Je pratique et j’enseigne le RED classique, selon la méthode de Robert Desoille, uniquement en atelier de recherche ou de formation.
En séance individuelle ou de groupe, je mêle le RED à l’hypnose et à d’autres outils, dans le REAH (rêve éveillé augmenté par l’hypnose).
Le RED est une très belle base 🙂
Tentative de définition du RED
Le Rêve Eveillé Dirigé est une méthode créée par Robert Desoille dès les années 30’(sur base de méthodes oniriques existantes, notamment la rêverie dirigée, en Asie), qui consiste à inviter l’accompagné.e à mettre de côté le contrôle exercé par la raison pour aller à la rencontre de son monde intérieur imaginaire, de façon à stimuler les potentialités inexploitées qui contribueront à faire évoluer sa personnalité. Ce travail repose sur la découverte qu’en agissant sur les représentations, les symboles, on agit sur la structure-même du psychisme.
ARTHUR TRESS Adam in the Park New York, 1982
Ce qu’en dit l’Encyclopédie Universalis
La méthode dite du « rêve éveillé » est une psychothérapie fondée sur l’approche des processus psychiques par l’imaginaire. Elle fut élaborée par Robert Desoille (1896-1966). Étant d’abord un chercheur, il n’hésita pas à présenter des appellations diverses (rêve éveillé, rêve éveillé dirigé, etc.) et des modèles explicatifs successifs qui ont donné naissance à des écoles différentes. Ses travaux avaient été particulièrement remarqués par Charles Baudouin et Gaston Bachelard.
Trois courants ont émergé de l’œuvre de R. Desoille. Ses élèves français, réunis dans le G.I.R.E.D.D. (Groupe international du rêve éveillé dirigé de Desoille), ont stabilisé la méthode psychothérapique, tout en donnant des interprétations différentes des processus mis en cause et en se divisant à propos de la place à accorder à l’inconscient, au transfert, à la directivité et à l’activation dans la cure des névroses. Un courant homogène, composé de la majorité des formateurs, s’en est détaché pour constituer le C.I.P.A.R.E. (Collège international psychanalytique et anthropologique du rêve éveillé). Il situe la cure « rêve éveillé » comme une psychanalyse spécifique : prenant également en compte la dynamique inconsciente et transférentielle, il insiste sur l’éclairage fourni par le rêve éveillé à la métapsychologie (théorie du fonctionnement psychique) et à l’anthropologie ; de là, ses travaux sur le rêve éveillé dans les différentes cultures et dans la modernité. Un troisième courant met en œuvre des techniques dérivées du rêve éveillé ; il s’est surtout développé aux États-Unis (daydream) avant de se diffuser en Europe et en Amérique latine sous forme de psychothérapies brèves et intermittentes ou de sessions appliquées à la créativité et au développement psychologique personnel.
Image: Marie Juliette Verga
Memento du RED
RED = Rêve Eveillé Dirigé. “Dirigé” peut avoir deux sens: dirigé par l’accompagnant.e / Dirigé vers l’intention de l’accompagné.e
Méthode élaborée par Robert Desoille (ingénieur puis psychothérapeute, 1890-1966)
Ouvrage de référence: “Le rêve éveillé en psychothérapie”, 1945. Les ouvrages de Desoille sont répertoriés sur le site de la BNF
Technique : « Le sujet est invité à faire une rêverie. Pour faciliter celle-ci, il est bon de soustraire le patient à tout effort musculaire ainsi qu’à toute excitation lumineuse et sonore. La position horizontale, dans une pièce semi-obscure et loin du bruit, sera donc meilleure. Le sujet allongé se met en état de relaxation et ferme les yeux pour créer un scénario imaginaire dont il est lui-même le héros principal (ou unique). Le thérapeute intervient parfois pour faire préciser une partie de l’espace imaginaire ou une bifurcation possible du scénario.» (R. Desoille)
L’A/nt.en’influence pas et n’interpréte pas le rêve. Iel accompagne et demande des descriptions, pose des questions avec le moins possible de présupposés.
L’A/é.e vit son parcours onirique selon une proposition de départ (un synopsis en étapes simples), iel vit ses insights et recadrages, que l’A/nt.e accueille.
L’imagination parle autrement qu’avec des mots. L’imaginaire est un langage. Ne pas tenter de tout “dire” verbalement. Accueillir les symboles sans les décortiquer
Proposition de départ : synopsis
R Desoille a mis en évidence des éléments récurrents. Ex: 1: une prairie / 2: trouver la rivière / 3: la suivre en amont pour trouver la source / 4: entrer dans une cavité et descendre / …
C’est aussi jouable en poursuivant la lecture que Cyrille Champagne nous (groupe d’hypnologie) a fait d’Alice au pays des merveilles, de Lewis Caroll, dont les chapitres ressemblent étrangement aux habituels du RED. Par exemple: « 1: trouver l’accès et descendre / 2: dans le monde du bas, il y a une salle, avec une ou des portes fermées. / 3: Le moyen de passer de l’autre côté est dans la pièce. / 4: Et de l’autre côté…).
Principes théoriques:
Veille paradoxale (terme de François Roustang)
Entrer dans le monde intérieur par la mise entre entre parenthèse de la partie habituellement en veille restreinte (contrôle exercé par la raison, logique de veille restreinte nourrie de représentations, qui croit à ses certitudes)
Autre termes: expansion de conscience, hyperéveil, EMC…
Dissociation: conscience de rêver et conscience de parler à l’A/nt.e
Il n’y a pas d’induction. Seulement une relaxation préalable. Le rêve s’approfondit au fur dans son déroulement.
Initiative du côté du sujet
L’A/ant.e propose (avec tact et parcimonie), l’A/é.e dispose. C’est à iel de construire sa solution!
Imaginaction
Repose sur la puissance de l’imaginaction (imagination + action), travail intérieur qui tient du voir et de l’agir (néologisme d’Eric Fottorino, journaliste du journal Le Monde, 1998)
Par un travail sur les représentations internes
Les réalités psychiques se transposent en représentations.
Les transformations des représentations entrainent une modification de la structure même du psychisme.
En RED, l’accompagné est invité à aller explorer ses systèmes de représentations et à les faire évoluer en stimulant les potentialités inexploitées pour réorganiser sa personnalité
Responsabilisation
L’A/nt.e est mis.e face à sa responsabilité, en découvrant ses représentations et leurs conséquences. Iel est seul.e responsable de son destin, quoi qu’il se soit passé avant. Les représentations concentrent le passé (introjections, traces d’événements qui limitent), le présent et le futur (désirs, peurs). Maintenant, vers quel cap aller? Quelle direction donner à sa vie? Avec ce tout qui la.e constitue, comment choisir ce vers quoi iel va.
C’est un aussi moyen de mieux se connaitre et de réaliser le meilleur de soi-même (meilleur selon des critères personnels choisis), qui ne s’adresse pas seulement aux personnes souffrant de pathologies
Robert Desoille, Exploration de l’affectivité subconsciente par la méthode du Rêve Éveillé (1938), Le Rêve Éveillé en psychothérapie (1945), Théorie et Pratique du Rêve Éveillé Dirigé (1961). Tous les ouvrages de Robert Desoille sont répertoriés sur le site de la BNF
Gaston Bachelard lui consacre un chapitre intéressant dansl’air et les songes, Corti, 1943, chap IV (pdf en ligne)
Si vous désirez organiser une formation de 2 à 4 jours dans laquelle j’interviens (il suffit d’une dizaine d’hypnopraticien.ne.s et d’une salle), je me déplace avec plaisir pour partager le RED et le REAH dans votre région. Ecrivez-moi pour convenir des conditions.
J’anime également un stage de rêves pour des passionnés. Il suffit d’un groupe, d’une salle et d’une invitation (n’importe où en Europe). Voyez la page « Réapprendre à rêver »
La créativité de l’accompagnant.e dans ses outils et dans le rapport avec l’accompagné.e participe pleinement au travail, à condition de rester entièrement centré.e sur l’autre, ses besoins, ressentis, représentations… et non de créer un spectacle auto-centré.
L’hypnose et le rêve éveillé libèrent la créativité de l’accompagné.e pour lui permettre de transformer et de réorganiser ses représentations et processus de façon inédite.
Or, bien des accompagnant.e.s travaillent en modifiant à peine des protocoles (un protocole est un travail rédigé ou pensé en étapes, imaginé par des thérapeutes ou des écoles), tout en copiant le ton, le regard, les tics de langages de leurs modèles. Et ça fonctionne déjà – en partie – (c’est le côté magique de l’hypnose!).
En dehors de cette technique verbale basée sur des modèles plus ou moins bien imités, qu’en est-il de la modélisation de la créativité? Autrement dit, comment proposer un élan vers l’inventivité, quand on se cantonne soi-même à travailler de façon scolaire?
Pour libérer et amplifier la créativité de la personne que l’on reçoit ne faudrait-il pas en avoir au moins un échantillon dans son cabinet?
La base: l’hypnose post-éricksonienne et le rêve éveillé
L’hypnose post-éricksonienne et le REAH font partie des méthodes qui permettent de transformer la subjectivité en passant par un état modifié de conscience, de mettre en mouvement les représentations intérieures, de transformer la façon de s’envisager soi, avec les autres, dans le monde… ils prônent la transformation du sujet, l’invention des possibles, l’utilisation inouïe des ressources et des solutions internes.
La boite à outil des hypnos et accompagnants de rêve éveillé est vaste. De nombreux chercheurs – théoriciens et de terrains – ouvrent sans cesse des pistes innovantes pour approfondir les connaissances.
Mais comment rendre la pratique en cabinet (ou en forêt! en atelier!) plus créative tout en respectant le monde de l’accompagné.e?
Martin Hill
Créativité par la contributions d’autres champs
aux séances d’hypnose éricksonienne et de rêve éveillé
J’emprunte la définition de l’hypnopraticien.ne.e à Lygia Clark, qui définissait l’artiste «comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux».
Les arts contemporains (je suis moins immergée dans les arts anciens) sont très proches du travail hypnotique. Ils sont dès lors les premiers à enrichir ma palette créative. D’emblée j’ajoute à cela le monde queer (comment s’inventer?), les rituels et la connexion animale. Et d’autres, tours à tours, s’ajoutent à la liste.
Finalement, de nombreux domaines entrent dans mes « compositions de flux » en séance et permettent à la créativité de s’épanouir naturellement. Pour être créatif.ve, il suffit de travailler avec ce que l’on est et d’enrichir ce que l’on est quotidiennement.
A chaque accompagnant.e ses domaines! La liste est loin d’être exhaustive…
Littérature
Voix, chant, sons
Espace transitionnel
Prescription de tâche à la façon des thérapies brèves et aussi à la façon psycho-magique
Néo-chamanisme
Energétique
Danse
Yoga, méditation
Art contemporain
Médiation animale
Rêve éveillé dirigé et rêve lucide
Cours d’hypnologie de l’Arche (depuis 3 ans)
Tantra
Anthropologie, sociologie
Sciences
Explorations sensorielles (comme la synesthésie)
Psychanalyse
Réalités virtuelles
Univers queer
Méthodes pédagogiques
Linguistique
PNL…
Ces champs d’investigation s’intègrent à la pratique hypnotique de façon diverse et variée, pour créer des leviers de créativitédans la traversée de l’accompagné.e (« comment réagir autrement, changer de pattern, créer sa vie? »)
L’allusion métaphorique spécifique recadre
Le travail avec les objets transitionnels approfondit et autonomise
L’intervention des chevaux révèle
Les prescriptions de tâches prolongent
La voix (chant-cri-râle) induit, emmène, trace un fil
Les odeurs, la respiration, le mouvement entreprennent le travail par le corps.
L’analyse narratologique de Gérard Genette éclaire les multidissociations et les niveaux de récits.
Le REAH nettoie, nourrit, libère incroyablement, en douceur.
…
La créativité grâce à d’autres champs augmente aussi la pratique de l’accompagnant.e.
Donne de la souplesse, de la vie, du jeu à son accompagnement
Privilégie la liberté et l’autonomie de l’accompagné.e
Augmente sa motivation par l’intégration de la matière hypnotique dans le quotidien (du jeu, du sens, des liens!)
Invite, par l’exemple créatif, l’accompagné.e à inventer ses propres outils d’émancipation.
Lygia Clark, Arquitetura fantástica bichos (Fantastic architecture critters), 1963. Gelatin silver print, 4 1/8 x 5 13/16 in. The Museum of Modern Art Archives, New York
Utiliser sa créativité au service de la transformation de la personne que l’on accompagne est quasiment un outil en soi.
Il demande de l’entrainement (nourrir ses rebonds), une mise en place des processus et territoires par l’hypnose et le rêve (utiliser ses propres outils sur soi et en jouer), de la confiance en l’autre (qui va trouver en iel ses solutions) et surtout un positionnement propre et bien ancré.
Voilà un joli programme, que je commence tout juste à transmettre en formation!
L’atelier « Questions Queer » d’EFiGiES, en décembre m’accueille pour une présentation intitulée : « Exploration queer sous hypnose ». Maison des Initiatives Étudiantes (MIE), 15/12/18.
Descriptif: « L’hypnose et le rêve éveillé augmenté par l’hypnose emmènent l’accompagné.e à l’intérieur d’iel-même, de ses processus internes, de ses automatismes, du monde complexe qui constitue son identité, en partie consciente et en partie immergée. L’intervention de Marie Lisel (Maître praticienne en hypnose éricksonienne, artiste et exploratrice) présente ces outils et leurs applications à l’exploration des genres.
Elle sera suivie dans les mois suivants d’un atelier pratique. »
L’atelier aura lieu le samedi 15 décembre 2018, de 15h à 17h, au Labo 6, 76 bis rue de Rennes, 75006 Paris, salle Stockolm et Copenhague. Lien Facebook : https://www.facebook.com/events/299230377362067/
Pour rappel :
Cet atelier vise à ouvrir un espace à des chercheur·e·s et militant·e·s pour présenter leurs recherches/travaux s’inscrivant dans une perspective queer et/ou féministe.
Cet atelier est transdisciplinaire. L’accent sera mis sur les sciences humaines et notamment l’histoire de l’art, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, les lettres, etc.
Il s’inscrit également dans une perspective transpériodique.
La priorité sera d’ouvrir un espace de dialogue autour du sujet proposé.
Cet atelier s’adresse à des personnes militant·e·s, masterant·e·s, (post)-doctorant·e·s, docteur·e·s, chercheur·e·s sans statuts. Les personnes en poste (MCF/professeur·e·s, etc.) sont les bienvenu·e·s sous couvert de bienveillance. Il leur est demandé notamment de prêter attention aux questions de dominations induites par ce statut.
Les comportements cisnormatifs masculins oppressifs ne seront pas tolérés dans le cadre de cet atelier (notamment sur des questions de prise d’espace).
Cet atelier vise à construire un cadre safe pour échanger avec bienveillance. Ainsi, tout propos/sous-entendu/comportements oppressifs (raciste, sexiste, homophobe, lesbophobe, bi/panphobes, ace/arophobes, transphobe, validiste, psychophobe, classiste, intersexophobe, body shaming, islamophobe, pro-culture du viol, putophobe, etc.) ne sera pas toléré.
On veillera aussi à une distribution équitable de la parole.
Le langage inclusif est fortement encouragé.
Si vous avez besoin d’informations à ce sujet, vous pouvez contacter les personnes coordinatrices
L’histoire de l’hypnose a longuement oscillé entre le champ médical et le champ de l’ésotérisme, du magique, du spectaculaire. Aujourd’hui, cette opposition continue à diviser.
L’hypnose a refait son entrée dans les hôpitaux, en tant qu’outil pour gérer l’anxiété et la douleur. Elle est aussi utilisée dans les tribunaux en Belgique. Dans ces deux domaines, de nombreuses cautions – universités, hôpitaux, association de médecins et de dentistes, experts judiciaires, recherche en neurosciences, associations légales, congrès internationaux… valident son sérieux et lui permettent d’être acceptée comme une discipline scientifique maniée par des spécialistes au sein d’institutions.
A l’autre extrême des champs d’application de l’hypnose se trouve le spectacle télévisuel de fascination et de manipulation, mais aussi le développement personnel qui mêle hypnose et croyances ésotériques. En fait tout ce qui pourrait être rassemblé sous le tampon « magie », avec un curseur plus ou moins poussé.
Entre les deux, différentes hypnoses, revendiquant tantôt des croyances spirituelles, tantôt le rapprochement avec l’hypnose institutionnalisée, cherchent leur place.
Ainsi, une grande partie des praticien.ne.s en hypnose éricksonienne se rallient à la tentative de respectabilité d’une hypnose non médicale, par:
l’intégration à des institutions par le biais de collaborations (universités, hôpitaux, recherche scientifique officielle, système pédagogique…)
le développement d’une recherche privée sur l’hypnose : l’hypnologie, en collaboration avec les neurosciences et avec des professionnels institutionnalisés
le développement d’événements qui nourrissent l’institutionnalisation, comme des congrès, avec des invités reconnus par le champ des thérapies. Pour celui de l’Arche en 2017: Giorgio Nardone Directeur du centre de Thérapie Stratégique d’Arezzo / Stanislav Grof Psychiatre, pionnier de la psychologie transpersonnelle / Ernest Rossi Docteur en psychologie, enseignant-chercheur en Neuroscience / Fabrice Midal Philosophe, directeur de l’école occidentale de méditation / Philippe Miras Docteur en chirurgie dentaire, praticien en hypnose ericksonienne / Michel Bitbol ????Directeur de recherche CNRS aux Archives Husserl, Ecole Normale Supérieure / Mathieu Landry Docteur en neurosciences, chercheur à l’Institut Neurologique, Université McGill, Montréal / Renaud Evrard Maitre de conférence en psychologie clinique / Paul Pyronnet Fondateur et gérant du Paul Pyronnet Institut / David Dupuis Docteur en ethnologie – anthropologie sociale, EHESS. / Valérie Algrain Médecin psychiatre, praticienne en hypnose ericksonienne / Mohamed Aïdi Infirmier, praticien et formateur en hypnose ericksonienne / Denys Coester Médecin anesthésiste-réanimateur formé à l’Hypnose intervenant au bloc opératoire, / Thierry Gallopin Docteur en neurophysiologie, maitre de conférences en Neurophysiologie / Claire Petitmengin Docteur en sciences cognitives, enseignant chercheur sur les méthodes micro-phénoménologiques, / Peter Shuck Médecin psychiatre chef de secteur, praticien en hypnose ericksonienne / Dario Hampi Pakari Psychologue italien, Homme-Médecine de la tradition du Feu Sacré d’Itzachilatlan (FSI) / Hugues Gouzenes Médecin-chercheur, chargé d‘enseignement en psychophysiologie du yoga et de la méditation, chargé d’enseignement en psychomotricité /Alexis Karacostas Psychiatre, Psychothérapeute et Praticien hospitalier.
l’intégration de la PNL à l’hypnose éricksonienne (patterns, vocabulaire), ce qui rapproche la matière hypnotique de la culture d’entreprise et de la culture universitaire
l’adoption des habitus des universités, des entreprises et des laboratoires de recherche (costume, codes de communication « corporate » et/ou universitaires, conceptualisation sur des modèles scientifiques, création d’un vocabulaire propre sur le modèle du vocabulaire scientifique)
mise à distance de tout ce qui peut apparaitre comme ésotérique, magique, mystique… ne pouvant être vérifié
création d’un syndicat des hypnothérapeutes qui vérifie le sérieux de ses membres en demandant des diplômes qui sont reconnus comme valables par les pairs
la mise en place par les réseaux sociaux de systèmes de validation (et d’invalidation) par les pairs (clin d’oeil au groupe Facebook « Hypnose », qui compte plus de 8700 membres)
Peu à peu, un nouveau champ se crée, celui des hypnopraticien.ne.s qui n’ont pas de diplôme médical ni de titre de psychologue, mais qui ont suivi un cursus reconnu comme valable par leurs pairs et par des associations qui sont en voie d’institutionnalisation.
Ce champ tend à se distinguer des écoles d’hypnothérapie et des praticien.ne.s qui donne une place à l’ésotérisme dans leur pratique hypnotique (comme l’hypnose spirituelle, qui permettrait de « contacter les morts« ) et/ou qui pratiquent une hypnose autoritaire.
Ceci est écrit sans jugement… car je fais partie de ce champ de l’hypnose éricksonienne qui cherche la reconnaissance des institutions, étant affiliée au SNH, diplômée par l’Arche, qui enseigne une hypnose éricksonienne PNListe, assidue au cours d’hypnologie, aux colloques, aux rencontres, aux échanges de pratiques et de concepts… et étant défiante à l’égard des croyances mystiques.
Bien sûr, l’utilisation des codes hurluberlus de l’art contemporain, de la connexion avec la nature, voire du néo-chamanisme décalent un peu mon positionnement vers le « pôle magique », même si mes explications sont rationnelles (lisez, par exemple, mon article sur les espaces transitionnels et celui sur les prescriptions de tâche). Comme le fait que travailler en hypnose d’exploration (créer son monde) et en création hypnotique artistique (créer son oeuvre) en plus de l’hypnose pour un mieux être (créer sa vie) colore ma pratique d’un voile de fantaisie… Cela a d’ailleurs été brièvement discuté lors de mon admission au syndicat.
Après avoir pris connaissance des différents champs de l’hypnose (et prolongé les points qui vous intéressent par les liens proposés), je vous invite à parcourir les pages:
Longtemps considérée comme un élément à la frontière de la science et de l’occultisme, l’hypnose a mis du temps à se débarrasser des préjugés qui l’entourent pour se refaire une place dans le milieu hospitalier.
L’hypnose à l’hôpital et en cabinet de dentiste permet de réguler l’anxiété et la douleur des patients (par exemple lors des changements de pansement pour les grands brûlés, en cas de douleur chronique, en cas de douleur dentaire…), mais aussi d’opérer sans ou avec moins d’antalgiques.
Certaines opérations se font uniquement sous hypnose, sans anesthésie.
La plupart du temps, l’hypnose est utilisée en combinaison avec une anesthésie locale et éventuellement une légère sédation intraveineuse, pour aider le patient à se détendre sans pour autant le faire dormir. Cette technique est appelée hypnosédation. Pendant l’intervention, l’opéré est surveillé comme pour une anesthésie générale et peut être endormi à tout moment si cela s’avère nécessaire.
Les opérations communes sous hypnosédation sont la chirurgie du sein chez la femme (retrait d’une petite tumeur, amputation du sein, chirurgie esthétique), ablation de la thyroïde, suite d’accident (recoudre une plaie ouverte ou encore enlever une broche placée après la fracture de l’os), chirurgie dentaire… L’opération sous hypnose ne peut pas encore se faire pour un triple pontage.
L’hypnosédation ou l’hypnoalgésie évite les effets secondaires de l’anesthésie classique. Cette méthode est bénéfique à plusieurs niveaux. L’hypnose a pour vocation de calmer l’anxiété due à l’opération et de créer une cohésion entre le patient et le soin apporté. Aussi, lors d’une opération, l’anesthésie peut freiner la circulation sanguine ou encore la cicatrisation. La chirurgie sous hypnose permet de mieux contrôler ces mécanismes et agit même jusqu’au niveau de la salivation. Après l’opération, elle permet aussi une meilleure récupération au patient. Enfin, elle donne un rôle actif au patient.
Notons en effet que le processus hypnotique ne peut se faire sans la collaboration du patient. ll s’agit d’une hypnose permissive et non autoritaire. Marie-Elisabeth Faymonville: « l’hypnose ne remplace pas la médecine classique, mais elle peut être un outil extrêmement utile pour que le patient amène ce qu’il a en lui comme ressources pour améliorer sa situation. Cette participation active, c’est très valorisant pour lui. On lui donne de la force, « empowerment » comme on dit en anglais : on lui donne du pouvoir. Et ça, c’est utile, et peut-être largement sous-estimé dans l’approche classique de la médecine. » Extrait de « Belgique : patients sous hypnose », un reportage diffusé dans « Avenue de l’Europe » le 12 avril 2017.
Le pays en pointe est la Belgique, grâce à Marie-Elisabeth Faymonville, anesthésiste pionnière dans le domaine, qui travaille sur l’hypnosédation mais aussi sur le soin par l’hypnose, en apprenant au patient à utiliser au quotidien ses propres ressources, par l’auto-hypnose. Plusieurs hôpitaux français réalisent aussi des opérations sous hypnose.
Un cas spectaculaire: Alama Kanté, chanteuse professionnelle a été opérée sous hypnosédation a chanté tout au long de l’opération. Article de Science et avenir et vidéo de l’opération:
Des recherches s’interrogent également sur l’hypnose comme outil complémentaire pour vaincre certaines maladies, dont le cancer (L’hypnose en oncohématologie ). L’hypnose est aussi utilisée en soins palliatifs, en obstétrique…
Notons que seuls les médecins peuvent soigner par l’hypnose. En accompagnement, chaque praticien.ne en hypnose non médecin permettra à la personne suivie de mieux vivre son traitement médical mais ne se substitue en aucun cas à aux prescriptions du médecin.
Les formations en hypnoanalgésie se multiplient en Europe. Elles sont ouvertes au corps médical. Par exemple, la formation de l’AFEHM, Association française pour l’étude de l’hypnose médicale est ouverte aux médecins, chirurgiens dentistes, sages-femmes et étudiants en fin d’études de médecine. le débat actuel porte notamment sur l’accès aux infirmier.e.s. C’est encore compliqué…
Cependant, des expert.e.s praticien.ne.e.s non médecins, sans titre officiel mais avec une reconnaissance de leurs pairs, sont engagés par des hôpitaux de façon officielle, que ce soit pour gérer le stress des familles de personnes qui viennent de décéder, pour enseigner, superviser…. Par exemple, Pierre-Alain Perez a été nommé, grâce à la grande reconnaissance de la qualité de sa pratique et de son enseignement, « Coordinateur et enseignant principal du diplôme interuniversitaire (DIU) en hypnose Ericksonienne à la faculté de médecine de Paris Est Créteil (UPEC) ». Autre exemple, Yan Vervliet, est engagé comme hypnopraticien à l’hôpital Robert Ballanger à Aulnay sous Bois, en service de réanimation chirurgicale pour travailler avec le personnel et les patients ainsi que leurs familles (gestion de l’angoisse et recherche médicale sur l’hypnose dans un service de réanimation).
La reconnaissance par les institutions de praticien.ne.s expert.e.s est en route… Il s’agira ensuite, pour l’état, d’inventer de nouveaux statuts des hypnos.
Dans un champ complémentaire au champ médical, la méthode AMPR®(Activation Métaphorique des Processus Régénératifs, par Dominique Espaze et Martine Tual) travaille sur les processus internes au corps qui peuvent être facilités par la mobilisation ouverte de l’imaginaire : cicatrisation, force dusystème immunitaire, réparation osseuse, récupération musculaire et bien d’autres peuvent être renforcés ou accélérés par un travail symbolique ou métaphorique.
Alessandro Donaggio – fine art photography
Association française pour l’étude de l’hypnose médicale: AFEHM
Revue « hypnose et thérapie« , numéro sur la douleur (plusieurs articles intéressants)
Caducée: La relaxation permet de réduire la douleur et l’anxiété des patients durant une opération: L’hypnose et une écoute attentive du patient durant une intervention chirurgicale percutanée diminue la douleur, réduit l’anxiété du malade et assure une bonne stabilité hémodynamique. Des médecins américains publient dans le Lancet les résultats encourageants d’une étude réalisée auprès de 241 patients.
Caducée: L’hypno analgésie. : Sous sa forme la plus simple, c’est l’hypnose dite conversationnelle que l’on utilise. Il s’agit de dialoguer avec le patient pendant que l’on intervient, de manière à détourner son attention vers des sujets qui l’intéressent. Cela marche particulièrement bien avec les enfants. Sous une forme plus élaborée, on aura recours à une véritable transe hypnotique, qui permet de réaliser sous hypno analgésie des gestes qui, sans cela, nécessiteraient une anesthésie générale. Cette technique est de plus en plus utilisée, notamment dans la chirurgie thyroïdienne. Quels que soient les artifices utilisés, la clé du succès de l’anesthésie locale est la mise en confiance du patient ; il convient également d’avoir des gestes très doux, et, surtout, de savoir attendre que la technique anesthésique choisie ait atteint son efficacité maximale.
L’hypnose dans le champ judiciaire belge
Voici un article clair et très complet sur L’hypnose judiciaireen Belgique, par Evelyne Josse, expert en hypnose judiciaire. Voici le sommaire et la conclusion:
« Nombreux sont les détracteurs de l’hypnose judiciaire. Les faux-souvenirs et le risque d’induire des erreurs par suggestion les incitent à vouloir réformer la méthode. Or, ces biais, inhérents au fonctionnement de notre mémoire, existent pour tout recueil des témoignages.
Les entretiens en hypnose judiciaire doivent être menés par des hypnotistes conscients de ces biais. Ils ne devraient être confiés qu’à des experts rompus à l’usage spécifique de cette technique dans le cadre judiciaire.
En conclusion, l’hypnose est sans conteste une méthode utile dans les enquêtes judiciaires si elle est utilisée avec les précautions nécessaires. Nombreux sont les détracteurs de l’hypnose judiciaire. »
Contrairement à la Belgique, aucun « expert judiciaire » n’est mandaté pour pratiquer l’hypnose en France. Elle n’est utilisée que dans les cas où cela ne change rien au jugement, comme dans l’affaire Fiona: L’audition potentielle de Cécile Bourgeon ne changera rien à la procédure judiciaire, la mère de Fiona ayant déjà été condamnée en appel. « Notre cliente souhaite simplement apporter une sépulture décente à sa fille », affirment ses avocats au quotidien. « Si notre cliente livre sous hypnose des infos précises, nous les transmettrons au parquet général » pour d’éventuelles recherches, ajoutent-ils. Europe 1: L’hypnose peut-elle servir dans les enquêtes criminelles?
Evelyne Josse, experte en hypnose pour les tribunaux, psychologue, hypnothérapeute et formatrice http://www.resilience-psy.com
L’hypnose dans le champ de la thérapie
En nous connectant avec nous-mêmes, en apprenant à nous servir avec souplesse, sécurité et efficacité de nos potentiels (ressources, création de de solutions), nous allons ailleurs que là où nous mènent les habitudes et les peurs, sortons des schémas répétitifs et améliorons notre existence.
Nos problèmes, s’ils ne sont pas la conséquence d’un contexte présent extérieur grave (foyer violent, maladie incurable, etc.) sont les fruits de notre discours intérieur sur le monde, de notre carte personnelle de ce qui nous entoure, de notre façon d’envisager les choses qui nous semble naturelle, universelle et immuable alors qu’elle est personnelle et peut être modifiée.
En laissant nos affects prendre des formes imaginaires, nous les rencontrons, les transformons, les apprivoisons, les dépassons, les libérons… car chaque peur, joie, honte, etc est le fruit de nos représentations et donc de notre façon de concevoir les choses, orientée par notre imagination.
Quelques applications de l’hypnose thérapeutique:
Gestions des addictions: cigarettes, boulimie, alcool, jeu, FB, sexe…
Gestion du stress, de l’anxiété
gestion de la confiance en soi
Traitement des phobies
Préparation mentale: un casting, examen, compétition, permis de conduire, concert, enregistrement en studio…
Accompagnement pour un changement de vie (retraite, changement de poste…)
Perte de poids, image de soi
Amélioration de la sexualité
Gestion des dépendances affectives
Changement de comportement (mauvaises habitudes, réactions irrationnelles, répétition de schémas destructeurs, colères…)
Troubles du sommeil, gestion de la fatigue
Soulagement de la douleur, des acouphènes, des somatisations
Acceptation de la maladie et travail sur le stress et l’optimisme et/ou sur le confort durant la maladie (car le moral et le stress jouent sur l’amélioration de l’état du corps)
Transformation des liens (deuil, relation toxique, corps transformé par un accident, déménagement, divorce, autonomie…)
Accélération de l’apprentissage d’une langue
Gestion de la procrastination, développement de la réactivité ou proactivité, de la maitrise de soi, de la concentration
La préparation mentale sportive utilise l’hypnose, pour la confiance en soi, la flexibilité mentale, la capacité à apprendre un geste, l’état idéal pour une épreuve, le dépassement d’un blocage, la correction d’un automatisme handicapant, la gestion des réactions émotionnelles, la manière de penser l’épreuve…
Par exemple Jonathan Belgroux, coach sportif de haut niveau et auteur de l’ouvrage Autohypnose et performance sportiveraconte sur son blog qu’il est possible de se servir des altérations sensorielles (voir le trou de golf plus grand, ressentir la balle au ralenti…), ou du silence mental. Dans le pdf en ligne « Mental sport », il explique aux côtés de Kevin Finel comment fonctionne la préparation mentale hypnotique pour les sportifs.
Voici un article de la revue « Hypnose et thérapie » sur l’optimisation des performances des sportifs de haut niveau par l’hypnose.
Comme l’accompagnement d’artistes est la plupart du temps réalisé par des praticien.ne.s qui ont iels-mêmes une pratique artistique professionnelle, les praticien.ne.s en préparation mentale sportive sont la plupart du temps des hypnos qui ont pratiqué ou qui pratiquent le sport à haut niveau.
Bénédicte Kolnik, cavalière et préparatrice sportive (des chevaux et des cavalier.e.s) http://equi-mental.fr
L’accompagnement hypnotique dans le champ des arts contemporains
Aujourd’hui, certain.e.s hypnopraticien.ne.s, qui sont la plupart du temps aussi artistes, accompagnent d’autres artistes dans leur création.
L‘hypnose de préparation mentale artistique optimise les performances de l’artiste, surtout en live (comme pour le sportif). Des instrumentistes, acteurs, danseurs, performers… peuvent ainsi venir en séance pour gérer leur rapport au public, au trac, à la scène, à la mémoire, à la fluidité, à la concentration…
L’hypnose pour la création, quant à elle, travaille sur la créativité, l’inventivité, l’exploration de matériaux, la création d’outils, pour construire un monde à offrir à l’extérieur sous une forme matérielle (film, livre, exposition, pièce de théâtre ou de danse, performance, création sonore…).
Catherine Contour est chorégraphe et danseuse, elle a été la première à développer ce qu’elle a parfaitement nommé « l’outil hypnotique pour la création », au service des créateurs, dans le champ de la danse contemporaine. Son travail personnel de chorégraphe est également en lien avec l’hypnose. Je vous conseille son livre « Une plongée avec Catherine Contour » et les vidéos proposées par Mathieu Bouvier sur les plongées.
John Kino est chorégraphe, comédien et pédagogue, il enseigne également l’hypnose.
Marie Lisel (autrice de cet article): hypnopraticienne, pédagogue et artiste, j’accompagne également des artistes (arts sonores, arts visuels, arts de la scène, cinéma, littérature, arts & sciences…) par l’hypnose, en séances individuelles, sur plateau, en atelier, sur banc de montage, en école d’art…, ou directement en performance. Mon travail de création personnel intègre aussi l’hypnose, en création radiophonique, installation sonore et performance participative et en collaboration avec d’autres artistes.
En création, citons encore le travail de Joris Lacoste, pionnier en ce domaine, avec son magnifique « Au musée du sommeil » (2010), ainsi que les films de Gurwann Tran Van Gie.
Nina Santes photographiée par Mathieu Bouvier Cycle de « plongées » de Catherine Contour, à la Gaîté Lyrique – 2014
L’hypnose éricksonienne dans le champ du spectacle tout public
Certains spectacles mettent le public sous hypnose. Dans ce concept, les concerts sous hypnose (éricksonienne) ont été lancés par Geoffrey Secco et sont repris par d’autres praticien.ne.s.
Les concerts sous hypnose sont une invitation à amplifier ses sens dans un seul et même objectif : ressentir la musique et en apprécier chaque vibration. Le praticien en hypnose et musicien alterne les suggestions et les sons, dans un voyage qui utilise les mêmes techniques éricksoniennes que celles pratiquées en cabinet public par Kevin Finel. Geoffrey Secco et Kevin Finel ont d’ailleurs collaboré dans plusieurs concerts et dans un cabinet public.
Antoine Bioy, professeur d’université, chercheur en hypnose et praticien, explique que « L’hypnose est un état d’éveil paradoxal. L’individu est plongé dans deux activités très distantes : l’absorption de l’attention dans une tâche de travail, et la détente. Et ce paradoxe accroît notre concentration et notre capacité de réception de l’art. »
D’autres pratiques publiques, comme les cabinet public par Kevin Finel, font la démonstration d’une séance devant un auditoire qui n’est pas (complètement) en transe (oui, c’est contagieux! 😉 ).
Concert sous hypnose de Geoffrey Secco
L’hypnose directive dans le champ du spectacle tout public: les fascinateurs
A l’opposé des concerts sous hypnose, les shows des hypnos de spectacle utilisent une hypnose autoritaire et déploient l’armada du fascinateur.
La liste des vidéos montrant des célébrités hypnotisées par Messmer est impressionnante.
Hallucinations, perte de connaissance, oubli du prénom ou de la langue… ses effets hypnotiques sont au service de l’audimat, qui aime le spectaculaire, la peur, la magie.
Les hypnos qui font de la scène ont bien sûr des éthiques différentes selon les personnes. Il existe des hypnos faisant des spectacles tout en veillant au bien-être de leurs sujets. Entre les éricksonien.ne.s et Messmer, il y a une large palette d’hypnose permissive/autoritaire, conversationnelle/somnambulique, centrée sur les besoins et intentions du sujet / centrées sur le spectaculaire…
A l’extrême du pôle « fascination », Messmer utilise l’hypnose autoritaire pour obtenir des effets servant uniquement son succès. Ces effets ne sont pas « ce qui convient au sujet » mais « ce qui convient au spectacle ». Il peut donc y avoir des conséquences négatives sur le sujet, comme un trauma d’accident de la route vécu en hallucination, une angoisse suite à la perte d’identité par une amnésie, un problème musculaire suite à une utilisation du corps au delà de ses possibilités, une honte qui perdure d’avoir réalisé un acte filmé difficile à assumer une fois sortie.e de scène, etc. En ce qui me concerne, je vous déconseille fortement de vous livrer à cette activité qui consiste à laisser un fascinateur vous manipuler en hypnose profonde avec des techniques autoritaires et sans tenir compte de ce qui vous convient. De plus, la sortie de transe est bâclée, certain.e.s ne sont pas réassocié.e.s en sortant de salle.
« Tapez dans google « Messmer accident », il y a quelques récits, dont celui-ci (un homme reste « calé » en transe) ou celui-là (un policier est hypnotisé en gardant son arme)
Sous hypnose, nous faisons l’expérience de l’accident (d’avion, de voiture ou autre), ce qui peut laisser un trauma
Comment ça marche?
Des tests de suggestibilité poussés pour sélectionner les sujets les plus enclins à jouer le jeu
Une préparation en hypnose profonde, avant la scène, pour poser des ancrages (« quand je te serrerai la main comme ça tu tomberas dans un sommeil profond »)
L’autorité du fascinateur (ancrage sur sa personne, son regard, sa voix), vu partout à la télé, avec des émissions montrant des « preuves » de son efficacité et avec une position haute (le Maitre qui n’a qu’à poser le regard ou la main pour que…)
Un accompagnement audio-visuel qui appelle le grandiose et le suspens: décor, musique, lumières et des commentaires appelant les croyances magiques
Et… le désir des sujets de faire partie d’une chronique qui va faire des vues sur Youtube ou le désir de vivre « un truc de ouf » ou le désir de réaliser un truc socialement inacceptable sans en endosser la responsabilité (laissée à l’hypno plutôt qu’à l’alcool).
L’hypnose de rue
La street hypnose ou hypnose de rue recèle le meilleur comme le pire.
Le site français de référence relève autant les questions techniques qu’éthiques. Le responsable du site Street Hypnose, Jean-Emmanuel Combe, s’est d’ailleurs formé à la PNL (Programmation Neuro Linguistique), l’hypnose thérapeutique et l’hypnose médicale. Il prône la bienveillance et le respect au détriment du spectacle.
Des thérapeutes se forment aussi en street hypnose pour acquérir des outils rapides de l’hypnose classique ou font de la street hypnose pour promouvoir une association comme les hypnos du coeur.
La street hypnose peut donc être éthique et même devenir un outil pour les thérapeutes.
A l’inverse, certains streeteux sont des brutes sans scrupules qui ont appris des « trucs d’hypnose » sur youtube et qui aiment faire littéralement tomber les filles… C’est une pratique qui peut dégénérer. En Picardie, une lycéenne a par exemple fait des malaises sur la voie publique après une séance mal maîtrisée.
Entre les deux… il y a les maladresses… car l’hypnose est un outil puissant et l’utiliser sans connaissance approfondie n’est pas sans danger.
Autre réflexion : j’ai cherché longtemps une photo de femme street-hypno et je n’en n’ai pas trouvé…
Une émission d’Envoyé Spécial est un éclairage intéressant.
Autres champs?
L’hypnose éricksonienne permet de déployer son potentiel et de vivre une expérience autrement… de nombreux champs gagnent dès lors à faire alliance avec elle.
A nouveau, il est important de déceler de quelle hypnose il s’agit: permissive/autoritaire, conversationnelle/somnambulique, centrée sur les besoins et intentions du sujet / centrées sur le spectaculaire…
Exploration queer (avec un.e représentant.e de la communauté queer et moi)
Fantasme (voyez ma création radiophonique Fantasmes et projet d’installation sonore fantasmatique)
Image: Dominique Goblet
Sexualité: dans ce domaine, l’on trouve autant des fascinateurs autoritaires (majoritairement des hommes qui hypnotisent des femmes qui acceptent d’être manipulées pour le show, notamment dans les clubs libertins, cette discipline est bien plus développée en Allemagne qu’en France) que des accompagnant.e.s éricksonnien.e.s (là, ça se passe en cabinet, avec l’hypnose permissive pour un mieux être et en séance de préparation, pas en action).
Je termine par le pire: la drague (toujours des hommes qui hypnotisent des femmes, cette fois sans les prévenir). Les propos et les formations des Pick-Up-Artists sont au summum de l’utilisation perverse des outils PNL et hypnose. VOMIR!
Le témoignage d’une personne inflitrée chez les machos: https://lisefeeministe.wordpress.com/2013/09/12/temoignage-jai-infiltre-les-pua/
…de nombreux champs sont ouverts… il suffit d’oser… et de bien se renseigner!
Après avoir pris connaissance des différents champs de l’hypnose (et prolongé les points qui vous intéressent par les liens proposés), je vous invite à parcourir les pages:
Conférences, exposés, interventions théoriques ou théorico-pratiques (je n’ai pas encore tenté la conférence gesticulée)… complètent les workshops/ateliers.
J’aime parler en public et transmettre ce qui me passionne. Cela n’est pas nouveau, j’ai en effet été enseignante durant pas mal d’années (pour des ados de 16-19 ans), ainsi que personne ressource pour le service pédagogique d’une université ou encore membre du bureau d’associations organisant des événements en art contemporain et en arts sonores.
Les exposés que je présente sont réalisés sur mesure, pour répondre à un contexte et à un public particulier.
Quelques thématiques:
La transe hypnotique: pratiques et questions de recherche
Les hypnoses d’hier et d’aujourd’hui, un peu d’histoire et de sociologie
Des pratiques hypnotiques entre magie et science
La sorcière contemporaine et l’hypnotiseuse: quelles représentations, quels enjeux?
Comment utiliser les croyances tout en restant sceptique?
L’imaginal: tout un monde, entre monde sensible et monde intelligible
Créer sa vie par l’hypnose: comment se réinventer?
Augmenter le champ de la création par l’hypnose: quelques axes
Hypnose & queer: vers la création de soi
Hypnose & art: vers la création d’oeuvre
Hypnose & exploration: vers l’augmentation de mon monde
Hypnose, art & queer: indéterminations, jeux, issues
Rêves nocturnes, rêves lucides, rêveries et rêves éveillés: théorie et pratique
Réapprendre à rêver… pourquoi? Comment?
Pourquoi se connecter à l’état animal?
Comment créer l’état idéal pour une intention particulière?
Communiquer avec son corps? Comment? Pour quoi faire?
Jouer avec les croyances pour aller vers son intention: hasards et synchronicités
Créer la synesthésie par l’hypnose
L’espace transitionnel augmenté par l’hypnose
Association et dissociation (et trissociation…) des dividus de mon individu: hypnose et mondes virtuels
Qui est/sont « je »? L’hypnose au service de l’exploration et de la conciliation de (ses) soi(s)
…
Ces interventions sont soit purement théoriques, soit mêlées à quelques exercices pratiques réalisables en auditoire, soit suivies d’un atelier ou d’une performance participative.
N’hésitez pas à me proposer une intervention dans le cadre de festivals, ateliers, colloques…
De façon générale,l’hypnose continue à se situer dans différents champs dont les extrêmes sont difficilement compatibles. Entre les opérations chirurgicales, les shows télévisés, les transformations thérapeutiques, l’augmentation des performances sportives relatées par les médias et les récits de manipulation racontés par le cinéma, la littérature, la BD… les projections s’entremêlent.
Le champ thérapeutique, lui, occupe le champ intermédiaire entre science et « magie », avec des écoles et des praticiens proches des hôpitaux, de la recherche scientifique, des universités, des écoles, voire des tribunaux… et d’autres plus proches de pratiques spirituelles (ou carrément ésotériques).
L’hypnose éricksonienne est l’une des hypnoses thérapeutiques qui est en voie d’institutionnalisation. Pour davantage de détails, voyez la page consacrée aux champs hypnotiques.
En guise d’introduction, je rejoinsla présentation très claire d’Antoine Garnier, l’un des formateurs en hypnose éricksonienne les plus reconnus en francophonie. N’hésitez pas à vous plonger dans sa chaine youtube.
Et, de façon pratique, voici ma synthèse concernant l’hypnose post-éricksonienne:
dissociation: elle est un moyen de communication thérapeutique qui exploite les capacités naturelles du sujet à se dissocier de la réalité extérieure et à se centrer sur son monde intérieur (a dissociation provoquée est indispensable à l’état d’hypnose: il s’agit d’être là tout en étant ailleurs, sans perdre pour autant le contrôle de la réalité)
EMC: l’état d’hypnose peut être léger ou plus profond (il n’y a pas de corrélation entre la profondeur de transe et l’efficacité de l’hypnose)
ressources: elle facilite l’émergence des ressources et compétences par des expériences inaccessibles à la conscience et permet au sujet de les explorer sans restriction, grâce à la suspension du contrôle de l’état de veille. Le sujet crée sa solution, ce n’est pas le thérapeutique la lui donne. Chacun dispose en soi des ressources nécessaires pour résoudre les difficultés qui l’amènent en thérapie.
recadrage: elle permet au sujet d’effectuer des recadrages de sa perception et de son interprétation de sa situation, de reconsidérer les événements à partir d’autres points de vue, à voir et à ressentir autrement les données du problème, à sortir des automatismes et habitudes, à changer ses croyances, à envisager de nouvelles solutions
présent: elle s’intéresse à la solution actuelle et non au « pourquoi » du passé
suggestibilité: elle met le sujet dans un état élevé de suggestibilité (elle permet au sujet d’expérimenter des suggestions sans le forcer)
liberté: elle est permissive, elle respecte le libre-arbitre du sujet qui peut à tout moment interrompre sa concentration intérieure et ne se trouve jamais sous l’emprise du thérapeute, qui respecte ses choix même s’ils entretiennent les symptômes.
autonomie: le sujet est actif dans sa transformation et acquiert des outils d’autohypnose qui lui permettront de poursuivre le travail ultérieurement
accompagnement: la tâche du thérapeute est d’établir une alliance thérapeutique (établir la confiance et faire équipe) et de s’adapter au monde du sujet (son langage, ses canaux de communication privilégiés, ses représentations, son fonctionnement affectif, ses métaphores) pour répondre à la demande d’aide posée. L’hypnose éricksonienne repose sur la collaboration entre l’expert du problème (le sujet) et l’expert de la technique (le thérapeute)
4 phases: 1: construction de l’alliance thérapeutique et définition de l’objectif (attentes, stratégie de changement) / 2: induction de la transe hypnotique où le sujet atteint un état de conscience modifié / 3: travail thérapeutique / 4: réassociation et retour à l’état de veille + vérification
Autres outils associés: la PNl, la prescription de tâche et autres techniques sont souvent utilisées en association avec l’hypnose éricksonienne
Ma pratique est aussi largement inspirée de François Roustang.
Ensuite, pour tenter d’y voir clair, je vous propose de visiter différentes pages de ce site, chacune pourvue de nombreux liens externes:
L’espace transitionnel peut être un objet, une image, un lieu, une odeur, un son… qui devient une partie de moi hors de moi par la projection de mon monde intérieur. Il me permet dès lors de transformer mes émotions, sensations, actions et autres réactions.
Comme l’imaginal se situe entre le réel sensible (monde que je perçois avec mes sens) et le réel conceptuel (monde des idées), l’espace transitionnel est une aire entre le monde extérieur (perçu par différentes personnes, « objectivement ») et le monde intérieur (conçu subjectivement).
Un exemple? Quand j’étais adolescente, Billy, le chien de ma mère, a ramené de la forêt un bois de daguet (tombé quand il change de ramure). Ce cadeau est resté dans les tiroirs de la maison familiale pendant pas mal d’années… jusqu’à ce que mon imaginal le reconnaisse et lui donne le statut d’objet transitionnel. Depuis, il m’accompagne en atelier et performance et me permet de trouver mon positionnement juste, instantanément, quel que soit l’état dans lequel je me trouve avant. Il est en quelque sorte un « doudou de voyage dans l’imaginal en tant qu’accompagnante d’un groupe », formé à la fois d’un objet choisi-trouvé et de ma projection-création. Il ne m’est pas indispensable mais c’est un « raccourci » pratique et rassurant pour attiser ce que je me représente comme le pouvoir du cerf.
Daguet
Autre exemple, d’un lieu cette fois: un rocher plat dans la rivière, toujours au coeur de la forêt, constitue lui aussi un espace transitionnel. C’est un endroit où je vais me (dé)poser quelques heures pour trouver de la clairvoyance après avoir laissé partir ce qui a besoin de descendre avec le courant. J’y trouve finalement la paix et reconstitue mon axe vertical. A nouveau, il ne m’est pas indispensable mais je sais qu’à cet endroit un processus bienfaisant se met en place automatiquement à l’intérieur de moi.
Je travaille également grâce à une odeur, au chant partagé avec une amie qui me ramène, seule, à nos états particuliers d’expérimentation, à une phrase psalmodiée… et je change selon mes découvertes et mes intentions, non seulement pour ouvrir ma palette, mais aussi pour ne pas devenir dépendante d’un élément extérieur dans mon alignement.
Lors des séances individuelles, à chacun.e ses choix d’objets et phénomènes choisis-trouvés qui rassemblent le dehors partagé et l’intérieur imaginé, pour créer un état particulier (nettoyage, clairvoyance, tranquillité, énergie, focus, créativité, ouverture, douceur, confiance, joie…).
Lors d’un stage, la construction collective d’un espace transitionnel est aussi un outil que je mets souvent en place pour que chacun.e trouve progressivement sa place en soi, en relation avec les autres et au coeur de la nature, du monde.
Construction collective à partir d’objets transitionnels, stage 2017
L’objet transitionnel: une aire intermédiaire d’expérience
Winnicott a soulevé l’importance du doudou, une petite chose que l’enfant transporte avec lui et qui apporte une réassurance. C’est la première « non-moi possession » (ce n’est pas moi mais c’est à moi et ça fait partie de moi, comme un moi détachable). L’objet est fourni par l’extérieur (peluche, drap) mais c’est l’enfant qui le crée par son empreinte (odeur, notamment). En outre, le nom est créé par l’enfant en déformant le mot des parents. Voici donc l’objet « trouvé-créé » de la petite enfance.
Dès la naissance, l’être humain est en butte à la question de la relation entre perception objective basée sur l’épreuve de réalité et créativité. Les objets et phénomènes transitionnels (que nous regroupons sous le terme « espace ») forment une aire intermédiaire d’expérience où la réalité intérieure et la vie extérieure contribuent l’une et l’autre au vécu de l’individu. Autrement dit, dans cette aire, je fais l’expérience d’une réalité qui se situe entre ce qui existe en dehors de moi et ce qui existe en moi. L’équilibre psychique consiste à maintenir la réalité intérieure et la réalité extérieure à la fois distinctes et reliées l’une à l’autre.
La mise en rapport de la réalité intérieure et de la réalité extérieure occasionne des tensions au quotidien, qui sont relâchées dans les aires intermédiaires d’expérience, comme l’art, la religion, le jeu inventé et… les espaces transitionnel de travail hypnotique, chamanique et autres moyens de transformation de la subjectivité.
Annette Messager, Les Restes (1998)
L’objet transitionnel des adultes
Les théories de Winnicott ont en effet été prolongées dans des études sur le jeu en tant qu’invention (par opposition au « jeu de société » dont on apprend les règles), le fétichisme, le sentiment religieux, le goût des arts, les rites obsessionnels, etc. (on peut aussi mélanger tout cela).
En psychanalyse, n’importe quel objet peut servir d’objet transitionnel. Winnicott parle des anneaux de rideaux comptés par une patiente. Dans mon expérience personnelle, cela s’est cristallisé autour d’un poème « Les seins acryliques » que j’ai écrit en ôde au tableau que je voyais depuis le divan, à la fin d’une tranche de 7 années (notons que le premier objet non-moi est le sein, organe du maternage, du désir de nourrir… bref !).
En religion, on se rassemble pour former un groupe sur base de l’analogie des expériences illusoires. Les objets transitionnels utilisés pour cela sont reconnus par le groupe entier (comme la valeur tranquillisante du doudou est reconnue par les parents). Il ne s’agit pas que de symboles. L’hostie des catholiques n’est pas qu’un rappel du corps du Christ.
Cocktail ou autoportrait en société Dimention variable – 2009 Courtesy Transit Gallery (BE) & Mehdi-Georges Lahlou
En dehors des religions et pratiques spirituelles, si un adulte exige des autres qu’ils admettent comme objectifs ses phénomènes subjectifs (donc partager une illusion qui n’est pas la leur), la société y voit un signe de folie, qui peut déclencher une procédure d’enfermement.
Si un adulte trouve du plaisir dans son aire intermédiaire sans exigence pour les autres, il se rassemblera avec des pairs qui ont des aires avec des points communs (comme l’art, la religion, le fétichisme…) ou développera son univers propre.
En néo-chamanisme autour d’un.e guide s’énonçant comme tel.le, l’objet transitionnel est créé de façon singulière, tout en étant choisi selon des règles communes, selon un code tiré de syncrétismes entre des pratiques ancestrales (pierres, plumes, poils, griffes, peau, dents, bâton, plante odorante, pendule, directions…). J’ai ainsi construit autel, roue de médecine, ongod… au cours d’un parcours initiatique, selon des consignes à la fois précises et laissant de la place à ma créativité.
L’objet transitionnel est utilisé dans bien des thérapies, sous la forme de jeux, de figurines, de construction, de rituel… en individuel et en collectif.
Charlemagne Palestine (expo à BoZar)
L’espace transitionnelle dans mon travail hypnotique
Dans le travail (auto-)hypnotique tout terrain que je propose (en cabinet, dans les bois, avec les chevaux, sur le plateau, dans l’eau, chez vous, sur votre lieu de travail…), l’espace transitionnel est un outil « magique » que chacun.e trouve et crée selon son monde et son intention et/ou que le groupe construit ensemble au fur et à mesure des traversées.
Les (parties d’)objets transitionnels sont la plupart du temps offert(e)s par la nature, par la rue, la brocante, le grenier, les coulisses, le hasard. Dans mon accompagnement, je ne suis attachée qu’aux règles de la bienveillance envers soi, l’autre et le monde (par exemple, enterrer un objet en plastique ne respecte pas la nature). A part cela, ce sont les processus intérieurs qui en dictent la construction et l’utilisation.
Le rituel personnel (son, chant, phrase, mouvement, action, respiration…), l’objet trouvé-créé, les éléments (l’eau, le vent, le soleil, la terre), le végétal et même l’animal (qui peut faire partie de l’aire transitionnelle même s’il n’est pas que cela!) peuvent être d’une aide considérable, dans les processus de transformation de la subjectivité de l’individu.
Evidemment, comme bien des éléments utilisés volontairement pour transformer la subjectivité, l’espace transitionnel existe naturellement dans le quotidien. Evoquons en vrac le sacro-saint doudou de l’enfant au pouvoir apaisant, les boots fétish qui transforment en reine de la soirée, le vieux pull qui fait tant de bien que l’on a du mal à le jeter malgré son état catastrophique, l’hostie, le téléphone portable, le lit, l’alliance, la baignoire…
La différence ? La clairvoyance, le choix, le cap! Car la construction de l’espace transitionnel est au service du changement vers l’intention, que ce soit un mieux-être, une expérimentation ou une création.
Hubert Duprat, Slip of the Tongue
Un cas concret? « L’imaginal de ma Soeur »
Dans l’article L’imaginal de ma soeur vous pouvez lire l’analyse d’un exemple concret de la relation à objet transitionnel. Car l’objet n’est pas transitionnel en soi. C’est l’utilisation que l’on en fait qui lui fait accéder à cette aire intermédiaire entre le monde extérieur et le monde intérieur.
J’ajoute dès à présent que cette qualification d’ « objet/espace transitionnel » propose une grille de lecture compatible avec d’autres grilles de croyances. L’article l’illustre avec l’approche de « ce en quoi je crois » face à la statue de la Vierge ramenée des Marolles. Pour être plus claire, quand je m’adresse au chêne pour récupérer de l’énergie et que des glands tombent à mes pieds, je n’ai pas besoin de décider si l’arbre en tant qu’être vivant sensible m’aide de lui-même ou si c’est « seulement » mon espace transitionnel qui l’englobe. Les croyances, des plus rationnelles aux plus ésotériques, peuvent coexister avec la notion d’espace transitionnel, sans rien trancher ni figer. Parce que, finalement… ce ne sont que des représentations, comme cet article, comme tous les systèmes de pensée. La question reste – en ce qui me concerne : cette représentation est-elle favorable ici et maintenant à ce qui est bon pour moi, pour l’autre, pour le monde? « Bon » étant en soi une représentation subjective façonnée selon mes valeurs… eh oui, c’est reparti!
Au Bois de Vincennes et parfois aux Buttes chaumont (le parc est moins sauvage mais les vieux arbres sont magnifiques), les séances se font au grand air et en rapport avec les éléments. C’est une façon pour moi de prolonger mes stages en Cévennes et Lozère et pour les parisien.ne.s de se connecter à la nature et à soi-même à travers elle, à 5 minutes du métro 1 (Vincennes) et 6 (Porte Dorée) ou du tram 3a.
En hiver, il suffit de s’équiper de vêtements adaptés. La nature est tout aussi accueillante et transitionnelle 🙂
Les séances sont de longueur variable. La plupart du temps, nous partons pour 1h30-2h, au tarif de 1h30 dans le tableau. La balade de 15 minutes avant (prétalk) et après (débrief) nous permettent d’aller dans le bois, plus loin que le parc.
Hypnose, rêve éveillé, rituel, chant, action, connexion avec la rivière, les arbres…, objets transitionnels naturels, mènent à des transes de transformation profonde et directement intégrées dans le corps.
Ces séances peuvent varier: soit nous travaillons en déambulant, à la rencontre de miroirs et de déclencheurs, soit assis.e.s sur un tronc, comme en cabinet naturel, soit nous avançons par étapes, avec des arrêts en rêve éveillé ou en hypnose.
Bienvenue au grand air!
Témoignage
SEANCE EN NATURE
De notre séance au bois de Vincennes, voici mon retour:
Tout d’abord, il y a le plaisir d’une promenade dans la nature. Les sens en éveil. L’excitation d’une excursion hors-cadre. Et aussi une douceur. Comme si retrouver un coin de nature c’était pouvoir respirer à nouveau.
La séance commence là. Dans notre marche. Le corps en action libère. Je raconte à Marie où j’en suis dans ma vie. Je me détends. Ce qui m’entoure est si beau. Prête pour de nouvelles perceptions.
Une première halte devant l’eau. Choisir son endroit, là où je vais me poser, m’enraciner. Un exercice de respiration et un mouvement des bras qui amènent à un état de relaxation. L’eau, les lentilles vertes sur l’eau, les bestioles qui volent, les promeneurs qui discutent. Vont-ils me remarquer, faire un commentaire sur ce que je suis en train de faire? Ces pensées me traversent mais elles sont reléguées au second plan. En cet instant ma priorité est ailleurs. Sur le chant de Marie, sa voix, ses mots percutants, justes, qui me rassurent, sur les sensations de mon corps.
Marie me propose un code « mon corps penché en avant est un oui » « penché en arrière c’est un non ». Je me pose alors des questions et je laisse mon corps y répondre. C’est comme un jeu.
Puis nous poursuivons notre balade. Choisir un arbre, celui qui va me porter, m’abriter. L’enlacer, le regarder de toute sa hauteur. Je me sens si petite face à lui. Là mon corps me fait mal, la position est inconfortable. Les bras autour du tronc, je m’étire tête en arrière. Avec le recul, je trouve que j’ai été trop sage dans cet exercice. J’ai appliqué la consigne de départ, sans me laisser vivre avec cet arbre, sans interagir. Une araignée m’a piqué au poignet. Comme pour me réveiller. Je l’ai sentie mais j’ai « tenu bon » sans céder à la douleur.
Pourquoi « tenir bon » quand tout est possible et qu’il n’y a aucun enjeu, aucune perfection à réaliser?! Avec le recul, je me dis que j’aurais aimé chanter, tournoyer autour de l’arbre.
Cette résistance parle aussi de moi, de ma difficulté parfois à ne pas m’affranchir des codes, des consignes. Aussi de ma difficulté à poser mes limites. De ma soumission parfois (ce que je ressens est moins important que ce qui doit être, que ce que je crois devoir être).
La dernière halte, assise sur un banc face à l’eau, Marie me fait faire un rêve éveillé. Mon regard se perd sur l’eau. Je retrouve les pistes de nos séances habituelles. Avec des ressources à convoquer. A ce moment-là, j’avais besoin de courage et de joie.
Je puise dans des souvenirs. Ces souvenirs génèrent une force, une énergie que je sens dans mon corps.L’énergie du courage se traduit en un geste de poings serrés sur les cuisses et ma tête penchée vers l’avant comme une guerrière qui va au combat, les armes serrées dans la main et la confiance sereine.
Pour la joie, Marie ne me guide plus, je fais le voyage à mon rythme. C’est un peu plus confus pour moi. En général, la voix de Marie m’aide à ne pas laisser les parasites mentaux prendre le dessus. Livrée à elles-mêmes les pensées divaguent.
Pourtant dans le désordre je ressens un bien-être très grand. Je m’attarde sur l’eau. Des associations d’idées me viennent comme ça, sans les forcer. Une réponse arrive venant éclairer une séance précédente. « Tiens c’est vrai, j’avais reçu comme consigne de m’asperger avec de l’eau! Je ne comprenais pas pourquoi. Et aujourd’hui je fais le lien. Ces dernières semaines je ne me suis jamais autant baignée dans la mer. Et j’en ai ressenti une telle joie! »
Je suis bien, apaisée. Je pourrais rester là des heures.
Entre ciel, terre et eau, j’ai plongé dans la mousse que j’aime tant. I <3 la Semois!
L’hypnose éricksonienne est un moyen de transformation de la subjectivité efficace. En mettant en mouvement les représentations intérieures, chacun.e a le pouvoir de créer sa vie, son oeuvre, son monde.
La boite à outil des hypnos est vaste. De nombreux chercheurs théoriciens et de terrains ouvrent sans cesse des pistes innovantes pour approfondir les connaissances du socle hypnotique.
Des contributions d’autres champs permettent, par ailleurs, de créer des leviers de créativité, non seulement dans la traversée de l’accompagné.e (« comment réagir autrement, changer de pattern? »), mais aussi dans la pratique de l’accompagnant.e.
J’emprunte la définition de l’hypnopraticien.ne.e à Lygia Clark, qui définissait l’artiste «comme un propositeur de conditions qui permettent au récepteur de se laisser embarquer dans le démontage des formes – y compris les siennes propres – en faveur de nouvelles compositions de flux».
De nombreux domaines entrent dans mes « compositions de flux » en séance, à l’intérieur même des techniques d’hypnose ou en complément : cours d’hypnologie de l’Arche (depuis 3 ans), (néo-)chamanisme, tantra, anthropologie, art contemporain, musique acousmatique, énergétique, état animal, médiation animale, explorations sensorielles (comme la synesthésie), psychanalyse, travail de la voix, voyage rêvé à deux, techniques thérapeutiques diverses, réalités virtuelles, littérature, méthodes pédagogiques, rêve éveillé, rêve lucide…
Mes champs d’investigation s’intègrent à ma pratique hypnotique de façon diverse et variée. L’allusion métaphorique spécifique (“Tiens, tu savais que certains oiseaux, comme le martin-pêcheur ou le faucon, ont dans les yeux des foveas pour voir les gros plans en mono (la fovéa superficielle) et un autre pour gérer la spatialité en binoculaire (la fovéa profonde)? Rien qu’en tournant la tête, ils peuvent entrer dans le microdétail puis prendre de la distance et situer précisément leur position et celle de la cible dans un vaste paysage”) interpelle bien plus qu’une métaphore éculée. Le travail avec les objets transitionnels – en cabinet ou dans la nature – libère l’intuition (et, souvent, l’insight!). L’intervention des chevaux accélère les prises de conscience des patterns dans l’émotion, puis apaise et réconcilie. Les prescriptions de tâches par les parties intérieures intègrent le changement de façon autonome. La voix (chant-cri-râle), les odeurs, la respiration, le mouvement entreprennent le travail en profondeur, par le corps. L’analyse narratologique de Gérard Genette éclaire les multidissociations et les niveaux de récits. Le REAH nettoie, nourrit, libère incroyablement, en douceur. Les exemples sont multiples…
J’ai la croyance que la créativité de l’hypno dans ses outils et dans le rapport donne de la souplesse, de la vie, du jeu à son accompagnement, tout en privilégiant la liberté et l’autonomie de l’accompagné.e, qui se trouve invité.e iel aussi à inventer ses propres outils d’émancipation et de création de son existence.
Lygia Clarck
LE REAH: rêve éveillé augmenté par l’hypnose
Parmi les hypnotiques, le rêve éveillé dirigé m’a particulièrement interpellée.
Tout d’abord, il se mêle fluidement aux techniques de l’hypnose dont il est proche. En effet, sous-modalités, recadrage, régression, futurisation, ligne du temps, transformation de lien, nettoyage, recherche de ressources, modélisation, conciliation de parties, prescription de tâche, etc, peuvent être abordés spontanément ou avec une suggestion, dans la continuité du rêve. Inversement, pas mal de techniques hypnotiques peuvent se glisser naturellement dans la forme du rêve éveillé narratif.
Ensuite, il privilégie l’univers intérieur de l’accompagné.e, sans le carcan de la stratégie préalable de l’hypno. La stratégie est alors synchro, avec des propositions de possibles « choses à faire » dans le paysage au fur et à mesure du voyage, plutôt que d’envisager un protocole après la DO et d’y emmener l’accompagné.e.
Il est en outre exaltant pour l’accompagné.e, qui « ouvre un pan de réel caché » et se découvre peu à peu, au cours de ses voyages. L’aspect thérapeutique est entrainé par le côté ludique, exploratoire, passionnant et par le fait d’utiliser les outils du rêve pour d’autres domaines que la thérapie.
Enfin, je suis étonnée de l’efficacité et de la profondeur de l’impact du rêve éveillé sur mes clients, même si le rêve était d’apparence tranquille. Grâce aux métaphores filées et allégories, les changements s’opèrent sans devoir entrer dans des souvenirs difficiles à traverser. Je reçois de nombreux messages pour m’expliquer à quel point telle représentation continue à agir et à quel point la rencontrer a changé la vie. Voici le dernier reçu à l’écriture de cet article: »Re-bonjour je voudrais te remercier pour cette séance. Je pense que le dieu de la mer était C. et j’ai enfin pu faire ce que j’ai toujours rêvé de faire avec lui: jouer, danser! Sans sexualité. Comme un père. Ça me libère et retourne tout. Quelle puissance! Quelle émotion! ».
J’ai donc intégré le rêve dans mes séances lorsque le contexte s’y prêtait, jusqu’à créer peu à peu un outil que j’ai nommé REAH. C’est une partie de ma pratique que les accompagné.e.s affectionnent, même si certain.e.s sont davantage sensibles à l’hypnose PNListe, à l’hypnose post-Roustang ou aux outils de type chamanique.
Je pratique le RED classique, selon la méthode de Robert Desoille, en atelier de recherche (aux séances d’Hypnologie de l’Arche nous sommes un groupe à expérimenter les techniques anciennes, autour de Cyrille Champagne). Vous trouverez des explications sur la page « Les techniques de rêve éveillé » et des liens sur la page « Sources sur les rêves« .
Je visualise pour commencer un peuplier au tronc très large et très droit, vu de dessous.
Je suis cet arbre, qui intègre l’eau, l’air, la lumière et la terre et qui est capable de toucher le ciel . J’ai de bonnes fondations : des racines pour aller chercher la nourriture dans le sol, qui sont superficielles et qui partent en étoile autour de moi. Et aussi des racines qui descendent plus profondément pour s’ancrer dans le sol. Ainsi je peux rester forte et droite.
Marie me suggère que mes racines vont chercher mes ressources profondes. Je visualise une grosse racine qui part du milieu de l’arbre, sous la terre, pour s’enfoncer dans le sol. Cette racine ressemble à un python rouge avec des taches noires ocellées, et sa tête chercheuse qui descend a une petite collerette de dragon. Il est souple et puissant, et descend de plus en plus profondément en serpentant tranquillement et avec force. Marie m’encourage à le laisser descendre, même si je ne sais pas où il va…
Soudain il débouche dans une petite grotte entièrement tapissée d’améthystes qui scintillent d’une chaude couleur violette. C’est magnifique. Sur le sol, au milieu de la grotte, un petit bouddha est assis en tailleur. Il médite. Je m’approche de lui et me penche. Je lui fait une bise sur le nez. Il me regarde en souriant et tend son index vers mon front que j’incline. Il touche du bout de son doigt mon troisième œil en disant «CONFIANCE». Je me sens traversée par un flot d’énergie et d’amour. Je vois alors ma jument blanche, morte au mois de mai, qui a posé sa tête sur mon épaule. « je suis là, je m’occupe de tout. Confiance! » me dit-elle. « En cas de question ou de critique qui te met dans l’embarras, prononce les trois syllabes de mon nom. Je te donnerai ma force et mon calme de jument leader. »
Je reviens ici et maintenant avec des larmes qui coulent sur mes joues. Marie est là pour m’accueillir.
La séance m’a paru facile. Je suis vite partie « en voyage », en me laissant guider avec confiance par Marie qui relançait régulièrement par des questions. Le temps s’est effacé, et les images sont venues d’elle même sans qu’il y ait à forcer, et lorsqu’elles se faisaient un peu attendre Marie m’a rassurée.
C’est comme une conversation entre moi et l’accompagnatrice, dans laquelle elle suggère et je réponds, mais qui a lieu dans un autre monde, je ne sais pas où… un monde dans lequel tout est possible, et où je me sens en sécurité car accompagnée.
La satisfaction de revenir avec des moyens d’aide comme la visualisation de ma jument est réelle, mais ce n’est pas le seul résultat. Il y a aussi un effet de décantation au fil des jours qui suivent la séance, et au final le surcroît de solidité demandé en intention est bien au rendez-vous, avec le calme et la force promis, sans que je ne sache vraiment comment ça fonctionne… et ce n’est pas important au fond.
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UN ELAN POUR VISER UN CAP
J’ai voyagé sous hypnose à la suite d’une panique, qui me fit carrément rebrousser chemin, lors d’une marche dans un paysage ouvert.
Lors de cette séance, un élan rua dans une porte que j’étais censé ouvrir pour découvrir l’animal qui devait m’aider à combattre le vertige et la peur du vide.
Agrippé à son dos tandis que l’élan fonçait, je fusionnai progressivement avec lui. Sa fougue s’atténuant, sa marche se ralentissant sous l’influence de notre étreinte, je me rendis compte que je me transformais en centaure. Et la solution pratique, ergonomique, prothétique m’apparut immédiatement : je m’achetai des bâtons de marche et je réussis à aller jusqu’au bout de la marche de trois heures qui me conduisait au Cap Fréhel.
Intuitivement, je liai de suite cette question du cap à atteindre à celle d’aller jusqu’au bout de mes projets, de mes possibles. Un élan pour viser un cap ! Bon sang mais c’est bien sûr !
Marie a su s’adapter à ma personnalité. Comme je rechigne dès que les questions adressées me semblent fermées, trop orientées, elle m’a proposé quelque chose d’ouvert, de métaphorique et m’offrant la possibilité de l’allégorie. Par définition, l’allégorie parle d’autre chose que de ce qu’elle figurerait littéralement. C’est cette ouverture symbolique qui rendit possible ce voyage à la rencontre d’animaux inattendus, et ce fut d’autant plus inattendu pour moi que je n’avais jamais, de ma vie, développé de projections envers les animaux.
Depuis, ces animaux me rendent visite et m’accompagnent. L’élan est là! Et les vertiges ont disparu.
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EN MOUVEMENT
Je suis venue voir Marie un peu hantée : depuis mon enfance je connais des états de dissociation qui m’ont clairement permis de passer au travers de gros traumatismes mais ils m’encombrent aujourd’hui. Je n’arrive pas à me départir de la sensation que face à certains regards (et surtout ceux d’hommes que je désire) je coupe soudain mes sensations, je me sens jugée, minuscule et flottante, je n’ai plus de corps (je me dissocie). Une petite voix en moi se moque de moi et me paralyse, et je me déconnecte du réel.
Marie m’a dit qu’elle n’aborderait pas les traumatismes de front, qu’elle n’est pas partisane de faire revivre un traumatisme pour le dépasser. Mais que par l’hypnose je pourrais petit à petit trouver mes outils pour dénouer ces sensations.
Des le début de la séance s’est imposée l’image de mon beau-père, ce compagnon de ma mère à qui j’ai l’impression de devoir me soumettre éternellement, même si il a disparu depuis pas mal de temps. Son visage, sa barbe, sa moustache. En thérapie j’avais analysé sa perversion, bien réelle, mais ça m’enfermait dans la sensation d’être une victime impuissante, hurlant parfois pour me délivrer.
Marie m’a proposé de penser à un paysage associé à lui. J’ai commencé à marcher avec lui comme en rêve, dans les prairies qui longeaient la rivière de mon enfance, et j’adorais ces longues marches que nous avons souvent faites ensemble lui et moi. Puis j’ai nagé dans la rivière et ressenti la liberté de nager nue et de marcher dans le courant avec une joie et une énergie immenses. Puis Marie m’a proposé d’associer un autre paysage plus récent à ces sensations. J’ai pensé à la plage qui longe la ville où je voyage souvent depuis quelques temps. Guidée par Marie, j’ai plongé nue dans la mer jusqu’à en toucher le fond, plein de plantes, de coraux et de poissons.
Marie m’a demandé si il y avait une présence. J’ai répondu qu’il y avait le Dieu de la mer (son visage ressemblait furieusement à mon beau-père mais je ne m’en suis rendue compte qu’après). Marie m’a demandé si il me donnait ou me disait quelque chose et je me suis bloquée, comme prise de nouveau d’un sentiment d’absence, teintée de colère, elle a insisté, me proposant de zoomer sur le sol, de ressentir la matière du sol avant de revenir vers lui, et j’ai vu à nouveau toutes ces plantes marines bouger lentement dans l’eau, puis j’ai dit que non, il ne me donnait rien, c’est moi qui lui faisait une couronne d’algues pour cacher son manque de cheveux. Ensuite j’ai dansé avec lui, pensant d’abord que nous faisions l’amour, puis plutôt j’ai décidé que c’était une danse de joie, je dansais seule et ce Dieu de la mer me regardait de façon bienveillante, sans plus aucune intention sexuelle. Je me sentais présente, vivante. Il me souriait, me regardait, et je me sentais bien.
Le soir m’est venu à l’esprit des idées que je n’avais jamais osé penser jusque là : j’ai beaucoup aimé mon beau-père, malgré ses moments de cruauté. J’ai passé cinq années quasi au quotidien seule avec lui, finalement beaucoup plus de temps que je n’en ai passé avec mes parents, et plus qu’il n’en a passé avec ma mère qui travaillait le soir. Jusque là je ne pouvais pas penser à lui sans être prise de vertige. Il m’a appris plein de choses, la guitare, la pêche, le poker, la cuisine, il avait un côté charismatique, drôle, fier et débrouillard qui me plaisait vraiment. Soudain je me suis dis que si je me suis soumise à lui c’était aussi pour continuer à l’aimer et entretenir un lien avec lui, et que me bloquer a été ma façon de supporter sa violence mais aussi de poser mes limites d’enfant et d’adolescente à une sorte de sexualité qu’il me proposait comme faisant partie du package de notre lien. Soudain j’ai perçu mon beau-père comme multiple, et moi aussi. Faible et fort à la fois, moi soumise et volontaire à la fois. Dans mon rêve je l’ai remis à sa place, cet homme trop enfant, il est devenu bienveillant.
En regardant toutes les nuances de l’amour et du rejet, et toutes les ambivalences, la vie s’est remise à circuler. Plus comme un gros bloc impensable qui crée du vide, mais de l’intérieur, en mouvement.
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D’autres témoignages de REAH sont disponibles sur la page « Témoignages »
Enfin, elle expérimente l’hypnose dans la création radiophonique depuis quelques années.
Elle a en outre étudié la pédagogie et elle a enseigné de nombreuses années en Belgique (cours littéraires et projets multidisciplinaires culturels et artistiques, en lycée, pour des élèves de 16-18 ans).
Rêve fantasmatique au Frac Lorraine, avec Valérie Vivancos et Marie Lisel, le 26/01/2018 : « La voix disait à peu près: écarte les plis »
LE PROGRAMME
Ce programme est susceptible d’être adapté. Le lundi matin est en supplément pour ciels qui peuvent rester.
Première journée (samedi 8)
10h-13h30 et 15h00-19h30
Le RED selon Robert Desoille: bref historique et bibliographie, technique, démo, expérimentation progressive.
Présentation brève de rêves éveillés dirigés post-Desoille.
1. Le rêve éveillé dirigé directif (objectif: expérientiel). Extraits de la pièce radiophonique bOa
2. Le rêve éveillé fantasmatique (objectif: expérientiel). Extraits de la pièce radiophonique Fantasmes
3. Le rêve éveillé néo-chamanique
4. Le rêve éveillé libre de Georges Romey (objectif: thérapeutique)
5. Le rêve éveillé psychanalytique
6. Autre rêve éveillé pratiqué par une.e Participant.e avec des client.e.s? Bienvenue pour quelques minutes d’explications.
7. Le REAH (objectif: thérapeutique)
Seconde journée (dimanche 9)
10h-13h et 15h-18h
Le REAH
20h-22h
Rêve éveillé dirigé collectif ou suite du REAH
Lundi 10 matin (demi-journée en bonus pour ciels qui peuvent rester à BRENAZ)
3h de travail au choix. Nous voterons en transe, par lévitation de mains 😉
Exemples d’activités: balade en transe (si le temps le permet), approfondissement d’un point vu (trop) rapidement lors du weekend: connexion, ressenti kinesthésique de l’accompagnant, objet transitionnel, travail de la voix, sons divers et variés dans l’espace, lead&humour, jeu, enjeux…
Attention: bOa s’écoute les paupières closes, avec un bon casque fermé ou avec des hauts-parleurs écartés l’un de l’autre et qui transmettent bien les basses, sinon vous manquez la moitié du travail sonore. Testez-le avec différentes intentions (une par écoute): une question personnelle à résoudre / l’endormissement / le voyage érotique / les sensations (de légèreté, de grésillement, etc) / l’amplification du visuel / l’analytique rationnel (en essayant de rester concentrée.e sur la technique, hé hé!)…
bOa, création radiophonique, rêve éveillé dirigé directif, disponible en entier sur bandcamp à prix libre conscient
Agogies, création radiophonique, séance d’hypnose avec régression, disponible en entier sur bandcamp
Fantasmes, création radiodiophique à partir de récit de rêve éveillé fantasmatique libre (seul un extrait est disponible)
Notez vos rêves éveillés (autohypnose) et vos rêves nocturnes dont vous avez un souvenir dans un « carnet de rêve ». Repérez ce qui facilite vos rêves, le souvenir de vos rêves, la lucidité de vos rêves, les éléments récurrents… sans analyser!
Listez vos ressources personnelles créatives à mêler au RED et à l’hypnose pour créer votre REAH.
Revenez voir ici de temps en temps, je complèterai les infos 🙂
STAGES PREVUS
MARSEIILE
Marseille (centre), 13-14 avril 2019, pas de logement prévu, écrire à Camille Schweickhardt<camille.naturo@gmail.com>
BRENAZ
Magnifique site de la Hutte Brenaz, en montagnehttps://www.lahuttebrenaz.com les 8-9 décembre 2018 + matinée du 10 pour ciels qui peuvent.
Contacts pour les renseignements et inscriptions:
Nadège Thiolière <nadegethioliere@gmail.com>
Julie Bayod<julie.bayod@gmail.com>
POUR Y ARRIVER:
65 km de Genève
En train: jusqu’à Bellegarde (25 minutes), puis navette en voiture 25km (taxi 8 places 65€)
En voiture: autoroute jusqu’à Chatillon de Michaille, puis suivre Billiat, Injoux, Col du Richmond, Sothonod et Brénaz (1h15)
80 km de Lyon
En train jusqu’à Virieu-leGrand (1h), puis navette en voiture 10 km (taxi 8 places 25€)
En voiture: autoroute jusqu’à St Martin du Fresne, puis suivre Grand Hebergement, Hotonne et puis Brenaz (1h30)
50 km de Chambéry
En train jusqu’à Culoz et puis 18 km navette en voiture (taxi 8 places 45€)
En voiture passez par le tunnel du chat et puis Belley (1h)
https://www.lahuttebrenaz.com
D’AUTRES DATES? D’AUTRES STAGES?
Je n’organise pas de stages moi-même pour des collègues hypnos pour le moment. Je réponds simplement aux invitations qui me sont faites. Vous désirez organiser un weekend dans votre région? Faites-moi signe… minimum 6 hypnos, un weekend qui nous arrange tou.te.s, une salle et le tour est joué. Vous vous occupez des inscriptions, de la location, des repas végétariens… et moi du contenu des explorations 🙂
Il y en a un prévu à Marseille en avril.
En revanche, je coorganise des weekends tout public en Lozère et en Cévennes, de mai à septembre, avec les chevaux et dans le domaine hypno-pédagogique (à destination des enseignants), ainsi qu’en Bretagne (yoga et hypnose).
Je pratique des séances d’hypnose et de REAH (rêve éveillé augmenté par l’hypnose) par skype.
Les conditions: un bon wifi, de la tranquillité, une progression dans le travail de façon à ce que vous gériez votre transe de façon confortable.
Je vous demanderai donc de prévoir une pièce calme où il n’y a pas d’irruption humaine ou animale, une connexion haut débit, avec câble plutôt que wifi, un écran stable (pas un téléphone en main) et, éventuellement, un casque avec micro.
Mes clients skype sont en France, Belgique, Luxembourg, Suisse, Maroc, Japon, Chine et Amérique du Sud… Tant qu’il y a du réseau, ça roule 🙂
Les séances durent environ 1h15 et sont facturées 75 euros ou environ 1h30-1h45 et sont facturées 90 euros. Vous me payez par virement. Pour une séance rapide (uniquement pour des habitué.e.s, qui ont une pratique régulière de voyage avec moi), il est aussi possible de travailler en 45 ou 60 minutes (tarif: 45 ou 60 euros).
L’horaire est à déterminer selon le décalage horaire et les plages où nous avons accès à internet et au calme.
Bienvenue!
Marie Lisel
Témoignages
J’ai rencontré Marie deux fois avant qu’elle ne me propose de réaliser une séance par skype.
Le côté pratique est évident : pas de trajets et un horaire flexible. Par contre, j’avais une appréhension quant à la mise en situation : me sentirai-je à l’aise? Le voyage vers mon monde intérieur sera-t-il possible? L’éloignement physique ne sera-t-il pas un facteur limitant?
A l’heure convenue, nous avons entamé notre conversation skype. Tout d’abord, nous avons fait le point sur mes progrès depuis notre dernière entrevue. J’ai mis l’accent sur les sentiments de solidité, d’ancrage, d’être « moi-même » que j’avais ressentis à la sortie de la séance. Sentiments que je voulais retrouver et intégrer profondément en moi. Un nouvel objectif était trouvé!
Une fois cet objectif clairement énoncé, Marie m’a proposé de fermer les yeux et de faire un scan de chaque partie de mon corps. Un inconfort étant présent dans la région de la gorge. J’ai écouté les besoins de cette zone et j’y ai apporté lumière et respiration jusqu’à ce la tension disparaisse. Toujours sous l’impulsion de Marie, je suis partie en voyage. Mon premier guide m’a accueilli. D’autres se sont relayés tour à tour jusqu’à ce que Marie me demande me concentrer sur mon 3e oeil. Cette région du front étant crispée, j’y ai fait entrer de la lumière, de la paix, de la détente tout en laissant pénétrer de la solidité dans chaque cellule de mon corps. Tout ce qui avait besoin d’être transformé ou éliminé l’a été grâce à ma respiration et mon dernier guide. Pour clôturer le voyage, j’ai fait un pacte avec moi-même : me poser ou me reposer 10 minutes par jour.
La séance s’était très bien passée, elle a été intense et surprenante (comme à chaque fois). Je me sentais bien et mes craintes n’avaient plus lieu d’être.
Grâce à ce voyage, j’ai abordé mon nouveau travail de manière sereine. La solidité est au rendez-vous! 🙂 Il est évident que je renforce tous les jours ce sentiment et que je respecte tous les termes de mon accord…
Un tout grand merci à Marie
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J ai fait plusieurs séances avec Marie en face à face mais un jour je n’avais pas d’autre choix que d’en faire une par skype, il est vrai que j appréhendais cette séance, je me disais que ça n allait pas être pareil, puis je me suis quand même lancée…
Je n’ai très honnêtement pas fait la différence, Marie est 1000 fois présente, rien ne change, d ailleurs cette séance m’a débloqué une étape importante de mon cheminement. A ce jour je sais que je ne m arrêterai plus à ça, peut importe par quel biais se font les séances, Marie est très professionnelle, je lui fais entièrement confiance.
Merci Marie
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Habitant loin des endroits où Marie reçoit habituellement, la seule façon d’effectuer des sessions était par Skype. Je n’ai donc pas hésité à prendre un premier rendez-vous.
Il est vrai que la première fois, j’ai tout de même eu des doutes sur ma capacité à entrer en transe de cette manière-là.
Mais, grâce au savoir-faire de Marie, tout s’est très bien passé. Je n’ai jamais ressenti que la distance était un frein quelconque à la qualité de la thérapie et suis vraiment enchanté de cette manière de faire. Il est vrai que j’aurais pu trouver un hypnothérapeute dans ma région, mais pouvoir pratiquer avec une personne qualifiée et de confiance était le plus important.
J’apprécie également la flexibilité que donne ce type de session et l’absence de perte de temps dans les transports.
Je ne peux que recommander Marie et ce type de sessions à distance.