur de l’Institut Romand de Psychotraumatologie de Lausanne, co-auteur de « Psychothérapie des traumatismes complexes : Une approche intégrative basée sur la théorie des états du moi et des techniques hypno-imaginatives » 
    – 10 Avril : L’attribution d’agents 2/2

     

    Cours : Les suggestibilités internes et externes : un modèle hypnologique

    Ce module développera la notion de suggestibilité. Qu’appelons-nous suggestion, que recouvre ce terme ? Qu’est-ce que la suggestibilité et quelles sont ses dynamiques ? Nous présenterons un nouveau modèle des suggestibilités, basé sur un concept original de Kevin Finel, et appuyé par nos recherches en hypnologie.

    – 15 Mai : Les suggestibilités 1/2
    – 29 Mai : Les suggestibilités 2/2

     

    Module de pratique : Reve Eveillé Dirigé & Imaginal : niveau 2 

    !! Attention !! Ce module de pratique est exclusivement réservé :
    – aux étudiants en présentiel du module de cours « Vers une imagination agente ? » (hiver 2017) (à partir d’une participation pratique à ce précédent module au moins)
    – aux personnes ayant intégralement suivi le module « Vers une imagination agente ? » en vidéo , ET ayant mis en pratique les exercices des cours : « Entrainements à la visualisation » et « Imagery : le cas du Reve Eveillé Dirigé ».
    !! Attention !! Les personnes n’ayant pas ces pré-requis ne seront pas admises à ces soirées. Nous contacter pour toute précision.

    R.E.D. & Imaginal Niveau 2 : suite des pratiques réalisées en groupe à l’hiver 2017.

    – 14 Novembre : R.E.D Niveau 2 – 1/4
    – 12 Décembre : R.E.D Niveau 2 – 2/4
    – 9 Janvier : R.E.D Niveau 2 – 3/4
    – 6 Février : R.E.D Niveau 2 – 4/4

     

    Module participatif expérimental : Séquençages de Structures Hypnotiques 

    Dans ce module, nous étudions les ressorts hypnotiques de pratiques traditionnelles ou modernes.
    Les étudiants des cycles Hypnologie, accompagnés par Cyrille Champagne, sont invités à venir y présenter leurs travaux.

    – Tous les mardis du mois de Juin, selon travaux proposés par les étudiants.

     

    Invité : James Morley 

    James Morley est psychothérapeute, phénoménologue, et professeur de psychologie clinique à l’Université Ramapo du New-Jersey.
    Il présentera l’impact de la phénoménologie moderne et de l’imaginaire dans l’évolution de la psychothérapie aux Etats-Unis,
    et les échanges philosophiques incessants entre Europe et Amérique du Nord dans les évolutions historiques de la psychologie.

    Date à préciser dans le courant du printemps 2018 .

  • Host an artist

    Host an artist

    Retrouvez-moi dans les artistes, catégorie « autres »

    « Hostanartist est une plateforme en ligne qui permet à des “propriétaires” d’espaces privés ou publics – maisons de vacances, appartements, chambres, ateliers, locaux libres – d’offrir à des artistes des lieux de résidences de création.

    En échange de ces résidences, les artistes offrent à leurs mécènes une œuvre d’art, un texte original, un cours particulier, un concert privé ou toute forme qui permet de créer un lien inédit avec leurs hôtes. »
    J’aime les échanges, le troc de biens ou de services 🙂
    La condition, évidemment, est que chacun soit satisfait. Je me suis déjà fait insultée plusieurs fois, parce que je refusais des échanges qui ne m’intéressaient pas (notamment, un artiste amateur a insisté longuement pour me payer en tableaux à fleurs, qui ne m’intéressaient pas du tout, un autre en séances d’énergie gouroutisées).
    Bref, chacun est libre. Je pratique les échanges ET je choisis ce que je reçois ET mes séances ou workshops sont choisis par l’autre, aussi.
    Sourire.
  • Exploration sensorielle et création artistique

    Exploration sensorielle et création artistique

    Lygia Clark définissait l’artiste « comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux ».

    L’hypnotiste pourrait également être défini en ces termes, n’est-ce pas? Comme la pratique artistique, la pratique de l’hypnose et d’autres expérimentations sensorielles donnent des accès éclairés à soi et au monde.

    Y voir plus clair, créer des ouvertures, atteindre un pan de clairvoyance, une épiphanie, un éveil, une compréhension profonde, un déclic… engage à ajuster précisément sa position propre, à laisser de la place pour l’inédit, à libérer son existence mais aussi sa créativité, son écriture, son mouvement, son souffle, sa voix, son trait… en dépassant les habitudes et les anciennes croyances limitantes.

    Pour moi, l’une des façons primordiales d’atteindre la connaissance vient de la simple expérience spontanée d’une situation décalée par rapport à mes situations de conditionnement, ce que l’on peut appeler « recadrage, surprise, décalage, saisissement, déroute ». Si j’accueille cette expérience, dans l’ici et maintenant, en étant simplement là, si je garde le focus sur ce qui se passe pour ne pas me laisser distraire ni embrumer par des éléments de circonstance, si je pose une intention sans rien forcer, sans préciser mes attentes ni présumer d’un résultat, si je prends de la distance en hauteur sans rester calée dans une position de recul conceptuel mais bien en plongeant dans l’expérience… alors j’accède à des pans qui m’étaient jusque-là inaccessibles et j’agrandis le champ de ma liberté. Et plus j’expérimente de situations hors pistes en posant des intentions sans anticiper ce qui est par définition inaccessible avant l’expérience ouvrante, plus j’ajoute des couleurs à ma palette, des degrés à mon élargissement, des possibilités de positionnement, des outils de gestion de troubles intenses, de décalages puissants, jusqu’à inverser le refus-réflexe et transcender l’inquiétude et même l’effroi avec confiance, en toute sécurité, pour en ressortir plus juste et mieux ancrée, moins entravée, plus disponible à soi, à l’invention, à la création, à la relation, à l’autre, au monde.

    D’une autre façon, mon travail de création sonore offre, à sa modeste mesure, des expériences transformatrices à l’auditeur, dans le sens où il permet l’émergence d’une autre représentation (dans le cas du documentaire de création Merci Madame), d’un état modifié de conscience qui ouvre à un rêve dirigé par l’hypnose dans lequel les sensations étranges se succèdent (dans le cas de bOa) ou encore de la participation spontanée à un puzzle fantasmagorique collectif (dans Fantasmes)…

    Je propose également des séances d’hypnose éricksonnienne individuelles oeuvrant dans cette direction (voir les articles traitant de ce sujet).

    Et aussi des workshops (groupes de 4 à 30 personnes), mêlant hypnose, intuition, connexion, exploration sensorielle (notamment la synesthésie ou le questionnement queer) et création artistique, autant en école d’art qu’en académie de développement personnel.

    Mes recherches théoriques et pratiques sur les états modifiés de conscience, sur les effets des sons, sur les passages d’un sens à un autre, sur l’intuition, sur la connexion… rejoignent ce désir d’ouverture, de dépassement des réflexes et habitudes, par l’appréhension de processus divers et variés.

    Vous pouvez avoir un aperçu de mon laboratoire dans des articles ou à travers la création sonore de Franck Thoraval, à laquelle j’ai participé: ici

    Ce travail de déconditionnement et d’exploration est pour moi relié à la nature, aux sens (il y en a bien plus que 5 !) et notamment à notre perception des ondes sonores, aux arts et, enfin, aux pratiques singulières, notamment en matière de genres et de sensorialité ou sensualités. Je désire dès lors développer un travail dans la nature (collaboration: architecte paysagiste? gestionnaire de forêt? botaniste? ), un travail dans les lieux d’art contemporain (collaboration: avec des artistes mais aussi avec des écoles d’art, des galeries), un travail dans les micromondes où s’expérimentent d’autres façons d’être avec son corps,  son intuition, ses canaux de communications.

    Entre mon labo privé, les séances d’exploration individuelles, les workshops en groupe, les écoutes en ligne, les collaborations avec des créateurs… je cherche à développer et à partager les richesses de ces pratiques et à jouer avec ma position aux croisées de différents champs: l’hypnose éricksonienne, l’art contemporain, la création sonore acousmatique, l’exploration sensorielle, les études sur le genre…

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

    Image: Claude Cahun /

  • Stimuler la créativité

    Stimuler la créativité

    L’hypnose stimule la créativité et nous permet d’apprendre à nous en servir pour modeler un rapport au réel satisfaisant nos besoins et désirs profonds. Elle est aussi un outil de création artistique, comme si l’art était « augmenté » par l’hypnose (l’expression est de Catherine Contour et fait référence à la réalité augmentée par superposition d’un modèle virtuel).

    Dans la vie courante, les créatifs inventent des concepts, des machines, des histoires, des façons de traverser la ville, de s’habiller, de communiquer, d’être avec l’autre, de gérer le temps, d’accorder des aliments, de se jouer des vicissitudes… car la créativité est un état d’esprit : à chaque fois que nous prenons du recul par rapport à nos croyances, nos habitudes, nos conventions, nos réflexes, que nous ruons dans les brancards du conformisme et que nous faisons une proposition positive de dépassement de la routine, nous enclenchons un processus créateur.

    La créativité n’est pas l’apanage des artistes, même si certains artistes vouent leur vie entière à l’expression de cette attitude intérieure et la pousse donc à son paroxysme.

    Pas mal de magazines et webzines se sont interrogés dernièrement sur ce qui démarquerait les personnes créatives de celles qui se disent non créatives.

     En dressant la liste des caractéristiques relevées dans différents articles grand public, je me suis dit que l’on n’aurait pas parlé des bénéfices de l’hypnose autrement.

     Donc j’ai continué la liste commune (à poursuivre dans les mois qui viennent au gré de mes lectures et de vos propositions), en me restreignant dans mes allusions aux textes de John Cage, l’un de mes « maîtres es créativité », d’où sa photo, en pleine cueillette de champignons, comme illustration de cet article.

     Voilà : cqfd 🙂

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    John Cage

    Le goût de l’aléatoire ? Le fait de se servir du hasard ? Les opérations fortuites ?

    Le goût de l’inquiétante étrangeté ?

    La curiosité ?

    L’invention de réponses, solutions, réactions, représentations du réel, face à une situation nouvelle?

    La capacité à laisser (ad)venir ? à accueillir ce qui vient ? La capacité à laisser faire, à ne pas vouloir tout maitriser ?

    L’adaptabilité ? La capacité à surfer sur la situation qui se présente, même inconnue ou impromptue ? A être comme l’eau vive ?

    La capacité à zigzaguer ? Le fait de privilégier les bifurcations aux chemins présentés comme évidents ? Le fait de ne pas « aller droit » selon la croyance dominante du « droit chemin » ?

    La capacité à rebondir de façon ludique sur les mille et un petits tracas ?

    L’acceptation du risque ?

    La sérendipité – capacité à utiliser des éléments trouvés alors qu’on cherchait autre chose ?

    L’audace ? oser s’ouvrir à l’inconnu, au jamais vu, au jamais pensé

    Le fait de se permettre des tâtonnements, les coups pour rien, des erreurs, plutôt que d’attendre d’être parfaitement prêt pour créer (ce qui n’arrive jamais) ?

    L’utilisation des insatisfactions vers un dépassement ?

    Le fait de rester aux aguets, en recherche d’un au-delà de soi-même ?

    Le fait de se poser sans cesse des questions ?

    La capacité à discuter l’ordre apparemment naturel des choses, à ne pas se satisfaire des conventions, de la routine… de ne pas respecter scrupuleusement des modèles (écoles, parents, médias, croyances des proches)

    La déshinibition (et désobéissance non pas par principe d’être contre mais au cas par cas, pour suivre ses intuitions) ?

    La positivité (critique ET proposition positive) ?

    L’espace-temps désencombré accordé à ce qui pourrait se passer ? L’acceptation du vide vécu et non subi ou fuit?

    L’acceptation d’un temps de latence, où l’on reste en « jachère » sans forcer

    L’état de réceptivité et de sensibilité ? La captation d’éléments a priori cachés, l’amplification des sensations, l’intensification des émotions ?

    La confiance en soi ? L’estime de soi ? le fait de prendre ses décisions par soi-même ?

    L’empathie ? être en connexion avec l’autre, avec son for intérieur (rêverie, fantasmes, intuitions), avec chaque environnement (nature, conversation singulière entendue dans le métro, famille, musique…), comme une éponge qui donne et absorbe des informations très diverses.

    La transformation des éléments captés, leur mélange et leur association entre eux, pour en extraire une création personnelle nouvelle ?

    La capacité à réagir dans l’ici et maintenant, identifié à l’instant présent, sans la restriction du souvenir et de la projection (qui activent des peurs) ?

    La capacité à la rêverie active, au rêve éveillé, aux constructions imaginaires ?

    La connexion à soi ? L’écoute de l’intuition, du sentiment d’évidence, des impressions ? La prise en compte du « regard intérieur » ?

    La levée des contrôles intellectuels et rationnels, vers une sorte de « débranchement » des connexions habituelles, pour laisser émerger des connexions nouvelles qui sont habituellement censurées ?

    L’ouverture aux émotions ?

    L’aptitude à la prise de conscience, à l’épiphanie, au déclic mental, qui révèle ce qui restait caché ?

    La capacité au flottement, à la rêverie floue, à la dérive ?

    Le dépassement ou détournement des limites, des cadres, des codes, des conventions, des habitudes ?

    L’exaltation face à l’ouverture du champ des possibles ?

    Le goût du jeu ?

    L’observation de ce qui semble a priori peu important et qui révèle pourtant un monde ?

    L’originalité dans la manière de faire des liens, des connexions, des imbrications ?

    La faculté de vivre une infinité d’expériences, dans le cinéma intérieur (ce que je me raconte en mots, images, sensations), pour en tirer des réponses, des émotions nouvelles, des apprentissages, des essais… par l’imagination ?

    La capacité à laisser venir le chaos, pour laisser émerger par la suite un nouvel ordre, une nouvelle représentation, construite sur une autre logique que celle qui présidait ?

    La possibilité de changer de façon de fonctionner volontairement (programme personnel de précision, efficacité et confiance pour une tâche, puis lâcher-prise, puis créativité, par exemple)?

    La possibilité de transformer volontairement la représentation subjective d’un événement et l’état émotionnel qui l’accompagne (autrement dit, de changer l’histoire habituelle que l’on se raconte face à tel événement) pour en tirer une nouvelle expérience, découvrir une nouvelle partie du monde et de soi-même?

    La liberté que l’on s’accorde à soi-même?

     

    Il suffit d’oser 🙂

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

  • A la porte des mondes virtuels

    A la porte des mondes virtuels

    Image: extraite d’eXistenZ, film de David Cronenberg (1999)

    Chausser l’Oculus Rift et s’immerger dans un monde virtuel, en incarnant un avatar que l’on a créé, entraine un état modifié de conscience évident.

    Le voyage évade, défoule, offre des possibles épatants… mais quid des aventures vécues par cette projection de nous-même lorsque nous sortons de l’univers virtuel pour revenir à la réalité partagée non virtuelle?

    Le vécu dans le jeu a de fortes chances d’être traité comme réel dans le psychisme, à l’instar de ce qui est vécu sous hypnose dans le rêve éveillé.

    Or, en retirant le casque, le passage est abrupt.

    L’hypnose, en tant que sas entre les mondes?

    Il suffit d’oser.

    Bienvenue en séance

    © Marie Lisel

     

     

  • Rêve lucide: en équilibre

    Rêve lucide: en équilibre

     

    Le rêve nocturne lucide suggéré par l’hypnose est magique et parfois même thérapeutique. Il se caractérise par la conscience d’être en train de rêver (« lucide ») et par la sensation de compréhension profonde d’une problématique par le fait de la vivre et de la résoudre symboliquement.

    Même s’il n’est pas évident de provoquer des rêves lucides, que ce soit par des techniques de jeu (les passionnés des rêves lucides ludiques ont monté des forums très complets et actifs) ou par l’hypnose, j’y parviens de temps à autre (en tant que sujet autohypnotisé et aussi en tant qu’hypno) et cela me ravit! Par exemple, dernièrement, un noeud bien serré s’est dénoué par un rêve lucide fort présent, qui me disait distinctement que ce rêve était important et qu’il allait changer ma vie. Au réveil, j’avais en effet pardonné: je ne ressentais plus aucune peur ni colère en pensant à l’adulte irresponsable qui avait provoqué une panique en moi quand j’étais enfant. En rêve, je lui avais parlé, j’avais bercé sa folie et sa détresse et je les avais acceptées, en tant qu’adulte forte et ancrée qui ne risquait plus rien. J’étais libérée d’un sacré poids! D’autres rêves sont plus énigmatiques ou moins radicaux. Mais tous sont précieux et mémorables. En voici un auquel je repense encore avec le sourire.

    En mai 2015, je me suis arrêtée un long moment dans l’exposition « Le bord des mondes », lorsque Bridget Polk a tranquillement réagencé ses sculptures de pierres (qui restent ensuite en équilibre, pour quelques minutes ou quelques heures, puis s’écroulent devant les spectateurs). La performance était bien sûr incroyable. Mais ce qui m’a le plus fascinée, c’est de sentir à quel point cette artiste était ancrée.

    Depuis longtemps, je demande à « Mon autre », en autohypnose, de jouer dans le théâtre des rêves nocturnes les questions importantes que je rencontre au quotidien. Si cela est bon pour moi, j’aime que le rêve soit lucide. Sinon, simplement présent au réveil (mémoire narrative mais aussi sensorielle et émotionnelle). Regarder Bridget Polk chercher l’équilibre m’a beaucoup touchée. Il était donc logique qu’un rêve survienne.
    Le lendemain, je suis retournée au Palais de Tokyo pour capter un son qui m’avait plu, dans une autre expo, alors que je n’avais pas de matériel. J’ai croisé Bridget Polk, par hasard, dans le hall, je l’ai remerciée et je lui ai raconté mon rêve :
    « Je suis une pierre d’une de vos sculptures, encore mouvante entre vos mains, oscillant pendant un très long moment, vous laissant chercher l’équilibre parfait par des micromouvements, me laissant faire, rassemblée sur moi-même, extrêmement concentrée sur mes sensations de pierre aérienne, connectée à vos mains et à la pierre sur laquelle deux cm2 de ma surface sont posés, comme « branchée » sur ces ancrages, que je prolonge. Quand le moment arrive – ce moment où vous reculez pour ne plus garder qu’un contact visuel et une intention si forte -, j’ai ressenti une immense liberté! En étant pleinement plongée dans ce rêve, je suis clairement consciente que cette expérience onirique ajuste encore mes possibles en terme de recherche d’équilibre. c’est aussi intense, présent, ouvrant que le meilleur workshop sensoriel »

    Merci Bridget ! Vive l’art contemporain!

    © Marie Lisel

    PS: mes autres articles sur les rêves lucides sont ici.

    capture-decran-2016-11-30-a-16-47-18
    http://www.palaisdetokyo.com/fr/exposition/bridget-polk